Littérature française - Université Bordeaux Montaigne

Littérature française

Crédits ECTS : 6

Volume horaire CM : 12

Volume horaire TD : 36

Code ELP : LDL1Y1

Lieu(x) d'enseignement : Bordeaux et agglomération, Agen

Composante : UFR Humanités

Période de l'année : Automne

Description

Littérature française 1 (Majeure & Mineure)

Des exercices écrits et oraux amèneront les étudiants à faire une lecture active des textes au programme. Le travail s’organisera autour de la thématique générale (Littérature et politique) et des œuvres complètes proposées dans chaque programme afin de favoriser les progrès méthodologiques en matière d’argumentation écrite et orale et d’améliorer la qualité de la langue utilisée tant à l’écrit qu’à l’oral.

Intervenants : Florence Boulerie, Philippe Baudorre, Jean-Marc Benedetti, Anne-Laure Cayre (Agen), Élise Pavy-Guilbert, Dominique Chancé, Valéry Hugotte, Claire Meyrat-Vol, Damien Mollaret, Frédéric Roussille, Joëlle De Sermet (Bordeaux et Agen), G. Liberman, Nicolas Le Flahec (Agen), Arnaud Welfringer

 

LITTÉRATURE ET POLITIQUE

 

COURS MAGISTRAL (Florence BOULERIE à Bordeaux et Joëlle DE SERMET à Agen):

La politique se définit comme l’art de gouverner les sociétés humaines. Elle est relative à l’État et aux luttes de pouvoir. Le cours magistral interrogera la place de la littérature par rapport à la politique en suivant le fil directeur des relations entre les écrivains et le pouvoir : qu’ils le contestent ou le soutiennent, qu’il prennent le pouvoir ou qu’ils rêvent d’un renouvellement des pouvoirs, leur écriture est modelée par leur positionnement. Les postures les plus « apolitiques » ou « désengagées » ne sont pas non plus exemptes de sens politique. Au-delà de la littérature à sujet politique, le cours envisagera les enjeux politiques de la littérature mais aussi la lecture politique à laquelle tout texte peut conduire.

Bibliographie indicative :

BLANCHARD (Joël), Ecriture et pouvoir à l’aube des temps modernes, PUF, 2002.

BRUN (Catherine) et SCHAFFNER (Alain), (dir.), Des écritures engagées aux écritures impliquées : littérature française (XXe-XXIe siècles), PU Dijon, 2015.

DENIS (Benoît), Littérature et engagement : de Pascal à Sartre, Le Seuil « Points essais », 2000.

FLOREY (Sonya), Kaempfer (Jean) et Meizoz (Jérôme), (dir.), Formes de l’engagement littéraire : XVe-XXIe siècles, éditions Antipodes, 2006.

GUCHET (Yves), Littérature et politique, Armand Colin, 2000.

MOPIN (Michel), Littérature et politique : deux siècles de vie politique à travers les œuvres littéraires, La documentation française, 1996.

 

Groupe Moodle Formation à distance FAD (Florence BOULERIE) : La figure du tyran

Perspectives : Avec la lecture de la tragédie cornélienne Cinna (1642) et du recueil poétique satirique de Victor Hugo Les Châtiments (1853), ce programme abordera la relation littérature et politique sous l’angle de la représentation des excès du pouvoir par deux auteurs majeurs de la culture française dont les conflits avec les autorités politiques ont déterminé l’œuvre et le destin. Occasion de vérifier que la poésie est un acte politique, ce programme permet également de comprendre le rôle de la littérature dans la mise en place de la monarchie absolue de la France du XVIIe siècle, ainsi que dans l’agitation politique du XIXe siècle, étouffée par Napoléon III.

Textes de référence : lectures obligatoires

CORNEILLE, Cinna, édition de Christian Biet, Le Livre de poche, 2003.

HUGO, Les Châtiments, présentation par Jean-Marc Hovasse, GF Flammarion, 1998.

Bibliographie indicative :

APOSTOLIDÈS (Jean-Marie), Le Prince sacrifié : théâtre et politique au temps de Louis XIV, Editions de Minuit, 1985.

COUTON (Georges), Corneille et la tragédie politique, PUF, 1984.

LAFORGUE (Pierre), Hugo : romantisme et révolution, PU de Besançon, 2001.

PRIGENT (Michel), Le Héros et l’Etat dans la tragédie de Pierre Corneille, PUF, 1988.

 

Programmes proposés dans les TD dédiés aux étudiants de Majeure

Licence LETTRES MODERNES

 

Groupe 1 (Valéry HUGOTTE)

Titre :

Perspectives :

Textes de référence : lectures obligatoires

LA  BRUYÈRE, Les Caractères

MUSSET, Les Caprices de Marianne

Bibliographie

Précisée à la rentrée

 

                Groupe 2 (Joëlle DE SERMET)
Titre : Personnage et politique

Perspectives :

Tartuffe, pièce interdite dès sa première représentation devant Louis XIV en 1664, alors qu’elle est encore inachevée, n’est pas seulement une satire religieuse et morale. Sous les traits de l’hypocrite introduit dans une famille qu’il entend soumettre à son emprise, Molière donne un visage à l’imposture sociale. Le personnage central de sa comédie incarne l’influence disproportionnée du « parti dévot » sur les affaires de l’Etat et rend perceptible la menace que fait peser une autorité usurpée ou dévoyée sur les existences et les consciences.              

