Cycle de conférences : l’illusion cartographique - Université Bordeaux Montaigne

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Cycle de conférences : l’illusion cartographique

La France, Partie de la Guyane (détail), Anonyme, 1732. Bibliothèque Nationale de France, département Cartes et plans.

D’octobre 2020 à mars 2021, le laboratoire Passages et l’Université Bordeaux Montaigne, en partenariat avec le Musée d’Aquitaine organise un cycle de conférences sur le thème de l’illusion cartographique.

L’illusion cartographique

La carte n’est pas le territoire. Œuvre de l’esprit, interprétation de l’espace, elle est restée longtemps l’apanage du pouvoir, l’expression des dominants, véhiculant des représentations partielles, douteuses ou orientées. Une illusion de mise en ordre de l’espace qui fabrique parfois l’ordre bien réel de nos sociétés. Dressé dans les années 70/80, ce constat critique bouleverse encore aujourd’hui la lecture des cartes.

En multipliant les approches, les terrains d’étude et les époques travaillées, ce cycle de conférences, organisé un jeudi par mois d’octobre 2020 à mars 2021, au Musée d’Aquitaine, se veut un exercice polyphonique de critique cartographique. En abordant des questions aussi diverses que la colonisation, les migrations, l’autochtonie ou l’écologie politique, les géographes, historiens et artistes qui interviendront, nous proposerons de réinterroger la carte jusque dans ses logiques d’imposition, de manipulation, de suppositions voire d’omissions.

Organisé en partenariat avec le laboratoire Passages et l’Université Bordeaux Montaigne, ce cycle de conférences est proposé par Matthieu Noucher, chercheur au CNRS, à l’occasion de la sortie de l’Atlas Critique de la Guyane (CNRS Éditions), ouvrage collectif qui propose une lecture politique et diversifiée des enjeux de la cartographie en Guyane.

Sortir de l’invisibilité : cartes et peuples autochtones dans les Amériques

Jeudi 15 octobre 2020 – Auditorium du Musée d’Aquitaine, Bordeaux (18h00 – 20h00)

Irène Hirt, Professeure associée de géographie à l’Université de Genève

« Map or be mapped », telle est l’alternative à laquelle sont confrontés les peuples autochtones des Amériques qui ont placé la carte au cœur de leur résistance contre la dépossession et la destruction de leurs territoires et ressources, mais aussi de leur lutte pour la décolonisation des savoirs, des imaginaires et des représentations du territoire. Cette mobilisation de la carte dans un contexte de rapports de force inégaux marqué par l’histoire coloniale sera analysée dans toute son ambivalence mais aussi toute sa force créatrice.

Séance animée par Lionel Larré, Président de l’Université Bordeaux Montaigne et Matthieu Noucher, chercheur au CNRS au Laboratoire Passages.

Faut-il décrocher les cartes des Empires coloniaux ?

Jeudi 5 novembre 2020 – Auditorium du Musée d’Aquitaine, Bordeaux (18h00 – 20h00)

Dennis Lamaison, historien et auteur.

À en croire les cartes des manuels scolaires et d’Internet sur la période coloniale, le monde était alors Européen. Comment ces représentations cartographiques caricaturales peuvent-elles perdurer ? Avec ses héros Michel Strogoff et Phileas Fogg confrontés aux Tartares ou aux Sioux, même le très conservateur Jules Verne présentait une réalité bien plus ouverte et vivante que n’en laissaient croire les cartes de son temps. Par l’exemple de la présence française en Amérique aux XVIIIe et XIXe siècles, nous présenterons les possibilités offertes par une contre-cartographie n’oubliant pas les nations autochtones et leurs conceptions du Monde.

Séance animée par Béatrice Collignon, Professeure de géographie à l’Université Bordeaux Montaigne, Directrice de l’UMR Passages et Matthieu Noucher, chercheur au CNRS au Laboratoire Passages.

Cartographier les récits de vie d’exilés rwandais pour mieux les écouter

Jeudi 10 décembre 2020 – Auditorium du Musée d’Aquitaine, Bordeaux (18h00 – 20h00)

Élise Olmedo, Chercheuse post-doctorale à l’université Concordia (Montréal) financée par une bourse Banting, membre du Geomedia Lab, doctorat en géographie de l'université Paris I. Sébastien Caquard, Professeur agrégé au département de géographie de l’université Concordia (Montréal), co-directeur du Centre d’Histoire Orale et de Récits Numérisés (CHORN) et directeur du Geomedia Lab.

L’atlas des récits de vie d’exilés rwandais développé à l’université Concordia (Montréal) en collaboration avec l’université Carleton (Ottawa) combine deux approches cartographiques différentes et complémentaires : une approche artistique qui s’intéresse aux dimensions sensibles des récits et une approche technologique qui envisage la carte comme un moyen de naviguer au sein de ces récits. La combinaison de ces deux approches cartographiques originales permet de repenser la manière de mobiliser les cartes pour favoriser une écoute approfondie de ces récits, tout en les rendant plus accessibles à la communauté rwandaise et au public en général.

Séance organisée conjointement avec le Centre d'Histoire Orale et de Récits Numérisés de l’Université de Concordia - avec connexion en visioconférence pour une présentation croisée Bordeaux / Montréal - animée par Pauline Bourmaud, Professeure d’histoire-géographie au Lycée Mauriac et Matthieu Noucher, chercheur au CNRS au Laboratoire Passages.

Musée d'Aquitaine
20 Cours Pasteur
33000 Bordeaux

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