Littérature comparée 3 - Université Bordeaux Montaigne

Littérature comparée 3

Crédits ECTS : 4

Volume horaire TD : 24

Code ELP : LDL3U3

Composante : UFR Humanités

Période de l'année : Semestre 3

Description

Évaluation :

1ère session :
Régime général : Contrôle continu
Dispensés : Contrôle terminal – Ecrit 4h
2e session : régime général et dispensés : Contrôle terminal – Ecrit 4h
Nature de l’épreuve : Commentaire, dissertation ou essai au choix de l’enseignant


Description


Responsable de l’UE : Vérane Partensky


Intervenants : Chloé Morille, Blandine Puel, Vérane Partensky

Présentation de l’UE :
Le cours sera consacré à étudier la littérature en rapport avec un autre champ du savoir ou de
la création artistique ou un autre médium : il s’agit donc de réfléchir à la manière dont une
oeuvre porte la marque de son dialogue avec une pluralité d’autres textes, disciplines ou
médiums.


FAD : Seul le programme de Madame Partensky est proposé à la FAD
Récapitulatif


Groupe 1 Vérane Partensky – La fantaisie à la croisée des arts
Groupe 2 Blandine Puel - L’invention de soi : littérature et psychanalyse dans trois
fictions de l’adolescence
Groupe 3 Chloé Morille - Littérature et art pariétal


Programmes
Important : les étudiants doivent se procurer les textes au programme dans les éditions
indiquées à l’exclusion d’aucune autre. Pour l’examen, ils doivent impérativement se munir
des oeuvres et, le cas échéant, des fascicules de textes fournis par l’enseignant. On rappelle
que, pour les commentaires, les textes ne sont pas généralement pas reproduits ; les étudiants
qui n’auraient pas apporté les oeuvres seront dans l’impossibilité de composer. L’utilisation
d’une oeuvre dans une autre édition que l’édition autorisée est assimilée à une fraude.


Groupe 1 – La fantaisie à la croisée des arts (Vérane Partensky)

On verra, notamment à travers l’exemple d’Hoffmann, comme le registre problématique de la
fantaisie littéraire repose sur le recours à des modèles extra-littéraires (picturaux, graphique
ou musicaux) et on étudiera l’infléchissement que le discours sur l’art fait subir au texte
littéraire, faisant émerger des formes inédites ou inclassables (caprice, récit de rêve, poème en
prose, récit fantastique, fragments…). Le cours s’appuiera notamment sur les Fantaisies dans
la manière de Callot et sur Princesse Brambilla d’Hoffmann, mais aussi sur des extraits
d’autres auteurs, notamment de Baudelaire et Aloysius Bertrand, ainsi que sur un corpus varié
d’images et d’extraits musicaux. La fantaisie, telle qu’elle s’épanouit dans la littérature
romantique, privilégie notamment le modèle de la gravure à l’eau-forte qui sera abordée à
travers divers exemples (Callot, Rembrandt, Piranèse, Méryon, Redon, etc), et celui de la
musique, ainsi que de pratiques théâtrales mineures comme la commedia dell’arte.
Attention : les étudiants doivent impérativement travailler sur les éditions figurant ci-dessous.Aucune autre édition ne pourra être admise : aux examens, seules ces éditions pourront être utilisées par les étudiants. Soyez attentifs à ce point car il existe plusieurs traductions différentes. En revanche, si vous parvenez à vous procurer l’édition des Fantaisies dans la manière de Callot, chez Phébus, épuisée, mais encore en stock chez certains libraire,elle vous sera extrêmement utile, car elle est la seule à proposer les chapitres intulés« Kreisleriana » qui sont d’une importance majeure pour le cours. Cette édition sera admise à l’examen.

