Le 24 mars 2026

Mis à jour le 16 février 2026
Conférence s’inscrivant dans le cadre d’une série d’évènements scientifiques proposés par la Chaire DiANA T. [Diasporas Africaines en Nouvelle-Aquitaine & Transculturalité]
« Déplacée » et bousculant les vivants, la mort en contexte de migration révèle de nombreux enjeux de nature identitaire et rituelle, économique, politique, et morale. S’intéresser aux morts, c’est ouvrir une fenêtre sur la façon dont les vivants s’organisent et se mobilisent : pour remplir leurs obligations envers les défunts, mais aussi pour rééquilibrer les liens entre différentes communautés d’appartenance (ethnique, politique, nationale, etc.). Cette recherche se penche sur la gestion transnationale de la mort, via la pratique du rapatriement de corps et l’accès aux pensions de survie. Elle s’appuie sur un terrain ethnographique mené en Belgique, en Espagne et au Sénégal. Elle interroge la place des interactions opérantes entre une multiplicité d’acteurs : migrants, familles, associations, secteur marchand, autorités (municipales, consulaires, religieuses). Ainsi, la recherche propose les concepts de très mauvaise mort en migration, d’économie morale thanatique transnationale, et de protection sociale transnationale post-mortem. Cette présentation revient également sur une expérience de co-création et de dissémination des résultats de la recherche via l’outil du roman graphique. En somme, la recherche pose un regard sur les vies sociales, politiques, économiques, et artistiques des morts en migration.
Le 24 mars 2026, de 14h30 à 16h30, à la MSH en salle Jean Borde (Pessac)
Intervenant : Félicien de Heusch
Félicien de Heusch est chercheur postdoctoral au sein du projet ERC « The Social Life of Dead Bodies: A new ethnographic approach to migrant deaths in and around the Mediterranean Sea », au Département d’anthropologie de l’Université de Copenhague. Il a également obtenu une bourse de recherche postdoctorale du FWO au Département de sociologie de l’Université d’Anvers, pour son projet « Survivors’ Pensions Protecting Transnational Families in Senegal ». Il est aussi chercheur associé au Centre d’études de l’ethnicité et des migrations (CEDEM) à l’Université de Liège. Auparavant, il a bénéficié d’une bourse Fulbright au Latin American Institute de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA). Il a soutenu son doctorat en sciences sociales et politiques au CEDEM (ULiège), parmi le projet ERC «Migration, Transnationalism and Social Protection in (post-)crisis Europe» avec la thèse « Se mobiliser pour et par les morts : une ethnographie de la gestion de la mort des migrants Sénégalais en Europe». En 2024, il a publié Au-delà l’exil chez Sofiacomics, un roman graphique réalisé avec Gaspard Njock, traduit aussi en anglais et en espagnol.
Modératrice et organisatrice : Akpemado Sodegla (doctorante en géographie et membre de la Chaire DiANA T.)

La Chaire d’excellence DiANA T. est un dispositif de recherche financé par la Région Nouvelle-Aquitaine, hébergé par l’Université Bordeaux Montaigne (UBM) et rattaché au laboratoire Les Afriques dans le Monde (LAM). Portée par deux enseignants-chercheurs de l’UBM -Sylvère Mbondobari, professeur de littérature francophone, et Bernard Calas, professeur en géographie économique et politique-, cette Chaire a pour objectif d’étudier scientifiquement les enjeux que la présence de diasporas implique dans l’expression de la diversité culturelle, sociale et politique. Les travaux de celle-ci s’articulent autour de 4 axes de recherche structurants :
1. Identités socio-culturelles et politiques identitaires,
2. Médiatisation et appropriation médiatique des diasporas,
3. Pratiques artistiques, culturelles, et interculturalité,
4. Alimentation.
La présente conférence s’inscrit dans l’axe 1.
De plus amples informations sur la Chaire sont consignées dans le carnet de recherche hypotheses nouvellement créé : https://dianat.hypotheses.org/
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