Histoire des idées et des formes 1 - Université Bordeaux Montaigne

Histoire des idées et des formes 1

Crédits ECTS : 2

Volume horaire CM : 24

Code ELP : LDL4Y2

Lieu(x) d'enseignement : Bordeaux et agglomération

Composante : UFR Humanités

Langue d'enseignement : Français

Période de l'année : Semestre 4

Plage horaire : Journée

Mobilité d'études : oui

Description

Intervenants : Florence BOULERIE, Thomas MEYNIER, Margot BUVAT

Présentation de l’UE :

Cet enseignement vise à développer une approche critique de la notion de création littéraire, en s’interrogeant d’abord sur les circulations des textes d’un auteur à l’autre (partie 1), ensuite sur la place du lecteur dans cette création (partie 2 en présentiel) ou bien sur la question des espaces de la littérature (partie 2 en FAD).

Programme 2017-2018

Partie 1 (présentiel et FAD)

Copier, citer, phagocyter : plagiat et créativité littéraire - Florence Boulerie (12h CM)

 

La littérature n’apparaît pas par génération spontanée et les écrivains sont généralement de grands lecteurs, parfois des admirateurs inconditionnels des œuvres de leurs prédécesseurs. Mais comment distinguer l’influence –exercée par un artiste sur un autre- de l’emprunt –opéré par un artiste à un autre ? Peut-on différencier la référence de la citation, et celle-ci du plagiat ?

En interrogeant la notion de propriété intellectuelle, le cours explorera les questions de l’intertextualité et de la réécriture, en se demandant à quel moment ces pratiques, qui témoignent d’une reconnaissance de l’œuvre antérieure et peuvent même signaler un hommage, deviennent des moyens d’effacement, voire de négation du prédécesseur que la nouvelle œuvre dépouille.

Au fil de cette remontée aux sources – vers les livres avant les livres-, nous verrons comment la créativité littéraire entre en jeu.

 

Bibliographie indicative :

Bouillaguet (Annick), L’écriture imitative : pastiche, parodie, collage, Paris, Nathan (coll. « Fac »), 1996.

Compagnon (Antoine), La seconde main ou le travail de la citation, Paris, Seuil, 1979.

Darrieussecq (Marie), Rapport de police. Accusations de plagiat et autres modes de surveillance de la fiction, Paris, P.O.L., 2010.

Genette (Gérard), Palimpsestes : la littérature au second degré, Paris, Seuil, 1982.

Gignoux (Anne-Claire), Initiation à l’intertextualité, Paris, Ellipses, 2005.

Gladieu (Marie), L’arrière-texte : pour repenser le littéraire, Bruxelles, Peter Lang, 2013.

Lombard (Paul), Enquête d’auteurs, la liberté d’écrire d’Homère à nos jours, Paris, Grasset.

Martineau (Ysabelle), Le faux littéraire, plagiat littéraire, intertextualité et dialogisme, Québec, Nota bene, 2002.

Maurel-indart (Hélène),  Petite enquête sur le plagiaire sans scrupule, éditions Léo Scheer.

Maurel-indart (Hélène), Du plagiat, Paris, Gallimard, « Folio Essais », 2011.

Maurel-indart (Hélène), Le Plagiat, [site internet très documenté et régulièrement mis à jour], disponible sur :  http://leplagiat.net/

Piegay-gros (Nathalie), Introduction à l’intertextualité, Paris, Dunod, 1997.

Rabau (Sophie), L’intertextualité, Paris, GF, 2002.

Samoyault (Tiphaine), L’intertextualité. Mémoire de la littérature, Paris, Armand Colin, 2008.

 

 Partie 2 (présentiel):

Lire, interpréter, imaginer : lecture et réception du texte littéraire – Thomas Meynier (12h CM)

Les textes littéraires sont écrits pour être lus. Leur existence tient d’abord aux lecteurs qui s’y confrontent. Mais que se passe-t-il lorsqu’un lecteur lit ? Comment s’élabore, entre texte et lecteur, le sens de l’œuvre ? Quels rôles jouent ici l’investissement imaginaire et affectif de celui qui lit, les systèmes de normes qu’il s’est appropriés, ceux que mobilise le texte ? Lorsqu’il s’agit d’interpréter ce qu’on lit, quelle est la part du texte, de l’individu, des communautés socio-historiques ?