Corpus (lectures obligatoires)
E. T. A. Hoffmann, Contes. Fantaisies à la manière de Callot, trad. Henri Egmont, Alzie
Hella, Olivier Bournac, Madeleine Laval, André Espiau de La Maëstre, Paris, Gallimard, coll.
Folio, 1997.
E. T. A. Hoffmann, Princesse Brambilla, traduction Alzir Hella et Olivier Bournac, Paris,
Flammarion, coll. GF, 1990
Fascicules des Kreisleriana (fournis par l’enseignante. Impératif à l’examen)
Extraits photocopiés (fournis par l’enseignante. Non autorisés à l’examen)

Lectures conseillées :
Carlo Gozzi, L’amour des trois oranges, La Délirante, 2010
Musique (Interprétation au libre choix de l’étudiant)
C. W. Gluck, Armide
W. A. Mozart, Dom Juan


Un ensemble de gravures et de peintures sera mis à la disposition des étudiants sur le Bureau virtuel.


Groupe 2 - L’invention de soi : littérature et psychanalyse dans trois
fictions de l’adolescence (Blandine Puel)


La littérature et la psychanalyse sont deux disciplines qu’il est désormais fréquent de voir rapprochées, en partie du fait de leurs aspirations communes à sonder la complexité de l’Homme. Au début du XXe siècle, la psychanalyse naissante cherche des voies de diffusion dans une Europe qui souvent l’ignore et méprise le savoir subversif qu’elle prétend apporter aux côtés des discours scientifiques faisant autorité. Certains auteurs comme Alberto Moravia, pourtant résident d’une Italie fasciste dans laquelle les audaces littéraires sont brimées, font montre d’un intérêt précoce pour les découvertes de la psychanalyse freudienne
et les mystères de la construction identitaire mises à jour.
D’une incontestable modernité pour l’époque, cet intérêt pour la psychanalyse affleure très tôt dans le premier roman de Moravia, Les Indifférents, datant de 1929, à travers la quête de Carla et Michel, deux adolescents qui cherchent à se dire, à se construire et se comprendre.
Vingt ans plus tard, la quête d’Holden Caulfield, toute aussi moderne, sonde les profondeurs de l’inconscient du jeune homme et Stalinger chercher à donner voix à l’adolescent, une voix
au plus proche du désordre qui l’habite.
Au cours de ce semestre nous chercherons à évaluer l’intérêt d’un dialogue entre la littérature et la psychanalyse pour dire l’adolescence en fiction. Pourquoi ce motif de l’adolescence plutôt qu’un autre pour lire la fiction au prisme de la psychanalyse ? Période s’il en est des débordements et des troubles de la personnalité, âge délicat et instable, sa représentation et son expression littéraires bénéficient largement de l’apport de la psychanalyse. Le « savoirautre», car subversif, dont elle est à l’origine permet que s’invente des personnages adolescents à l’épaisseur psychologique et identitaire toute neuve en ce début de XXe siècle.


OEuvres au programme
- Moravia, Alberto, Les Indifférents, GF-Flammarion, Paris, 1991, traduction de Paul-Henry
Michel, préface Gilles de Van
- Moravia, Alberto, Agostino, GF Flammarion, 1983, Paris, traduction Marie Canavaggia,
préface de Gilles de Van
- Salinger, J. D, L’attrape-coeur, Robert Laffont, Pocket, Paris, 2008, traduction Annie
Saumont.


Lectures conseillées

Dans la mesure du possible, lire les oeuvres en langue originale, toutes disponibles à la bibliothèque.

Pistes bibliographiques
Les préfaces de Gilles de Van constituent une excellente approche aux deux oeuvres de Moravia.


