Séminaire Fluctuation(s) - Université Bordeaux Montaigne

Recherche

Séminaire Fluctuation(s) - séances d'automne

Mot Fluctuation(s) écrit en blanc sur des motifs abstraits colorés ondulés
© Logan Voss, Motifs abstraits colorés ondulés avec un fond sombre, Unsplash

Le séminaire de recherche interdisciplinaire "Fluctuation(s)" est proposé par les doctorant·es de l'unité de recherche SPH (U(M)RU 4574, Université Bordeaux Montaigne et Université de Bordeaux). Du 22 avril au 16 décembre 2026, en format hybride (présentiel et distanciel).

S'il s'inscrit dans la continuité des séminaires doctorants précédents ("Corrélation(s)" et "Naturalisme(s)"), "Fluctuation(s)" se distingue par son caractère interdisciplinaire, reflet de l'âme même du laboratoire SPH : ce séminaire n'est pas consacré à une question philosophique particulière ni à une discipline unique. Il n'implique pas pour autant la dilution de la rigueur et de l'exigence qui caractérisent les recherches de qualité, au contraire : il cherche à refléter leur mouvement authentique. Ainsi, chaque séance est une occasion unique de naviguer à travers un sujet de recherche précis, choisi par les doctorant·es de SPH et cartographié par des chercheur·euses expérimenté·es.

Parce que les recherches, leurs délimitations et intersections sont fluctuantes, ce séminaire veut faire de la place au tissage de la pensée auquel tout·e jeune chercheur·euse travaille intensément. À chaque séance un fil, un flux de pensée discutée pour tenter de le démêler.

Prochaine séance

Lundi 19 octobre / 16h - 18h

Les mémoires de Simone de Beauvoir : une transcendance retrouvée ? (Liberté, subjectivité et émancipation)

Dans cette séance, nous interrogerons le chiasme entre écriture de soi et philosophie : autobiographie des philosophes, philosophie de l'autobiographie. Notre perspective est celle de la philosophie même de Beauvoir : politique et morale. Là où l'œuvre philosophique centrale « Le Deuxième Sexe » propose le plus souvent une description de l'aliénation, souvent réputée sévère, l'œuvre cathédrale des « Mémoires » offre quant à elle un portrait de l'émancipation en acte. Ils sont à la fois la description d'une hexis corporelle de la transcendance retrouvée, comme un ethos de l'émancipation et de l'existence libérée, créatrice et engagée, qui se refuse de retomber dans l'immanence, selon le mot qui concluait l'introduction du « Deuxième Sexe ». Pour traiter ce sujet, nous aurons le plaisir d'accueillir les interventions de Kate Kirkpatrick (University of Oxford, Royaume-Uni) et Claudia Bouliane (University of Ottawa, Canada).

Salle Jean Borde, MSH (Campus Montaigne - Pessac)
Organisation : Lucie Boulay
Interventions : Claudia Bouliane (University of Ottawa, Canada) et Kate Kirkpatrick (University of Oxford, Royaume-Uni)
Lien zoom : https://u-bordeaux-montaigne-fr.zoom.us/j/83652341487?pwd=NaEVBPtWbELV62diIoTv3ztNbU8ayC.1
Contact : Lucie Boulay - lucie.boulay @ etu.u-bordeaux-montaigne.fr

Programme à venir

Jeudi 26 novembre / 15h - 17h Lieu à préciser

Penser la barbarie dans la modernité. Retour sur un concept critique dans l’œuvre de Walter Benjamin

« Il n’y a pas de témoignage de culture qui ne soit en même temps un témoignage de barbarie. » On trouve cette formule sibylline gravée comme épitaphe sur la tombe du philosophe Walter Benjamin à Port-Bou, dans les Pyrénées, ville où il se donna la mort après que sa tentative d’exil en Espagne se fut heurtée au zèle d’un garde-frontière qui lui refusa le passage alors qu’il fuyait le nazisme, le 26 septembre 1940. Cette séance propose de s’arrêter sur l’usage benjaminien d’un « concept » de barbarie qu’il introduit notamment dans son essai Expérience et pauvreté de 1933, mais que l’on trouve aussi à l’uvre dans ses nombreux écrits consacrés à l’histoire et à l’esthétique.
La séance montrera donc la valeur stratégique, voire le caractère « modèle », de cette notion pour saisir l’architecture conceptuelle benjaminienne, prise dans un continuel basculement entre sauvetage d’une forme d’historicité face au positivisme progressiste naïf, romantisme et désir d’émancipation par la révolution. Chez Benjamin, la barbarie ne semble en effet pas se réduire à la violence, mais, au contraire, se mouvoir dans une ambivalence négative et positive. Il faut ainsi revendiquer dans le même temps « deux manières d’être barbare : l’une qui appelle le désastre et l’autre qui le conjure ».

