Jusqu'au 31 août 2026

Mis à jour le 9 juillet 2026
William Haddican est professeur de linguistique au Queens College et au Graduate Center de la City University of New York, une université publique basée à New York (Etas-Unis) regroupant 26 Colleges répartis sur toute la région newyorkaise. M. Haddican enseigne également en tant que Chair professor dans des programmes de linguistique, d’anglais langue étrangère et de sciences de la communication et troubles de la communication. Pour une durée de quatre semaines entre mai et juin 2026, il a été professeur invité à l’Université Bordeaux Montaigne et accueilli au sein du laboratoire IKER par Urtxi Etxeberria. Il nous raconte son séjour au travers d’une interview :
Mon travail se concentre sur le changement de la langue et la syntaxe, spécifiquement dans les dialectes du basque et de l’anglais. Dans mon travail sur le basque, j’utilise des données de corpus et des techniques traditionnelles d’élicitation syntactiques pour prouver les variations transdialectales et les changements dans la syntaxe de la langue basque. Mon travail le plus récent explore la syntaxe des formes verbales conjugués en basque, plus spécialement les effets de seconde position et la distribution des pronoms personnels clitiques.
Mon travail sur la langue anglaise utilise différentes sortes de données dont les corpus, les données issues d’évaluations contrôlées, et des paradigmes de priming, afin d'étudier la structure argumentale. Mes travaux les plus récents, menés en collaboration avec des collègues de l'université de Pennsylvanie et du Centre de linguistique de l’Université de Lisbonne (CLUL), visent à déterminer quels types d'objets formels donnent lieu à des effets de priming lors de la production dans les constructions avec verbes à particules, petite proposition et double objet.
J'ai également travaillé sur les changements phonologiques dans les dialectes de l'anglais américain et du basque.
Je travaille avec les collègues d’IKER, dont Irantzu Epelde, Urtzi Etxeberria et Ricardo Etxepare,sur un projet ANR axé sur la documentation des variations transdialectale et les changements dans les systèmes d’allocution du basque. « Allocutivité » fait référence à un phénomène dans lequel les caractéristiques des destinataires non participants — souvent le genre ou le statut honorifique — sont marquées morphologiquement. Les linguistes considèrent généralement que la structure de ce phénomène permet de mieux comprendre la manière dont les participants à l’acte de parole — locuteurs et auditeurs — sont représentés syntaxiquement dans le langage naturel.
L’allocutivité a été décrite dans plusieurs langues, notamment le coréen, le magahi, le galicien, le tamoul et le japonais, mais les systèmes observés dans les dialectes basques sont morphologiquement les plus complexes et potentiellement les plus révélateurs. Malgré l’importance du basque pour ces questions théoriques, les systèmes allocutifs de nombreux dialectes basques restent mal décrits. L’objectif de ce projet est d’analyser certains de ces systèmes et de documenter leur évolution.
J’ai donné deux conférences lors de mon séjour à l’Université Bordeaux Montaigne, la première sur le campus principal et la seconde au laboratoire IKER, à Bayonne, qui ont toutes les deux été productives et gratifiantes. Cependant, les moments de mon séjour les plus précieux, d’un point de vue de la recherche, sont les nombreuses conversations que j’ai eues avec les étudiants et les collègues, qui je l’espère, évolueront vers de nouvelles approches, une recherche plus forte et de futures collaborations.
L’Université Bordeaux Montaigne est une institution de renommée mondiale dans le milieu de la recherche. Rien ne peut remplacer l’opportunité de travailler dans un environnement comme celui-ci en tant que professeur invité. [Le programme] permet de mettre à l’épreuve sa façon de penser et de stimuler son énergie intellectuelle afin d’approcher de nouvelles problématiques.
IKER est internationalement reconnu comme un centre de recherche leader dans les domaines de ce projet, et l’opportunité de travailler étroitement avec des collègues de ce laboratoire est inestimable.
Mes collègues d’IKER et moi-même continuons notre travail sur ce projet ANR et restons en contact régulier afin de capter de futurs financements et des données de recherche. Nous nous rencontrons régulièrement par Zoom et maintenons le contact par mail.
Pour en savoir plus sur le programme "Professeur Invité", rendez-vous ici.