Littérature comparée 4 - Université Bordeaux Montaigne

Littérature comparée 4

Volume horaire TD : 24

Code ELP : LDL4Y4

Composante : UFR Humanités

Période de l'année : Semestre 4

Formes d'enseignement : Accessible à distance

Mobilité d'études : oui

Description

Littérature comparée 4 - Poésie

Intervenants : Céline Barral, Eve de Dampierre, Fabienne Diamond, Marie de Gandt.

Présentation de l’UE :  

Cette UE est consacrée à l’étude de la poésie dans une perspective comparatiste.

 

Récapitulatif des groupes

 

Groupe 1

Marie de Gandt - Marie de Gandt - La Poésie noire

Groupe 2

Fabienne Rihard-Diamond - « Ordonner un chaos, voilà la création »

Groupe 3

Céline Barral - La poésie comme « contre-terreur

Groupe 4 (Babel)

Eve de Dampierre - La poésie ou l'épopée du quotidien

FAD

Marie de Gandt - Marie de Gandt - La Poésie noire

 Programmes

Important : les étudiants doivent se procurer les textes au programme dans les éditions indiquées à l’exclusion d’aucune autre. Pour l’examen, ils doivent impérativement se munir des œuvres et, le cas échéant, des fascicules de textes fournis par l’enseignant. On rappelle que, pour les commentaires, les textes ne sont pas généralement pas reproduits ; les étudiants qui n’auraient pas apporté les œuvres seront dans l’impossibilité de composer. L’utilisation d’une œuvre dans une autre édition que l’édition autorisée est assimilée à une fraude.

 

Groupe 1 - LDL4M44.  La Poésie noire (Marie de Gandt)

Ce programme est proposé à la Formation à distance.

On s’interrogera sur la notion de « poésie noire », à la fois comme concept, comme objet de revendication et de débat, ainsi que comme pratique. La poésie est-elle une forme de la tradition littéraire blanche, ou un lieu universel, qui permettrait aux militants d’une identité noire de s’exprimer, voire une forme ouverte aux reconfigurations subversives permettant de forger un outil nouveau ? Derrière ces différentes conceptions de la modernité poétique, se pose une question politique : existe-t-il une écriture noire et une écriture blanche distinctes ? Distinguer un en-deçà du discours militant qui serait une forme première attendant son « fond », le véhicule d’un hypothétique « message » susceptible d’être formulé hors de sa forme poétique, c’est nier l’essence même de la poésie. A travers la poésie noire, c’est donc l’idée de poésie qu’il nous faut interroger.

Cette étude s’inscrira dans un contexte historique, celui de la modernité des années 1920-1950, et dans 3 contextes culturels où la revendication d’une identité noire s’est exprimée par le biais de l’écriture poétique : le négrisme hispanophone cubain, la Harlem Renaissance des auteurs américains, la négritude francophone des écrivains africains et caribéens.

En partant de la création poétique des années 1920-1950, on étudiera la réinterprétation de l’héritage des poètes noirs de la modernité, telle que l’ont élaborée le poète californien Ishmaël Reed, la poétesse cubaine Nancy Morejon, et le théoricien de la créolisation Edouard Glissant.

 

Corpus (lecture obligatoire)

Les ouvrages des auteurs marqués d’une astérisque sont à se procurer pour la rentrée, les autres seront conseillés selon leur disponibilité éditoriale.

* Aimé Césaire, Cahier d’un retour au pays natal,

* Léon Gontran Damas, Pigments (1937), Présence africaine, 1962.         

                                   Black Label, Gallimard, 1956.

* Léopold Sédar Senghor, Chants d’ombre, Seuil ,1945.

Nicolas Guillen, Chansons cubaines et autres poèmes, trad. Claude Couffon, Seghers, 1955

  Le chant de Cuba, poèmes 1930-1972, trad. Claude Couffon, Belfond, 1984.

