Le regard et le désir. Créations contemporaines - Université Bordeaux Montaigne

Atelier de lecture

Le regard et le désir. Créations contemporaines

Intervenant : Alain Mons

13h30-15h30 / MLR 033

  • lundi  2 octobre 2017
  • lundi 16 octobre 2017
  • lundi  6 novembre 2017
  • lundi  27 novembre 2017
  • Jeudi 14 décembre 2017 - changement d'horaire de 10h30 à 12h30

 Il s’agit de s’interroger sur les enjeux d’une articulation entre le regard et le désir dans la culture aujourd’hui, selon une démarche largement transdisciplinaire,  même si partant d’une Communication esthétique. L’hypothèse étant que tout regard porté se soutient d’un désir,  et que ce dernier se réalise dans l’acte de regarder le monde, l’autre ou soi-même. On comprend que cette problématique concerne les chercheurs, les étudiants, les artistes, ou tout citoyen pris dans des environnements divers. Ce constat de base nous entrainera vers plusieurs considérations, dont l’enjeu est celui d’une pensivité du regard, ou pensivités contemporaines (R.Durand, J.Ranciére), à distinguer de la Pensée pure, car du côté de l’imagination spéculative, et d’une anthropologie singulière

On parle d’une panne du désir, aussi bien politique, sociale, artistique, que sexuelle, intime. Mais si elle s’avère,  n’est-elle pas corrélée à une manipulation généralisée du désir par la société libérale et des individus de plus en plus égotistes ? La séduction et ses stratégies anesthésiantes est devenue l’arme des pouvoirs : la promotion des pulsions dans l’ordre des représentations, la discontinuité imposée du temps, le pur jeu cynique, la simulation édulcorée,  anéantissent toute possibilité des affects sincères.  Certains artistes déconstruisent par des montages complexes d’images (H. Faracki, O. Munoz par ex), cette « société du désir », instrumentalisant des émotions, dévoyant l’immersion de la libido … « Jouer avec le désir de l’autre, le faire douter s’il est partagé avec même intensité –mauvais calcul »,  écrit Belinda Cannone.

A contrario une subversion du désir est-elle toujours possible ? Encore faut-il en accepter la violence inhérente (Annie Le Brun). On pourrait définir le désir comme le passage du dedans au dehors qu’opère le regard et les autres sensations, mais comme pour mieux revenir à un intérieur ouvert, en suspens. S’abandonner, accepter l’altérité de soi, et le vide, sont des actes de transgression d’aujourd’hui. Naturellement avec le sexe, cette obscure clarté d’une intrusion de l’intime (JL.Nançy), il y a une forme de  sauvagerie, où  langages, images, gestes  et regards tendres et crus se mélangent dans l’altérité du désir qui métamorphose toute signification instituée. La bienpensance  et le political correct,  ne peuvent que se heurter à la complexité du désir amoureux. Certains écrivains, artistes, analystes, philosophes,  ont pensé le désir en termes d’agencements des hétérogènes langagiers, territoriaux, existentiels, comme plan de consistance (Deleuze-Guattari). Le continu du discontinu définit le désir,  contrairement à un monde purement pulsionnel qui nous plonge et plombe dans l’inconstance des pulsations incessantes.

Le regard soutient le désir qui excède son objet, autrement dit l’inappropriable (G .Agamben),  il est affecté dans l’immersion de l’autre. Le monde intérieur ou subjectif prend forme dans un regard porté par des créations contemporaines que l’on pourra abordées à travers des textes sur le cinéma, la vidéo, la scénographie, la ville phénoménale, le corps mouvant, les ambiances installées, et la violence de la littérature. Faisant échos avec mes recherches en cours, et continuant la réflexion sur les espaces de l’intime que j’ai initiée à l’Université de Bordeaux, à travers une Affectologie.   Le regard multiple lié à des situations variées que nous expérimentons,  induit l’abandon de soi que requiert le désir au sens large. Il en va sans doute d’une parrêsia au sens grec (M.Foucault), ou d’une vérité inattendue, scandaleuse, selon une mise en abime du regard et du  désir, de la vie autre.

 

 

 

 

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