Littérature française 2 - Université Bordeaux Montaigne

Littérature française 2

Volume horaire CM : 12

Volume horaire TD : 36

Code ELP : LDL2Y1

Composante : UFR Humanités

Langue d'enseignement : Français

Période de l'année : Semestre 2

Formes d'enseignement : Accessible à distance

Mobilité d'études : oui

Description

Littérature française 2

Intervenants : Philippe Baudorre, Dominique Chancé, Joëlle De Sermet, Valery Hugotte, Claire Meyrat-Vol, Estelle Mouton-Rovira, Arnaud Welfringer. 

Présentation de l’UE : 

Après avoir centré l’analyse des œuvres, au premier semestre, sur les rapports entre littérature et politique, entre l’écrivain et le pouvoir, qui ouvrait largement sur le monde, on se demandera comment écrire sur soi et par quels procédés l’écrivain explore son intimité, sa singularité, dans un « pacte autobiographique » de sincérité, ou avec la liberté de celui qui s’invente, voire par le truchement de personnages et de fictions. On distinguera ainsi l’autobiographie de romans autobiographiques, l’expression de la subjectivité dans un poème lyrique et dans l’invention théâtrale.

L’organisation des cours est la suivante :

CM (12h) : Le cours magistral aura lieu le mardi après-midi, de 15h30 à 17h30.

 TD : 1 séance de 2h chaque semaine, plus une séance de 2h tous les 15 jours ce qui fait 3 heures en tout, par semaine. Les TD, dont le programme est indiqué ci-dessous, sont consacrés à l’étude des textes et à la méthodologie des exercices écrits de l’explication de texte (questions sur les textes qui permettront de s’initier au commentaire composé) et de la dissertation (recherche et organisation des idées, mise en forme de l’argumentation, plan, rédaction). Les TD offrent également l’occasion de pratiquer l’oral (exposés, commentaires de textes).

CM et TD ne sont pas redondants et l’assiduité au cours magistral est indispensable pour saisir le cadre de la réflexion, le TD n’étant que l’illustration, à partir de programmes divers, de la problématique d’ensemble et un travail sur les méthodes et exercices de littérature.

 Programmes par groupe. Il est rappelé que les étudiants seront affectés dans un groupe au moment des inscriptions pédagogiques et ne pourront pas choisir leur groupe. Les programmes sont donc donnés à titre indicatif. Les étudiants peuvent commencer à lire les œuvres qui sont fréquemment citées en programme ou en bibliographie complémentaire et qui seront évoquées en cours magistral.

 

Groupe 1 Mme Claire Meyrat-Vol

Programme :

Ronsard, Discours, Derniers vers, Garnier Flammarion, n°316.

Marguerite Duras, La Douleur, Folio classique plus, n°212.

 

Bibliographie :

Aliette Armel, Marguerite Duras et l’autobiographie, Le Castor astral.

Philippe Lejeune, Le Pacte autobiographique, Seuil, Poétique.

Informations complémentaires :

La participation au spectacle sur La Douleur, donné par Maud Andrieu, metteur en scène et comédienne au Théâtre Marguerite Duras (TMD) de Bordeaux, est indispensable.

 

Groupe 2 Mme Joëlle de Sermet

Programme :

Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions (Livres I à VI), Paris, Garnier-Flammarion.

Henri Michaux, Plume, précédé de Lointain Intérieur, Paris, Gallimard, coll. « Poésie ».

 Bibliographie

Sébastien Hubier, Littératures intimes : les expressions du moi, de l’autobiographie à l’autofiction, Paris, Armand Colin, 2003.

Jacques Lecarme, L’Autobiographie, Paris, Armand Colin, 1999.

Philippe Lejeune, Le Pacte autobiographique, Paris, Seuil, 1975.

 Jacques Berchtold (dir), Les Confessions. Se dire, tout dire, Paris, Classiques Garnier, 2015.

Jacques Berchtold (dir), Lectures de Jean-Jacques Rousseau,  PU de Rennes, 2012. 

Raymond Bellour, Lire Michaux, Paris, Gallimard, coll. « Tel », 2011.

Jean-Pierre Martin, Henri Michaux : écritures de soi, expatriations, Paris, Corti, 1994.

  

Groupe 3 Mme Dominique Chancé

Programme :

Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions (Livres I à VI).

