Ambre Saba : portrait d’une étudiante judoka plusieurs fois médaillée - Université Bordeaux Montaigne

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Ambre Saba : portrait d’une étudiante judoka plusieurs fois médaillée

La judoka Ambre Saba victorieuse

Ambre Saba est une étudiante en licence Culture Humaniste et Scientifique, et une judoka plusieurs fois médaillée au championnat de France juniors. Cette étudiante pour qui "rien n'est  impossible" nous raconte comment elle arrive à conjuguer les études et le sport de haut niveau.

Quel est ton parcours étudiant ? Et sportif ? Tes objectifs professionnels ?

Au niveau des études, j’ai obtenu un baccalauréat littéraire et je suis actuellement en troisième année de licence de Culture Humaniste et Scientifique à l’Université Bordeaux Montaigne. L’année prochaine, j’envisage d’aller à Paris pour passer un brevet professionnel de judo afin de pouvoir enseigner. Je souhaite également faire un master d’éducation pour devenir professeur des écoles.

En judo, mon parcours a été assez compliqué et marqué par des blessures. J’ai intégré le pôle espoir de Limoges en 2014. J’ai gagné ma première médaille nationale en 2015 en obtenant le bronze dans la catégorie cadette des moins de 52 kg. Cette médaille m’a ouvert les portes du pôle France de Bordeaux, que j’ai intégré en 2016. C’est cette même année que j’ai reçu mon premier titre de championne de France dans la catégorie cadette des moins de 57 kg. Ayant de gros problèmes de subluxation et de luxation aux deux épaules, j’ai été contrainte d’arrêter le judo en 2017 pour tenter de réparer mon corps.

En 2018, j’ai obtenu la cinquième place aux championnats de France juniors. Au cours de l’année 2019 j’ai obtenu un second titre, presque inespéré, de championne de France juniors des moins de 57 kg. À la suite de ce titre, j’ai fait de nombreux stages ainsi que des compétitions internationales et j’ai terminé troisième de l’European Cup de Malaga, en Espagne.

Je garde quelques regrets concernant les championnats d’Europe à Vantaa au cours desquels je n’ai pas réussi à m’exprimer. Cependant, ces années juniors et cette saison se clôturent malgré tout d’une très belle manière, avec ces premières participations aux championnats d’Europe et du Monde.

Comment arrives-tu à conjuguer le sport de haut niveau et les études ?

Pour être honnête, c’est pour moi souvent difficile de concilier le sport et les études, parce qu’il s’agit de mener simultanément deux vies distinctes, qui prennent chacune énormément de temps et d’énergie et dont les emplois du temps s’entrechoquent constamment.

Je dois l’avouer, il y a des moments vraiment pénibles, mais je crois que la clé c’est de parvenir à se rappeler la raison pour laquelle je le fais. Réussir mes études, ne pas perdre de temps ni en redoublant ni en passant à côté de tout ce que la licence peut m’apporter, ça me tient énormément à cœur. Réussir dans le judo, aller au bout de moi-même, de mes envies, de mes capacités, de mes rêves, ça m’importe également beaucoup. C’est un choix qu’il s’agit d’assumer et je pense que c’est avant tout une question d’organisation et de détermination. Par ailleurs, je bénéficie à l'université du statut de sportive de haut niveau qui me permet d’accéder à des aménagements ainsi qu’à une écoute bienveillante de mes professeurs ce qui m’aide énormément.

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Comment se sont passés ces championnats du monde ?

Les championnats du monde individuels, qui étaient mes premiers, ont été pour moi une superbe expérience au cours de laquelle j’ai réalisé énormément de choses sur moi-même, sur le chemin parcouru jusqu’ici et le chemin qu’il reste encore à parcourir.

Je me suis inclinée en huitième de finale face à une brésilienne qui était plus stratège que moi, mais malgré la déception de ne pas pouvoir aller plus loin (on ne peut être repêché qu’à partir des quarts de finale) c’est sans regret et très enrichie que j’ai quitté le Maroc.

Pour la compétition par équipe, j’ai malheureusement été victime d’une luxation de l’épaule gauche à l’échauffement et n’ai donc pas pu combattre pour l’équipe.

Peux-tu nous parler du fonctionnement du judo par équipe ?

Pour ces championnats du monde, l’équipe mixte était composée de 6 judokas (3 filles et 3 garçons) et donc de 6 catégories de poids. Étaient engagés pour chaque nation  les catégories des moins de 57 kg, moins de 70 kg et plus de 78 kg chez les filles et les catégories des moins de 73 kg, moins de 90 kg et plus de 100 kg chez les garçons. Le principe étant que tour à tour, les judokas se succèdent sur le tapis pour affronter l’adversaire de sa catégorie de poids dans l’équipe adverse. L’équipe ayant le plus de victoires est ainsi désignée vainqueur de la rencontre et en cas d’égalité (3-3), une catégorie de poids est tirée au sort pour repartir combattre et départager les deux nations.

Le judo étant un sport individuel, les compétitions par équipe sont toujours un moment très particulier pour nous. On ne se bat plus seulement pour nous même, mais aussi pour les autres, l’équipe, les copains. C’est souvent des compétitions au cours desquelles beaucoup se révèlent et vont chercher des ressources qu’ils ne soupçonnaient pas. C’est un dépassement de soi. En équipe la devise c’est que, plus encore qu’en individuel, rien n’est impossible.

Propos recueillis et article rédigé par Sophie Bouchet, direction de la communication, Université Bordeaux Montaigne.

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