Avec Chabert, Balzac a construit pour son court roman, écrit en 1832, une figure de héros à l’envers. Officier de l’armée de Napoléon tenu pour mort à la bataille d’Eylau, le personnage éponyme réapparaît quelques années plus tard. Méconnaissable, oublié de tous, trahi et dépossédé par la femme qu’il aimait, il tente de faire valoir ses droits. Le lecteur assiste à ses efforts au fil d’une intrigue presque policière, jusqu’à la terrible fin. Le destin brisé de Chabert, sa gloire renversée, ses rides et son vieux manteau tracent, par un effet de contrepoint, le portrait critique de la société bourgeoise qui méprise et rejette ceux qui lui ont pourtant permis d’asseoir son pouvoir.

Dans l’oeuvre du romancier contemporain Antoine Volodine, le personnage se défait. Il n’est plus qu’une ombre errante, entre humanité et animalité. Dondog n’a plus rien, ni identité ni mémoire. Lancé sur les traces de trois tortionnaires, animé par sa seule obsession de vengeance, il glisse d’un espace ou d’une dimension temporelle à l’autre, à travers l’univers trouble d’une contre-utopie où le détour par la fiction raconte l’échec des idéaux et des projets révolutionnaires du XXème siècle.

Chacune de ces manières de traiter ou de maltraiter le personnage de théâtre ou de roman est associée à un environnement littéraire et culturel précis, mais entre également en relation avec un contexte historique et politique qu’elle permet de représenter. A partir de ces trois exemples, on verra comment la caractérisation des personnages et la trajectoire que l’auteur invente pour eux contribuent à la portée politique des oeuvres.   

Textes de référence : lectures obligatoires

MOLIÈRE, Tartuffe, édition indifférente.

BALZAC, Le Colonel Chabert, Pocket Classiques.

VOLODINE (Antoine), Dondog, Seuil, coll. « Points ».

Bibliographie indicative :

Sur Molière :

- FEYRREYROLLES (Gérard), Molière. Tartuffe, Paris, PUF, coll. « Etudes littéraires », 2016.

- DE GUARDIA (Jean), Poétique de Molière : Comédie et répétition, Genève, Droz, 2007.

- POMMIER (René) Etudes sur le Tartuffe, Paris, Sedes, 1994.

- REY (François) et LACOUTURE (Jean), Molière et le roi : L’affaire Tartuffe, Paris, Seuil,‎ 2007.

Sur Balzac :

- DÉRUELLE (Aude), Le Colonel Chabert, Gallimard, « Foliothèque », 2007.

- DUCHET (Claude) et NEEFS (Jacques), Balzac, l’invention du roman, Belfond,‎ 1982.

- EBGUY (Jacques-David) (dir.), Le Héros balzacien. Balzac et la question de l’héroïsme, Ed. Christian Pirot, 2010.

- GUYON (Bernard), La pensée politique et sociale de Balzac (1947), Paris, Armand Colin,‎ 1967.

Sur Volodine :

- DETUE (Frederik) et RUFFEL (Lionel) (dir.), Volodine etc. : post-exotisme, poétique, politique, Paris, Classiques Garnier, 2013.

- LAMARRE (Mélanie), Ruines de l’utopie. Antoine Volodine, Olivier Rolin, Presses Universitaires du Septentrion, 2014.

- Europe (revue), dossier « Maurice Blanchot, Antoine Volodine, Franz Kafka », n°85, août-septembre 2007.

Sur la notion de « personnage » :

- JOUVE (Vincent), L’Effet-personnage dans le roman, Paris, PUF, Coll. « Ecriture », 1998.

- LAVOCAT (Françoise), La Fabrique du personnage, Paris, Champion, 2007.

- MONTALBETTI (Christine), Le Personnage, Paris, GF Flammarion, 2002.

- ZARAGOSA (Georges), Le Personnage de théâtre, Paris, Armand Colin, 2006.

 

Groupe 3 (Dominique CHANCÉ)

                Textes de référence : lectures obligatoires

MOLIÈRE, Tartuffe, édition indifférente

BALZAC, Le Colonel Chabert, Pocket Classiques

CÉSAIRE (Aimé), Discours sur le colonialisme, 1955, Présence africaine, 2011

Bibliographie

Précisée à la rentrée

 

Groupe 4 (Philippe BAUDORRE)
Titre : « Littérature et politique »

Perspectives :

Textes de référence :

Des textes photocopiés (D’Aubigné, La Fontaine, Voltaire) seront distribués à la rentrée.

Balzac, Le Colonel Chabert

« Fictions de la Guerre d’Algérie », une œuvre à choisir par l’étudiant dans le programme de lecture suivant :

- Assia    Djebar, La Femme sans sépulture 

- Philippe Labro, Des feux mal éteints

- Claire Etcherelli, Elise ou la vraie vie

- François Maspero, Le Figuier

- Didier Daeninckx, Meurtres pour mémoire

- Laurent Mauvignier, Des Hommes

- Jérôme Ferrari, Où j’ai laissé mon âme

Bibliographie

 

Groupe 5 (Claire MEYRAT-VOL)

Textes de références : lectures obligatoires

RACINE, Bérénice, GF Flammarion, présentation par Marc Escola, n° 902, 1997.

BALZAC, Le Lys dans la vallée, présentation de Gisèle Séginger, Le Livre de poche classique, n° 1461, 1995.

Bibliographie

BARTHES Roland, Sur Racine, Seuil, « Points », n°97, 1963.

GUENOUN Solange, Racine et Rome, Orléans, Paradigme, 1995.

GUYON Bernard, La Pensée politique et sociale de Balzac, Armand Colin, 1967.

STAROBINSKI Jean, L'Oeil vivant (I), Gallimard, 1961.

