Littérature comparée 5 - Université Bordeaux Montaigne

Littérature comparée 5

Volume horaire TD : 36

Code ELP : LDR5Y4

Composante : UFR Humanités

Période de l'année : Semestre 5

Description

Évaluation :


1ère session :
Régime général : Contrôle continu
Dispensés : Contrôle terminal – Ecrit 4h
2e session : régime général et dispensés : Contrôle terminal – Ecrit 4h
Nature de l’épreuve : Commentaire, dissertation ou essai au choix de l’enseignant


Informations complémentaires
FAD : Seul le programme de Mme Partensky est proposé à la FAD. Il ne fait pas l’objet d’un enseignement en présentiel.


Description


Responsable de l’UE : Vérane Partensky


Intervenants : Fabienne Rihard-Diamond, Apostolos Lampropoulos, Vérane Partensky


Présentation de l’UE :
« Devenirs du texte »
Il s’agira ce semestre d’initier à la question de la réception de l’oeuvre littéraire, des
conditions et des enjeux de son transfert dans une autre langue, une autre culture, une autre
époque, des modalités de son interprétation. Le cours, centré sur des oeuvres littéraires,
envisagera les problèmes de la traduction, de l’adaptation, de la critique ainsi que des
questions théoriques permettant de lier lecture littéraire et réflexion générale sur les
phénomènes de transposition esthétique, poétique, générique, etc.


Récapitulatif des groupes


Groupe 1 Apostolos Lampropoulos – Antigone déportée
Groupe 2 Fabienne Diamond - Abîmes de la mémoire : devenirs du roman
faulknérien dans l’oeuvre de Claude Simon

Groupe FAD Vérane Partensky – La parole perdue

Programmes
Important : les étudiants doivent se procurer les textes au programme dans les éditions
indiquées à l’exclusion d’aucune autre. Pour l’examen, ils doivent impérativement se munir
des oeuvres et, le cas échéant, des fascicules de textes fournis par l’enseignant. On rappelle
que, pour les commentaires, les textes ne sont pas généralement pas reproduits ; les étudiants
qui n’auraient pas apporté les oeuvres seront dans l’impossibilité de composer. L’utilisation
d’une oeuvre dans une autre édition que l’édition autorisée est assimilée à une fraude.


Groupe 1 - Antigone déportée (Apostolos Lampropoulos)
Antigone est souvent lue comme un des textes les plus politiques de la littérature classique.
Ayant fait l’objet de très nombreuses interprétations depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours,
cette tragédie de Sophocle continue de nourrir une réflexion aussi bien littéraire et artistique
que philosophique, réunissant des questions telles que le genre, la parenté, la polis, la patrie et
le pouvoir. La figure d’Antigone, pour sa part, est vite devenue emblématique de la
désobéissance et de la révolte, ce qui explique en grande partie la place qu’elle occupe aussi
bien dans la pensée féministe et biopolitique. En outre, Antigone a été systématiquement
traduite et à plusieurs reprises réécrite dans les contextes les plus différents, y compris
l’Europe et l’Amérique du Nord, la Martinique et des pays africains comme le Nigéria,
l’Afrique du Sud et le Ghana. De manière plus générale, Antigone s’est avérée l’une des
références majeures pour la compréhension de l’ostracisme, de la déportation et de l’exil,
ainsi que de la précarité au sein ou en dehors d’une communauté. Cette dernière dimension
d’Antigone fera également l’objet de ce cours. Parmi les questions qui feront partie de la
problématique proposée, figurent celles-ci : comment peut-on comprendre les liens du sang
comme liens politiques ? Que veut-dire déshériter et comment devient-on étranger chez soi ?
Sous quelles conditions le pouvoir prend-il, littéralement, corps ? Seront étudiés les textes et
les films ci-dessous.


Corpus (Lectures obligatoires)
Sophocle, Antigone. In Tragédies complètes, préface de Pierre Vidal-Naquet, Paris, Gallimard
(coll. « Folio classique »), 1973.
Jean Anouilh, Antigone, Paris, La Table ronde (coll. « La petite vermillon »), 2008.
Judith Butler, Antigone. La parenté entre vie et mort, traduit par Guy Le Gaufrey, Paris,
EPEL (coll. « Les grands classiques de l'érotologie moderne »), 2003.
László Nemes, Le fils de Saul (film ; Hongrie, 2015)
Zoé Mavroudis, Ruines (film documentaire ; Grèce, 2013)
Les étudiants ne sont obligés d’acheter que les deux premiers documents (Sophocle et
Anouilh). Des extraits photocopiés du livre de Judith Butler seront distribués aux étudiants.
Attention : seul ce fascicule d’extraits sera autorisé à l’examen. Pour information, ce livre
existe (pour une somme modique) en version kindle (lisible sur tablette ou sur ordinateur).


