Littérature comparée 5 - Université Bordeaux Montaigne

Littérature comparée 5

Crédits ECTS : 4

Volume horaire TD : 36

Code ELP : LDR5Y4

Composante : UFR Humanités

Période de l'année : Semestre 5

Description

Littérature comparée 5  - Devenirs du texte

Intervenants : Fabienne Rihard-Diamond, Apostolos Lampropoulos, Vérane Partensky

FAD :  Seul le programme de Mme Partensky est proposé à la FAD. Il ne fait pas l’objet d’un enseignement en présentiel.

 

Présentation de l’UE(2017-2018) :  

« Devenirs du texte »

 Il s’agira ce semestre d’initier à la question de la réception de l’œuvre littéraire, des conditions et des enjeux de son transfert dans une autre langue, une autre culture, une autre époque, des modalités de son interprétation. Le cours, centré sur des œuvres littéraires, envisagera les problèmes de la traduction, de l’adaptation, de la critique ainsi que des questions théoriques permettant de lier lecture littéraire et réflexion générale sur les phénomènes de transposition esthétique, poétique, générique, etc.

 

Récapitulatif des groupes

 

Groupe 1

Apostolos Lampropoulos – Antigone déportée

Groupe 2

Fabienne Diamond – Le récit à l’épreuve du réel

Groupe FAD

Vérane Partensky – La parole perdue

Programmes

Important : les étudiants doivent se procurer les textes au programme dans les éditions indiquées à l’exclusion d’aucune autre. Pour l’examen, ils doivent impérativement se munir des œuvres et, le cas échéant, des fascicules de textes fournis par l’enseignant. On rappelle que, pour les commentaires, les textes ne sont pas généralement pas reproduits ; les étudiants qui n’auraient pas apporté les œuvres seront dans l’impossibilité de composer. L’utilisation d’une œuvre dans une autre édition que l’édition autorisée est assimilée à une fraude.

Groupe 1 - Antigone déportée (Apostolos Lampropoulos)

 

Antigone de Sophocle est souvent lue comme un des textes les plus politiques de la littérature classique. Ayant fait l’objet de très nombreuses interprétations depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours, cette tragédie continue de nourrir une réflexion aussi bien littéraire et artistique que philosophique, réunissant des questions telles que le genre, la parenté, la polis, la patrie et le pouvoir. La figure d’Antigone, pour sa part, est vite devenue emblématique de la désobéissance et de la révolte, ce qui explique en grande partie la place qu’elle occupe aussi bien dans la pensée féministe et biopolitique. En outre, Antigone a été systématiquement traduite et à plusieurs reprises réécrite dans les contextes les plus différents, y compris l’Europe et l’Amérique du Nord, la Martinique et des pays africains comme le Nigéria, l’Afrique du Sud et le Ghana. De manière plus générale, Antigone s’est avérée l’une des références majeures pour la compréhension de l’ostracisme, de la déportation et de l’exil, ainsi que de la précarité au sein ou en dehors d’une communauté. Cette dernière dimension d’Antigone fera également l’objet de ce cours. Parmi les questions qui feront partie de la problématique proposée, figurent celles-ci : comment peut-on comprendre les liens du sang comme liens politiques ? Que veut-dire déshériter et comment devient-on étranger chez soi ? Sous quelles conditions le pouvoir prend-il, littéralement, corps ?

 

Textes au programme

Sophocle, Antigone. In Tragédies complètes, préface de Pierre Vidal-Naquet, Paris, Gallimard (coll. « Folio classique »), 1973. [Se procurer l’ouvrage avant le début du semestre.]

Jean Anouilh, Antigone, Paris, La Table ronde (coll. « La petite vermillon »), 2008. [Se procurer l’ouvrage avant le début du semestre.]

Judith Butler, Antigone. La parenté entre vie et mort, traduit par Guy Le Gaufrey, Paris, EPEL (coll. « Les grands classiques de l'érotologie moderne »), 2003.

László Nemes, Le fils de Saul (film ; Hongrie, 2015)

Zoé Mavroudis, Ruines (film documentaire ; Grèce, 2013)

  

Bibliographie indicative

Jean Cocteau, Antigone, suivi de Les Mariés de la Tour Eiffel, Paris, Folio (coll. « Folio »), 1977.

Bertolt Brecht, Antigone, Paris, L’Arche (coll. « Scène ouverte »), 2000.

Patrick Chamoiseau, Une manière d’Antigone, 1975 (pièce inédite).

George Steiner, Antigones, traduit par Philippe Blanchard, Paris, Folio (coll. « Folio essais »), 1992.

Luce Irigaray, Speculum. De l’autre femme, Paris, Minuit, 1974.

Nicole Loraux, « La main d’Antigone » (1985-2006), « Postface » in Sophocle, Antigone, traduit par Nicole Loraux, edition bilingue, Paris, Les Belles lettres (coll. Classiques en poche), 2006.

Julia Kristeva, « Antigone. La limite et l’horizon », L’Infini 115 (2011).