JOUVE Vincent, L’Effet-personnage dans le roman, PUF, Coll. Ecriture, 1998.

MITTERAND Henri, L’Illusion réaliste. De Balzac à Aragon, PUF, Coll. Ecriture, 1994. 

MOZET Nicole, Balzac au pluriel, PUF, Coll. Ecrivains, 1990.

ZWEIG Stefan, Trois maîtres, Le Livre de poche / Biblio essais, n° 4356, 1988. 

Groupe Littérature grecque/Lettres classiques (Arnaud WELFRINGER)
Titre : « Héros et héroïsme »

Perspectives :

Le TD abordera les relations entre littérature et politique à partir de la notion de héros, qui appartient à ces deux domaines, et qui est marquée d’une même ambiguïté dans chacun d’eux. Dans le domaine politique, le héros, champion représentant toute une communauté, est nécessaire au salut de celle-ci ; mais, par ses qualités exceptionnelles, il menace toujours de se placer au-dessus des lois de cette même communauté. Dans son sens littéraire, le terme de héros peut désigner un personnage proprement héroïque, modèle éthique et politique donné au public (le héros est alors « héraut ») ; mais aussi, simplement, le personnage principal d’une fiction, éventuellement opposé aux valeurs du public et questionnant celles-ci. Le Cid met en scène le sacrifice héroïque de la passion amoureuse au devoir public, comme le conflit entre la vertu exceptionnelle du héros et l’autorité réglée du roi et des lois. Or,lors de la querelle que suscite Le Cid,Corneille présente lui-même ses audaces dramaturgiques comme un coup d’éclat héroïque en ne s’autorisant que de son génie exceptionnel et de l’approbation du public, non des règles ou de l’autorité des Anciens : un tel coup de force pour s’imposer dans le champ littéraire est lui-même riche d’enjeux politiques. Le Rouge et le Noir met en scène le devenir problématique de l’héroïsme dans la société moderne, marquée par le prosaïsme et la recherche de l’enrichissement individuel ; Julien ou Mathilde modèlent leurs conduites sur celles de héros appartenant à des temps révolus, non sans décalages avec la réalité dans laquelle ils évoluent. Ce conflit entre héroïsme et médiocrité traverse également l’écriture de Stendhal. « Miroir que l’on promène le long d’un chemin », le roman entend réfléchir tel quel son siècle ; mais, en en disant « la vérité, l’âpre vérité », il est en même temps satire acide de celui-ci. La compréhension ironique est réservée à un cercle restreint de lecteurs d’exception (« to the happy few ») ; toutefois, Stendhal recourt à des procédés et des clichés de « romans pour femmes de chambre », qui visent une lecture au premier degré. Cette lecture double que programme le roman est ainsi elle-même politique : comme son héros, l’écrivain cherche à s’imposer dans une société dont il exècre les valeurs.

Textes de référence : lectures obligatoires :

CORNEILLE, Le Cid, édition de Boris Donné, « GF – Dossier », n°1414, 2002.

STENDHAL, Le Rouge et le Noir, édition de Marie Parmentier, « GF – Dossier », n°1514, 2013.

Bibliographie indicative :

- Sur la notion de héros :

Philippe Hamon, Texte et idéologie, PUF, 1984 ; rééd. « Quadrige ».

- Sur Corneille

Paul Bénichou, « Le héros cornélien », Morales du Grand siècle, Gallimard, 1948 ; rééd. « Folio Essais ».

Serge Doubrovsky, Corneille ou la dialectique du héros, Gallimard, 1963 ; rééd. « Tel », 1982.

Georges Forestier, Essai de génétique théâtrale. Corneille à l’œuvre, Droz, 1996 ; rééd. « Titre courant », 2004.

Gérard Genette, « Vraisemblable et motivation », Figures II, Seuil, « Tel Quel », 1969 ; rééd. « Points », p. 71-100.

Hélène Merlin-Kajman, Public et littérature en France au XVIIe siècle, Les Belles Lettres, 1994, p. 153-258.

Pierre Ronzeaud (éd.), Corneille. Le Cid, Klincksieck, « Parcours critique », 2001.

- Sur Stendhal

Erich Auerbach, « À l’hôtel de La Mole », dans Mimesis. La représentation de la réalité dans la littérature occidentale, trad. C. Heim, Gallimard, 1968 ; rééd. « Tel », 1992, p. 450-488.

Georges Blin, Stendhal et les problèmes du roman, José Corti, 1954.

Gérard Genette, « Stendhal », Figures II, Seuil, « Tel Quel », 1969 ; rééd. « Points », p. 155-194.

Pierre Laforgue, L’Œdipe romantique. Le jeune homme, le désir et l’histoire en 1830, ELLUG, Grenoble, 2002.

Marie Parmentier, Stendhal stratège, Genève, Droz, « Collection stendhalienne », 2007.

Jean Prévost, La création chez Stendhal, 1951 ; rééd. Gallimard, coll. « Folio Essais », 1996.

 

Groupe BABEL (Damien MOLLARET)
Titre : « Littérature et politique : le choix de la liberté volontaire »

Perspective : « Soyez décidés à ne plus servir, et vous voilà libre. » (La Boétie)

Ce cours traitera du rapport entre littérature et politique dans les œuvres de deux célèbres auteurs de la région bordelaise du XVIe siècle, La Boétie et Montaigne, ainsi que d’un auteur du XXe siècle, Romain Gary.

