Esthétique 3 - Université Bordeaux Montaigne

Esthétique 3

Crédits ECTS : 4

Volume horaire CM : 24

Volume horaire TD : 24

Code ELP : LEP5U4

Composante : UFR Humanités

Période de l'année : Semestre 5

Description

La soustraction esthétique

L’œuvre d’art étant supérieure aux objets ordinaires, on a été enclin à lui attribuer une origine extra-ordinaire, supérieure. D’où les pensées de l’inspiration, de l’élection, du génie, de la Muse, qui font plus que voisiner avec le surnaturel. L’art est tout entier sous le signe du « plus ».

Mais, à une époque que l’on tentera de cerner, on en vient à inverser la problématique, et à considérer que l’art relèverait paradoxalement d’un « moins ». Sur le modèle de l’enfant (Baudelaire déjà, puis les impressionnistes, puis Picasso), de l’homme ivre, ou drogué, voire du fou, elle procède d’une abolition des facultés dites « supérieures » de l’esprit, facultés maintenant considérées comme intellectuelles, cérébrales (voire utilitaires, cf. Bergson), et donc d’essence non-esthétique. La « formation » de l’artiste doit alors être pensée comme ascèse, diminution, arasement.

On peut même considérer que la création ne peut advenir qu’au terme d’une douloureuse épreuve initiatique négative qui « lessive » son homme en une sorte de mort symbolique. Ce sujet harassé, vidé, démâté, pourra alors produire une œuvre qui sera souvent la narration même du désastre qui l’a rendue possible.

 

 

Bibliographie

Lectures préparatoires :

Platon : Ion

Mallarmé : Lettres à Cazalis 14 mai 1867 ; à Lefébure 27 mai 1867

Rimbaud : Le Bateau ivre

Valéry : La Pythie (in Charmes).

Starobinski : Préface à P.-J. Jouve : Noces (Poésie/Gallimard) (repris dans « La Beauté du Monde p. 679-690)

Bouvier (N.) : Le poisson-scorpion

Se renseigner sur Hölderlin, Trakl, Rilke, Nerval, Goya, Beethoven, Céline.

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