Témoignage de Maciej Smuk, professeur invité - Université Bordeaux Montaigne

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Témoignage de Maciej Smuk, professeur invité

Au mois de février 2026, l'Université Bordeaux Montaigne a accueilli Maciej Smuk, enseignant-chercheur à l'Université de Varsovie (Pologne) dans le cadre du programme "Professeur Invité". Il rapporte son retour sur son expérience au sein de l'université.

Pourriez-vous vous présenter et nous parler de votre université ?

Je m’appelle Maciej Smuk, je suis enseignant-chercheur à l’Institut d’études romanes de l’Université de Varsovie. Fondée en 1816, l’Université de Varsovie accueille aujourd’hui environ 40 000 étudiantes et étudiants, répartis dans plus de 200 filières. Elle emploie près de 800 enseignant.e.s-chercheur.e.s et personnels administratifs. Avec sept autres universités européennes, elle cofonde l’alliance 4EU+. C’est d’ailleurs sur les pages de mon université que j’ai découvert, en mai dernier, une information concernant le concours pour le poste de professeur invité à à l’Université Bordeaux Montaigne.

Quel est votre domaine de recherche/d’études général ?

Je ne peux pas parler de mon domaine de recherche sans évoquer l’Institut d’études romanes, où je travaille et dont je suis diplômé. L’Institut a pour mission l’enseignement et la recherche dans le domaine des études françaises et francophones – en littérature, culture, linguistique, traductologie et didactique du FLE. Bien entendu, nous enseignons aussi la langue française, jusqu’à 1 000 heures sur trois ans de licence, ce qui représente une charge vraiment importante ! L’Institut accueille plus de 300 étudiant.e.s et emploie environ 35 enseignant.e.s-chercheur.e.s. Pour ma part, je suis spécialiste de la didactique des langues étrangères. Mes travaux de recherche portent sur les aspects psychologiques et sociaux de l’apprentissage des langues étrangères. Depuis quelques années, je m’intéresse plus particulièrement aux représentations sociales et aux théories subjectives relatives au français et au processus d’apprentissage.

Sur quel sujet spécifique avez vous travaillé à l'Université Bordeaux Montaigne et avec qui ?

Mon séjour s'est déroulé au sein de l’UMR CLLE, co-dirigée par Mariella Causa. Mais ce n’est pas ma première visite à l’Université Bordeaux Montaigne. J’y ai déjà été en 2017, à l’occasion d’un colloque ACEDLE, et auparavant en 2013, lors d’une rencontre avec Jean-Paul Engélibert, consacrée aux doubles diplômes.

Comme on peut s’y attendre, mon séjour à Bordeaux Montaigne est lié à mes recherches en didactique des langues. Je suis en train d’élaborer un outil visant à analyser les représentations sociales du FLE partagées par les futur.e.s enseignant.e.s de FLE que j’ai l’intention de « tester » dans quelques universités françaises. J’ai intitulé ce projet de manière volontairement provocatrice : « Quel français vont-ils.elles enseigner ? ».

En effet, les représentations des différents objets que nous enseignons, et la manière dont nous les conceptualisons, influencent, voire déterminent notre façon d’en parler. En d’autres termes, elles constituent pour nous un point de référence fondamental, même si nous n’en sommes pas conscient.e.s et nous avons des difficultés à les verbaliser. À un niveau plus profond, nos théories subjectives permettent d’expliquer leurs origines, leurs causes et leurs conséquences.

Pour ce qui est du sujet que j’examine, on peut affirmer que les représentations qu’ont les enseignant.e.s de FLE – concernant la norme, la variation du français, ses fonctions sociales ou encore le rôle de ses différents sous-systèmes – influenceront directement la langue qu’ils.elles transmettront aux apprenant.e.s.

À l’Université Bordeaux Montaigne, je collabore avec Mariella Causa, Valeria Villa-Perez, Constance Lejeune ... Il y a à peine quelques semaines, lors d’un colloque à Paris, j’ai rencontré Nicolas Gergaud (CLEFF). J’ai également établi le premier contact avec Mme Marie-Odile Hidden.

Quels ont été les moments clefs de votre séjour à Bordeaux Montaigne ?

J’ai eu le plaisir d’animer des cours adressés aux étudiants en licence, M1 et M2 ainsi qu’aux doctorant.e.s. Ces cours portaient sur les sujets qui sont au cœur de mes recherches : le rôle de la conscience et de la conscience de soi dans l’apprentissage des langues étrangères, la compétence de savoir-être, les représentations du français chez les étudiant.e.s français.e.s et internationaux.ales, la place du français dans le contexte de la mondialisation. Un de mes cours a été consacré à la place de langues étrangères dans le système éducatif polonais.

Par ailleurs, nous avons échangé avec mes collègues sur des projets et initiatives scientifiques communs, où nos parcours se croisent.

Quels sont les avantages à être professeur invité ?

J’attache toujours une grande importance aux échanges d’opinions, d’expériences, de sentiments aussi avec des collègues. Ces échanges, souvent moins formels, alimentent notre réflexion et deviennent une source d’inspiration. Après un certain temps, une idée surgit presque naturellement :« Ah oui, à Bordeaux, j’ai entendu parler de telle ou telle solution, démarche ... Il vaudrait peut-être la peine d’essayer la même chose à Varsovie ? ».

J’apprécie également beaucoup les interactions avec les étudiant.e.s. J’aime confronter mes idées et mes propositions à leur point de vue. Les étudiant.e.s avec qui j’ai travaillé ici étaient très interactif.ve.s, posaient des questions stimulantes. J’en citerai une : « En quoi vos recherches ont-elles influencé la manière dont vous enseignez ? ». Excellente question, n’est-ce pas ?

Comment comptez-vous maintenir les liens avec vos collègues de l’Université Bordeaux Montaigne ?

La coopération entre l’Institut d’études romanes et l’Université Bordeaux Montaigne a une longue histoire. Au départ, elle était centrée sur la littérature, puis elle s’est élargie à la didactique du FLE. Chaque année et depuis plusieurs années, nos étudiant.e.s viennent à Bordeaux Montaigne dans le cadre du programme Erasmus+. Avec Mariella Causa, nous sommes engagés dans un projet européen coordonné par l’Université de Poitiers. L’Université Bordeaux Montaigne a également rejoint le réseau Études françaises en Europe (É.F.E.), créé à Varsovie en 2024. En 2022, Valeria Villa-Perez, avec ses deux collègues, Marielle Rispail et Marine Totozani, a publié un article dans un volume que j’ai dirigé.

Je compte avant tout sur un renforcement de nos échanges et sur la possibilité d’impliquer de nouveaux et nouvelles collègues de Bordeaux et de Varsovie. J’aimerais que les mobilités Erasmus+ deviennent plus intensives. Peut-être que des stagiaires français.e.s pourraient venir à Varsovie ? Ou encore il serait envisageable d’organiser des cours en ligne communs, adressés aux étudiant.e.s français.e.s et polonais.e.s.

De nos jours, l’ouverture aux différences culturelles, à l’altérité… est un slogan porteur. Je suis convaincu que de telles rencontres « sur le terrain » sont nécessaires pour cela.

Pour en savoir plus sur le programme de Professeur invité, consultez la page correspondante ou contactez le Pôle Gestion de projets et mobilités des personnels (staff-mobility @ u-bordeaux-montaigne.fr) de la Direction des Relations Internationales.

Découvrez ici le nom des 11 professeur·es invité·es pour l'année 2025-2026.

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