Dans une première partie du cours on lira le Discours de la servitude volontaire de La Boétie que l’on confrontera avec plusieurs extraits des Essais de Montaigne. Tous les deux furent magistrats au Parlement de Bordeaux et Montaigne joua un rôle politique important en Aquitaine, puisqu’il fut maire de Bordeaux et négociateur entre les partis catholique et protestant pendant les guerres de religion. La seconde partie du cours sera centrée sur la figure et l’œuvre de Romain Gary, écrivain et diplomate français d’origine russe, qui prit part à la Résistance pendant la Seconde guerre mondiale. On lira son autobiographie, La Promesse de l’aube, ainsi que des extraits d’autres de ses romans ou articles témoignant de son engagement politique par le biais de la littérature. Aux essais politiques de La Boétie et de Montaigne, revendiquant une « liberté volontaire » contre la soumission aux tyrans, feront échos des textes autobiographiques et romanesques de Gary engagés pour la liberté et la défense de l’humanisme.

Lectures obligatoires :

Etienne de La Boétie, Discours de la servitude volontaire, présentation Simone Goyard-Fabre, Paris, Flammarion GF, 1983, édition revue et augmentée en 2016 (pour les prépas scientifiques).

Romain Gary, La Promesse de l’aube, Paris, Gallimard, « Folio », 1980.

Une bibliographie et un recueil de textes complémentaires seront distribués à la rentrée.

Lectures facultatives :

Montaigne, Essais I, édition d’Emmanuel Naya, Delphine Reguig et Alexandre Tarrête, Paris, Gallimard, « Folio classique », 2009.

Chapitres conseillés :

Si le Chef d’une place doit sortir pour parlementer (I, 5)

De la Coutume de ne changer aisément une loi reçue (I, 23)

De l’Amitié (I, 28)

Des Cannibales (I, 31)

De la Solitude (I, 39)

Romain Gary, Éducation européenne, Paris, Gallimard, « Folio », 1956. Il s’agit du premier roman de Gary. Rédigé pendant la Seconde guerre mondiale et publié en 1946, il décrit l’engagement d’un groupe de résistants polonais à travers le regard d’un jeune adolescent.

Romain Gary, Les Cerfs-volants, Paris, Gallimard, « Folio », 1980. C’est le dernier roman de Gary, qui revient sur le thème de la résistance, cette fois-ci en France, pendant l’occupation allemande.

 

Programmes proposés dans les TD dédiés aux étudiants de Mineure
 
                Groupe 8 (Jean-Marc BENEDETTI)
Titre : « Trajectoires de transfuges de classe » (Littérature contemporaine)

Perspectives : Un texte, même lorsqu’il se présente comme délibérément esthétique ou autobiographique, crée ou provoque un rapport d’interprétation et d’invention avec le politique. L’État ou le prince, l’Église ou la nature, l’oppresseur ou l’opprimé, la famille ou l’individu constituent, dans leurs liens, un des champs privilégiés de la littérature comme de nombreuses œuvres du XVIème siècle à aujourd’hui en témoignent.

                Le pouvoir, le politique et l’amour sont, dans la littérature contemporaine, intimement  liés. Des écrivains tels que Edouard Louis, Didier Eribon ou Annie Ernaux cherchent dans leurs oeuvres, résolument autofictionnelles et politiques, la façon dont le langage des autres nous définit. C’est pourquoi leurs écritures sont porteuses d’un double espoir : d’une part se défaire du langage des autres et, d’autre part, se réapproprier son propre langage. Écrire devient alors une forme de deuil et de renaissance.

                A travers les œuvres d’Edouard Louis, En finir avec Eddy Bellegueule, de Didier Eribon, Retour à Reims et Annie Ernaux, La honte,nous tenterons de comprendre comment cette volonté de dire le vrai, à travers un travail formel et stylistique, conduit surtout à une recherche de la vérité sur soi. Nous envisagerons les enjeux sociaux et culturels de notre époque, les formes du pouvoir et les idées politiques véhiculées par ces textes.

Textes de référence : lectures obligatoires

Didier Eribon, Retour à Reims, Paris, Champs essais, 2010

Annie Ernaux, La honte, Collection Folio (n° 3154), Gallimard

Edouard Louis, En finir avec Eddy Bellegueule, Paris, Points Seuil, 2014

NB. L’œuvre de référence pour le cours sera celle de Didier Eribon .

Bibliographie :

- Pierre Bourdieu, La distinction, Collection Le sens commun, Editions de Minuit.

- Edouard Louis (ss. dir.) : Pierre Bourdieu L’insoumission en héritage (PUF) / Revue Actes de la recherche en sciences sociales N° 195 Dossier centres-villes Modèles, luttes, pratiques (Seuil)

- Jean-Paul Sartre, Qu'est-ce que la littérature ? Collection Idées (n° 58), Gallimard

(A paru pour la première fois dans Situations, II en 1948)

- Lucien Goldmann, Pour une sociologie du roman (1964)

- Cahiers de psychologie politique n°17

- http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=1706

- Vincent Dubois, « De la politique littéraire à la littérature sans politique ? Des relations entre champs littéraire et politique en France », https://halshs.archives ouvertes.fr

 

Groupe 9 (Gorka Bourdet) : « Littérature et politique »

Perspectives : L'objectif de ce cours est d'étudier les interactions entre œuvres écrites et vie de la cité.Pour ce faire, nous nous appuierons principalement sur deux œuvres engagées (bien que cet engagement n'épuise pas à lui seul – loin s'en faut – leur valeur) de deux époques différentes. Cette différence historique se double d'une différence dans le geste poétique : Les Tragiques, poème épique en sept chants, fut composé par d'Aubigné à la fin de sa vie, après les évènements narrés, dans un esprit rétrospectif, tandis que les Feuillets d'Hypnos, écrits dans l'instant, n'ont été que peu retravaillés par la suite, Char se montrant soucieux de leur conserver l'immédiateté du combat qui les a fait naître. Néanmoins, malgré ces différences, bien des choses relient ces deux œuvres, comme une même nécessité de témoigner et d'opérer par le poème un acte de sublimation, seul capable de combattre durablement les horreurs de la guerre. En plus des deux recueils, qu'on se procurera dans l'édition de poche poésie / Gallimard (notons que les Feuillets d'Hypnos font partie du recueil Fureur et Mystère), des textes complémentaires seront distribués en cours, sous forme de photocopies.