Lectures complémentaires
Jean Cocteau, Antigone, suivi de Les Mariés de la Tour Eiffel, Paris, Folio (coll. « Folio »),
1977.
Bertolt Brecht, Antigone, Paris, L’Arche (coll. « Scène ouverte »), 2000.
Patrick Chamoiseau, Une manière d’Antigone, 1975 (pièce inédite).
George Steiner, Antigones, traduit par Philippe Blanchard, Paris, Folio (coll. « Folio essais »),
1992.
Luce Irigaray, Speculum. De l’autre femme, Paris, Minuit, 1974.
Nicole Loraux, « La main d’Antigone » (1985-2006), « Postface » in Sophocle, Antigone,
traduit par Nicole Loraux, edition bilingue, Paris, Les Belles lettres (coll. Classiques en
poche), 2006.
Julia Kristeva, « Antigone. La limite et l’horizon », L’Infini 115 (2011).


Groupe 2 – Abîmes de la mémoire : devenirs du roman faulknérien dans
l’oeuvre de Claude Simon (Fabienne Diamond)
Dans son essai Jusqu’à Faulkner (2002), Pierre Bergounioux écrit : “Voilà quarante ans que
Faulkner a passé, et le monde s’en est trouvé changé”, traduisant à sa manière et en son temps
propres la radicale nouveauté d’une écriture que d’autres bien avant lui (en particulier André
Malraux et Jean-Paul Sartre) avaient d’emblée saluée. Cette puissance de renouvellement de
l’art romanesque, et de la vision du monde et de la vie dont il est porteur, explique l’influence
considérable de Faulkner, ou du moins le poids ressenti parfois comme écrasant de son
héritage, sur des écrivains du monde entier, tels que Cormac McCarthy ou Toni Morrison aux
Etats-Unis, Gabriel Garcia Marquez, Juan Carlos Onetti et Juan Rulfo en Amérique latine, ou
encore Kenzaburô Ôé et Kenji Nakagami au Japon. Nous nous concentrerons ici sur le cas
français de Claude Simon, chez qui le bouleversement de la temporalité romanesque, une
composition musicale fondée sur le jaillissement et la répétition des motifs, un art du montage
et du contrepoint, le jeu constant entre mémoire et oubli, l’intrication de l’histoire individuelle
et de l’Histoire collective, une syntaxe (à l’échelle des romans comme à celle des phrases)
infiniment sinueuse et parfois déroutante qui s’efforce d’épouser toute la complexité
chaotique de la vie humaine, et de traduire poétiquement la puissance de sidération du réel,
doivent beaucoup au romancier américain.

Corpus (lectures obligatoires)

William Faulkner, The Sound and the Fury (1929), Le Bruit et la fureur, traduction de
Maurice-Edgar Coindreau, Gallimard, Folio, 1972.
William Faulkner, Absalom, Absalom !, Absalon Absalon !, traduction de R.-N. Raimbault et
Ch.-P. Vorce, Gallimard, L’Imaginaire, 2000.
Claude Simon, La Route des Flandres (1960), Éditions de Minuit, Collection “double”, 1982.
Claude Simon, L’Acacia (1989), Éditions de Minuit, Collection “double”, 2003.


Groupe Moodle (pas d’enseignement en présentiel) : La Parole perdue
(Vérane Partensky)
Ce cours est proposé à l’enseignement à distance
Dès la fin du XVIIIe siècle, le romantisme allemand, puis, dans son sillage, le romantisme
français, ont substitué à l’imitation des grands modèles canoniques de l’antiquité classique la
quête d’une autre inspiration, venue de l’âme populaire et des origines archaïques de
l’humanité : ce chant des origines, fantasmé rétrospectivement et tout entier à réinventer,
constitue le point de départ d’une quête poétique, d’une réflexion sur la langue et d’une
théorie de la littérature. Nous envisagerons la manière dont les oeuvres du programme
élaborent et mettent en scène la quête de cette parole perdue, aussi bien dans un jeu complexe
avec l’intertexte que dans une rêverie sur l’effacement du texte-source qu’elles cherchent à
retrouver. Nous verrons également comment la poursuite d’une oeuvre en perpétuel devenir se
confond avec une quête identitaire, réunissant dans une même interrogation construction
ontologique et enquête esthétique.


Corpus (lectures obligatoires)
Attention : il est impératif de se procurer les éditions ci-dessous à l’exclusion d’aucune
autre.
Joseph von Eichendorff, Scènes de la vie d’un propre à rien, Phébus Libretto, 2011
Novalis, Henri d’Ofterdingen, Paris, Flammarion, coll. GF, 1992
Stéphane Mallarmé, Divagations in Igitur, Divagations, Un coup de dés, édition de
Bertrand Marchal, Paris, Poésie/Gallimard, 2003 ; on étudiera en particulier « Richard
Wagner, rêverie d’un poète français », « Crise de Vers » et « Quant au livre ».


Lectures complémentaires conseillées :
Novalis, Les disciples à Saïs. Hymnes à la nuit. Chants religieux, Paris, Poésie/Gallimard, 1980
Heinrich Heine, De l’Allemagne, Paris, Gallimard, collection Tel, 1998
Madame de Staël, De l’Allemagne, Paris, Flammarion, coll. GF, 1993 (2 volumes)
Gérard de Nerval, Poèmes d’Outre-Rhin Grasset, coll. Les Cahiers rouges, 1996
Philippe Lacoue-Larthe et Jean-Luc Nandy, L’Absolu littéraire. Théorie de la littérature
du romantisme allemand, Paris, Seuil, 1978

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