Littérature comparée 1 - Université Bordeaux Montaigne

Littérature comparée 1

Crédits ECTS : 5

Volume horaire TD : 36

Code ELP : LDL1Y2

Lieu(x) d'enseignement : Bordeaux et agglomération

Composante : UFR Humanités

Langue d'enseignement : Français

Période de l'année : Semestre 1

Plage horaire : Journée

Description

Intervenants :

Lettres modernes : Blandine Puel, Céline Barral, Chloé Morille, Marie de Gandt, Damien Mollaret

Babel : Anne-Laure Metzger, Damien Mollaret

Présentation de l’UE :  Ce premier semestre est conçu comme une introduction destinée à rendre les étudiants sensibles aux rapports de la littérature avec la vie du sujet et la réalité du monde.

Récapitulatif des groupes

Groupe 1

B. Puel - Grandeur et décadence : l’Europe et les États-Unis des années folles (1920-1930)

Groupe 2

C. Barral - Romans de l’arpentage du monde. Autour du Château de Franz Kafka

Groupe 3

C. Morille - Dans l’œil du fou (littérature et folie)

Groupe 4

A. Lampropoulos - La bibliothèque, le pouvoir, le monde

Groupe 5

M. de Gandt - Réalité première, réalité nouvelle (programme proposé à la FAD)

Groupe Babel 

Groupe 

Babel 2

A.-L. Metzger - Avatars de la pastorale

 

 

D. Mollaret - Représentation du jeu d'échecs en littérature

 
Programmes

Important : les étudiants doivent se procurer les textes au programme dans les éditions indiquées à l’exclusion d’aucune autre. Pour l’examen, ils doivent impérativement se munir des œuvres et, le cas échéant, des fascicules de textes fournis par l’enseignant. On rappelle que, pour les commentaires, les textes ne sont pas généralement pas reproduits ; les étudiants qui n’auraient pas apporté les œuvres 

seront dans l’impossibilité de composer. L’utilisation d’une œuvre dans une autre édition que l’édition autorisée est assimilée à une fraude.

 

Groupe 1 - Grandeur et décadence : l’Europe et les États-Unis des années folles (1920-1930). (Blandine Puel)

 

Aux lendemains de la Première Guerre mondiale, une euphorie s’empare de l’Europe et des États-Unis ; décennie fébrile de danses aux accords audacieux du jazz et du fox-trot, l’histoire s’en souviendra comme des « années folles » ou « mugissantes » (Roaring twenties) avant que la crise de 1929 venue des États-Unis et l’approche du second conflit ne plonge à nouveau l’Occident dans l’austérité. La jeunesse est l’actrice principale de cet enthousiasme de l’entre deux-guerres, imposant son énergie et sa vigueur, comme nouveau regard à poser sur le monde, comme une philosophie de vie qui prône la jouissance et cherche à tout prix à enterrer le dépouillement du monde des pères, ceux qui ont fait la guerre et y ont laissé, sinon leur vie, leur innocence. Entre la libération des mœurs, le faste et la décadence des fêtes qui rythment les années folles, on étudiera le regard porté par la littérature sur cette période. Différents regardeurs (le romancier cynique, le chroniqueur curieux, le jeune premier audacieux), différentes formes littéraires (le roman satirique, la chronique « feuille de température », la nouvelle), différentes formes de rapport avec ce monde euphorique que l’on pensera à travers des problématiques comme : les galeries de portraits loufoques comme portrait d’une époque, le motif de la fête, l’écriture déstructurée à l’image de la musique jazz, la langue de la jeunesse, le sens des regards divers portés sur cette période de l’histoire.

 

Liste des ouvrages à se procurer dans les éditions mentionnées :

 

Evelyn Waugh, Ces Corps vils, Louis Chantemèle, Paris, Robert Laffont, Pavillons poche, 2017.

Paul Morand, L’Europe Galante, Chronique du XXe siècle, Paris, Grasset, Les Cahiers Rouges, 1925. 

Francis Scott Fitzgerald, Les Enfants du Jazz, Suzanne Mayoux (trad.), Gallimard, Folio, 1967. Des nouvelles issues de ce recueil seront distribuées en cours, vous pouvez néanmoins faire l’acquisition du volume si vous le souhaitez.

 

Des indications de lectures critiques seront données à la rentrée. D’ici là, toute lecture/approche sur la période des années folles est encouragée.

