Histoire des idées et des formes 1 - Université Bordeaux Montaigne

Histoire des idées et des formes 1

Crédits ECTS : 2

Volume horaire CM : 24

Code ELP : LDL4Y2

Lieu(x) d'enseignement : Bordeaux et agglomération

Composante : UFR Humanités

Langue d'enseignement : Français

Période de l'année : Semestre 4

Plage horaire : Journée

Description

Intervenants : Florence BOULERIE, Isabelle POULIN

Présentation de l’UE :

Cet enseignement vise à développer une approche critique de la notion de création littéraire, en s’interrogeant sur les circulations des textes d’un auteur à l’autre (première partie du cours) et d’une langue à l’autre (deuxième partie du cours).

Programme 2016-2017

Première partie

Copier, citer, phagocyter : plagiat et créativité littéraire- Florence Boulerie (12h CM)

 

La littérature n’apparaît pas par génération spontanée et les écrivains sont généralement de grands lecteurs, parfois des admirateurs inconditionnels des œuvres de leurs prédécesseurs. Mais comment distinguer l’influence –exercée par un artiste sur un autre- de l’emprunt –opéré par un artiste à un autre ? Peut-on différencier la référence de la citation, et celle-ci du plagiat ?

En interrogeant la notion de propriété intellectuelle, le cours explorera les questions de l’intertextualité et de la réécriture, en se demandant à quel moment ces pratiques, qui témoignent d’une reconnaissance de l’œuvre antérieure et peuvent même signaler un hommage, deviennent des moyens d’effacement, voire de négation du prédécesseur que la nouvelle œuvre dépouille.

Au fil de cette remontée aux sources – vers les livres avant les livres-, nous verrons comment la créativité littéraire entre en jeu.

 

Bibliographie indicative :

bouillaguet (Annick), L’écriture imitative : pastiche, parodie, collage, Paris, Nathan (coll. « Fac »), 1996.

compagnon (Antoine), La seconde main ou le travail de la citation, Paris, Seuil, 1979.

darrieussecq (Marie), Rapport de police. Accusations de plagiat et autres modes de surveillance de la fiction, Paris, P.O.L., 2010.

genette (Gérard), Palimpsestes : la littérature au second degré, Paris, Seuil, 1982.

gignoux (Anne-Claire), Initiation à l’intertextualité, Paris, Ellipses, 2005.

gladieu (Marie), L’arrière-texte : pour repenser le littéraire, Bruxelles, Peter Lang, 2013.

lombard (Paul), Enquête d’auteurs, la liberté d’écrire d’Homère à nos jours, Paris, Grasset.

martineau (Ysabelle), Le faux littéraire, plagiat littéraire, intertextualité et dialogisme, Québec, Nota bene, 2002.

maurel-indart (Hélène),  Petite enquête sur le plagiaire sans scrupule, éditions Léo Scheer.

maurel-indart (Hélène), Du plagiat, Paris, Gallimard, « Folio Essais », 2011.

maurel-indart (Hélène), Le Plagiat, [site internet très documenté et régulièrement mis à jour], disponible sur :  http://leplagiat.net/

piegay-gros (Nathalie), Introduction à l’intertextualité, Paris, Dunod, 1997.

rabau (Sophie), L’intertextualité, Paris, GF, 2002.

samoyault (Tiphaine), L’intertextualité. Mémoire de la littérature, Paris, Armand Colin, 2008.

 

 

 

Seconde partie

La littérature  en plus d’une langue : lire, écrire, traduire- Isabelle Poulin (12h CM)

 

 

« La langue de l’Europe, c’est la traduction » 

Umberto Eco

 

Il s’agira d’introduire aux outils qui permettent de penser la littérature à l’échelle du monde, parmi lesquels figurent ce que l’on appelle aujourd’hui les études de traduction.

On entend par là un ensemble d’approches critiques qui relèvent de l’histoire des idées (étude du rôle et du statut du traducteur), de la théorie du langage (qu’est-ce que traduire ?), du politique (pourquoi existe-t-il une hiérarchie des langues ? fonction du métissage ?), de l’éthique (qu’est-ce qu’être fidèle ?), de l’esthétique (la traduction relève-t-elle d’un art du langage ?) et de la réception (comment lire un texte traduit ?).

Ce nouveau champ d’études, qui a pris son essor dans les années 1990, est directement lié au contexte dit de « mondialisation » et à la réalité plurilingue de la création littéraire – comme le soulignait déjà le comparatiste EricAuerbach au lendemain de la seconde Guerre mondiale : « Ce qui est sûr, c’est que notre patrie philologique est la terre, ce ne plus être la nation ».

La conscience d’un espace de création « en plus d’une langue » soufflait à Goethe, au début du xixe siècle, l’idée d’une weltliteratur (« littérature mondiale »), c’est-à-dire non pas la fin des littératures nationales, ni même la réunion des littératures existantes, mais la conscience d’un état moderne de la littérature : l’entrée des littératures nationales dans un espace-temps où elles agiraient les unes sur les autres et chercheraient à éclairer mutuellement leurs images. Les études de traduction s’efforcent de penser ces interactions et représentent, du point de vue de l’histoire de la connaissance, ce qu’on peut appeler un nouveau « paradigme » ; elles cherchent à produire la carte et la boussole de ce nouveau territoire à explorer : la littérature « en plus d’une langue ».

 Comme l’écrit François Ost, juriste et écrivain :

« Dans un monde post-babélien, ce ne sont ni les langues ni les savoirs ni les valeurs qui font défaut, mais bien les principes de composition qui puissent les harmoniser et les hiérarchiser. Autrement dit : une capacité généralisée de traduction, si du moins nous nous accordons à rejeter tant l’irréductible dispersion dans une série d’idiomes et cultures mutuellement incommensurables, que l’alignement sur une langue dominante unique qui aurait tôt fait d’étouffer toutes les autres » (Traduire. Défense et illustration du multilinguisme, 2009)

 

Bibliographie indicative :

Une anthologie critique sera distribuée en début de cours

Berman, Antoine, Pour une critique des traductions : John Donne, Paris, NRF / Gallimard, collection « Bibliothèque des Idées », 1995

Meschonnic, Henri, Dans le bois de la langue, Paris, Laurence Teper éditions, 2008

Ost, François, Traduire. Défense et illustration du multilinguisme, Paris, Fayard, collection « Ouvertures », 2009

Poulin, Isabelle (dir.), Critique et plurilinguisme, Lucie éditions, SFLGC / collection «Poétiques comparatistes », 2013

Contrôle des connaissances

 1ère session :

Régime général :écrit terminal (1h30) : questions d’analyse et de réflexion sur le programme

 Dispensés : écrit terminal (1h30)questions d’analyse et de réflexion sur le programme

2e session : régime général et dispensés : écrit terminal (1h30)questions d’analyse et de réflexion sur le programme

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