Esthétique 1 - Université Bordeaux Montaigne

Esthétique 1

Crédits ECTS : 5

Volume horaire CM : 24

Volume horaire TD : 24

Code ELP : LEP1U3

Composante : UFR Humanités

Période de l'année : Semestre 1

Description

L’Idée du Beau

« Le sentiment de la beauté joue un rôle plus important dans la vie que n’en a jamais joué la théorie esthétique au sein de la philosophie », écrivait Santayana dans l’introduction au Sentiment du Beau. En effet, qu’il s’agisse du choix d’un lieu où habiter, des goûts vestimentaires, ou encore des afffinités amoureuses, la beauté fait partout sentir son attrait et son exigence. Mais qu’est-ce que le beau ? Existe-t-il une forme unique, essentielle et originaire, du Beau à laquelle ramener les multiples apparences sensibles que nous disons « belles » ? Est-il seulement possible de parvenir à un accord en matière de goût esthétique ? Ou bien faut-il s’en tenir, comme y invite Voltaire, dans l’article « Beau » de son Dictionnaire philosophique, au doute ironique et salutaire ?

« Demandez à un crapaud », écrivait-il, « ce que c’est que la Beauté, le grand beau, le to kalon ! Il vous répondra que c’est sa femelle avec deux gros yeux ronds sortant de sa petite tête, une gueule large et plate, un ventre jaune, un dos brun. » Le beau n’est-il qu’une affaire de point de vue, motivé par le désir sexuel et la reproduction de l’espèce ? Ou bien, mieux encore, l’expression d’une sensibilité singulière et privée ? Dans l’Odyssée du Beau, sommes-nous condamnés à naviguer de Charybde en Scylla, tantôt aspirés par le tourbillon relativiste, tantôt brisés contre l’éperon rocheux de l’idéalisme ?

L’approche physiologique, qui remonte aux causes sensibles de « l’idée du beau », dévoile les mécanismes du plaisir esthétique et les limites du débat. Mais une telle approche néglige à la fois la formation culturelle du goût et l’aspiration universelle propre au jugement esthétique. « C’est beau ! » Quel sens accorder à cette expression si familière? La prétention d’universalité, contenue dans cette objectivation, n’est-elle qu’un abus de langage ou recèle-t-elle la promesse d’une partage esthétique ? Et, si promesse il y a, comment parvenir à réconcilier les préférences individuelles autrement que par l’uniformisation d’un public dit « cultivé » ? De l’Idée du Beau à celle du public, c’est la question des règles de l’art et des normes culturelles qui est en jeu. Si libérer le regard de toute habitude perceptive et sociale relève de l’utopie, n’est-ce pas cependant, à en croire Schiller, « par la beauté que l’on s’achemine à la liberté » ?

 

 

Bibliographie

Bibliographie

Lectures obligatoires :

1)    Lecture suivie correspondant au TD :

-         Erwin PANOFSKY, Idea : contribution à l’histoire du concept de l’ancienne théorie de l’art, trad. H. Joly, Paris, Gallimard, 1989.

2)    Littérature première :

-         Charles BAUDELAIRE, Le Peintre de la vie moderne, in Critique d’art ; suivi de Critique musicale, Paris, Gallimard, 1992.

-         Emmanuel KANT, Critique de la Faculté de Juger (Analytique du Beau), trad. par A. Philonenko, Paris, Vrin, 1993.

-         PLATON, Hippias majeur, trad. F. Fronterotta & J.-F. Pradeau, Paris, Flammarion, 2005.

–, Le Banquet ; Phèdre, trad. É. Chambry, Paris, Garnier-Flammarion, 1964.

3)    Littérature secondaire :

-         Jean LACOSTE, L’Idée du Beau, Paris, Bordas, 1989.

 

Bibliographie complémentaire (indicative) :

1)    Littérature première :

-         Alexander Gottlieb BAUMGARTEN, Esthétique, trad. Jean-Yves Pranchère, Paris, L’Herne, 1988.

-         Pierre BOURDIEU, « L’origine et l’évolution des espèces de mélomanes » & « La métamorphose des goûts », in Questions de sociologie, Paris, Éd. de Minuit, 2002.

-         Edmond BURKE, Recherche philosophique sur l’origine de nos idées du sublime et du beau, trad. B. Saint Girons, Paris, Vrin, 1998.

-         Denis DIDEROT, Recherches philosophiques sur l’origine et la nature du beau, suivi d’une anthologie des Salons, in Œuvres esthétiques, édition Paul Vernière, Paris, Dunod, 1994.

-         Marsile FICIN, Commentaire sur « Le Banquet » de Platon, « De l’amour » [Commentarium in Convivium Platonis, De amore], trad. Pierre Laurens, Paris, Les Belles Lettres, 2002.

-         Hans-Georg GADAMER, L’Actualité du beau, textes choisis, trad. Elfie Poulin, Aix-en-Provence, Alinea, 1992.

-         G. W. F. HEGEL, L’Esthétique, t. I (Introduction & Premère partie : De l’idée du beau artistique, ou de l’idéal), trad. C. Bénard, revue et complétée par B. Timmermans & P. Zaccaria, Paris, LGF, 1997.

-         David HUME, De la règle du goût (1758), in Essais sur l’art et le goût, trad. M. Malherbe, Paris, Vrin, 2010.

-         Francis HUTCHESON, Recherche sur l’origine de nos idées de la beauté et de la vertu, trad. A.-D. Balmès, Paris, Vrin, 2015.

-         Friedrich NIETZSCHE, La généalogie de la morale, éd. G. Colli & M. Montinari, trad. J. Gratien & I. Hildenbrand, Paris, Gallimard, 1985.

-         PLOTIN, Traité 1 ; Ennéades I, 6, trad. A.-L. WORMS, Paris, Éd. du Cerf, 2007.

–, Ennéades I,6 & V,8, trad. Paul Mathias, Pocket, 1991.

-         Karl ROSENKRANZ, Esthétique du Laid, Belval, Éd. Circé, 2004.

-         J. C. Friedrich (von) SCHILLER, Lettres sur l’éducation esthétique de l’homme, trad. par Robert Leroux, Paris, Aubier, 1993.

-         Arthur SCHOPENHAUER, Le Monde comme volonté et comme représentation (Livre III), Paris, PUF, 1966.

–, « L’art ou le monde contemplé », in Le vouloir-vivre ; L’art et la sagesse, textes choisis par A. Dez, Paris, PUF, 1956.

 

2)    Littérature secondaire :

-         Fabienne BRUGÈRE, L’expérience de la beauté ; Essai sur la banalisation du beau au XVIIIe siècle, Paris, Vrin, 2006.

-         Jean-Louis CHRÉTIEN, L’effroi du beau, Paris, Le Cerf, 1987.

-         Umberto ECO (dir.), Histoire de la beauté, Paris, Flammarion, 2010 ;

–, Histoire de la laideur, Paris, Flamamrion, 2011.

-         Byung Chul HAN, Sauvons le Beau ; L’esthétique à l’ère numérique, Paris, Actes Sud, 2016

Le TD s’articulera sur deux plans : les séances seront rythmées par l’exercice régulier de la dissertation et la lecture suivie d’Idea de Panofsky (commentaires et reprises), chaque chapitre de l’ouvrage débouchant sur un travail de dissertation.

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