 

 

Groupe 2 - Romans de l’arpentage du monde. Autour du Château de Franz Kafka (Céline Barral)

 

Le Château (Das Schloss) est un roman inachevé, que Kafka écrit en 1922, peu avant sa mort. C’est un roman moderne, au sens du modernisme littéraire du début du vingtième siècle, pour sa construction non linéaire, la dissolution du personnage et la complication des rapports intersubjectifs qu’il explore, son inachèvement même, son ouverture interprétative : parabole ? allégorie ? C’est aussi un roman de l’Occident, comme le suggère le nom du comte Westwest. Enfin, c’est un roman de l’errance, ou plutôt de l’arpentage du monde. L’arpenteur est celui qui mesure la terre, grâce à des relevés de terrain, en s’aidant d’instrument de mesure. Cette figure parle à la littérature : elle emblématise son rapport à l’espace et à l’idée de monde.

Elle permettra d’interroger les notions de monde, d’étrangéité, de frontière, de vie précaire. Des textes complémentaires seront distribués au cours du semestre, de deux sortes : textes romanesques du modernisme européen qui interrogent aussi l’identité du sujet et la mesure du monde (L.-F. Céline, W. Gombrowicz) ; textes de la fin du XXe siècle qui témoignent d’un héritage de la figure de l’arpenteur, par une intertextualité plus ou moins explicite avec Kafka (chez J. M. Coetzee, I. Kertesz, D. Kehlmann).

Plusieurs séances seront consacrées à des lectures de textes théoriques qui vous donneront des outils critiques sur les rapports entre géographie, espace et littérature : Bakhtine (chronotope), Deleuze (déterritorialisation), Ropars (écrire l’espace), Westphal (géocritique), Claudio Magris (la littérature de la Mitteleuropa).

 

Corpus :

Franz Kafka, Le Château, trad. de l’allemand par Bernard Lortholary, GF Flammarion, 1984. Veillez à acheter la bonne édition et à lire le roman avant le début du semestre. Un test de lecture sera fait dans les premiers cours. Seule cette édition sera acceptée lors des devoirs sur table.

 

Une brochure de textes complémentaires sera fournie lors du premier cours, qui contiendra les extraits suivants : 

CÉLINE Louis-Ferdinand, Voyage au bout de la nuit (1932), Paris, Gallimard, 1952, p. 177-191.

GOMBROWICZ Witold, Ferdydurke (1937), trad. du polonais par Georges Sédir, Paris, Gallimard, 1995, p. 287-336 (chap. 13 : « Le valet de ferme, ou nouvel agrafage »).

KERTESZ Imre, Le Refus (1988), trad. du hongrois par Natalia Zaremba-Huzsvai et Charles Zaremba, Arles, Actes Sud, coll. « Babel », 2006, p. 110-130.

COETZEE J. M., Michael K., sa vie, son temps (1983), trad. de l’anglais par Sophie Mayoux, Paris, Seuil, 1985, p. 102-141.

KEHLMANN Daniel, Les Arpenteurs du monde (2005), trad. de l’allemand par Juliette Aubert, Actes Sud, 2006, p. 179-192.

SEBALD W.G., Vertiges (2002), tr. de l’allemand par Patrick Charbonneau, Gallimard, 2003 : « Le Dr K. va prendre les bains à Riva », p. 147-173.

 

Les étudiants sont encouragés à lire au moins l’un des romans complémentaires en entier, en plus du roman de Kafka.

 

La brochure comprendra aussi des textes théoriques : 

BAKHTINE Mikhail, Esthétique et théorie du roman, trad. du russe par Daria Olivier, Gallimard, 1978, p. 237-238 : la notion de chronotope.

DELEUZE Gilles et GUATTARI Félix, Kafka : pour une littérature mineure, Minuit, 1975 (rééd. 2016),chap. 8 « Blocs, séries, intensités », p. 131-139.

KUNDERA Milan, L’Art du roman, Gallimard, 1986, p. 11-32 : « L’héritage décrié de Cervantès ».

WESTPHAL Bertrand, La Géocritique. Réel, fiction, espace, Éd. de Minuit, 2007, p. 65-74 : « Transgressivités ».

ROPARS Marie-Claire, Écrire l’espace, Presses Universitaires de Vincennes, 2002, chap. « Non-lieux, 2. Relativité », p. 34-46.

MAGRIS Claudio, Danube, trad. de l’italien par Jean et Marie-Noëlle Pastureau, Gallimard, 1988 (extrait à définir).

 

Indications bibliographiques :

Sur Kafka :

Blanchot Maurice, De Kafka à Kafka, Paris, Gallimard, 1981.

Morel Jean-Pierre, Le Château de Franz Kafka [commentaire], Paris, Gallimard, 2008.

Robert Marthe, Kafka, Paris, Gallimard, 1961.

