Animalités, thème de la 20ème édition du festival Géocinéma - Université Bordeaux Montaigne

Culture - Festival

Animalités, thème de l'édition des 20 ans du festival Géocinéma

Pour son édition des 20 ans, le festival Géocinéma portée par un collectif d'enseignant·es-chercheur·es géographes de l'Université Bordeaux Montaigne et de Paris 1 Panthéon La Sorbonne, membres de l'UMR Passages, professeur·es d'Histoire-Géographie aura lieu du lundi 23 au jeudi 26 mars 2026. Ce festival dédié aux décryptages des univers fictionnels et artistiques (films, documentaires, bandes-dessinées) entreprend de faire de la Géographie autrement, hors les murs de l'Université. La programmation 2026 est articulée autour du thème "Animalités" et est à découvrir à l'Université Bordeaux Montaigne (bibliothèque Rigoberta Menchú, Maison des Suds), au cinéma L'Utopia et à la librairie Krazy Kat. Certains rendez-vous sont payants, d'autres gratuits, l'ensemble est ouvert à toutes et à tous.

Programmation

Lundi 23 mars

  • 17h30 - Bibliothèque Rigoberta Menchú, campus Montaigne, Pessac -  Ouverture du festival 
    Exposition et remise des prix du concours photo (organisé du 19 janvier au 2 mars) 
    Gratuit

Mardi 24 mars

  • 10h30-12h30 - Maison des Suds, campus Montaigne, Pessac
    Géocinéconférence  "De chair, d’os et de lumière : une plongée géo-cinématographique dans les relations humanimales". Intervenant : Jean Estebanez (Université Paris-Est Créteil)
  • 14h-17h - Maison des Suds campus Montaigne, Pessac
    « Toiles de Géographes », rencontres autour des films de recherches réalisées par les étudiant·es du parcours TIME « Territoires, Images et Environnement » et des étudiant·es de Licence 3 Géographie-Aménagement de Paris 1 Panthéon la Sorbonne.
    Intervenant : Olivier Bories (ENSFEA, Toulouse)
    Gratuit
  • 19h-23h - IUT Bordeaux Montaigne, campus Renaudel, Bordeaux
    Ludoconférence, after gaming "Animalités dans les jeux vidéos" 
    Intervenant·es : Nashidil Rouiaï (ISVV, UB) et Chris Pividori (ENSAP, Bx)

Mercredi 25 mars (journée cinéma à l'Utopia, Bordeaux)

  • 9h-11h30 - Projection : White God (2014) réalisé par Kornél Mundruczo.
    Intervenant·es : Armelle Gardeisen (CNRS Archimède, Montpellier et Damien Sans (ENSAP Bordeaux)  
  • 14h30-17h - Projection : Bergère de biodiversité (2025) réalisé par Olivier Bories et Corinne Eychenne
    Intervenant·es : Olivier Bories (ENSFEA, Toulouse) et les étudiant·es de première année de Master Territoires, Images, Environnements de l'Université Bordeaux Montaigne
  • 20h-23h - Projection : Ame et Yuki, les enfants loups (2012) réalisé par Mamoru Hosada
    Intervenants : Farid Benhammou (Université de Poitiers) et Cyrille Marlin (ENSAP, Bordeaux)
    Tarification spéciale de l'Utopia (5€ pour les étudiant·es) 

Jeudi 26 mars (journée cinéma à l'Utopia, Bordeaux)

  • 9h-11h30 - Projection : Petit paysan (2017) de Hubert Charuel, cinéma l'Utopia
    Intervenants : Olivier Carraz (éleveur de bovins en label bio, Sauviac) et Nicolas Lemoigne (UMR Passages, Université Bordeaux Montaigne) 
  • 14h30-17h - Projection : Les Oiseaux (1963), d'Alfred Hitchcock,  cinéma l'Utopia
    Discutant : Brian Greffe (étudiant en 2ème année de licence Géographie-Aménagement à l'Université Bordeaux Montaigne) et Fréderic Fortunel (Le Mans Université) 
  • 17h30-19h30, Bandes-dessinées et Géographie, dans la salle de la cheminée au cinéma Utopia en partenariat avec la librairie Krazy Kat, Bordeaux
    Avec Guillaume Trouillard auteur et éditeur Édition de la Cerise
     Gratuit
  • 20h-23h30 - Projection : "Les dents de la mer"  (1975) de Steven Spielberg, cinéma l'Utopia
    Intervenant·es Véronique André-Lamat (UMR Passages, Université Bordeaux Montaigne)  et Didier Vye (Université de la Rochelle)
    Tarification spéciale de l'Utopia (5€ pour les étudiant·es) 

Pourquoi l'animalité ? 

La 20e édition du festival Géocinéma propose d’interroger une thématique florissante au cinéma, tout en étant plus inhabituelle en Géographie : celle de l'Animal. Récemment renouvelées, les approches géographiques se centrent aujourd’hui plus largement sur les relations entre humains et non humains, leurs cohabitations, une façon de reconnaître que depuis son apparition l’espèce humaine partage la Terre avec d’innombrables espèces vivantes. Les animaux sont (devenus) ces autres qui suscitent notre intérêt croissant. Nos relations n’ont cessé d’évoluer, de se complexifier, ce à mesure que nos emprises respectives se reconfiguraient. Ces changements opèrent y compris au sein du règne animal entre animaux sauvages et les animaux domestiques.