 

 

Groupe 2 – Le récit à l’épreuve du réel : Conrad, Faulkner
(Fabienne Rihard-Diamond)

 

            Ce cours propose d’introduire à l’œuvre de deux romanciers salués pour avoir, chacun en son temps, décisivement contribué au renouvellement de l’art romanesque, et indissociablement, de la vision du monde et de la vie dont cet art est porteur : Joseph Conrad (1857-1924) et William Faulkner (1897-1962). Démultiplication des narrateurs et délinéarisation de la narration, bouleversement de la temporalité romanesque, art du montage et du contrepoint, jeu constant entre mémoire et oubli, savoir et ignorance, intrication tragique de l’histoire individuelle et de l’Histoire collective, syntaxe (à l’échelle des romans comme à celle des phrases) infiniment sinueuse et parfois déroutante, qui s’efforce d’épouser toute la complexité chaotique de la vie humaine, et de traduire poétiquement la puissance de sidération du réel, sont autant de points communs entre deux œuvres aussi exigeantes que subtiles et profondes.  Si Faulkner a volontiers reconnu sa dette à l’égard de Conrad, l’intérêt d’une étude comparée réside toutefois dans la dimension polémique de son exploitation originale de nombreux procédés conradiens, et donc dans la portée radicalement différente, voire franchement opposée, qu’il leur confère.   C’est à l’étude dynamique et engagée de ce dialogue romanesque entre deux écrivains de génie que nous invitons les étudiants, dont l’activité et la responsabilité de lecteurs et d’interprètes sont mises en abîme et interrogées dans ces deux récits essentiellement exploratoires et problématiques.

 

Textes au programme :

Joseph Conrad, Lord Jim, traduction Henriette Bordenave, Gallimard, Folio, 1982.

William Faulkner, Absalon, Absalon ! (Absalom, Absalom !), traduction de R.-N. Raimbault et Ch.-P. Vorce, Gallimard, L’Imaginaire, 2000.

 

Lectures complémentaires recommandées :

Joseph Conrad, Heart of Darkness, Au cœur des ténèbres, traduction Jean-Jacques Mayoux, Garnier-Flammarion, 2017.

William Faulkner, The Sound and the Fury, Le Bruit et la fureur, traduction de Maurice-Edgar Coindreau, Gallimard, Folio, 1972.

 

Groupe Moodle (pas d’enseignement en présentiel) : La Parole perdue (Vérane Partensky)

Ce cours est proposé à l’enseignement à distance

Dès la fin du XVIIIe siècle, le romantisme allemand, puis, dans son sillage, le romantisme français, ont substitué à l’imitation des grands modèles canoniques de l’antiquité classique la quête d’une autre inspiration, venue de l’âme populaire et des origines archaïques de l’humanité : ce chant des origines, fantasmé rétrospectivement et tout entier à réinventer, constitue le point de départ d’une quête poétique, d’une réflexion sur la langue et d’une théorie de la littérature. Nous envisagerons la manière dont les œuvres du programme élaborent et mettent en scène la quête de cette parole perdue, aussi bien dans un jeu complexe avec l’intertexte que  dans une rêverie sur l’effacement du texte-source qu’elles cherchent à retrouver. Nous verrons également comment la poursuite d’une œuvre en perpétuel devenir se confond avec une quête identitaire, réunissant dans une même interrogation construction ontologique et enquête esthétique. Nous envisagerons enfin la tension entre modernité poétique et rêve d’une poésie de l’origine.

 

Corpus (lectures obligatoires)

Attention : il est impératif de se procurer les éditions ci-dessous à l’exclusion d’aucune autre.

Joseph von Eichendorff, Scènes de la vie d’un propre à rien, Phébus Libretto, 2011

Nerval, Gérard de, Lorely, souvenirs d’Allemagne, Paris, Corti, 1995

Novalis, Henri d’Ofterdingen, Paris, Flammarion, coll. GF, 1992

 

Lectures complémentaires conseillées :

Novalis, Les disciples à Saïs. Hymnes à la nuit. Chants religieux, Paris, Poésie/ Gallimard, 1980

Heinrich Heine, De l’Allemagne, Paris, Gallimard, collection Tel, 1998

Madame de Staël, De l’Allemagne, Paris, Flammarion, coll. GF, 1993 (2 volumes)

Philippe Lacoue-Larthe et Jean-Luc Nandy, L’Absolu littéraire. Théorie de la littérature du romantisme allemand, Paris, Seuil, 1978

Marchal, Paris, Poésie/Gallimard, 2003 (notamment « Richard Wagner, rêverie d’un poète français », « Crise de Vers » et « Quant au livre »).

Gérard de Nerval, Poèmes d’Outre-Rhin Grasset, coll. Les Cahiers rouges, 1996

Gérard de Nerval, Les Filles du feu, Paris, GF, 2011 (notamment « Sylvie »)

Contrôle des connaissances

 Évaluation :

 1ère session :

Régime général : Contrôle continu

 Dispensés : Contrôle terminal – Ecrit 4h

2e session : régime général et dispensés : Contrôle terminal – Ecrit 4h

Nature de l’épreuve : Commentaire, dissertation ou essai au choix de l’enseignant

< Liste des matières

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