Interview de Thomas Cesbron : Étudiant, comédien et auteur - Université Bordeaux Montaigne

Culture

Interview de Thomas Cesbron : Étudiant, comédien et auteur

À seulement 22 ans, Thomas Cesbron jongle avec trois casquettes : étudiant en urbanisme, comédien en conservatoire et jeune auteur publié. Dans cet entretien intime et inspirant, il revient sur son parcours créatif, son rapport à l’écriture, ses doutes, ses espoirs et la genèse de son premier livre Tout ce qui brûle finit par s’éteindre. Un récit fragmenté, brut et sincère, à l’image de toute une génération en quête de sens.

Peux-tu te présenter et nous parler de ton livre ?


Je m'appelle Thomas Cesbron, j’ai 22 ans depuis le 7 janvier dernier. Je suis étudiant en Master 1 d’urbanisme et d’aménagement à l’IATU, et parallèlement en cycle 3 au conservatoire de théâtre. Il y a deux ans, j’ai commencé à écrire un livre un peu par hasard, sans intention initiale de publication. Je l’ai mis en pause, puis retravaillé et envoyé à plusieurs maisons d’édition. J’ai essuyé des refus, reçu aussi des réponses positives… et voilà, ce livre est arrivé. C’est un témoignage brut qui parle de jeunesse, de voyage, d’amour et de désillusion. Ce n’est pas une œuvre universelle, mais un reflet sincère de ma vision des choses.

 

Tu es étudiant, comédien et auteur publié. Comment ces trois identités dialoguent dans ton quotidien aujourd’hui ?

J’ai toujours aimé créer. Les études, je les poursuis autant par intérêt que par raison. Mais ce qui me stimule vraiment, c’est la création : le théâtre et l’écriture. Je fais du théâtre depuis dix ans, du collège aux troupes amateurs, en passant par l’improvisation. J’ai fait une pause l’année dernière pour partir au Québec, et à mon retour, j’ai tenté les concours du conservatoire. Aujourd’hui, j’ai un emploi du temps chargé avec 14h de théâtre par semaine, mais j’adore ça. Tout se nourrit : l’urbanisme m’aide à penser les territoires, le théâtre me permet de raconter, et l’écriture de poser mes idées.

À quel moment l’écriture est-elle passée d’un refuge personnel à un projet artistique ?

Au départ, c’était un refuge. J’écrivais des pensées dans mes notes, puis des lettres. C’est d’ailleurs ainsi qu’est né ce livre : des lettres écrites par amour, accumulées, devenues un manuscrit. Je ne comptais pas le publier, mais après l’avoir anonymisé et enrichi, il a pris forme. Je l’ai partagé parce que j’aurais aimé lire un tel livre. J’en suis fier pour ça.

Le titre du livre est Tout ce qui brûle finit par s’éteindre. Tu dis que c’est une autofiction assez intime. Comment trouve-t-on le courage d’exposer sa vulnérabilité aux autres ?

C’est une chose qui me faisait très peur. Le jour de la publication, je me suis dit que j’avais fait une grosse erreur. Mais un pote m’a rappelé qu’on ne peut pas reprocher à quelqu’un d’être sincère. Je ne l’ai pas fait pour la reconnaissance, mais pour partager. À partir du moment où cela touche ne serait-ce qu’une personne, c’est déjà gagné.

Tu disais que le livre était fait de lettres et de fragments. Comment as-tu retravaillé la forme pour tout rendre plus linéaire ?

À la base, ce sont des lettres, mais le format a évolué. Aujourd’hui, ce sont plutôt des fragments sensibles. Le livre est chaotique, sans structure figée, mais il garde un fil chronologique ponctué de retours en arrière et de bonds dans le temps. C’était une écriture très organique, où je bougeais des blocs, j’ajoutais, je retranchais. Certains passages ont été écrits dans l’instant, d’autres avec du recul. C’est un voyage réel et aussi un voyage initiatique.

Tu t’adresses particulièrement aux 18-35 ans. Que voulais-tu dire à cette génération à travers ton texte ?

Je n’ai pas de message universel. Chacun prend ce qu’il veut. Mais je pense que cette génération en a vu des vertes et des pas mûres. Il faut montrer qu’on a tous des doutes, et que la vulnérabilité peut être une force. J’espère encourager les autres à oser l’authenticité.

En tant qu’étudiant artiste à l’université, que représente pour toi ce statut ? T’a-t-il aidé dans ton parcours ?

Oui, énormément. C’est grâce à ce statut que j’ai pu étaler mon master sur deux ans, suivre mes cours de théâtre, et avoir une vraie flexibilité. Cela m’a permis de créer sans subir la pression. Créer demande du temps, et ce temps est un privilège. Ce statut permet de rendre la culture plus accessible.

Quelles sont tes principales sources d’inspiration, littéraires ou non ? Et comment nourrissent-elles ton écriture ou ton jeu ?

Je suis très curieux. J’écoute et je lis de tout. J’aime Dostoïevski, Kafka, mais aussi des auteurs plus contemporains comme Panayotis Pascot (La prochaine fois que tu mordras la poussière). La musique, le cinéma, le théâtre m’inspirent beaucoup. Et aussi mes amis : j’aime m’entourer de gens sensibles qui créent. Le voyage est aussi une grande source d’inspiration.

D’où vient le titre de ton livre ?

Il vient d’un moment marquant. J’étais en stop dans les Pyrénées avec une amie, et un conducteur haut en couleur, Christophe, 41 ans, “philosophe de comptoir”, nous a sorti cette phrase : Tout ce qui brûle finit par s’éteindre. À ce moment-là, j’allais mal. Cette phrase est devenue un mantra rassurant. Aujourd’hui, je vais mieux. Le feu s’est éteint.

Souhaites-tu ajouter quelque chose ?

Lisez-le ! J’aimerais bien qu’il soit accessible à tous, par exemple à la BU. Il est publié par une petite maison d’édition, mais distribué par Hachette, donc disponible partout (librairies en ligne, commandes en boutique…).

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