Les poèmes des auteurs américains, peu ou mal traduits, seront distribués en cours, mais il est possible pour les étudiants anglophones de commencer à lire les œuvres de Claude Mc Kay, Countee Cullen et Langston Hughes.

 
 
Groupe 2 - LDL4M41.  « Ordonner un chaos, voilà la création » (G. Apollinaire) : la poésie du XXème siècle en France et aux Etats-Unis (Fabienne Diamond)

 

Depuis les romantiques allemands, la « poésie » s’entend comme un acte de réinvention radicale du monde et de la vie par le langage, aux confins « de l’anéantissement et du désordre » (Novalis), pour arriver à « l’inconnu ! » (Rimbaud).  Loin de tout « beau discours », rythmé et imagé mais conforme aux normes grammaticales et aux catégories communes de la pensée, elle propose une expérience de lecture essentiellement déroutante, qui délaisse toute conformité avec des schémas d’écriture et de pensée hérités pour à chaque fois créer une forme, « trouver une langue » (Rimbaud) nouvelles.  Elle se voue ainsi à une perpétuelle transgression des limites, qui affecte :        

— son rapport à la langue et aux langues, redécouvertes dans leur matérialité sensible et leur étrangeté essentielles ; d’où une défamiliarisation de l’acte de lecture qui, rompant avec toute évidence discursive ou référentielle, revêt à son tour une dimension proprement créatrice, en même temps qu’une parenté profonde avec l’acte de traduction.

            — son rapport à toute une série « d’autres » de la poésie, qu’elle intègre à son champ désormais infini : prose littéraire ; arts visuels (le lien de la poésie à la musique étant en revanche très ancien et même originel, même s’il fait l’objet, avec les symbolistes, d’une redécouverte et d’un approfondissement inédit) ; mais aussi « prose » de la parole quotidienne, des journaux, des documents historiques ou juridiques, intégrée à une poésie qui rompt définitivement avec les Règles, le Beau et l’Idéal pour embrasser la multiplicité chaotique du monde.

— son traitement inhabituel des catégories communes de la pensée, sa désorientation de l’espace et du temps, sa fusion de l’intérieur et de l’extérieur, du moi et du monde, du subjectif et de l’objectif.

Nous proposons de faire éprouver et partager aux étudiants cette transgression et cette réinvention poétiques perpétuelles, à travers la lecture de la poésie moderniste française et américaine du XXème siècle, dans son rapport essentiellement ambivalent à une modernité industrielle et technologique éprouvée comme un chaos à la fois libérateur et aliénant, fécond autant que destructeur.

 

Corpus

Une anthologie sera distribuée au début du semestre ; elle inclura des textes ou extraits de textes :

— des romantiques allemands, de Baudelaire, Rimbaud et Mallarmé (en guise d’ « ouverture » à la fois historique et théorique)

— de Guillaume Apollinaire et Blaise Cendrars, d’Ezra Pound et William Carlos Williams ; si notre progression du semestre le permet, on y ajoutera peut-être une sélection de textes des objectivistes américains (Zukofsky, Oppen et Reznikoff)

 

Groupe 3 - LDL4M42. La poésie comme « contre-terreur » : (Céline Barral)

