
Intelligence artificielle, désinformation, crise écologique, démocraties sous tension : on n'a jamais eu autant besoin de savoir analyser un discours, lire une image, comprendre une langue, une culture ou une société.
C'est la vocation de l'Université Bordeaux Montaigne, université publique et seule université de Nouvelle-Aquitaine spécialisée dans les arts, les lettres, les langues et les sciences humaines et sociales. D'ici 2030, elle se fixe un cap : mettre ces savoirs là plus directement au service de la société, et se structurer en conséquence pour y parvenir. Ce cap est inscrit dans un contrat de cinq ans négocié avec l'État et signé en juillet 2026. Chacun y prend des engagements : une partie des financements de l'État est liée aux résultats, suivis chaque année par des indicateurs de performance, avec un bilan d'étape en 2028.
L'université compte aujourd'hui quelque 200 parcours : une offre riche, mais difficile à lire pour un lycéen ou ses parents. À la rentrée 2028, l'offre sera organisée en filières claires du bac au doctorat. Les étudiants seront mieux accompagnés pour s'orienter ou se réorienter, et les débouchés mieux documentés, notamment grâce aux alumnis. Stages et projets menés avec des entreprises, des associations ou des administrations prennent plus de place, surtout en master. Enquêter, analyser, écrire, expliquer, travailler en plusieurs langues, exercer son esprit critique face à l'information : ces compétences, au cœur des formations, servent autant à la vie citoyenne qu'à des métiers bien au-delà de la culture.
L'université développe des formations à distance, hybrides et, à partir de 2028, découpées en modules, pour les salariés en reconversion, les agents publics, les adultes qui reprennent leurs études ou les habitants de territoires éloignés. Elle les construit avec France Travail, les branches professionnelles et les collectivités. Elle renforce aussi l'alternance, notamment dans les métiers de la culture.
Précarité, handicap, santé mentale : les besoins ont changé. L'université veut simplifier l'accès aux aides avec un guichet unique et rendre cours et examens plus accessibles. Avec l'Agence régionale de santé, elle bâtit un dispositif durable de prévention et de soutien psychologique, avec l'objectif de former chaque année 200 étudiants aux premiers secours en santé mentale. Elle veut aussi faciliter l'accès aux activités culturelles, sportives et associatives, mieux accueillir les étudiants internationaux et exilés, et associer durablement les étudiants aux décisions qui les concernent.
Comprendre ses publics, son territoire, les effets du numérique ou les transitions en cours : c'est aussi un besoin des acteurs publics, associatifs et économiques. L'université leur ouvre une porte d'entrée commune vers ses compétences en culture, en géopolitique et en design, pour monter des projets communs. Dès 2026, elle engage avec des collectivités, des associations et des entreprises de la région des projets co-construits et cofinancés. Sa conviction : l'innovation en sciences humaines ne se limite pas à la technologie, elle transforme aussi les organisations et les territoires. Elle défend une recherche libre et indépendante, qui s'appuie notamment sur quelques domaines forts : l'archéologie, avec l'ambition de devenir une référence européenne de la datation grâce à l'extension de la Maison de l'archéologie en 2029 ; les effets de l'intelligence artificielle sur le langage, avec Inria, les arts et les industries créatives, les langues et les francophonies.
Cette ambition se fait sous contrainte. Après une dégradation de ses finances, l'université s'est engagée dans un redressement : elle hiérarchise ses activités, mutualise, rénove ses bâtiments pour consommer moins d'énergie et développe de nouvelles ressources. Il ne s'agit pas de resserer son projet, mais de garantir dans la durée ses missions de service public. Elle le dit aussi clairement : ces efforts ne suffiront pas sans un financement public à la hauteur de ses missions.
« Questionner les mondes » est la signature de l'université. L'enjeu des cinq prochaines années : que ce questionnement ne reste pas entre ses murs. Il doit servir à ceux qui y étudient, à ceux qui y reviennent en cours de vie, et à ceux qui, dans la région, ont besoin de comprendre pour décider.
Le COMP 2026-2030 a été signé le 7 juillet 2026, téléchargez (au format PDF) :
Le COMP signé avec le rectorat
Le COMP volet "Santé" signé avec l'ARS
Le COMP volet spécifique signé avec le CNRS
Le COMP volet "Vie étudiante" signé avec le CROUS