—, Seul comme Franz Kafka, Paris, Calmann-Lévy, 1979.

et al., Analyses et réflexions sur... Kafka, Le Château, Paris, Ellipses, 1984.

Zard Philippe, La Fiction de l’Occident : Thomas Mann, Franz Kafka, Albert Cohen, PUF, « Littératures européennes », 1999.

— (dir.), Sillage de Kafka, Paris, éd. Le Manuscrit, 2007.

Sur les romans complémentaires :

Henri Godard, Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline, Gallimard, « Foliothèque », 1991.

Pierre Piotr Bilos, Exil et modernité. Vers une littérature à l’échelle du monde : Gombrowicz, Herling, Milosz, Classiques Garnier, 2012. (les sections qui concernent Gombrowicz)

Imre Kertész, Journal de galère, Arles, Actes Sud, 2010.

Catherine Coquio, Lucie Campos et Clara Royer (dir.), Imre Kertész, numéro de Lignes, 2017.

Clara Royer, Imre Kertész : « l’histoire de mes morts ». Essai biographique, Arles, Actes Sud, 2017.

Jean-Paul Engélibert (dir.), J. M. Coetzee et la littérature européenne. Écrire contre la barbarie,

Presses universitaires de Rennes, 2007.

Sur les questions de traduction :

Courtois Jean-Patrice (dir.), De la retraduction : le cas des romans, Bruxelles, La Lettre volée, 2014.

Kahn Robert et Seth Catriona (dir.), La Retraduction, Mont-saint-Aignan, Publication des Universités de Rouen et du Havre, 2010.

 

Précisions sur le Contrôle continu : test de lecture (10%), exercices écrits et oraux (40%), devoir sur table en 4h (dissertation ou commentaire composé au choix de l’enseignant) (50%).

 

Les étudiants dispensés doivent se préparer en lisant le roman de Kafka, les extraits des autres romans indiqués dans le corpus, ainsi que les extraits théoriques. Ils peuvent demander la brochure par mail à l’enseignante ou travailler seuls à partir des références bibliographiques données ci-dessus.

 

Groupe 3 -  Dans l’œil du fou (Littérature et folie) (Chloé Morille)

 

Ce cours constituera une approche du grand mythe et fantasme qu’est la folie en littérature. Parallèlement à l’éclosion scientifique de l’aliénisme au XIXe siècle, la littérature se passionne pour le sujet. La folie lui permet en effet une subtile interrogation de l’âme humaine et des frontières entre raison et déraison. L’état limite dont les personnages rendent compte – vertiges anxieux, obsessions, etc. – s’avère propice à un climat d’incertitude, à des jeux de miroir, fantastiques ou non, qui provoquent à la lecture des émotions fortes : angoisse, hantise ou séduction trouble.

Nous étudierons trois formes de récits psychologiques où le narrateur, entre sensibilité exacerbée et délires inquiétants, témoigne lui-même de sa progressive plongée dans la folie. On examinera ces dispositifs narratifs complexes, entre usage du point de vue interne, permettant une immersion fictionnelle accrue dans une conscience troublée et prise de distance du lecteur, vis-à-vis d’un narrateur pas toujours des plus fiables. Nous questionnerons ce choix d’une focalisation dans l’optique du « fou » mais nous envisagerons aussi la place du témoin dans ce type de récit : quel reflet de lui-même perçoit-il lorsqu’il observe la pupille du dément ?

Nous ouvrirons la comparaison à d’autres arts, notamment le cinéma et les arts-plastiques.

 

Programme (lectures obligatoires) :

-          Ernesto Sábato, Le tunnel,Michel Bibard (trad.), Paris, Seuil, coll. « Points », 1995.

-          Guy de Maupassant, Le Horla et autres nouvelles, édition de Daniel Mortier, Paris, Pocket, « Classiques » n°6002, 2009.

-          Joseph Conrad, Au cœur des ténèbres, Jean-Jacques Mayoux (trad.), Paris, GF n°530, 2012.

Attention ! les étudiants doivent se procurer les éditions indiquées. Ils sont invités à lire les textes en langue originale : El túnel & Heart of Darkness,s’ils le souhaitent, en complément. Une bibliographie sera distribuée en début de cours.

