Littérature comparée 4 - Université Bordeaux Montaigne

Littérature comparée 4

Volume horaire TD : 24

Code ELP : LDL4Y4

Composante : UFR Humanités

Période de l'année : Semestre 4

Description


Responsable de l’UE : Vérane Partensky


Intervenants : Fabienne Diamond, Marie de Gandt


Présentation de l’UE :


Cette UE est consacrée à l’étude de la poésie dans une perspective comparatiste.


Récapitulatif des groupes
Groupe 1 Fabienne Diamond - « Ordonner un chaos, voilà la création »
Groupe 2 Fabienne Diamond - « Ordonner un chaos, voilà la création »
Groupe 3 Marie de Gandt - La Poésie noire
FAD Marie de Gandt - Marie de Gandt - La Poésie noire
Programmes
Important : les étudiants doivent se procurer les textes au programme dans les éditions indiquées à l’exclusion d’aucune autre. Pour l’examen, ils doivent impérativement se munir des oeuvres et, le cas échéant, des fascicules de textes fournis par l’enseignant. On rappelle que, pour les commentaires, les textes ne sont pas généralement pas reproduits ; les étudiants qui n’auraient pas apporté les oeuvres seront dans l’impossibilité de composer. L’utilisation d’une oeuvre dans une autre édition que l’édition autorisée est assimilée à une fraude.

Groupes 1 et 2 - « Ordonner un chaos, voilà la création » (G. Apollinaire) : la poésie du XXème siècle en France et aux Etats-Unis (Fabienne Diamond)


Depuis les romantiques allemands, la « poésie » s’entend comme un acte de réinvention radicale du monde et de la vie par le langage, aux confins « de l’anéantissement et du désordre » (Novalis), pour arriver à « l’inconnu ! » (Rimbaud). Loin de tout « beau discours », rythmé et imagé mais conforme aux normes grammaticales et aux catégories communes de la pensée, elle propose une expérience de lecture essentiellement déroutante, qui délaisse toute conformité avec des schémas d’écriture et de pensée hérités pour à chaque fois créer une forme, « trouver une langue » (Rimbaud) nouvelles. Elle se voue ainsi à une perpétuelle transgression des limites, qui affecte :
— son rapport à la langue et aux langues, redécouvertes dans leur matérialité sensible et leur étrangeté essentielles ; d’où une défamiliarisation de l’acte de lecture qui, rompant avec toute évidence discursive ou référentielle, revêt à son tour une dimension proprement créatrice, en même temps qu’une parenté profonde avec l’acte de traduction.
— son rapport à toute une série « d’autres » de la poésie, qu’elle intègre à son champ désormais infini : prose littéraire ; arts visuels (le lien de la poésie à la musique étant en revanche très ancien et même originel, même s’il fait l’objet, avec les symbolistes, d’une redécouverte et d’un approfondissement inédit) ; mais aussi « prose » de la parole quotidienne, des journaux, des documents historiques ou juridiques, intégrée à une poésie qui rompt définitivement avec les Règles, le Beau et l’Idéal pour embrasser la multiplicité chaotique du monde.
— son traitement inhabituel des catégories communes de la pensée, sa désorientation
de l’espace et du temps, sa fusion de l’intérieur et de l’extérieur, du moi et du monde, du subjectif et de l’objectif.
Nous proposons de faire éprouver et partager aux étudiants cette transgression et cette réinvention poétiques perpétuelles, à travers la lecture de la poésie moderniste française et américaine du XXème siècle, dans son rapport essentiellement ambivalent à une modernité industrielle et technologique éprouvée comme un chaos à la fois libérateur et aliénant, fécond autant que destructeur.
Corpus
Une anthologie sera distribuée au début du semestre ; elle inclura des textes ou extraits de textes :
— des romantiques allemands, de Baudelaire, Rimbaud et Mallarmé (en guise d’ « ouverture » à la fois historique et théorique)
— de Guillaume Apollinaire et Blaise Cendrars, d’Ezra Pound et William Carlos
Williams ; si notre progression du semestre le permet, on y ajoutera peut-être une sélection de textes des objectivistes américains (Zukofsky, Oppen et Reznikoff)


Groupe 3 - La Poésie noire (Marie de Gandt)


On s’interrogera sur la notion de « poésie noire », à la fois comme concept, comme objet de revendication et de débat, ainsi que comme pratique. La poésie est-elle une forme de la tradition littéraire blanche, ou un lieu universel, qui permettrait aux militants d’une identité noire de s’exprimer, voire une forme ouverte aux reconfigurations subversives permettant de forger un outil nouveau ? Derrière ces différentes conceptions de la modernité poétique, se pose une question politique : existe-t-il une écriture noire et une écriture blanche distinctes ?
Distinguer un en-deçà du discours militant qui serait une forme première attendant son « fond », le véhicule d’un hypothétique « message » susceptible d’être formulé hors de sa forme poétique, c’est nier l’essence même de la poésie. A travers la poésie noire, c’est donc l’idée de poésie qu’il nous faut interroger.
Cette étude s’inscrira dans un contexte historique, celui de la modernité des années 1920-1950, et dans 3 contextes culturels où la revendication d’une identité noire s’est exprimée par le biais de l’écriture poétique : le négrisme hispanophone cubain, la Harlem Renaissance des auteurs américains, la négritude francophone des écrivains africains et caribéens.
En partant de la création poétique des années 1920-1950, on étudiera la réinterprétation de l’héritage des poètes noirs de la modernité, telle que l’ont élaborée le poète californien Ishmaël Reed, la poétesse cubaine Nancy Morejon, et le théoricien de la créolisation Edouard Glissant.


Corpus (lecture obligatoire)
Les ouvrages des auteurs marqués d’une astérisque sont à se procurer pour la rentrée, les autres seront conseillés selon leur disponibilité éditoriale.
* Aimé Césaire, Cahier d’un retour au pays natal,
* Léon Gontran Damas, Pigments (1937), Présence africaine, 1962.
Black Label, Gallimard, 1956.
* Léopold Sédar Senghor, Chants d’ombre, Seuil ,1945.
Nicolas Guillen, Chansons cubaines et autres poèmes, trad. Claude Couffon, Seghers, 1955
Le chant de Cuba, poèmes 1930-1972, trad. Claude Couffon, Belfond, 1984.
Les poèmes des auteurs américains, peu ou mal traduits, seront distribués en cours, mais il est possible pour les étudiants anglophones de commencer à lire les oeuvres de Claude Mc Kay, Countee Cullen et Langston Hughes.

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