Humanités médicales et culture visuelle : regarder et prendre soin dans le cinéma documentaire Entre objectivité et subjectivité : l’acte de voir et l’acte de montrer. - Université Bordeaux Montaigne

Atelier de lecture

Humanités médicales et culture visuelle : regarder et prendre soin dans le cinéma documentaire

Organisé par Gloria Alhinho

10h30-12h30 / MLR033

  • jeudi 22 mars 2018 - séance reportée au 12 avril  !                 Texte                                               

séance 1 - Le cinéma documentaire en milieu psychiatrique : quel réel, quel homme, quel regard ?

Comment nous nous positionnons en tant qu’observateurs du monde et par quels moyens nous pouvons construire des manières de le connaître sans l’exclure et sans nous exclure? Nous partons de ce que Tim Ingold appelle une approche ontologique qui est basée sur une observation participante et sur “la reconnaissance que notre existence dépend du monde que nous cherchons à connaître.” (Making : Anthropology, Archaeology, Art and Architecture). Cette question a un sens particulier dans le monde psychiatrique car nous nous constituons aussi comme des êtres qui excluent en nous excluant du monde et en excluant (les autres, la différence....). Elle fait appel, également, à notre positionnement éthique, moral, politique (l’exclusion d’autres formes de vie, d’autres formes d’être au monde). Par exemple, dans le cinéma documentaire cela peut se traduire par ce que Raymond Depardon appelle la caméra participante mais aussi par le travail artistique de l’acteur Miguel Borges dans l’hôpital Conde Ferreira à Porto, Portugal.

 

  • jeudi 5 avril 2018

séance 2 -  Entre objectivité et subjectivité : l’acte de voir et l’acte de montrer.

Intervenante : Maya Rosa

On pense souvent que le cinéma documentaire aspire à l'objectivité, mieux à la vérité… peut-être parce qu'il travaille plus qu'aucune autre discipline sur la restitution du réel.
En s'appuyant sur des extraits de films et une étude de cas, nous décortiquerons les notions de voir et regarder en documentaire. Nous verrons en quoi le cinéma documentaire est un art de la subjectivité, dans lequel l'auteur dirige, manipule le regard du spectateur, lui fait voir ce qu'il veut qu'il voie.
Comment se construit un point de vue derrière la caméra?
Pourquoi le point de vue est-il plus ou moins affirmé selon les réalisateurs ? Quelles sont les différentes écoles?
Enfin, le documentaire nous donne-t-il la possibilité de construire notre propre regard sur le monde ?
Autant de questions auxquelles nous tenterons de répondre et de débattre sans forcément apporter de réponses définitives ou exhaustives, le but étant d'initier le regard et d'éveiller l'intérêt.

"Après des études littéraires, Maya Rosa étudie le cinéma anthropologique à la Sorbonne sous la direction du cinéaste Jean Rouch et le cinéma documentaire de création à Lussas. Depuis 2001, elle est réalisatrice et ingénieure du son de films documentaires et explore plusieurs terrains, notamment au Portugal, en Inde, à Madagascar et aux USA. Ses films les plus notables explorent des régions portugaises isolées comme No Jardim do Mundo et 30 000 ans.

En parallèle, Maya Rosa n’a jamais cessé de travailler avec divers réalisateurs en tant qu’assistante de réalisation, ingénieure du son et traductrice."

  • jeudi 26 avril 2018

séance 3 - L’art du soin : filmer l’invisible, l’irreprésentable et innommable.

Intervenant : Jorge Pelicano

  • jeudi 3 mai 2018

séance 4 - L’humanisation du regard : responsabilité et vigilance du regard artistique.

  • mardi 15 mai 2018

séance 5 - La naissance du désir et du soin : montrer sans « monstrer »  la maladie mentale. 

 Explorer le champ des humanités médicales autour de deux questions : que nous apprend l’engagement du regard artistique et du regard médical sur la maladie? Comment la pratique artistique interfère-t-elle dans le soin ?

Ces cinq ateliers prétendent interroger le regard du cinéma documentaire en milieu médical. Ils ont comme objectif principal de réfléchir sur le positionnement de celui qui regarde. Les participants seront donc invités à questionner leur propre regard sur le monde et l’impact de celui-ci sur ce qui les entoure. La ligne conductrice sera celle de chercher une vision de l’avenir où le soin, la vigilance affective (Gonçalo M. Tavares), le désir (Renaud Barbaras) et la responsabilité sont étroitement liées.

L’attention, la présence, la correspondance, le dialogue avec ce qui est filmé, nous permettent de revoir les concepts d’objectivité, de subjectivité, de visibilité et d’invisibilité et, surtout, l’acte de voir et l’acte de montrer dans les processus de connaissance et de savoir. En somme, l’objectif est de réfléchir profondément sur ce que nous voyons, sur comment nous le voyons et sur la manière de montrer ce que nous avons vu.

Deux réalisateurs apporteront leur point de vue et participeront aux discussions : Maya Rosa, réalisatrice française qui a aussi filmé le Sud du Portugal dans No jardim do mundo, le 5 avril. Jorge Pelicano, le réalisateur portugais auteur de Para-me de repente o pensamento, le 26 avril. 

Le travail se fera autour de documents cinématographiques, littéraires, artistiques et théoriques et d’une séance à l’Utopia du documentaire Para-me de repente o pensamento, le 26 avril 2018.   

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