Annie Ernaux, La Place, 1974, folio.

Bibliographie

Annie Ernaux, L’écriture comme un couteau, entretiens, 2011.

Serge Doubrovsky, Fils, 1977, Folio.

Annie Ernaux, Les armoires vides, La Honte, Les Années, L’écriture comme un couteau.

Philippe Lejeune, Le Pacte autobiographique, Paris, Seuil, 1975.

Jean-Jacques Rousseau, Confessions, livres VI à XII.

 

Groupe 4 M. Philippe Baudorre

Programme

Rousseau, Les Confessions, Livres I à VI.

Annie Ernaux, Les Armoires vides, La Place

 

Groupe 5 M. Valéry Hugotte 

Programme :

Racine, Phèdre (Pocket - Classique)

Perec, W ou le souvenir d'enfance (Gallimard, « L'imaginaire »)

 

Groupe 6 Lettres classiques-LM  M. Arnaud Welfringer

Programme

Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions, Livres I à VI, éd. Alain Grosrichard, Flammarion, « GF », n°1019, 2002.

Pierre Michon, Vies minuscules [1984], Gallimard, « Folio », n° 2895, 1996.

           Le TD abordera la question des « écritures de l’intime » à partir de deux œuvres qui adoptent deux manières opposées de rendre compte d’un destin individuel comparable : la formation d’un écrivain et de son imaginaire, dans laquelle la lecture et le rapport aux livres constituent des expériences déterminantes. Les Confessions, œuvre d’un écrivain alors immensément célèbre, entendent rétablir la vérité de Rousseau, dont l’image a été selon lui déformée par ses ennemis ; pour cela, Rousseau entend tout dire de sa vie. Première autobiographie moderne, les Confessions constituent le modèle de ce que Philippe Lejeune a nommé le « pacte autobiographique ». Vies minuscules, à rebours, est la première œuvre d’un écrivain inconnu à sa publication, qui donne huit biographies de gens de peu à l’existence ratée, biographies largement hypothétiques ; ce n’est que par le détour de ces vies que s’esquisse en creux le récit de la vie de narrateur, désireux de devenir écrivain, sans pourtant que l’identité de ce narrateur, et partant le statut exact du texte, ne soient clairement tranchés : le narrateur est-il l’auteur ? Vies minuscules est-il un roman ou une autobiographie oblique ? 

Bibliographie

▪ Sur Rousseau :

Jacques Berchtold (dir.), Les Confessions. Se dire, tout dire, Classiques Garnier, 2015.

Philippe Lejeune, Le Pacte autobiographique, Seuil, Poétique, 1975.

Jean Starobinski, La Transparence et l’obstacle, Gallimard, 1971 ; rééd. « Tel », 1976.

Jean Starobinski, « Le progrès de l’interprète », La relation critique, Gallimard, 1970, p. 109-203. 

▪ Sur Michon :

« Pierre Michon et la fiction autobiographique », Siècle 21, nº 12, printemps-été 2008

Agnès Castiglione, Pierre Michon, Textuel, 2009.

Pierre Michon, Le Roi vient quand il veut. Propos sur la littérature, Le Livre de Poche, 2010.

Jean-Pierre Richard, Chemins de Michon, Verdier, « Poche », 2008.

Dominique Viart, Vies minuscules de Pierre Michon, Gallimard, « Foliothèque », 2004.

 

Groupe 7 : Babel : Mme Estelle Mouton-Rovira

Programme 

Jean-Jacques Rousseau, Les Rêveries du promeneur solitaire [1782], Paris, Flammarion, coll. « GF - Philosophie », 2012.

Georges Perec, W ou Le souvenir d’enfance [1975], Paris, Gallimard, coll. « L’Imaginaire », 1993. 

Le TD abordera la question des « Écritures de l’intime » à travers deux œuvres, du XVIIIe et du XXe siècle. Au fil des dix promenades des Rêveries du promeneur solitaire, Jean-Jacques Rousseau, livre au lecteur souvenirs, anecdotes et pensées. La forme de la rêverie instaure alors une présence de soi à soi pour l’auteur qui, tenant le monde à distance, trouve une forme d’apaisement voire d’exaltation. Dans W ou Le souvenir d’enfance de Georges Perec, en revanche, c’est l’histoire qui fait irruption dans le récit de soi. Le texte adopte également une structure fragmentaire, mais brouille les codes établis de l’autobiographie, en faisant alterner un récit d’aventures (complété par l’évocation dystopique d’une île, métaphore des camps de concentration nazis) et un récit autobiographique, hanté par la disparition des parents, victimes de la Seconde Guerre mondiale. La lecture d’extraits, tout au long du semestre, complètera ces deux études. 

