SCBC, un projet de recherche pluridisciplinaire sur la guerre en Europe - Université Bordeaux Montaigne

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SCBC, un projet de recherche pluridisciplinaire sur la guerre en Europe

Entretien avec Laurent Capdetrey, professeur d’histoire antique au sein de l’unité de recherche Ausonius, il est l’un des porteurs du projet Stratégie & Conflits Bordeaux Campus (SCBC) sur le site bordelais. Le projet s’inscrit dans le programme « Mondes en conflits récits et représentation », l’un des trois programmes de recherche structurant à l’Université Bordeaux Montaigne.

Entretien

Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je suis enseignant-chercheur à l’Université Bordeaux Montaigne depuis 2011, professeur d’histoire antique et, actuellement directeur-adjoint de l’UMR Ausonius et directeur d’une revue, la Revue des Études Anciennes. Je suis aussi responsable du master « Études sur la guerre » créé en 2023 dans notre université. Depuis 2024, je suis élu au CA de l’université.

Dans quel contexte le projet a-t-il émergé ?

Le projet Stratégie & Conflits Bordeaux Campus a été conçu pour répondre à un appel à projet de l’ANR pour le compte de la Direction générale des relations internationales et de la stratégie (DGRIS) du Ministère des armées. L’objectif de la DGRIS était d’attribuer un financement substantiel pour cinq ans (près de 2 millions d’euros par label) à trois projets de recherche pour soutenir la « recherche stratégique » dans le cadre universitaire. Ces projets (ou « labels d’excellence ») devaient porter avant tout sur l’analyse des conflits et les enjeux stratégiques contemporains, mais avec une entière liberté d’approche. Les financements ne sont pas conditionnés sur le plan scientifique et le projet prend appui sur une charte signée par la DGRIS qui garantit la complète liberté académique des chercheurs. Le projet SCBC, qui rassemble l’Université Bordeaux Montaigne, l’université de Bordeaux et Sciences Po Bordeaux, dans une logique fédérative et coopérative, a été retenu à l’été 2025. Il s’est déployé depuis le début de l’année 2026 et court jusqu’en 2031. C’est un succès et une reconnaissance très appréciable pour les collègues qui travaillent sur ces questions sur le pôle bordelais depuis plusieurs années. Ce sont surtout des moyens au service de la recherche académique.

Quels sont les principaux objectifs de ce projet ? En quoi ce projet se distingue-t-il des autres recherches sur le sujet ?

Les objectifs que nous avons définis sont assez simples : développer les études sur les conflits sur le site universitaire bordelais, avec une focalisation sur l’Europe mais sans exclusive puisque ces enjeux sont toujours mondiaux. Il s’agit de renforcer un pôle pluridisciplinaire sur la conflictualité fondé sur le croisement des regards et des spécialités. C’est pourquoi le projet rassemble des juristes, des historiens, des économistes, des civilisationnistes, des politistes, des spécialistes des arts et de la représentation et qu’il regroupe des chercheuses et chercheurs de trois établissements, ce qui est inédit.

L’approche est strictement académique et, sous l’angle scientifique, repose sur deux piliers : le soutien à la recherche avec des contrats doctoraux et des contrats post-doctoraux, des publications et des manifestations scientifiques. Mais nous avons aussi le projet de développer la formation sur ces sujets avec la mise en place d’une graduate school reposant sur un master spécifique. L’enjeu est de produire et de transmettre du savoir sur les dynamiques des conflits actuels et passés mais aussi sur les sociétés en conflits.

Le financement de ce projet a été obtenu par un consortium de trois établissements : l’Université Bordeaux Montaigne, l’université de Bordeaux et Sciences Po Bordeaux qui, chacun, développent des recherches dans des champs disciplinaires différents et complémentaires. Je crois que c’est là une grande originalité. Tous les champs des sciences humaines et sociales sont mobilisés pour aborder les questions de conflictualité. L’approche ne se limite pas à une lecture de ces questions sous l’angle de la géopolitique ou de la science politique comme c’est souvent le cas.

Quelle est votre implication et l’implication de l’université dans ce projet ?

J’ai porté le projet pour le compte de l’Université Bordeaux Montaigne avec mes collègues de l’université de Bordeaux et de Sciences Po Bordeaux en participant à son élaboration et au processus de sélection à Paris à l’été 2025. Depuis le début de sa mise en œuvre, je suis impliqué en tant que membre du comité de direction et du comité de de pilotage du projet qui se réunissent deux fois par mois pour programmer et contrôler les actions. Rémi Castets, maitre de conférences en études chinoises et Olga Gille-Belova, maitresse de conférences en études slaves sont aussi membres du comité de pilotage. L’intérêt pour l’université est triple : il est d’abord prévu que notre université obtienne deux contrats doctoraux et un contrat post-doc sur la durée du projet, mais nos collègues recevront aussi un soutien financier substantiel pour l’organisation de manifestations scientifiques. Enfin, le projet SCBC offre un cadre de collaboration scientifique qui favorise les échanges et les croisements disciplinaires. C’est là tout son intérêt intellectuel.

Quelles pourraient être, selon vous, les effets de ce projet ? 

Ils sont triples. Les effets seront d’abord scientifiques, à travers les contrats doctoraux et post-doctoraux qui doivent produire du savoir, à travers aussi les manifestations scientifiques qui seront organisées. Le volet formation doit aussi permettre de développer et de pérenniser, à l’échelle du site, une formation commune sur ces questions. Enfin, à plus long terme, il s’agit d’installer durablement le site bordelais dans le paysage scientifique sur ces enjeux. Le projet SCBC permettra de renforcer cette légitimité.

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