Les animaux sauvages ont été chassés comme source de nourriture, ont pu aussi faire figure de trophées. Objets de représentations, de mythes ou de fantasmes, certains animaux sont au centre de cultes dans de nombreuses sociétés qui entretiennent un rapport sacré à la nature. Ils sont aujourd’hui devenus les emblèmes d’une nature sauvage mise en danger par les activités humaines qui réduisent leur habitat. Après avoir été tués ou capturés pour être montrés dans les foires, les cirques, les arènes ou les zoos, ils sont désormais intégrés dans des politiques de protection au sein de parcs et de réserves.

Les animaux domestiques sont quant à eux issus de la sélection de certains animaux sauvages. Ils ont été élevés afin de fournir aux humains viande, lait, peau, utilisés comme monture, animal de bât ou de travail pour les labours, la garde des maisons et des troupeaux, ou encore dressés pour participer à des courses ou des combats. Ceux-là cohabitent étroitement avec les humains, dans un rapport de soumission qui n’exclut pas cependant une relation plus affective entre éleveurs et leurs bêtes, comme le montre le film Petit Paysan d’Hubert Charruel. Certains ont même acquis un statut privilégié au sein même des maisons et des foyers, ainsi que comme partenaires de pastoralisme comme le montre le film documentaire Bergère de biodiversité de Corinne Eychenne et Olivier Bories qui met en scène une bergère, ses chiens et des moutons.

Mais il arrive que ces assignations spatiales soient transgressées et deviennent conflictuelles. C’est le cas lorsque des animaux sauvages font des incursions sur le territoire des humains, tel le requin blanc des Dents de la mer de Steven Spielberg, animal monstrueux et meurtrier, semant la terreur sur une plage bondée de vacanciers.

C'est le cas également lorsque l'animal domestique se rebelle, à l’image des meutes de chiens errants du film White God de Kornéll Mondruczo ou encore des oiseaux d'apparence inoffensive qui attaquent dans Les Oiseaux d'Alfred Hitchcock. Dans les villes, la cohabitation avec rats, blattes ou pigeons finit par conduire à vouloir éliminer ceux qui sont considérés comme "nuisibles" ou parasites.  Enfin, lorsqu'au nom de la protection de la biodiversité des animaux sauvages emblématiques sont réintroduits ou reconquièrent des espaces d’où ils avaient été chassés ou exterminés, ils provoquent l’inquiétude des éleveurs, créant des situations conflictuelles entre les différents acteurs des territoires.

Le cinéma donne une large place aux animaux, non seulement dans les documentaires dits animaliers mais aussi dans les films de fiction et films d’animation. Souvent filmés comme des figures emblématiques d’un milieu naturel servant de décor (le lion dans la savane, le tigre dans la jungle, le loup ou l’ours dans les forêts boréales) ou comme des éléments incontournables d’un genre cinématographique (le western avec ses chevaux, ses vaches et ses bisons), ils deviennent parfois le personnage principal, s’élevant même au rang de véritable star. Animaux anthropomorphisés, ils servent de parabole, de métaphore ou de miroir des comportements humains, interrogeant la bestialité des uns ou l’humanité des autres. Certaines fictions, comme Ame et Yuki, les enfants-loups, film d’animation de Mamoru Hosada, vont encore plus loin en imaginant des métamorphoses et des métissages, qui effacent la frontière ténue qui sépare l’humain de l’animal.

En mars 2006, était lancée la première édition du Festival « Géocinéma », festival dédié aux décryptages des imaginaires géo-cinématographiques. Ce festival qui ambitionne de faire de la Géographie hors les murs, dans une salle de cinéma, le cinéma Utopia de Bordeaux a couvert 18 thèmes : « Habiter » (2006). Le pont (2007). Le vin (2008). L’étranger (2009). L’enfermement (2010). La musique (2011). Natures (2012). La Route (2013). Chaos ordre et désordre (2014). La mer (2015). Cyberespace (2016). Terres (2017). Le film dans la pratique de la Géographie (2018). Paradis artificiels (2019). Films en Nouvelle Aquitaine(2022). La montagne (2023). Aventures (2024). La marche (2025).

Lieux des événements 

Maison des Suds, Université Bordeaux Montaigne : Esplanade des Antilles, Pessac. Accès Tram B, arrêt Montaigne/Montesquieu
Cinéma Utopia : 5, place Camille Jullian, Bordeaux. Accès : Tram A, arrêt Place du Palais / Tram B, arrêt Hôtel de Ville / Tram C, arrêt Place de la Bourse.
Librairie Krazy Kat
: 11 Rue Saint-James, Bordeaux . Accès : Tram A, arrêt Place du Palais / Tram B, arrêt Hôtel de Ville / Tram C, arrêt Place de la Bourse.

Contact :  Marina Dufeal, enseignante-chercheuse en Géographie marina.dufeal @ u-bordeaux-montaigne.fr
Illustration : Nino Dufaux, étudiant en Master Illustration à l'Université Bordeaux Montaigne

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