Jusqu'au 31 mai 2026

Mis à jour le 15 avril 2026
Du 1er mars au 1er avril 2026, l’Université Bordeaux Montaigne a reçu dans le cadre de son programme « Professeur Invité » Cristina Stanciu, professeure d'anglais et directrice du Centre de recherche en Humanités (Humanities Research Center) à Virginia Commonwealth University (VCU), une université publique et de recherche aux États-Unis spécialisée dans la recherche interdisciplinaire et l'engagement communautaire.
Dans son université, elle collabore étroitement avec des enseignants de diverses disciplines pour encourager la recherche collective et renforcer la place des sciences humaines dans un contexte de recherche en perpétuelle évolution. Ses travaux se situent à la croisée des études littéraires, des études autochtones et des sciences humaines environnementales, et une grande partie de sa fonction de directrice du Centre de recherches en Humanités permet de faciliter la création d’espaces où la recherche en sciences humaines peut s'inscrire pleinement dans les débats institutionnels et plus largement mondiaux.
Cristina Stanciu a eu la gentillesse de se prêter au jeu de l’interview et nous raconte son séjour à Bordeaux Montaigne.
Mes recherches s’inscrivent dans le domaine des études littéraires et culturelles, avec un intérêt particulier pour les littératures autochtones, les sciences humaines environnementales et les questions liées à l’histoire, à la mémoire et au lieu. Je m’intéresse tout particulièrement à la manière dont les récits, à la fois littéraires et culturels, façonnent notre compréhension de la terre, de l’identité et de l’appartenance, ainsi qu’à la façon dont les systèmes de savoirs autochtones remettent en question et élargissent les cadres dominants dans les sciences humaines.
Je travaille actuellement sur une deuxième monographie qui examine les représentations littéraires et culturelles des « écoles résidentielles » ou internats destinés aux enfants autochtones aux États-Unis et au Canada. Ce projet explore la manière dont les écrivains et les communautés autochtones ont abordé l’histoire et l’héritage de ces institutions – lieux qui ont joué un rôle central dans les politiques d’assimilation et qui ont eu des répercussions intergénérationnelles sur le long terme.
À travers une analyse littéraire, l’ouvrage examine comment les récits de mémoire, de traumatisme, de survie et de résilience s’articulent à travers différents genres et moments historiques. Il s’intéresse particulièrement à la manière dont ces textes non seulement témoignent d’histoires difficiles, mais permettent également de retrouver la parole, de restaurer les savoirs culturels et d’imaginer des voies vers la guérison et la justice.
Au cours de mon séjour à l'Université Bordeaux Montaigne, je me suis attachée à faire avancer ce projet de livre tout en développant des échanges collaboratifs autour des études autochtones dans un contexte transnational, notamment en collaboration avec des chercheurs en études américaines.
Je travaille en étroite collaboration avec des collègues de Bordeaux Montaigne dont les recherches portent sur des questions connexes de littérature et de mémoire culturelle, et je suis tout particulièrement intéressée pour établir des liens susceptibles de soutenir de futures initiatives de recherche conjointes et des échanges. Avec le professeur Lionel Larré, je coédite actuellement un ouvrage (en cours de révision chez University of Nebraska Press) issu d’un colloque que nous avons coorganisé à l’Université Bordeaux Montaigne en 2024 à l’occasion du centenaire de l’Indian Citizenship Act.
Parmi les moments clés de mon séjour, je citerais une présentation publique devant le corps enseignant, les étudiants et les membres de la communauté de Bordeaux Montaigne (« Calling Down the Sky : Indigenous Literary Testimony and the Legacies of Boarding and Residential Schools in the U.S. and Canada », ainsi que les discussions de recherche avec des collègues, la participation à des séminaires et l’occasion d’échanger avec des étudiants de troisième cycle. Ces échanges ont été particulièrement enrichissants, car ils ont ouvert de nouvelles perspectives sur des questions de recherche communes et mis en évidence la richesse du dialogue interdisciplinaire au-delà des contextes nationaux et institutionnels.
Les conversations informelles ont également joué un rôle important dans la formulation d’idées et l’identification de domaines de collaboration future. Avec le professeur Larré, nous nous sommes rendus à l’Université de Varsovie pendant quelques jours pour présenter nos recherches lors d’un symposium sur les études autochtones mondiales (Global Indigenous Studies symposium) et pour développer des concepts en vue de futures demandes de subventions.
Être chercheuse invitée à l’Université Bordeaux Montaigne offre une occasion unique de sortir du contexte de son institution d’origine et de s’immerger pleinement dans une communauté intellectuelle différente. L’importance accordée par l’université aux sciences humaines et son ouverture au dialogue interdisciplinaire créent un environnement à la fois stimulant et collaboratif. Cela permet de consacrer du temps à la recherche, ce que j’ai profondément apprécié, mais aussi d’avoir le genre de conversations qui mènent souvent à de nouvelles idées, à des partenariats et à des projets à long terme.
Ce n'est pas ma première expérience en tant que professeur invité. Mes précédents postes de professeur invité (deux bourses Fulbright, dont une récente chaire de recherche du Canada) m'ont donné l'occasion de m'immerger dans différentes cultures universitaires et de nouer des collaborations internationales.
Chaque expérience a profondément influencé mes recherches, et ce séjour à l'Université Bordeaux Montaigne s'inscrit dans cette continuité en renforçant mes liens dans un contexte européen et en faisant progresser les partenariats existants avec des partenaires de trois autres pays européens.
Je prévois de maintenir ces liens grâce à des collaborations de recherche continues, à l’élaboration conjointe de demandes de subventions (notamment les travaux récents sur deux subventions européennes potentielles) et en poursuivant les échanges enseignants. Je suis particulièrement intéressée par le développement de partenariats transatlantiques susceptibles de soutenir des projets interdisciplinaires en sciences humaines, notamment de potentiels ateliers, des travaux co-rédigés et de futurs échanges entre nos institutions.
Mon université et Bordeaux Montaigne ont déjà signé un accord de partenariat, et nous espérons de nombreuses collaborations futures. Le maintien de ces relations est un élément important de la construction d’une communauté intellectuelle partagée au-delà de la durée de la visite. Je suis très reconnaissante envers l’Université Bordeaux Montaigne, le professeur Lionel Larré ainsi que le corps enseignant et les étudiants affiliés au centre de recherche CLIMAS de l’université pour ce mois fructueux et productif passé à Bordeaux.
Pour en savoir plus sur le programme de Professeur invité, consultez la page correspondante ou contactez le Pôle Gestion de projets et mobilités des personnels (staff-mobility @ u-bordeaux-montaigne.fr) de la Direction des Relations Internationales.
Découvrez ici le nom des 11 professeur·es invité·es pour l'année 2025-2026.