 

Textes de référence : lectures obligatoires

Agrippa d'Aubigné, Les Tragiques

René Char, Les Feuillets d'Hypnos

 

Groupe 10 (Philippe BAUDORRE)

Titre :

Perspectives :

Textes de référence : lectures obligatoires

Des textes photocopiés (D’Aubigné, La Fontaine, Voltaire) seront distribués à la rentrée.

Balzac, Le Colonel Chabert

« Fictions de la Guerre d’Algérie », une œuvre à choisir par l’étudiant dans le programme de lecture suivant :

- Assia    Djebar, La Femme sans sépulture 

- Philippe Labro, Des feux mal éteints

- Claire Etcherelli, Elise ou la vraie vie

- François Maspero, Le Figuier

- Didier Daeninckx, Meurtres pour mémoire

- Laurent Mauvignier, Des Hommes

- Jérôme Ferrari, Où j’ai laissé mon âme

 

Groupe 11 (Joëlle DE SERMET)
Titre : « Personnage et politique »

Perspectives :

Tartuffe, pièce interdite dès sa première représentation devant Louis XIV en 1664, alors qu’elle est encore inachevée, n’est pas seulement une satire religieuse et morale. Sous les traits de l’hypocrite introduit dans une famille qu’il entend soumettre à son emprise, Molière donne un visage à l’imposture sociale. Le personnage central de sa comédie incarne l’influence disproportionnée du « parti dévot » sur les affaires de l’Etat et rend perceptible la menace que fait peser une autorité usurpée ou dévoyée sur les existences et les consciences.               

Avec Chabert, Balzac a construit pour son court roman, écrit en 1832, une figure de héros à l’envers. Officier de l’armée de Napoléon tenu pour mort à la bataille d’Eylau, le personnage éponyme réapparaît quelques années plus tard. Méconnaissable, oublié de tous, trahi et dépossédé par la femme qu’il aimait, il tente de faire valoir ses droits. Le lecteur assiste à ses efforts au fil d’une intrigue presque policière, jusqu’à la terrible fin. Le destin brisé de Chabert, sa gloire renversée, ses rides et son vieux manteau tracent, par un effet de contrepoint, le portrait critique de la société bourgeoise qui méprise et rejette ceux qui lui ont pourtant permis d’asseoir son pouvoir.

Dans l’oeuvre du romancier contemporain Antoine Volodine, le personnage se défait. Il n’est plus qu’une ombre errante, entre humanité et animalité. Dondog n’a plus rien, ni identité ni mémoire. Lancé sur les traces de trois tortionnaires, animé par sa seule obsession de vengeance, il glisse d’un espace ou d’une dimension temporelle à l’autre, à travers l’univers trouble d’une contre-utopie où le détour par la fiction raconte l’échec des idéaux et des projets révolutionnaires du XXème siècle.

Chacune de ces manières de traiter ou de maltraiter le personnage de théâtre ou de roman est associée à un environnement littéraire et culturel précis, mais entre également en relation avec un contexte historique et politique qu’elle permet de représenter. A partir de ces trois exemples, on verra comment la caractérisation des personnages et la trajectoire que l’auteur invente pour eux contribuent à la portée politique des oeuvres.   

Textes de référence : lectures obligatoires

MOLIÈRE, Tartuffe, édition indifférente.

BALZAC, Le Colonel Chabert, Pocket Classiques.

VOLODINE (Antoine), Dondog, Seuil, coll. « Points ».

Bibliographie indicative :

Sur Molière :

- FEYRREYROLLES (Gérard), Molière. Tartuffe, Paris, PUF, coll. « Etudes littéraires », 2016.

- DE GUARDIA (Jean), Poétique de Molière : Comédie et répétition, Genève, Droz, 2007.

- POMMIER (René) Etudes sur le Tartuffe, Paris, Sedes, 1994.

- REY (François) et LACOUTURE (Jean), Molière et le roi : L’affaire Tartuffe, Paris, Seuil,‎ 2007.

Sur Balzac :

- DÉRUELLE (Aude), Le Colonel Chabert, Gallimard, « Foliothèque », 2007.

- DUCHET (Claude) et NEEFS (Jacques), Balzac, l’invention du roman, Belfond,‎ 1982.

- EBGUY (Jacques-David) (dir.), Le Héros balzacien. Balzac et la question de l’héroïsme, Ed. Christian Pirot, 2010.

- GUYON (Bernard), La pensée politique et sociale de Balzac (1947), Paris, Armand Colin,‎ 1967.

Sur Volodine :

- DETUE (Frederik) et RUFFEL (Lionel) (dir.), Volodine etc. : post-exotisme, poétique, politique, Paris, Classiques Garnier, 2013.

- LAMARRE (Mélanie), Ruines de l’utopie. Antoine Volodine, Olivier Rolin, Presses Universitaires du Septentrion, 2014.

