
Mis à jour le 4 mai 2026
L'Université Bordeaux Montaigne a pris connaissance avec inquiétude des déclarations du ministre de l'Enseignement supérieur Philippe Baptiste concernant la mise en œuvre généralisée des droits d'inscription différenciés pour les étudiants extra-communautaires.
Nous partageons l'objectif d'attractivité internationale de la France, et de ce fait nous ne pouvons souscrire ni à la méthode ni à la philosophie qui sous-tendent ce projet.
Notre université accueille depuis sa création des étudiants ressortissants de pays tiers dans le cadre d'une politique d'ouverture et de rayonnement international.
Cette présence est une richesse, en particulier pour une université dont les disciplines — lettres, arts, langues, sciences humaines et sociales — ont pour objet même la valorisation de la diversité, la compréhension des cultures et des représentations du monde.
Ces étudiants sont là parce que nous les avons sollicités. Les en exclure économiquement serait trahir nos engagements autant que les valeurs humanistes qui accompagnent le nom et la philosophie de Montaigne.
Ce n'est pas en incitant les universités à sélectionner leurs étudiants par le portefeuille que l'enseignement supérieur français sera mieux financé. On ne saurait résoudre les problèmes structurels de financement des universités à coup de mesures ponctuelles, au « rendement » au demeurant aléatoire. Il convient, avant tout, que l’État assume ses responsabilités en matière de recherche et d’enseignement supérieur. Une université qui se replie en courant après quelques recettes hypothétiques trahit sa vocation première. Le rôle d'une université publique est précisément l'inverse : s'ouvrir, rayonner, accueillir.
Des milliers d'étudiants extracommunautaires ont d'ores et déjà engagé leurs démarches d'inscription pour la rentrée prochaine sur la base des conditions en vigueur. Modifier unilatéralement les règles du jeu en cours de processus constituerait une rupture de confiance difficilement justifiable tant à l’égard des étudiant.e.s que des nombreuses universités avec lesquelles nous avons signé des engagements d’accueil réciproque. Ceci aurait bien entendu d’inévitables conséquences sur les chances de mobilité des étudiantes et étudiants souhaitant effectuer une mobilité hors des frontières européennes.
L'Université Bordeaux Montaigne rappelle que l'autonomie des établissements d'enseignement supérieur, consacrée par la loi, inclut la responsabilité de leur politique d'accueil et de leur équilibre financier. Si une décision venait à être imposée par voie réglementaire, elle emporterait pour le ministère une obligation de soutien financier aux établissements pour en assumer les conséquences — notamment le renforcement des dispositifs d'accompagnement social et la compensation des effets induits sur nos partenariats internationaux.
Nous souhaitons que ce dossier fasse l'objet d'une concertation approfondie avec les établissements, leurs équipes et les organisations représentatives, avant toute décision définitive.
Le Président de l'Université Bordeaux Montaigne
Alexandre Péraud
Isabelle Froustey, directrice de la communication
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