La Seconde guerre mondiale et la Shoah ont représenté pour les poètes du XXe siècle une rupture radicale, qui périmait les principaux mouvements littéraires antérieurs – symbolisme, surréalisme – et les grandes notions esthétiques, comme le lyrisme. Écrire des poèmes après Auschwitz, était-ce barbare, comme Adorno le déclara dans une formule provocante ? Comment la langue pouvait-elle encore prétendre à la vérité, à la beauté, dans une Europe qui avait fait régner la terreur ? René Char, poète et résistant, a cherché à réinventer une pratique de la poésie entre humanisme et ésotérisme, communauté et secret. Son recueil Fureur et mystère, publié en 1948, regroupe des poèmes écrits avant la guerre, pendant la mobilisation, puis au rythme de l’engagement dans le Maquis et enfin à la Libération et dans les premières années de l’après-guerre. Comment répondre au rendez-vous de l’Histoire ? Comment éviter de corrompre la poésie par les mots d’ordre politiques et idéologiques ? Survivant d’un camp de travail, arrivé à Paris après guerre, Paul Celan, poète juif de langue allemande, d’origine roumaine, traduit René Char, en particulier les Feuillets d’Hypnos écrits pendant la guerre. L’anthologie au programme donne un aperçu des principaux recueils de Celan, parus entre 1948 et 1967. En suivant l’évolution de l’œuvre, le lecteur comprend qu’il a fallu apprendre à « désécrire » la langue pour y inscrire la mémoire

des disparus ; mais aussi que cette mémoire rencontre les combats politiques au présent.

 

Se procurer et lire les livres suivants :

— René Char, Fureur et mystère, Gallimard, Poésie/nrf, 1962, 2016.

— Paul Celan, Choix de poèmes (réunis par l’auteur), tr. de l’allemand Jean-Pierre Lefebvre, éd. bilingue, Gallimard, Poésie/nrf, 1998.

 

Indications bibliographiques :

Paul Celan, René Char, Correspondance, éd. Bertrand Badiou, Gallimard, 2015.

René Char, Œuvres complètes, Gallimard, « Pléiade », 1983, 1995.Notamment Arrière-histoire du poème pulvérisé, dans OC, « œuvres adjointes », p. 1291-1297.

—, Recherche de la base et du sommet, Gallimard, 1971.

 

Une bibliographie sera distribuée à la rentrée.

 

Groupe 4 (Babel) - LDL4M45. La poésie ou l'épopée du quotidien (Eve de Dampierre)

 

-          Maurizio Cucchi, Vies particulaires (Vite pulviscolari, 2009), recueil bilingue, trad. B. Vanel, Le Bousquet-La Barthe, 2014.

-          Iman Mersal, Des choses m’ont échappé, anthologie poétique, trad. R. Jacquemond, Actes sud, 2018.

Ce cours prend appui sur l’œuvre de poètes contemporains peu connus en France mais dont les poèmes, en prose ou en vers libres, ont été récemment traduits en français, du moins en partie. Le poète italien Maurizio Cucchi, né en 1945, est l’auteur d’un grand nombre de textes poétiques (Prix Viareggio pour Glenn, notamment) mais aussi de traductions et de romans. Sa voix poétique, semble-t-il, « murmure à peine pour mieux nous inquiéter » (B. Vanel). La poétesse égyptienne Iman Mersal, née en 1966, a émigré au Canada en 1998 et cette anthologie regroupe presque vingt années d’écriture, de part et d’autre de son départ d’Egypte. Ses textes évoquent l’existence aux prises avec les souvenirs des êtres et des lieux, mais aussi avec les interrogations que renferment les actes et objets du quotidien. C’est sur ce point, entre autres, que des échos existent entre ces œuvres esthétiquement très éloignées. Confronter ces textes permettra aussi de s’interroger sur la nature de l’écriture poétique, sur son histoire et son évolution (des formes fixes et codifiées et ces formes plus libres, notamment), mais aussi ses caractéristiques récurrentes même à travers la pluralité des langues (italien, arabe et français, ici).

> Une bibliographie complémentaire sera distribuée au premier cours

> Exposés oraux et travaux écrits d’entraînement pendant le semestre

Contrôle des connaissances

1ère session :

Régime général : contrôle continu

Régime dispensés : Contrôle terminal – Ecrit 4h

2e session : régime général et dispensés : Contrôle terminal – Ecrit 4h

Nature de l’épreuve : Commentaire, dissertation ou essai au choix de l’enseignant

Informations complémentaires

FAD : Le programme de Mme de Gandt est proposé à l’enseignement à distance.

< Liste des matières

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