Bibliographie

Philippe Lejeune, Le Pacte autobiographique, Paris, Éditions du Seuil,1975. 

Sur Perec :

Claude Burgelin, Georges Perec, Paris, Éditions du Seuil, coll. « Les contemporain », 1990.

Sur Rousseau :

Michel Beaujour, Miroirs d'encre : rhétorique de l'autoportrait, Paris, Éditions du Seuil, 1980. En particulier le chapitre : « Méditation et Rêverie : Rousseau », p. 65-69.

Jean Starobinski, La Transparence et l’obstacle, Paris, Gallimard, coll. « Tel », 1976.

 

Contrôle des connaissances

1ère session :

Régime général : contrôle continu. Plusieurs notes dont une dissertation en quatre heures, en devoir surveillé, et des devoirs faits à la maison : essais, explications de texte, exposés thématiques pouvant donner lieu à un exposé oral.

Dispensés : Dissertation (4 heures).

 

2e session : régime général et dispensés : Dissertation sur table en quatre heures.

Informations complémentaires

Indications bibliographiques complémentaires :  

Au plus près du secret des cœurs? Nouvelles lectures historiques des écrits du for privé en Europe du XVIe au XVIIIe siècle, dir. J-P. Bardet, F-J. Ruggiu, Paris, PUPS, 2005.

Baroni, Raphaël, L’œuvre du temps. Poétique de la discordance narrative, Paris, éditions du Seuil, 2009, notamment p. 45-94 « histoires vécues, fictions, récits factuels ».

Briot, Frédéric, Usage du monde. Usage de soi. Enquête sur les mémorialistes d’Ancien Régime, Paris, Éditions du Seuil, 1994.

Charbonneau (Frédéric), Les Silences de l’Histoire, Presses de l’Université Laval, 2001.

Démoris, René, Le Roman à la première personne du classicisme aux Lumières [Colin, 1975], Genève, Droz, 2002.

Fumaroli, Marc, « Les Mémoires au carrefour des genres en prose », La Diplomatie de l’esprit, Paris, Hermann, 1994, p. 183-215.

Genette, Gérard, Figures III, Paris, éditions du Seuil, « Poétique », 1973.

 Fiction et diction, Paris, éditions du Seuil, « Poétique », 1991.

Le Genre des Mémoires. Essai de définition, éd. M. Bertaud et F-X. Cuche, Paris, Klincksieck, 1995.

Gusdorf, Georges, Lignes de vie, 2 vol,t. 1 « Lesécritures du moi », t. 2 « Auto-bio-graphie », Paris, O. Jacob, 1991.

Hamburger, Käte, Logique des genres littéraires [Die Logik der Dichtung, 1977], trad. P. Cadiot, Paris, éditions du Seuil, « Poétique »,1986.

Hipp, Marie-Thérèse, Mythes et réalités : enquête sur le roman et les Mémoires (1660-1700), Paris, Klincksieck, 1976.

La Fabrique de l’intime, mémoires et journaux de femmes du XVIIIe siècle, éd. Catriona Seth, Paris, Laffont, « Bouquins », 2013.

Lesne (Emmanuèle), La Poétique des mémoires (1650-1685), Paris, H. Champion, 1996.

May, Georges, L’autobiographie, Paris, PUF, 1979, notamment II, ch. V : Autobiographie et roman, p. 169-196.

Mélançon Benoît, dir, L’Invention de l’intimité au siècle des Lumières, Littérales n°17, Nanterre, 1995.

Perrin Jean-François, Le Chant de l’origine : la mémoire et le temps dans Les Confessions de Jean-Jacques Rousseau, Oxford, SVEC, 1996.

Le Propre de l’écriture de soi, dir. F. Simonet-Tenant, Paris, Tétraèdre, 2007.

Ricœur Paul, Temps et récit, 3 vol, Paris, éditions du Seuil, 1983-1985.

Vidal Fernando, Les Sciences de l’âme, XVI-XVIIIe siècle, Paris, H. Champion, 2006.

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