Valorisation de la recherche - Université Bordeaux Montaigne

La valorisation de la recherche : Quel est le rôle des médias et quels sont les enjeux de la médiatisation pour les chercheur.e.s

Organisé par : Marie-Christine Lipani
Horaires : 10h00 - 12h00
Lieu : MLR001
Durée de la formation : 6 heures

  • 02 mars 2022 - La médiatisation du chercheur.e et ses singularités : enjeux, effets, risques et contraintes (1/3)
  • 03 mars 2022 - L’accès aux médias : mieux appréhender les spécificités de l’expression médiatique (2/3)
  • 09 mars 2022 - Saisir la médiatisation : une autre voie pour accompagner l’engagement du chercheur.e ? (3/3)

Comment mieux partager la science ? Comment les scientifiques peuvent-ils dialoguer avec tous les acteurs et actrices de la société et ainsi peser davantage dans le débat public et politique ? Tels sont les principaux points que ce séminaire de formation professionnelle souhaite mettre en lumière notamment en interrogeant les enjeux de la médiatisation des travaux scientifiques et des chercheur.e.s. Il s’agit ici, à travers une question majeure : la place des chercheur.e.s est-elle dans les médias ?, qui semble désormais se poser de plus en plus dans l’univers scientifique , de donner des clés et des repères qui permettent d’optimiser la relation entre les journalistes et les scientifiques.

Comprendre le malentendu et questionner le sens de la médiatisation

Aujourd’hui, la vulgarisation scientifique passe, en grande partie, mais pas uniquement, par lesmédias de masse comme la télévision, comme cela a pu s’observer, entre autres, lors de la pandémie du Coronavirus. Les médias numériques, tel YouTube, contribuent également à la diffusion de la culture scientifique au sein de la société. D’autres médias comme le site The Conversation par exemple ont inventé de nouvelles formes de collaboration dynamique avec les scientifiques qui offrent au grand public la possibilité de connaître davantage le travail et les approches des chercheur.e. s issu.e. s de différentes disciplines académiques et de bénéficier de leurs connaissances. (Lipani, 2019).
La science ne peut plus échapper à la communication et les institutions scientifiques, dans leur ensemble, en ont bien saisi les enjeux. Ainsi, les chercheur.e.s, pour différentes raisons, sont de plus en plus exposé.e.s à la médiatisation d’autant plus que les médias accordent aujourd’hui plus de place à la science. Cependant, les chercheur.e.s, restent, d’une manière générale, assez réservé.e.s vis à vis de la presse et des journalistes. En effet, persiste une sorte d’incompréhension et de malentendu entre ces deux catégories d’intellectuels que sont les chercheur.e.s et les journalistes (Ruellan, 1997), et les scientifiques redoutent souvent une simplification voire une réinterprétation de leurs travaux et de leurs propos.
Néanmoins, les enjeux sociétaux actuels et, en particulier, le déferlement des fake news et la remise en cause des discours politiques et institutionnels invitent les chercheur.e.s à renforcer leur présence dans l’espace public, et cela passe, aussi, par la médiatisation. Celle-ci peut prendre différentes formes, de la simple référence à des travaux à une véritable exposition de soi quand les chercheur.e.s deviennent des « expert.e.s » médiatiques et sont invité.e.s à intervenir sur des sujets qui sortent de leurs champs d’expertise, ce qui inévitablement questionne le sens et la posture scientifique du chercheur.e.

La première partie de ce séminaire reviendra sur les différents enjeux de la valorisation de la science et sur la manière dont la médiatisation du chercheur.e peut ou non, en lui donnant une autre visibilité, accompagner la recherche scientifique. Il s’agit ici de s’interroger, d’une part, sur le sens de cette visibilité médiatique qui ne se substitue en rien à la reconnaissance académique, et d’autre part, sur la possible capacité de la médiatisation du chercheur.e et de ses travaux à déconstruire les inégalités d’accès au savoir, ou encore d’accompagner le changement des représentations, d’orienter des actions… (Bocquet et Ollivier, 2018). La discussion portera également sur les éventuels effets de la médiatisation sur la carrière des scientifiques et sur les "risques" que peut engendrer une forte exposition aux médias. En effet, si la communication s’envisage désormais comme une composante pleine et entière de l’activité du scientifique, comment ce dernier et cette dernière appréhende- t-il/elle ce rôle ? La médiatisation est-elle de nature à orienter le travail scientifique ?

La seconde séance se concentrera sur l’accès aux médias et en particulier sur la manière dont les rédactions choisissent les scientifiques à qui elles offrent un certain espace d’expression. Qui sont les chercheur.e.s qui interviennent dans les médias ? Comment les chaines d’information composent-elles leur plateau ? Quelles sont les attentes des journalistes ? Quel est le rôle des experts dans les médias ? Quelles sont, pour les chercheur.e.s les marges de manœuvre qui leur permettent de mieux gérer leur mise en visibilité et leur médiatisation ? En se penchant sur le fonctionnement des principaux médias français d’information politique et générale (quotidiens nationaux et régionaux, magazines d’information, grands médias généralistes audiovisuels, médias en ligne…), il s’agit de mieux analyser, d’une part, les relations des médias à la science et l’évolution de la demande médiatique, et d’autre part, de se familiariser avec les contraintes et les formats journalistiques mais aussi aux différentes logiques internes qui encadrent le travail des rédactions, et ainsi considérer, sous un autre angle, l’intervention médiatique des chercheur.e.s.

Vers une relation aux médias et aux journalistes renouvelée ? Tel sera l’axe principal de la troisième séance.
L’objectif, ici, est de s’interroger, entre autres, sur le rôle et la place des nouveaux outils numériques désormais à la disposition des chercheur.e.s. , des technologies pour transmettre des travaux et des résultats, livrer des expertises et des savoirs, concevoir la recherche sous une forme plus participative… Nous regarderons également comment certains dispositifs médiatiques innovants offrent aux scientifiques la possibilité d’élargir le cadre de leur mission et comment les chercheur.e.s et les journalistes peuvent inventer de nouvelles collaborations. Au-delà des obstacles et des réticences, certes souvent justifiés, envisager autrement la médiatisation des scientifiques n’est-ce point saisir la relation aux médias comme une autre voie possible pour manifester et exprimer un engagement, pour accompagner une meilleure compréhension des grands défis contemporains de notre société, pour être encore plus relié au terrain et ainsi répondre aux attentes légitimes des publics en matière de science ?

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