Littérature comparée 3 - Université Bordeaux Montaigne

Littérature comparée 3

Crédits ECTS : 4.0

Volume horaire TD : 24.0

Code ELP : LDL3U3

Composante : UFR Humanités

Période de l'année : Semestre 3

Formes d'enseignement : Accessible à distance

Mobilité d'études : Oui

Description

Littérature comparée 3 - Connexions

Intervenants : Margot Buvat, Apostolos Lampropoulos, Isabelle Poulin, Vérane Partensky

Présentation de l’UE :  

Le cours sera consacré à étudier la littérature en rapport avec un autre champ du savoir ou de la création artistique ou un autre médium : il s’agit donc de réfléchir à la manière dont une œuvre porte la marque de son dialogue avec une pluralité d’autres textes, disciplines ou médiums.

FAD : Seul le programme de Madame Partensky est proposé à la FAD

Récapitulatif

Groupe 1

V. Partensky – La fantaisie à la croisée des arts

Groupe  2

A. Lampropoulos — Littérature et cinéma. Visions d’une Europe post-1989

Groupe 3

I. Poulin –La littérature et la voix : lire, traduire, mettre en scène Les Démons de Dostoïevski (Isabelle Poulin)

 

Groupe 4

M. Buvat - Littérature et architecture  : formes de la ville et formes littéraires chez Baudelaire et Dostoïevski

Programmes 2018-2019

Important : les étudiants doivent se procurer les textes au programme dans les éditions indiquées à l’exclusion d’aucune autre. Pour l’examen, ils doivent impérativement se munir des œuvres et, le cas échéant, des fascicules de textes fournis par l’enseignant. On rappelle que, pour les commentaires, les textes ne sont pas généralement pas reproduits ; les étudiants qui n’auraient pas apporté les œuvres seront dans l’impossibilité de composer. L’utilisation d’une œuvre dans une autre édition que l’édition autorisée est assimilée à une fraude.

 

Groupe 1. LDL3M31 — La fantaisie à la croisée des arts (Vérane Partensky)

Ce programme est proposé à la FAD

 

On verra, notamment à travers l’exemple d’Hoffmann, comme le registre problématique de la fantaisie littéraire repose sur le recours à des modèles extra-littéraires (picturaux, graphique ou musicaux) et on étudiera l’infléchissement que le discours sur l’art fait subir au texte littéraire, faisant émerger des formes inédites ou inclassables (caprice, récit de rêve, poème en prose, récit fantastique, fragments…). Le cours s’appuiera notamment sur les Fantaisies dans la manière de Callot et sur Princesse Brambilla d’Hoffmann, mais aussi sur des extraits d’autres auteurs, notamment de Baudelaire et Aloysius Bertrand, ainsi que sur un corpus varié d’images et d’extraits musicaux. La fantaisie, telle qu’elle s’épanouit dans la littérature romantique, privilégie notamment le modèle de la gravure à l’eau-forte qui sera abordée à travers divers exemples (Callot, Rembrandt, Piranèse, Méryon, Redon, etc), et celui de la musique, ainsi que de pratiques théâtrales mineures comme la commedia dell’arte.

 

Attention : les étudiants doivent impérativement travailler sur les éditions figurant ci-dessous. Aucune autre édition ne pourra être admise : aux examens, seules ces éditions pourront être utilisées par les étudiants. Soyez attentifs à ce point car il existe plusieurs traductions différentes. En revanche, si vous parvenez à vous procurer l’édition des Fantaisies dans la manière de Callot, chez Phébus, épuisée, mais encore en stock chez certains libraire, elle vous sera extrêmement utile, car elle

est la seule à proposer les chapitres intulés « Kreisleriana » qui sont d’une importance majeure pour le cours. Cette édition sera admise à l’examen.

 

Corpus (lectures obligatoires)

Attention, il existe plusieurs éditions des œuvres au programme.

E. T. A. Hoffmann, Contes. Fantaisies à la manière de Callot, trad. Henri Egmont, Alzie Hella, Olivier Bournac, Madeleine Laval, André Espiau de La Maëstre, Paris, Gallimard, coll. Folio, 1997.

E. T. A. Hoffmann, Princesse Brambilla, traduction Alzir Hella et Olivier Bournac, Paris, Flammarion, coll. GF, 1990

Fascicules des Kreisleriana (fournis par l’enseignante. Impératifs à l’examen)

Extraits photocopiés (fournis par l’enseignante. Non autorisés à l’examen)

 

Lectures conseillées :

Carlo Gozzi, L’amour des trois oranges, La Délirante, 2010

Musique  (Interprétation au libre choix de l’étudiant)

C. W. Gluck, Armide

W. A. Mozart, Dom Juan

 

Un ensemble de gravures et de peintures sera mis à la disposition des étudiants sur le Bureau virtuel.