L’objectif de ce cours est d’aborder toutes ces questions, en même temps que de proposer une initiation aux principales théories de la réception. Le lecteur – et, bien souvent, la lectrice – est parfois présenté comme une instance passive, dont le rôle se limiterait à actualiser le sens inscrit dans le texte, voire à se laisser dominer par les images que ce dernier suscite en lui. A l’inverse, il arrive qu’on envisage les textes comme nécessairement livrés à la diversité des interprétations. Entre ces deux pôles, il semble au contraire que se joue, dans la lecture, une mise en mouvement réciproque, du sens du texte par l’activité du lecteur, du lecteur lui-même par la puissance du texte. Ce sont ces mouvements, que le cours, en prenant appui sur de nombreux exemples littéraires, tentera d’élucider. Un texte en particulier servira de point d’appui pour notre réflexion : Madame Bovary de Gustave Flaubert, dont la lecture sera demandée aux étudiants.

Lecture obligatoire

- Flaubert, Gustave. Madame Bovary. Paris : Gallimard, coll. « Folio classique », 2001.

 

Pistes bibliographiques

- Eco, Umberto. Lector in fabula. Le Rôle du lecteur ou la Coopération interprétative dans les textes narratifs. Paris : Le Livre de poche, coll. « Biblio essais », 1985.

- Jauss, Hans Robert. Pour une esthétique de la réception. Paris : Gallimard, coll. « Tel », 1990.

- Jouve, Vincent. La Lecture. Paris : Hachette, coll. « Contours littéraires », 1993.

- Picard, Michel. La Lecture comme jeu. Paris : Les éditions de Minuit, coll. « Critique », 1986.

Partie 2 (FAD):

Littérature et espace(s): approches géo-centrées du texte - Margot Buvat-(équivalent 12h CM FAD)

 

Si la discipline littéraire fait la part belle aux études sur le temps dans les récits de fiction et s'il est fréquent de rapprocher littérature et histoire, la question de l'espace, et plus particulièrement de l'espace géographique 

semble avoir été longtemps déconsidérée. Pourtant, elle est d'ordre poétique, souvent sociologique et éthique, et donc politique. Au sein de la recherche littéraire, on assiste depuis les années 90 à une forme de tournant spatial (le "spatial turn"), qui s'intéresse de manière plus approfondie à ces questions.

En partant de concepts tels que celui de chronotope et de la façon dont les structures spatiales produisent du sens dans les récits de fiction, ce cours propose une initiation à différentes approches critiques dites "géo-centrées", souvent interdisciplinaires. Par exemple, la géographie ou la cartographie sont très enrichissantes pour l'étude littéraire des textes, et mettent en valeur leur caractère fondamentalement politique. Nous parcourrons de nombreux extraits de textes narratifs (romans, nouvelles, poèmes en prose), majoritairement de littérature française, mais en laissant aussi sa place au domaine étranger.

 

Piste bibliographique : (au fil du cours, d'autres références seront données)

  • Bakhtine, Mikhaïl,"Formes du temps et du chronotope dans le roman", in Esthétique et théorie du roman, Paris, Gallimard (1978), p.235-398.
  • Hamon, Philippe,"Étude d'un topos descriptif", in Du descriptif, Paris, Hachette Supérieur (1994), p.205-239.
  • Moretti, Franco, Atlas du roman européen, Paris, Seuil (2000).
  • Westphal, Bertrand,"Pour une approche géocritique des textes", disponible en ligne sur vox Poetica : http://www.vox-poetica.org/sflgc/biblio/gcr.html

 

 

Contrôle des connaissances

Évaluation :

 1ère session :

Régime général : écrit terminal (1h30) : questions d’analyse et de réflexion sur le programme

 Dispensés : écrit terminal (1h30) questions d’analyse et de réflexion sur le programme

2e session : régime général et dispensés : écrit terminal (1h30) questions d’analyse et de réflexion sur le programme

 

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