- Europe (revue), dossier « Maurice Blanchot, Antoine Volodine, Franz Kafka », n°85, août-septembre 2007.

Sur la notion de « personnage » :

- JOUVE (Vincent), L’Effet-personnage dans le roman, Paris, PUF, Coll. « Ecriture », 1998.

- LAVOCAT (Françoise), La Fabrique du personnage, Paris, Champion, 2007.

- MONTALBETTI (Christine), Le Personnage, Paris, GF Flammarion, 2002.

- ZARAGOSA (Georges), Le Personnage de théâtre, Paris, Armand Colin, 2006.

 

Groupe 12 (Claire MEYRAT-VOL)
Titre : « Au temps des colonies de l'autre bout du monde »

Perspectives : Au lendemain des événements sanglants, les insurgés de la Commune sont proscrits et déportés en Nouvelle-Calédonie. Ainsi les Mémoires et les poèmes de Louise Michel, rédigés de 1873 à 1880, offrent-ils un témoignage sur son expérience vécue au bagne mais également un retour sur les moments forts de la lutte. Le programme s'intéressera à la réhabilitation de faits oubliés et de paroles censurées. La liberté qu'offre la forme littéraire permet non seulement de contester le régime de vérité de l'Histoire mais également de faire sortir de l'oubli des destins d'hommes et de femmes, de causes et de combats qui ont fondé la République. Nous essaierons de comprendre la dynamique coloniale de la fin du XIXe, les intérêts politiques qui ont présidé au développement de l'Outre-Mer et d'une culture coloniale qui atteint son apogée lors de l'Exposition coloniale internationale de 1931, à Paris. Quelle place cette culture occupe-t-elle désormais dans notre imaginaire ? Quels liens établir entre littérature et politique à propos de l'entreprise outre-mer ?

Ce programme s'adresse à des étudiants intéressés par une littérature concernant l'histoire et l'avenir des territoires français du Pacifique.

Textes de référence : lectures obligatoires

MICHEL Louise, Mémoires, https://fr.wikisource.org/wiki/Mémoires_de_Louise_Michel/Texte_entier

DAENINCKX Didier, Cannibale, Folio n°3290, 1998.

Bibliographie

Précisée à la rentrée

               

Groupe 13 (Elise PAVY-GUILBERT)
Titre : Utopie/dystopie : littérature, politique et fiction

Perspectives : Le mot « utopie » désigne étymologiquement un lieu en aucun lieu, un endroit qui n’existe nulle part (ou-topos) ou l’espace du bonheur (eu-topos). Inspiré par La République de Platon, l’humanisme d’Érasme et la découverte du Nouveau Monde, l’ouvrage de Thomas More De optimo reipublicae statu deque nova insula Utopia (1516) codifie ce genre littéraire en inventant une région imaginaire de 54 magnifiques cités, terres de félicité humaine. Enregistré par le Dictionnaire de l’Académie Française (éditions de 1762 et de 1798), le terme est défini à la fois comme un « pays » et un « plan de gouvernement », toujours « imaginaires », « où tout est réglé pour le bonheur commun », assimilé à une diversité de possibles – « chaque rêveur imagine son utopie » – et à des références philosophiques et littéraires – Platon, More, Rabelais. Invention d’un ailleurs, vie de cocagne et dimension fictionnelle, l’utopie semble se déprendre définitivement du réel. Et pourtant, à sa manière, elle se rattache à un contexte, témoigne d’une situation politique et sociale problématique à laquelle elle répond par un rêve de justice idéale et de renouveau. La fiction n’est pas condamnée à n’être que pure chimère. Ancrée dans le réel, l’utopie explore l’échelle du possible au probable, anticipe parfois les progrès ou les drames à venir et dessine les contours de la société future. Ce cours se propose d’analyser des utopies et des dystopies afin de mieux saisir les liens tissés entre littérature, politique et fiction. Notre réflexion s’appuiera en particulier sur deux textes : L’An 2440 – Rêve s’il n’en fut jamais de Louis Sébastien Mercier (1771) et 2084 – La fin du monde de Boualem Sansal (2015). À plus de trois siècles de distance, ces deux romans se font étrangement écho. L’utopie connaît un extraordinaire foisonnement durant les Lumières, siècle de croyance en une perfectibilité humaine. Le genre est alors horizon de l’Histoire en marche, signe des luttes et des espérances nouvelles. À l’extrême fin des Lumières, le texte de Mercier, considéré comme le premier roman d’anticipation, condense les pistes utopiques esquissées au fil du siècle. Il souligne l’écart entre l’absolutisme règnant d’une aristocratie délétère et l’aspiration à une société libre où la méritocratie remplace les privilèges héréditaires. Après les ruptures et les tragédies de la Révolution, de la première et de la seconde guerre mondiale et les menaces du capitalisme sauvage, l’utopie change radicalement de nature. Elle bascule du côté de la dystopie, son versant sombre, vision cauchemardesque. En se référant au célèbre roman de George Orwell, 1984, l’ouvrage de Boualem Sansal décrit un régime totalitaire religieux. Mais cette dystopie, qui est théocratie funeste, emprunte surtout dans sa structure, sa facture stylistique et ses significations à la longue tradition des Lumières. Par le biais de la fiction utopique, ce cours étudiera donc l’influence de la politique sur le littéraire, et réciproquement. À l’heure où le politique revendique les « faits alternatifs » et où la littérature aspire à penser le réel, les frontières s’estompent. C’est cette ligne de partage brouillée entre le réel – celui des idées, des réformes et des projets de sociétés, parfois réalisés – et la fiction – littéraire, jeu sur les formes, les codes et la langue – que nous travaillerons. 