 

Groupe 2. LDL3M35 - Littérature et cinéma. Visions d’une Europe post-1989 (Apostolos Lampropoulos)

 

Depuis déjà plusieurs années foisonnent les discours sur une Europe en pleine crise ainsi que sur les critiques de la phase que celle-ci traverse actuellement. Les termes « crise » et « critique » ne sont pas seulement étymologiquement proches, mais ils renvoient également à la nécessité de revenir régulièrement sur le passé complexe de l’Europe et au devoir de la réinventer et de penser un nouvel avenir pour elle. Cette double tâche passe à la fois par un imaginaire littéraire et politique et par une réflexion politique : du mythe genré et controversé de l’enlèvement d’Europe à l’idée d’une « Europe difficile », ses cartographies ne cessent de se multiplier. Parmi les événements qui ont marqué l’histoire européenne et redessiné le continent figure la chute du mur de Berlin en 1989. Ce cours s’appuie sur un corpus littéraire et cinématographique post-1989, afin d’étudier certaines de ses représentations

actuelles de l’Europe. Il commencera par le roman monumental Confiteor (2011) de Jaume Cabré, écrit en catalan et traduit en une quinzaine de langues, qui est une reconfiguration de la mémoire et des amnésies européennes. Il étudiera, par la suite, les films Europa de Lars von Trier (1991) et Le regard d’Ulysse (1995) de Théo Angélopoulos, qui constituent des réponses à la nouvelle Europe qui émergeait à la fin du XXe siècle. Le cours finira avec l’essai Le hêtre et le bouleau (2009) de Camille de Toledo, un texte à la fois mélancolique et optimiste esquissant certaines images d’une Europe à venir.

 

Littérature

  • Camille de Toledo, Le hêtre et le bouleau. Essai sur la tristesse européenne, Paris, Seuil, 2009 (aussi disponible en version numérique sur le site de Mollat).
  • Jaume Cabré, Confiteor [2011], traduit par E. Raillard, Paris, Babel, 2016.

 

Cinéma

  • Lars von Trier, Europa (Danemark, 1991)
  • Théo Angélopoulos, Le regard d’Ulysse (Grèce, 1995)
Groupe 3. LDL3M32 – La littérature et la voix : lire, traduire, mettre en scène Les Démons de Dostoïevski (Isabelle Poulin)

 

Programme

-          Roman : Fiodor Dostoïesvki, Les Démons [Bésy, 1871], traduit du russe par A. Markowicz, Actes Sud, collection « Babel », tomes 1, 2 et 3.

-          Représentation théâtrale : Les Démons, adaptation et mise en scène Sylvain Creuzevault : Mardi 13 novembre 2018 (soirée), TnBA, Grande Salle Vitez

 

Présentation

Les Démons est le troisième des grands romans de l’écrivain russe F.M. Dostoïevski. Il est composé au début des années 1870, peu après l’abolition du servage en Russie, et dans un contexte d’agitation révolutionnaire grandissante. Le roman met en scène une petite communauté citadine confrontée à toutes sortes d’éclats de voix (émanant d’artistes et d’activistes politiques, tous soigneusement reliés les uns aux autres) et précipitée dans le chaos par un défaut d’écoute.

Dostoïevski aspirait à rendre compte de ce qu’il appelait « la vie vivante », tout en redoutant un certain usage mortifère de l’art : le récit des Démons est ainsi porté par des personnages de lecteurs. Il s’agit d’offrir en miroir des expériences esthétiques désastreuses, des exemples d’abandon à toutes sortes de figures d’autorité : aux leaders politiques dans la vie réelle, aux « grands écrivains » sur la scène de l’imaginaire – ce que confirme l’expérience même de la lecture des Démons, la narration étant confiée à un personnage si peu sûr de lui que nous prenons conscience de l’attente que nous avions d’un maître du récit et de ce que peut avoir de troublant la déception d’une telle attente. En composant des romans « polyphoniques » (Bakhtine), Dostoïevski impose des modalités de partage de l’autorité de la voix, tout en en soulignant l’importance pour l’organisation de la vie de la cité.

Nous partirons de cette hypothèse, à l’œuvre dans Les Démons : lire, c’est être à l’écoute d’une voix. L’expérience est le plus souvent solitaire et muette, mais nous nous intéresserons précisément aux possibilités d’en étudier les effets concrets sur les corps et les imaginaires, à travers la traduction et l’adaptation du livre.