C'est avec l'intervention de Michael Löwy lors de cette séance, directeur d'étude à l'EHESS à Paris, philosophe marxiste et penseur de l'écosocialisme, que nous allons aborder les questions suivantes.
On reviendra dans un premier temps sur la manière dont Benjamin aborde une temporalité vertigineuse à travers ce concept de barbarie : celle du commencement, marquant une crise anthropologique qui confronte au problème d’une humanité délestée en apparence, par la transformation accélérée et sans précédent de son mode de vie par la technique, mais aussi par la violence destructrice de la guerre, de toute forme d’historicité.
On questionnera ensuite le problème, que Benjamin semble vouloir prendre à bras-le-corps, de la « pauvreté en expérience » comme résultat de ce présent qui ne semble pouvoir s’accompagner d’aucun repère mémoriel pour le Sujet. Cette pauvreté paradoxale de la nouveauté radicale entraîne une obsolescence ou une « dévaluation » de l’expérience « communicable » des anciens comme caractéristique de la modernité industrielle qui, face à ce vide, revêt toujours plus de « masques historisants », tout en entreprenant l’effacement systématique des traces des vaincus de l’histoire.
Enfin, il faudra aussi réfléchir à la place de ce concept de barbarie dans une théorie de l’émancipation et de l’aliénation poursuivant l’analyse marxienne du fétichisme et de ce qu’il nomme la « fantasmagorie ». Benjamin semble en effet construire le versant positif de son concept de barbarie sur un désir d’appréciation, sans le « masque de l’adulte », de nouvelles formes de création pouvant transformer cette pauvreté de l’expérience, cette « jeunesse » de l’humanité, en révolution, juxtaposant la liberté créatrice et le besoin de transmission du souvenir.
Cette séance propose donc de suivre avec Walter Benjamin ce jeu perpétuel des détours — par le mythe, l’architecture, l’histoire — pour aborder l’urgence de penser, aujourd’hui, un concept de barbarie dans une modernité tardive confrontée à la fois à l’irréversibilité des destructions environnementales et au besoin de penser la “perte” (de sens, d’agentivité, d’autonomie) dans un présent marqué autant par l’accélération technologique que par l’obsolescence de nos manières passées d’habiter le monde.

Organisation : Anissa Braham
Intervention : Michäel Löwy (CNRS, CéSor, Paris)

Mercredi 16 décembre / Horaires et lieu à préciser

Journée d’étude / Questions scolaires et questions sociales sous la IIIe République
Organisation : Clément Denuit
Interventions : Frédéric Mole (Université Jean Monnet, Éducation, Cultures, Politique, Saint-Étienne), Christophe Miqueu, Jean-François Dupeyron, Olga Akou Kochie,Titouan Lahitte, Clément Denuit (Université Bordeaux Montaigne, SPH)

Chaîne YouTube @SciencesPhilosophieHumanités

Séances passées

Mercredi 22 avril / 15h-17h, à la Maison de la Recherche (salle MLR033) & en ligne

Enseigner la philosophie en pédagogie Freinet : quelle anthropologie pour quelles perspectives politiques ?

Cette séance sera une première entrée dans la philosophie de l'éducation, axe important du laboratoire SPH. Elle sera consacrée à la discussion des prémisses théoriques de la pédagogie Freinet appliquée aux cours de philosophie. Nous recevons pour ce faire le professeur marseillais Denis de Casabianca, qui a travaillée à cette transposition et a publié en 2022 Apprendre autrement à philosopher, la Pédagogie Freinet pour s'émanciper au lycée.

Cette séance s'adresse à toute personne curieuse, ainsi qu'à l'ensemble des étudiante·es, travailleur·euses et chercheur·euses qui s'intéressent aux sciences de l'éducation, à la philosophie et à son enseignement, ainsi qu'aux réflexions situées au croisement entre éducation et politique.

Organisation : Titouan Lahitte
Intervention : Denis de Casabianca (Lycée Thiers, Marseille)

Lundi 4 mai / 14h-16h

De quoi est fait un corps collectif ? Entre espérances, promesses et responsabilités

Organisation : Daria Abalmasova et Josebiñe Agirre Soto
Interventions : Maggie Fife (University of North Carolina, États-Unis) et Emmanuel Picavet (Université Paris 1-Panthéon Sorbonne, ISJPS)

Mercredi 27 mai / 14h-17h

Philosophie de l’éducation, sciences de l’éducation et dynamiques politico-éducatives dans les Afriques

Organisation : Olga Akou Kochie
Interventions : Alfred Gambou (Président de l’ABIPSEFA, Université Catholique de l’Ouest, Nantes) et Hervé Pennec (CNRS - IMAF Aix & Directeur du GIS Études africaines en France)

Contacts :

Josebiñe Agirre Soto / josebine.agirre-soto @ etu.u-bordeaux-montaigne.fr
Titouan Lahitte / titouan.lahitte @ etu.u-bordeaux-montaigne.fr
Daria Abalmasova / daria.abalmasova @ etu.u-bordeaux-montaigne.fr

Mercredi 23 septembre / 15h - 17h

Pourquoi comprenons-nous le monde ?

Albert Einstein affirmait du monde que son éternel mystère réside dans sa compréhensibilité : c’est sur ce paradoxe manifeste que se penche le dernier ouvrage de Bernard Lahire. Peut-on expliquer la capacité des sciences à saisir objectivement les propriétés de la réalité ? Si la question n’est pas neuve, c’est la manière dont elle se trouve traitée par le sociologue qui fascine : y répondre suppose de resituer la pratique de la connaissance dans le cadre naturel, en particulier biologique, à partir duquel elle se déploie et qui implique la coappartenance du sujet connaissant à son propre objet. Il s’agit donc d’en finir avec le relativisme, le nominalisme et le dualisme qui confinent trop souvent les sciences humaines à la pusillanimité. Au terme de cette enquête, n’est-ce pas l’incompréhensibilité même du savant devant l’effectivité de ses propres résultats qui devient incompréhensible ? C'est autour du livre traitant ces questions que nous aurons le plaisir d'écouter Bernard Lahire, chercheur au Centre Max Weber du CNRS à Lyon.

Salle Jean Borde, MSH (Campus Montaigne - Pessac)
Organisation : Malo Kerdraon
Intervention : Bernard Lahire (CNRS, Centre Max Weber, Lyon)
Lien zoom: https://us04web.zoom.us/j/77566418262?pwd=IgVv08CnMWsnokh3abmjoTXrS03upq.1
Contact : Malo Kerdraon - malo.kerdraon @ etu.u-bordeaux-montaigne.fr

footer-script