Esthétique 2 - Université Bordeaux Montaigne

Esthétique 2

Crédits ECTS : 4

Volume horaire CM : 24

Volume horaire TD : 24

Code ELP : LEP4U5

Composante : UFR Humanités

Période de l'année : Semestre 4

Description

La notion de « génie » artistique

Subjugué par la force du chef-d’œuvre, le public consacre l’artiste en « génie ».  « Génie ». Le nom sonne comme une évidence, tant son usage s’est aujourd’hui galvaudé. Pourtant, son ancrage historique dans la théorie de l’inspiration poétique, loin d’en éclaircir le sens, l’enveloppe de mystère, en l’associant à la folie. L’artiste génial est un divin possédé. De l’Antiquité à la Renaissance, l’élection du poète, puis de l’artiste, donne lieu à l’éloge paradoxal du tempérament, ouvrant la voie aux théories physiologiques du XVIIIe siècle.

En amont, la notion renvoie donc à l’acte créateur, jusque dans ses aspects les plus irrationnels. En aval, elle a partie liée avec la réception du public, la valorisation de l’œuvre et la constitution d’un « marché de l’art ». À l’époque moderne et contemporaine, la notion de « génie » perd ainsi, progressivement, de son « aura », en passant sous le scalpel du regard critique. Originalité, unicité, grandeur : les attributs du « génie » artistique révèlent leur caractère factice. Ses enjeux psychologiques et socio-économiques sont mis à nus. Faut-il pour autant renoncer à la notion de « génie » ? Ou bien accepter d’en réduire le sens à la « créativité » potentielle, voire au « quart d’heure de célébrité » de tous et de chacun ?

Au fil de l’analyse, nous nous intéresserons de près à certains œuvres et figures variées de « génies » artistiques, en sollicitant l’histoire de l’art et la sociologie de l’art.

Informations complémentaires

Le TD proposera une lecture suivie de certains textes donnés en bibliographie, ainsi qu’un exercice régulier à la dissertation sur cette question.

Bibliographie

- ARISTOTE, L’Homme de génie et la mélancolie : problème XXX, trad. J. Pigeaud, Rivages, 1988.

- Roland BARTHES, « La mort de l’auteur » (1968), in : Le Bruissement de la langue, Seuil, 1984.

- Pierre BOURDIEU, « Mais qui a créé les créateurs ? », in : Questions de sociologies, Minuit, 1984.

- H.-G. CLOUZOT, Le Mystère Picasso (film documentaire, 78 min.), 1955.

- Marcel DUCHAMP, « L’artiste doit-il aller à l’université ? », in : Duchamp du signe, pp. 236-239, Flammarion, 1994.

- Michel FOUCAULT, « Qu’est-ce qu’un auteur ? » (1969), pp. 789-821, Dits et Écrits. 1954-1988, tome I, Gallimard, 1994.

- Victor HUGO, William Shakespeare (1864), Flammarion, 2014.

- Emmanuel KANT, Critique de la Faculté de juger (1790), trad. A. Philonenko, Vrin, 1993 (section I, Livre II, §46-50)

- E. H. KANTOROWICZ, « La souveraineté de l’artiste. Notes sur quelques maximes juridiques et les théories de l’art à la Renaissance », trad. L. Mayali, pp. 43-73, in : Mourir pour la patrie : et autres textes, trad. L. Mayali & A. Schütz, Fayard, 2004.

- Ernst KRIS & Otto KURZ, La légende de l’artiste : un essai historique (1934), trad. L. Cahen-Maurel, Allia, 2010.

- J. W. Von GOETHE & J. P. ECKERMANN, Conversations de Goethe avec Eckermann, trad. J. Chuzeville, Gallimard, 1988.

- G. LUKACS, Philosophie de l’art : 1912 – 1914, premiers écrits sur l’esthétique, trad. R. Rochlitz & A. Pernet, Klincksieck, 1981.

- Marianne MASSIN, Les figures du ravissement : enjeux philosophiques et esthétiques, Grasset, 2001.

- Roland MORTIER, L’Originalité, Une nouvelle catégorie esthétique au siècle des Lumières, Droz, 1982.

- Darrin M. MCMAHON, Fureur divine, Une histoire du génie, Fayard, 2016.

- Friedrich NIETZSCHE, Humain trop humain, trad. R. Rovini, Gallimard, 1981 (chap. IV).

- PLATON, Ion, trad. M. Canto-Sperber, Flammarion, 1989 ; Phèdre, trad. L. Brisson, Flammarion, 1989.

- Rudolf & Margot WITTKOWER, Les enfants de Saturne, Psychologie & comportement des artistes de l’Antiquité à la Révolution française, trad. D. Arasse, Macula, 1985 (chap. V en particulier, pp. 123-160).

< Liste des matières

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