Lire un texte traduit, c’est entrer dans le laboratoire d’une lecture ou d’une écoute très concrètes : le traducteur est en effet contraint de se faire la voix d’un autre dans sa propre langue.

Assister à la mise en scène de ce texte, comme nous aurons le privilège de le faire ce semestre, c’est prendre plus concrètement conscience encore du devenir de voix imaginaires, de la façon dont elles travaillent le présent de chacun.

La présence au spectacle est obligatoire pour tous les étudiants (au prix d’un livre de poche) : Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine (TnBA), mardi 13 novembre 2018.

 

Indications de travail

Une bibliographie sera distribuée en début de cours.

L’essentiel du travail préparatoire consiste en la lecture du roman Les Démons (à lire dans la traduction indiquée, la même qui sert de support au spectacle). C’est une œuvre longue (trois volumes) dont nous nous donnerons les moyens d’avoir une connaissance intime.

Nous travaillerons de près la structure d’ensemble du roman, notamment. Il est ainsi vivement recommandé de bien noter, au fil de la lecture, la façon dont l’histoire est racontée (en s’aidant de la table des matières, éventuellement, pour voir apparaître les grands ensembles de l’intrigue imaginée par Dostoïevski ; celui-ci confie délibérément le récit à un « chroniqueur » qui se dit perdu lui-même face aux événements qu’il rapporte : n’ayez pas peur si vous l’êtes à votre tour – c’est un effet de sens à ne pas négliger ; pensez à votre propre situation face au monde qui vous entoure…)

 

Groupe 4. LDL3M34 - Littérature et architecture  : formes de la ville et formes littéraires chez Baudelaire et Dostoïevski (Margot Buvat)

Nous étudierons la manière dont les œuvres littéraires interagissent avec l’architecture à l’époque moderne, au moment où ce que l’on appelle désormais urbanisme tente de donner forme aux grandes villes. Quels sont les rapports entre les formes littéraires, poétiques, et ces « formes de la ville » qui « change[nt] plus vite, hélas ! que le cœur d’un mortel » ? Nous nous intéresserons plus particulièrement aux années 1860 en France et en Russie, aux villes de Paris et de Saint-Pétersbourg, espaces de bouleversements politiques et donc urbanistiques, démographiques et sociologiques.

            De ces contextes urbains comparables émergent deux œuvres remarquables : Les Carnets du sous-sol de Dostoïevski en 1864 et Le Spleen de Paris de Baudelaire, publié de façon posthume en 1869. L'une est un monologue, une confession paradoxale et bavarde vilipendant son siècle de manière radicale ; l'autre une somme de textes de ce que l'auteur appelle « prose poétique », hétérogène, toujours entre cynisme et charité.   

            Chemin faisant dans la lecture côte à côte de ces textes - mais aussi de photographies d’époque, de cartes et de plans -, on se demandera dans quelle mesure on peut considérer la littérature comme un lieu de réception de la modernité urbaine, et les auteurs, à leur tour comme des architectes, qui bâtissent de nouvelles formes, répondant à celles qu’ils se sont vus imposer. Que peut, que veut et que doit construire la littérature face aux nouveaux contours imposés par la ville moderne ?

CORPUS (lecture obligatoire, se procurer la bonne édition, surtout pour la traduction du russe) :

 

▪ Fiodor Dostoïevski, Les carnets du sous-sol, trad. André Markowicz, Arles, Actes-Sud, Babel, 1992, 192p. (1864) – 6,50 €

▪ Charles Baudelaire, Le Spleen de Paris, édition de Jean-Luc Steinmetz, Paris, Le Livre de Poche, 2003, 253p. (1869) – 3,60 €

 

Corpus secondaire (lecture facultative – quelques textes courts) :

▪ Victor Hugo, « Ceci tuera cela », in Notre-Dame de Paris (1482), Paris, Gallimard, Folio-classique, 2009, p. 281 à 298 (1831).

▪ Edgar Poe, « L’homme des foules », in Nouvelles Histoires extraordinaires, trad. Charles Baudelaire, Paris, Gallimard, Folio-classique, 2006, p. 98 à 110 (1840).

▪ Nikolaï Gogol, « La perspective Nevski », in Nouvelles de Pétersbourg, trad. André Markowicz, Arles, Actes-Sud, Babel, 2007, p. 9 à 64 (1842).

Contrôle des connaissances

1ère session :

Régime général : Contrôle continu

 Dispensés : Contrôle terminal – Ecrit 4h

2e session : régime général et dispensés : Contrôle terminal – Ecrit 4h

Nature de l’épreuve : Commentaire, dissertation ou essai au choix de l’enseignant

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