Du 19 janvier 2026 au 2 avril 2026

Mis à jour le 19 janvier 2026
Lucile Bordes, doctorante en littérature comparée et en histoire contemporaine au sein de l’unité de recherche Plurielles, participe à l’édition 2026 de MT180, le concours oratoire dans lequel les participants doivent résumer leur thèse en 3 minutes. Dans cette courte interview, elle nous en dit un peu plus sur son sujet de thèse, ses objectifs et ses attentes.
Lucile Bordes : Mon parcours universitaire a été guidé par l’envie d’entrecroiser les disciplines. J’ai commencé par une classe prépa littéraire à Paris, une formation qui mêle littérature, histoire, philosophie, langues vivantes et anciennes. J’y suis restée trois ans. Ensuite je suis revenue dans ma région d’origine, le Médoc. Je me suis inscrite à l’Université Bordeaux Montaigne pour y poursuivre deux masters recherche, en littérature et en histoire. Après avoir été reçue à l’agrégation de lettres modernes, j’ai été professeure en lycée. Il y a deux ans, j’ai obtenu un contrat doctoral pour financer ma thèse. Je commence ma troisième année.
LB : Je travaille sur cinq autrices - deux Espagnoles, deux Italiennes et une Française - et sur un corpus de seize fictions, qui racontent la guerre civile espagnole et/ou la Seconde Guerre mondiale en Italie et en France. Ces autrices ont le point commun d’avoir connu ces guerres lorsqu’elles étaient adolescentes ou jeunes femmes, et d’avoir écrit des fictions inspirées de ces expériences. À partir de ce corpus, je m’intéresse à la violence de la guerre et à ses devenirs en période de paix. Je porte aussi mon attention sur la manière dont ces expériences deviennent des récits écrits, puis des textes publiés, traduits et parfois retraduits. La question des traductions est en effet primordiale pour la comparatiste que je suis.
LB : Dans le champ d’étude des guerres sur le XXe siècle, l’intérêt a davantage été porté sur les expériences combattantes des soldats. Néanmoins, depuis ces dernières années, on commence à s’intéresser aux expériences civiles, et dans ce cadre, les fictions que j’étudie permettent d’accéder à ce genre d’expériences. De plus, ces œuvres ne racontent pas seulement la période de la guerre mais débordent souvent sur l’après-guerre, ce que les historiens appellent les « sorties de guerre », une période de transition entre la guerre et la paix où des processus se mettent en place pour démobiliser la société. Cet aspect m’intéresse particulièrement. Comprendre comment les violences de la guerre vont se prolonger en période de paix sous d’autres formes, comme les traumatismes, les blessures, les violences intrafamiliales. Ces expériences racontées dans ces œuvres sont difficilement accessibles à partir de documents et d’archives plus classiques.
LB : De ma participation l’année dernière, j’ai retenu que ce n’est pas si facile de faire une place aux thèses en sciences humaines et sociales car au concours « Ma thèse en 180 secondes », les sciences dures sont surreprésentées. Mais cette année nous sommes 8 participants [contre 3 l’année dernière] de l’Université Bordeaux Montaigne, c’est génial de pouvoir représenter la diversité des sciences humaines et sociales ! J’ai aussi beaucoup apprécié réfléchir à la manière de partager ma recherche et de contribuer à créer du commun. C’est d’ailleurs ce que je cherche à faire à travers ma recherche pluridisciplinaire, créer un territoire commun entre la littérature et l’histoire. Pourquoi participer une nouvelle fois ? Parce qu’en un an, ma recherche a avancé, ma méthode s’est clarifiée et mon corpus s’est consolidé, ce qui me permet de présenter un nouveau texte. C’est d’ailleurs très intéressant de se rendre compte qu’il y a mille manières de présenter un sujet de recherche, et de le vulgariser.
La finale d’établissement du concours Ma Thèse en 180 secondes aura lieu le jeudi 2 avril 2026 au Plateau TV de l’IUT Bordeaux Montaigne à 14h.
Entretien réalisé par Christopher Cramilly avec l’accompagnement de l’équipe SAPS de l’Université Bordeaux Montaigne.