Car ce que nous enseigne l’utopie, c’est que, pour le meilleur et pour le pire, un autre monde est possible.

Textes de référence : lectures obligatoires

Une anthologie de textes utopiques sera distribuée en cours. Vous devrez vous procurer et lire les deux œuvres suivantes :

Mercier, Louis Sébastien, L’An 2440 – Rêve s’il n’en fut jamais (1771), Christophe Cave et Christine Marcandier (éd.), Paris, La Découverte, 1999.

Sansal, Boualem, 2084 – La fin du monde, Paris, Gallimard, « Blanche », 2015.

Bibliographie critique indicative :

Dictionnaire critique de l’utopie au temps des Lumières, sous la direction de Bronislaw Baczko, Michel Porret et François Rosset, Genève, Georg, 2016.

Baczko, Bronislaw, Lumières de l’utopie, Paris, Payot, « Critique de la politique », 1978.

Dumont, René, L’Utopie ou la mort !, Paris, Seuil, « Points Politique », 1978.

Francastel, Pierre (dir.), Utopie et institutions au xviiie siècle, le pragmatisme des lumières, Paris/La Haye, Mouton et Cie, 1963.

Hugues, Micheline, L’utopie, Claude Thomasset (dir.), Paris, Nathan, « Littérature », 1999.

Lacroix, Jean-Yves, Utopie et philosophie : un autre monde possible ?, Paris, Bordas, « Philosophie présente », 2004.

Marin, Louis, Utopiques : jeux d’espaces, Paris, Minuit, « Critique », 1988.

Moreau, Pierre-François, Le récit utopique : droit naturel et roman de l’État, Paris, PUF, « Pratiques théoriques », 1982.

Racault, Jean-Michel, Nulle part et ses environs : voyage aux confins de l’utopie littéraire classique, 1657-1802, Paris, Presses de l’Université de Paris-Sorbonne, « Imago mundi », 2003.

Renouvier, Charles, Uchronie (L’Utopie dans l’histoire). Esquisse historique apocryphe du développement de la civilisation européenne tel qu’il n’a pas été, qu’il aurait pu être, Paris, Bureau de la Critique Philosophique, 1876.

Ricoeur, Paul, L’Idéologie et l’utopie [Lectures on ideology and utopia], Myriam Revault d’Allonnes et Joël Roman (trad.), Paris, Seuil, « Points Essais », 2005.

Riot-Sarcey, Michèle, Le Réel de l’utopie, essai sur le politique au xixe siècle, Paris, Albin Michel, 1998.

Ruyer, Raymond, L’Utopie et les utopies, Paris, PUF, « Bibliothèque de philosophie contemporaine », 1950.

Stébé, Jean-Marc, Qu’est-ce qu’une utopie ?, Paris, Vrin, « Chemins philosophiques », 2011.

 

Groupe 14 (Frédéric ROUSSILLE)
Titre : Littérature et politique

Perspectives : L’écrivain – ou celui que Platon nomme le poète, n’est expert en aucune matière. Touchant le gouvernement de la Cité, aucune autorité particulière ne devrait donc lui être reconnue. Cependant l’écriture littéraire a souvent constitué une légitimation à la prise de parole dans l’espace public. Nous examinerons les divers biais par lesquels cette légitimation s’est opérée, notre objectif étant moins de passer en revue les opinions de ceux qui se trouvent avoir fait des livres, que de montrer comment activité littéraire et intervention dans les affaires communes ont pu, au nom d’une seule et même nécessité, s’appeler l’une l’autre. Dans cette perspective, nous ne pourrons pas tenir pour préalablement acquises les notions de politique et de littérature. Il nous faudra les historiciser toutes deux. Pour chaque œuvre considérée et, plus largement, pour l’époque où elle fut produite nous nous demanderons, de la politique et de l’écriture littéraire, quelles conceptions furent à l’œuvre. Alors nous observerons combien la Révolution française et sa mise en récits par les auteurs romantiques bouleversèrent le paysage. Ainsi Hugo, lorsqu’il traite du peuple laborieux, ne fait ni de la politique ni de la littérature au sens où Agrippa d’Aubigné en faisait.

Textes de référence : lectures obligatoires

                On s’intéressera aux œuvres suivantes :

Agrippa d’Aubigné, Les Tragiques ;

Char, Feuillets d’Hypnos ;

Hugo, Hernani.

Bibliographie complémentaire : précisée à la rentrée

Groupe 15 (Gauthier LIBERMAN)
Titre : L’état de guerre et l’attente de la guerre

Perspectives : On confrontera les réflexions d’un écrivain philosophe sur les origines de la guerre, la nécessité de la refuser et les moyens de l’éviter avec la mise en scène par un romancier poète de l’attente et du désir frustré de la guerre.