 

Groupe 4 - La bibliothèque, le pouvoir, le monde (A. Lampropoulos)

 

Ce cours propose une réflexion sur la bibliothèque en tant que topos littéraire et critique, en s’appuyant sur des notions de base comme la littérarité, l’intertextualité, la représentation et l’interprétation. Il étudiera, dans un premier temps, le mythe de Babel et l’événement emblématique qu’est la destruction de la bibliothèque d’Alexandrie, pour aborder par la suite des questions comme l’organisation du savoir, la taxonomie, l’archivage, la censure, le labyrinthe, l’imago mundi et le pouvoir intellectuel ainsi que leurs enjeux politiques. De façon plus générale, le cours reviendra sur les relations entre les textes, d’un côté, et l’espace et le monde, de l’autre. Si ces relations sont perpétuellement revues par la théorie littéraire et la critique culturelle, le cours mettra l’accent sur le fait qu’elles 

deviennent de plus en plus importantes dans le contexte actuel de la mondialisation. Plus encore, la dimension cartographique de la bibliothèque sera examinée à la lumière de ce qui a été décrit comme le « tournant spatial » des études littéraires.

 

Le corpus du cours inclut un roman (Le Nom de la rose d’Umberto Eco), un film (Fahrenheit 451 de François Truffault, qui est une adaptation du roman du même titre de Ray Bradbury), quatre textes courts, notamment des nouvelles et des essais (« La Bibliothèque de Babel » de Jorge-Luis Borges, « Encyclopédie des morts (toute une vie) » de Danilo Kiš, « Je déballe ma bibliothèque. Un discours sur l’art de collectionner » de Walter Benjamin et « La bibliothèque que les livres n’arrêtent pas » d’Henri Meschonnic), ainsi que deux œuvres d’art contemporain (Le Parthénon de livres de Marta Minujín et Livre d’artiste de Daniel Knorr).

 

 

Œuvres au programme

Eco, Umberto : Le Nom de la rose [1980], traduit par Jean-Noël Schifano, Paris, Le Livre de poche (coll. « Littérature et documents »), 2002. [Se procurer l’ouvrage avant le début du semestre]

Borges, Jorge-Luis : « La Bibliothèque de Babel » [1941]. In Fictions, traduit par Paul Verdevoye, Nestor Ibarra et Roger Caillois, Paris, Gallimard, 1983, p. 71-81. [Se procurer l’ouvrage avant le début du semestre]

Kiš, Danilo : « Encyclopédie des morts (toute une vie) ». In Encyclopédie des morts, Paris, Gallimard (“Du Monde entier”), 1985, p. 43-68.

Benjamin, Walter : « Je déballe ma bibliothèque. Un discours sur l’art de collectionner » [1931]. In Je déballe ma bibliothèque. Une pratique de la collection, traduit par Philippe Ivernel, Paris, Rivage (coll. « Rivages Poche »), p. 41-56. [Se procurer l’ouvrage avant le début du semestre]

Meschonnic, Henri : « La bibliothèque que les livres n’arrêtent pas », in Les États de la poétique, Paris, PUF (“Écriture”), 1985, p. 280-282.

Truffault, François : Fahrenheit 451 (France – Grande Bretagne, 1966 ; adaptation de Bradbury, Ray : Fahrenheit 451 [1953], traduit par Jacques Chambon, Paris, Gallimard (coll. « Folio SF »), 2000).

Minujín, Marta : Le Parthénon de livres (Kassel, 2017).

Daniel Knorr : Livre d’artiste (Athènes, 2017).

 

 

Groupe 5 - Réalité première, réalité nouvelle (Marie de Gandt)

 

Qu’est-ce que la réalité du monde qui nous entoure ? Est-elle pour l’esprit une interaction, une expérience, une hypothèse, un manque radical ? Nous nous intéresserons à la façon dont la conscience rencontre le monde, sous la forme de l’objet, de l’autre, de l’événement, comme le racontent La vie de Henry Brulard de Stendhal, Une histoire d’amour et de ténèbres d’Amos Oz, Les enfants de Minuit de Salman Rushdie. Ces trois autobiographies fictives retracent l’expérience du monde par un sujet enfantin, qui découvre la réalité, dans le contexte d’une situation politique nouvelle, la révolution française pour Stendhal, la reconnaissance de l’Etat d’Israël pour Oz, l’indépendance de l’Inde pour Rushdie.

Depuis sa perception de premières sensations et émotions, jusqu’à sa compréhension des formes qui organisent la communauté des hommes autour de lui, en passant par la façon dont il s’inscrit lui-même dans un cadre familial et familier, le sujet de ces trois récits se construit par l’observation du monde qui se bâtit autour de lui et différentes modalités de rapport avec lui. Nous chercherons à analyser ce que la littérature permet de mettre en forme, ou justement de désigner comme ineffable dans ces expériences du monde, qu’il s’agisse de l’événement historique, du trauma, de la perte, de la mort, voire du réel lui-même. Enfin, on inscrira ce monde de la conscience individuelle dans un univers plus large, à la fois historique et culturel, où l’héritage, l’ordre en place et le monde ancien cèdent place à une nouvelle ère et à une possible liberté dont le sujet prend conscience selon des modalités que nous étudierons, notamment la transgression et l’engagement, mais aussi le jeu et la création.

