Témoigne de Paschalis Paschidis, professeur invité - Université Bordeaux Montaigne

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Témoigne de Paschalis Paschidis, professeur invité

Présentation

A la rentrée 2025, l'Université Bordeaux Montaigne a eu le plaisir d'accueillir Paschalis Paschidis, directeur de recherche à la Fondation nationale de la recherche scientifique (Grèce). A la suite de son séjour, il nous partage son témoignage au travers d'une interview.

Pourriez-vous nous parler de vous et de votre université ?

Je suis directeur de recherche à l’Institut de recherches historiques de la Fondation nationale de la recherche scientifique à Athènes, en Grèce. Mon Institut mène des recherches sur divers aspects de l’histoire politique, économique, sociale et culturelle de l’Antiquité grecque et romaine, de Byzance et de l’Hellénisme moderne, et fait partie d’un établissement de recherche pluridisciplinaire. Bien que nous ne soyons pas rattachés à une université spécifique, nous collaborons étroitement avec un certain nombre d’universités en Grèce, notamment avec l’Université d’Athènes, en particulier pour des cours master.

Quel est votre domaine de recherche ?

Je suis historien de l’Antiquité gréco-romaine et épigraphiste. Initialement, mes travaux portaient principalement sur l’histoire hellénistique ainsi que sur les institutions et la politique hellénistiques, en particulier concernant la relation entre rois et cités. À ces intérêts – que je n’ai jamais délaissés – s'est ajouté un intérêt particulier pour l’épigraphie (notamment celle de Macédoine, région sur laquelle se concentrent majoritairement mes travaux à l’Institut, puisque nous sommes responsables de la publication des inscriptions grecques et latines de l’ancienne Macédoine), ainsi que pour les identités collectives antiques ethniques, culturelles, religieuses et politiques dans les provinces romaines durant la période impériale.

Sur quel projet de recherche travaillez-vous actuellement ?

Outre le projet en cours de publication des inscriptions de la Macédoine centrale, et les chapitres annuels sur les publications épigraphiques concernant la Macédoine pour le Bulletin épigraphique ainsi que la Macédoine, la Thrace, la Mésie et la Dacie pour le Supplementum Epigraphicum Graecum, je travaille actuellement sur les structures institutionnelles de l’État macédonien, en particulier à l’époque antigonide (c’est-à-dire au IIIe siècle av. J.-C.). Plus précisément, après quelques publications sur des institutions et des aspects particuliers de la vie politique dans l’État macédonien, j’essaie maintenant de procéder à une analyse comparative du royaume antigonide dans le contexte de l’écosystème des États hellénistiques : cités grecques, états fédéraux de la Grèce continentale, royaumes hellénistiques d’Asie Mineure (notamment les royaumes attalide et séleucide) et d’Égypte (le royaume lagide).

Sur quel sujet spécifique avez-vous travaillé à Bordeaux et avec qui ? 

Étant donné la grande spécialisation de l’UMR Ausonius dans les structures politiques et institutionnelles de l’Asie Mineure hellénistique et dans la relation entre les rois et les cités grecques à l’époque hellénistique, l’objectif principal de mon séjour de recherche ici à l’Université Bordeaux Montaigne a été d’étudier les similitudes et les différences entre l’État antigonide et les royaumes attalide et séleucide, notamment dans la relation de ces États respectifs avec les cités grecques.

Il va sans dire que cet objectif ne peut être atteint au cours du seul mois de mon séjour, mais l’échange d’idées avec tous les collègues ici à Bordeaux, et en particulier avec Laurent Capdetrey et Pierre Fröhlich, s’est avéré une aide inestimable pour ma recherche et une incitation à son approfondissement futur.

Quels ont été les moments clefs de votre séjour ?

Entre autres, j’ai participé au colloque international « Regards sur la polis 1. Les métamorphoses du politique. Institutions, démocraties, citoyennetés » qui a eu lieu les 18 et 19 septembre, avec une communication intitulée « Macedonian poleis as political communities in the longue durée (3rd cent. BC - 3rd cent. AD) » [Les poleis macédoniennes en tant que communautés politiques dans la longue durée (IIIe siècle av. J.-C. - IIIe siècle ap. J.-C.)] et j’ai également pris part à la table ronde animée qui a constitué le point culminant de ce colloque.

De plus, j’ai donné un séminaire dans le cadre de la série de séminaires d’Ausonius, intitulé « Old and New Asylia Decrees of Macedonian Cities for Kos: the Contours of Autonomy » [Anciens et nouveaux décrets d’asylie des cités macédoniennes en faveur de Cos : les contours de l’autonomie], où j’ai discuté en détail de l’image intéressante des cités macédoniennes qui ressort des nouveaux décrets relatifs à l’inviolabilité du sanctuaire d'Asclépios à Cos.

Enfin, j’ai donné un cours sur l’État macédonien en le comparant aux autres royaumes hellénistiques dans le cadre du cycle de séminaires de Master sur l’Asie Mineure hellénistique organisé par Laurent Capdetrey. Je dois cependant admettre que je compte également parmi mes moments clés ici mes diverses discussions informelles avec des collègues et des doctorants.

Quels sont les avantages à être professeur invité à Bordeaux Montaigne ?

Je ne sais vraiment pas par où commencer : une très bonne – et très pratique (ce qui est encore plus important) – bibliothèque, l’opportunité d’échanger des idées non seulement avec des collègues ayant une expertise sur des sujets proches de ma recherche, mais aussi avec des collègues spécialisés dans des domaines de recherche différents, une atmosphère intellectuellement stimulante de convivialité scientifique et de véritable camaraderie, une ville belle et vibrante où il fait bon vivre ; ma liste pourrait être plus longue.

Comment comptez-vous maintenir les liens avec vos collègues de notre université ?

L’avantage de mes liens avec les collègues de l’Université Bordeaux Montaigne, et en particulier de l’UMR Ausonius, est que ces liens ne sont pas nouveaux, c’est-à-dire ils n’ont pas été forgés pendant mon séjour ici. Nous étions déjà en contact avec Laurent Capdetrey et Pierre Fröhlich, entre autres, et connaissions nos travaux respectifs. Mon séjour ici a donc simplement accéléré le processus d’une collaboration future espérons plus étroite.

Nous sommes déjà en discussions pour la possibilité d’un projet de recherche conjoint qui aboutirait à un volume collectif sur les états hellénistiques, ainsi que sur la possibilité d’un programme d’échange pour chercheurs, professeurs et doctorants plus structuré, avec un financement européen. Cela faciliterait, entre autres choses, de courts séjours de recherche pour les étudiants et les chercheurs de l’UBM en Grèce.

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