Bellemin-Noël, Jean, Psychanalyse et littérature, Quadrige, PUF, Paris, nouvelle édition 2002.
Bayard, Pierre, Peut-on appliquer la littérature à la psychanalyse, Minuit, Paris, 2004.
Freud, Sigmund, Trois essais sur la théorie sexuelle, folio essais, Gallimard, 1987, traduction
Philippe Koeppel
Freud, Sigmund, Cinq leçons sur la psychanalyse, Petite bibliothèque Payot, Éditions Payot et
Rivages, 2010, Paris, traduction Yves Le Lay. Cet ouvrage constitue un très bon rappel, dans
une langue facile, des principes et des théories majeures de la psychanalyse freudienne 

Emmanuelli, Michèle, L’adolescence, PUF, coll. Que sais-je, Paris, 2009
Le Breton, David, Une brève histoire de l’adolescence, Ed. J-C Béhar, coll. Brève histoire,Paris, 2013


Groupe 3 – Littérature et art pariétal (Chloé Morille)


Selon la philosophe Audrey Rieber : « la découverte de l’art paléolithique à la fin du XIXème siècle constitue un bouleversement aussi grand que la découverte de l’Amérique en 1492, à la différence que ce n’est pas un espace géographique immense, mais une profondeur temporelle
et culturelle inouïe qui s’est soudain ouvert. » Ce cours s’intéressera aux réactions littéraires des écrivains face à la découverte d’un nouvel art majeur, énigmatique et ahurissant, parfois vieux de quelques trente mille ans (dans le cas de la grotte Chauvet). L’appropriation de l’art pariétal par les écrivains nous mènera à envisager deux questionnements comparatistes : d’une part, celui du rapport entre le texte et l’image ; d’autre part celui de l’oeuvre littéraire aux savoirs (scientifique, psychanalytique et esthétique). Clayton Eshleman est un poète et traducteur américain qui a pris la mesure de cette révolution
archéologique puisque son oeuvre questionne l’art préhistorique depuis plus de trente ans.
Hadès en Manganèse est une anthologie de poèmes et de proses consacrés à ce sujet. Ces textes traduits en français appartiennent initialement à divers recueils (dont l’un s’appelle Hades in Manganese mais qui n’est pas la source unique des présents textes traduits).
L’ouvrage que nous étudierons rassemble des textes écrits au fil des années et fédérés par un même lieu topographique : la grotte paléolithique, qui devient pour le poète le lieu d’une exploration intime et d’une appropriation imaginaire. Si Hadès en Manganèse nous servira de
fil rouge dans l’étude des dédales caverneux, le cours s’appuiera essentiellement sur une anthologie de textes variés distribuée en début d’année.
Les peintures pariétales témoignent d’une mémoire humaine muette ; des artistes, des poètes et des essayistes lui ont pourtant prêté parole. Les textes choisis, de René Char à John Berger, de Rafael Alberti à Pascal Quignard, en passant par Georges Bataille, Jorge Luis Borges,
Nicolas de Staël ou Marguerite Duras nous donneront des mots pour qualifier les énigmatiques témoins picturaux de l’art pariétal. Nous questionnerons avec eux le choix de l’essai, de la poésie ou de leur perméabilité pour penser cette expérience inédite de l’immensité temporelle, dans laquelle les oeuvres et les hommes s’inscrivent désormais


Corpus (Lecture obligatoire)
Clayton ESHLEMAN, Auxeméry (trad.), Hadès en Manganèse, Paris, Belin, 1998, coll.« L'Extrême Contemporain ».


Pistes complémentaires
Les étudiants peuvent se familiariser avec l’oeuvre de Clayton Eshleman en langue originale à travers l’anthologie Juniper Fuse: Upper Paleolithic Imagination & the Construction of the Underworld, Wesleyan University Press, 2003, coll. “Art & Architecture Complete”,
disponible en ligne via le catalogue Babord+ de la bibliothèque de l’université Bordeaux Montaigne :https://babordplus.univbordeaux.fr/notice.php?q=clayton%20eshleman&spec_expand=1&start=0

Lascaux ou la naissance de l'art : la peinture préhistorique de Georges Bataille, Genève,Skira, 1992, coll. « Les grands siècles de la peinture » peut être aussi une judicieuse entrée en matière.
Une bibliographie critique sera distribuée en septembre.

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