Corpus (Lectures obligatoires)

Stendhal, La vie de Henry Brulard, édition B. Didier, Folio, Gallimard, 1973.

Amos Oz, Une histoire d’amour et de ténèbres, traduction Sylvie Cohen, Folio, Gallimard, 2004.

Salman Rushdie, Les enfants de Minuit, traduction Jean Guiloineau, Paris, Folio, 2010.

 

Groupe 7 Babel Avatars de la pastorale : Virgile, Giono, Fromm, Duncan (Anne-Laure Metzger)

Ce cours offre une exploration d’un genre multiséculaire, dont l’inventeur en Occident fut le grec Théocrite. La pastorale est d’abord une poésie qui présente les chants alternés de bergers dans une nature idyllique et idéalisée. Authenticité et convention dans l’évocation de la nature se rejoignent dans l’aspiration à la paix, loin des conflits dont la ville peut être le symbole. Bénéficiant de l’intérêt des humanistes pour la littérature antique, la pastorale trouve un nouvel élan en Italie, en Espagne, en France et en Angleterre. Le cas de L’Astrée retiendra plus particulièrement l’attention ici. On s’interrogera ensuite sur la portée d’une nouvelle appropriation du genre au XXe et XXIe siècles, dans la célébration de la nature provençale chez Giono, avant de confronter pastorale et nature writing chez les Américains P. Fromm et D. J. Duncan.

 

Corpus 

Virgile, Les Bucoliques Les Belles Lettres

Honoré d’Urfé, L’Astrée, éd. Jean Lafond, Folio Classiques, Gallimard*

Jean Giono, Colline, Le Livre de Poche*

Pete Fromm, Indian Creeks, Gallmeister*

David James Duncan, La Vie selon Gus Orviston, Domaine étranger, 10/18

Se procurer H. d’Urfé, Giono, Fromm et Duncan. Les livres suivis d’une astérisque doivent être lu pour le 1er cours.

 

Groupe 8 Babel 2 - LM : Représentations du jeu d’échecs en littérature (Damien Mollaret)

 

Né en Perse au VIe siècle, le jeu d’échecs s’est répandu en Occident au moyen âge et a ensuite conquis le monde entier. C’est le jeu de stratégie le plus représenté dans les arts visuels et la littérature. Insaisissable, le « roi des jeux » se caractérise par un certain nombre d’oppositions : espace clos de soixante-quatre cases ou univers aux possibilités infinies ? Refuge hors du monde ou entraînement à la tactique militaire ? Simple divertissement ou affrontement symbolique ? Triomphe de l’abstraction ou de la représentation ? Art ou science ? etc.

 

À travers la représentation des échecs on comparera des œuvres littéraires issues d’époques et de cultures variées. On s’intéressera autant à la façon dont le jeu d’échecs est représenté (description des pièces, présentation des adversaires, déroulement des parties) qu’à ce qu’il représente lui-même par sa puissance allégorique. En effet, ce jeu aux figurines anthropomorphisées peut être considéré comme reflet du monde. On trouve souvent dans les fictions échiquéennes une confusion entre le niveau des pièces et celui des joueurs qui, plongeant dans l’abîme du jeu, se sentent eux-mêmes « joués » sur un échiquier géant de « noires nuits et de blanches journées » (Borges).

 

On étudiera La Défense Loujine de Vladimir Nabokov, Le Joueur d’échecs de Stefan Zweig, ainsi que des poèmes et des extraits d’auteurs variés (Omar Khayyâm, Charles d’Orléans, Lewis Carroll, Fernando Pessoa, Jorge Luis Borges, Italo Calvino, etc.). Des incursions du côté du cinéma et de la peinture permettront de compléter cette approche littéraire.

 

Œuvres à lire intégralement :

Nabokov, Vladimir, La défense Loujine [Защита Лужина], trad. du russe par Genia et René Cannac, Gallimard, « Folio », 1991.

Zweig, Stefan, Le Joueur d’échecs [Schachnovelle], trad. de l’allemand par Diane Meur, Paris, Flammarion, 2013. 

Une anthologie de textes littéraires sur les échecs ainsi qu’une bibliographie seront distribuées en début de cours.

 

 

Indication sur la validation de l’UE : la moyenne de l’ensemble des travaux évalués durant le cours (exposés, synthèse, commentaires de texte, essais ou dissertation au choix de l’enseignant).

 

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