Textes et lectures obligatoires :

ROUSSEAU, Jean-Jacques, L'état de guerre (Arles, Acte Sud, 2000)

GRACQ, Julien, Le Rivage des Syrtes (Paris, Corti, 1951, plusieurs réimpressions)

Bibliographie :

THUCYDIDE, La Guerre du Péloponnèse (n'importe quelle traduction disponible)

CLAUSEWITZ, Carl von, De la Guerre (toute traduction disponible)

JÜNGER, Ernst, Sur les Falaises de Marbre, Paris, Gallimard, 1942 (plusieurs rééditions)

SARTRE, Jean-Paul, Les Chemins de la Liberté, Paris, Gallimard, 1945-1949 (cf. Sartre, Œuvres Romanesques, Paris, Gallimard, 1981)

BUZATTI, Dino, Le Désert des Tartares, Paris, Robert Laffont, 1949 (plusieurs rééditions)

SCHMITT, Carl, Machiavel, Clausewitz, Droit et Politique face aux Défis de l'Histoire, Paris, Krisis, 2007 (recueil de textes de C. Schmitt)

GRACQ, Julien, Manuscrits de Guerre, Paris, Corti, 2011

 

AGEN

  

                Groupes 16 & 17 (Anne-Laure CAYRE)
Titre : Littérature, absolutisme et engagement

Perspectives : Quel regard porte la littérature sur cet animal politique qu’est l’homme ? Dans une première période du semestre, nous plongerons dans l’esthétique du grand siècle pour chercher à décrypter le discours politique qu'elle abrite sous des dehors souvent inattendus. La réflexion sur l'absolutisme et ses nécessaires limites nous conduira à nous interroger sur ce qui fait la grandeur de l'homme pour le moraliste mais aussi pour ses successeurs à l'instar de Beaumarchais et Balzac. Figaro nous permettra de mesurer que la noblesse n'est déjà plus où on l'attendait et les digressions politiques de la Duchesse de Langeais nous le confirmeront de manière paradoxale en mettant en scène la déliquescence d'une certaine aristocratie tout en proposant une sorte d'alternative aux lois sociales et aux rapports de force qui règnent sous la Restauration.

Lectures de référence :

PERRAULT, Peau d’Âne, 1694, texte de référence fourni à la rentrée

BEAUMARCHAIS, Mariage de Figaro, 1784, édition au choix de l'étudiant(e) : à préciser !

BALZAC, La Duchesse de Langeais, 1834, édition Folio

Bibliographie :

PERRAULT, Grisélidis, 1691

DE FRANCE, Anne, La politique du conte au 17ème et 18ème siècles, revue Féeries, 2006

BOSSUET, Jacques-Bénigne, Sermon sur les devoirs des rois, 1772 (posthume)

LA FONTAINE, Jean, corpusde fables (fourni à la rentrée), 1668-1694

MOLIÈRE, Les Fourberies de Scapin, 1671

GUYON, Bernard, La pensée politique et sociale de Balzac, 1947

Filmographie indicative :             

                         DEMY, Jacques, Peau d'Âne, 1970

                         Mise en scène du Mariage de Figaro par Christophe Rauck pour la Comédie-Française, 2008

                         Les Noces de Figaro de Mozart, mise en scène de Jean-Louis Martinoty, 2001

                         FORMAN, Milos, Amadeus, 1984

                         RIVETTE, Jacques, Ne touchez pas la hache, 2007 

 

Groupe 18 (Nicolas LE FLAHEC)
Titre : « L’écrivain et la cour »

Perspectives :

Il s’agira durant ce cours d’examiner les différentes relations qui se cachent derrière la conjonction de coordination « et ». Parce qu’il est contraint de participer à un jeu de pouvoir auquel nul ne peut réellement échapper, l’écrivain doit parfois devenir courtisan. Aussi est-il à son tour contraint de manier « la brosse à reluire », pour reprendre le titre d’un texte de 

Marc Soriano. Mais l’écriture lui permet aussi de s’élever au-dessus des simples panégyriques pour porter un regard plus critique sur le monde qui l’entoure. Nous nous concentrerons en partie sur les œuvres de La Fontaine, Molière et Perrault pour observer comment l’écriture du pouvoir révèle aussi les pouvoirs de l’écriture.

Textes et lectures obligatoires :

LA FONTAINE, Fables, Paris, Gallimard, « Folio », 2015

MOLIERE, Le Misanthrope, Paris, Gallimard, « Folio », 2013

PERRAULT, Charles, Contes, Paris, Gallimard, « Folio »,1999

Bibliographie :         

LA BRUYERE, Les Caractères, Paris, Gallimard, « Folio », 1975

MARIN, Louis, Le Récit est un piège, Paris, Minuit, 1978

MARIN, Louis, Portrait du roi, Paris, Minuit, 1981

SAINT-SIMON, Mémoires (textes choisis), Paris, Gallimard, « Folio plus », 2006

SORIANO, Marc, La brosse à reluire sous Louis XIV, Fasano-Paris, Schena-Nizet, 1989

SORIANO, Marc, Les contes de Perrault, Paris, Gallimard, « Tel »,1977

 

Contrôle des connaissances

Évaluation (majeure & mineure) :

1ère session :

Régime général : Contrôle continu 100% (exercices sur programme d’UE au choix de l’enseignant(e)).

Régime dispensés (contrôle terminal 100%) : Écrit de 4h (question sur programme d’UE : CM+TD).

2e session :

Régime général et dispensés (contrôle terminal 100%) : Écrit de 4h (question sur programme d’UE : CM+TD).

 

Informations complémentaires

Les programmes de TD sont au choix de l’enseignant. Les étudiants ne connaîtront leur affectation dans un groupe qu’au moment de la rentrée. Seuls les étudiants inscrits à la FAD peuvent être sûrs du programme qu’ils devront suivre et peuvent donc commencer la lecture des œuvres.

A l’ensemble des étudiants, il est donc conseillé de lire pendant l’été au moins l’un des ouvrages cités dans la bibliographie du CM, et de consulter activement des anthologies de littérature française du Moyen âge à nos jours afin de développer les connaissances d’histoire littéraire.

 

 

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