Françoise Liot, sociologue, analyse les mutations du secteur culturel - Université Bordeaux Montaigne

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Françoise Liot, sociologue, analyse les mutations du secteur culturel

Françoise Liot enseignante-chercheure de l'Université Bordeaux Montaigne

Françoise Liot est sociologue au Centre Emile Durkheim (université de Bordeaux / CNRS) et enseignante à l’IUT Bordeaux Montaigne. Elle s’intéresse aux politiques publiques culturelles.

Françoise Liot, vous êtes sociologue, quels sont vos domaines de recherches ?

Mes trois axes de recherche portent sur les professions artistiques et culturelles, la politique publique dans le domaine culturel et les organisations et leur transformation.

Je souhaite étudier la montée de l’intersectorialité, autrement dit le croisement des secteurs, dans le milieu culturel du point de vue de son histoire et de sa mise en œuvre, de ses enjeux et de ses effets sur les politiques, les organisations et les pratiques professionnelles.

Pourquoi s’intéresser à ce sujet ?


© Vincent Monthiers pour Script / Projet Culture et Santé à l’Institut Bergonié Exposition " L'Opéra Blouses" au Molière Scène d'Aquitaine
Le secteur artistique et culturel connaît actuellement de profondes transformations qui affectent son organisation, son financement et sa légitimité. Ce bouleversement est fortement lié aux modifications des politiques publiques, notamment la réduction des financements. Si ces changements ne sont pas spécifiques au secteur artistique et culturel, ils le percutent toutefois d’autant plus que ce secteur est largement subventionné, aussi bien du côté de l’offre que du côté de la demande, et qu’il s’est construit sur l’évidence d’un intérêt général de l’art et de la culture.

Comment les politiques publiques interviennent-elles sur le secteur culturel ?


© Vincent Monthiers pour Script / Projet Culture et Santé à l’Institut Bergonié Exposition " L'Opéra Blouses" au Molière Scène d'Aquitaine
L’intersectorialité est de plus en plus présente dans le milieu culturel. Dans les années 60 le milieu artistique et culturel a connu un développement important du nombre de structures (théâtres, salles de concerts ou associations) et d’emplois. Ce mouvement accompagne la création du ministère de la culture en 1959 et s’accélère à partir des années 80 grâce à une augmentation conséquente du financement public. Toutefois, à partir des années 90, la culture devient une question transversale sous l’influence de multiples facteurs. Par exemple le ministère de la culture signe des accords avec l’Éducation nationale et le ministère de la Santé. Les collectivités locales considèrent la question culturelle dans leurs diverses missions comme le handicap, l’aménagement du territoire, l’insertion professionnelle.

Et qu’en est-il des artistes ?

À ces changements politiques viennent s’ajouter une transformation de la vision des artistes qui ne souhaitent plus « l’art pour l’art » mais désirent inscrire leur pratique artistique dans l’espace public, et ainsi s’impliquer dans les questionnements sociaux. Pour certain.e.s, c'est le signe d’une crise de légitimité du secteur culturel. En effet, l’art acquiert de l’importance quand les artistes interviennent dans les écoles, les hôpitaux, les quartiers défavorisés. La légitimité du secteur culturel vient donc de son incidence dans d’autres domaines. C'est un croisement sectoriel qui déplace les représentations : la valeur de l'art ne vient plus de l'artiste ou de ses œuvres mais de son utilité sociale.

Françoise Liot enseigne à l’IUT Bordeaux Montaigne, au département des carrières sociales. Ses cours portent sur certains aspects de sa spécialité comme les politiques culturelles par exemple. Elle est chercheuse au Centre Emile Durkheim(université de Bordeaux/ CNRS) et a obtenu un Congé pour Recherches ou Conversions Thématiques (CRCT) du 1er février 2018 au 31 juillet 2018, période au cours de laquelle elle s’est consacrée à son projet de recherche en vue d’une Habilitation à Diriger des Recherches (HDR).
Retrouvez des articles de Françoise Liot dans Babord+, le catalogue des bibliothèques de l'université.

Article rédigé par Bérangère Subervie, étudiante Master 1 Médiation des sciences et stagiaire à la direction de la communication de l’Université Bordeaux Montaigne.

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