Traduction et intermédialité 4 - Université Bordeaux Montaigne

Traduction et intermédialité 4

Crédits ECTS : 3

Volume horaire TD : 18

Code ELP : LJO4U3

Composante : UFR Langues et Civilisations

Période de l'année : Semestre 4

Description

Traductions des Mille et une nuits

 

Les traductions françaises des Mille et une nuits (Galland, Mardrus, Bencheikh-Miquel)

Transmis de la Perse jusqu’en Europe, les contes des Mille et une nuits bénéficient d’un engouement à l’échelle internationale à partir de leur traduction, de l’arabe au français, au XVIIIe siècle, par Antoine Galland (entre 1704 et 1717). Au cours des deux siècles suivants, les traductions se multiplient dans les principales langues européennes, assurant une large diffusion des Nuits. « Les premières traductions des Mille et une nuits étant bien antérieures à l’achèvement, au plus tôt à la fin du XVIIIe siècle, du processus de développement de l’œuvre, leur histoire ne saurait être comprise qu’en liaison avec celle du texte arabe » (Claude Bremond). L’origine des Alf layla wa-layla donne lieu à des controverses en raison de l’absence de manuscrit connu antérieur au XIVe siècle et de la rareté des sources anciennes relatives au texte. Des auteurs arabes du Xe siècle indiquent cependant que circulait en leur temps à Bagdad un recueil de contes traduit du persan, connu sous son titre original Mille récits, mais aussi sous celui de Mille nuits (ou Mille et une nuits). L’histoire des Alf layla wa-layla se résume alors à celle d’un travail d’assemblage de récits empruntés à des sources diverses, le but des copistes étant de parvenir à un découpage en mille et une « nuitées ». Deux principales éditions marquent la fin de ce processus de montage : l’édition égyptienne de Bûlâq (1835) et la seconde édition de Calcutta (1839-1842). Le caractère protéiforme de l’œuvre arabe et le fait que les traductions correspondent généralement à des compilations amènent à poser la question de la comparaison des textes-cible avec les textes-source et celle de la fascination de l’Occident pour une œuvre considérée comme emblématique de toute une littérature. Les traductions Galland et Mardrus n’ont cessé de fasciner : « Leur influence directe sur les arts et les lettres est pourtant demeurée relativement modeste, et il existe moins un mythe des “mille et une nuits” qu’un mythe de l’Orient, généré par les traductions des Nuits comme par d’autres œuvres et d’autres rencontres. Mais c’est bien au niveau de la fabulation qu’il faut situer l’enchantement des traductions » (Sylvette Larzul, Les traductions françaises des Mille et une nuits, L’Harmattan, 1996). Les traductions les plus récentes témoignent d’une double injonction, celle de rendre scrupuleusement le texte arabe (rompant ainsi avec la pratique de l’adaptation), et celle d’en proposer une écriture élégante. Jamel Eddine Bencheikh affirme à propos de la traduction qu’il entreprend en collaboration avec André Miquel : « La fidélité sans concession ne nous a jamais détournés de rechercher avec patience la beauté du texte. » En s’appuyant sur des extraits choisis (également en langue arabe), il s’agit de comparer les trois traductions (Galland, Mardrus et Bencheikh-Miquel), tout en s’interrogeant sur le contexte littéraire et socioculturel dans lequel elles avaient été produites et sur les enjeux (poétique, politique et éthique) du « traduire ». 

Une anthologie de textes (en arabe et en français) et une bibliographie seront distribuées en janvier 2018.

 

Lire / consulter :

Les Mille et une nuits [1704-1717], trad. Antoine Galland, éd. Aboubakr Chraïbi et Jean-Paul Sermain, Garnier-Flammarion, (édition 2004).

Les Mille et une nuits [1899], trad. Joseph Charles Mardrus, Robert Laffont, « Bouquins », (édition 2013).

Mille et une nuits, éd. et trad. Jamel-Eddine Bencheikh et André Miquel, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1991.

https://routes_traductions.huma-num.fr/

Contrôle des connaissances

Session 1 : contrôle continu (RG) ou oral 20 min (CT)

Session 2 : oral 20 mn

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