Littérature comparée 2 - Université Bordeaux Montaigne

Littérature comparée 2

Crédits ECTS : 4

Code ELP : LDL2Y2

Lieu(x) d'enseignement : Bordeaux et agglomération

Composante : UFR Humanités

Langue d'enseignement : Français

Période de l'année : Semestre 2

Plage horaire : Journée

Description

LDL2Y2 (Lettres Modernes et Babel) / LDL2M21 (mineures)

Majeures:  Céline Barral, D. Gachet, A.-L. Metzger, V. Partensky

Mineures : Anna Bouquet, Margot  Buvat, Christine Dethan, Stanislas Gautier, Edgar Henssien, Eva Monclus-Baros,

Babel : Vérane Partensky

Présentation de l’UE :  

Les cours à destination des étudiants de Lettres modernes sont consacrés à l’étude d’œuvres théâtrales. Le cours Babel s’inscrit dans une réflexion sur le roman. Les cours proposés en mineures sont conçus comme une initiation à la littérature comparée indépendamment d’un angle générique particulier.

 

Récapitulatif

 

Groupe 1

Céline Barral -  Théâtre politique au XXe siècle 

Groupe 2

Anne-Laure Metzger - Espace et temps du tragique. Figures de roi

Groupe 3

Delphine Gachet – Le mythe de Dom Juan

Groupe 4

Vérane Partensky – Théâtre du complot

Groupe 5

Anne-Laure Metzger - Espace et temps du tragique. Figures de roi

Groupe 6

(Lettres Classiques)

Groupe 7 Babel

Vérane Partensky - Le roman en procès  (Vérane Partensky)

Mineures

Les programmes indiqués ci-dessous sont susceptibles d’être modifiés.

Groupe 8

Jeudi 17h30-19H30

Stanislas Gauthier : Ecriture du sentiment

Groupe 9

Jeudi 17h30-19H30

Eva Monclus-Baros - Récits et Histoire du 20e siècle : mémoires conflictuelles au Proche Orient

Groupe 10

Vendredi 13h30‑15h30

Edgar Henssien - La Radicalité littéraire

Groupe 11 Vendredi 15h30‑17h30

Margot Buvat – Poésie et ville moderne

Groupe 12

Vendredi 15h30‑17h30

Edgar Henssien – La Radicalité littéraire

Groupe 13

Vendredi 15h30‑17h30

Anna Bouquet : Expériences de l’Inde

Groupe 14

Vendredi 13h30‑15h30

Christine Dethan - « Nommer et construire la mémoire qui nous manque »

FAD

Théâtre du complot (Vérane Partensky) : pour les dispensés, le programme proposé à la FAD est celui du groupe 5 (théâtre du complot) aussi bien pour les majeures que pour les mineures.

Mineure de Lettres modernes pour les Lettres classiques

Programme de Mme Metzger : Espace et temps du tragique. Figures de roi

 

 

Programmes 

Important : les étudiants doivent se procurer les textes au programme dans les éditions indiquées à l’exclusion d’aucune autre. Pour l’examen, ils doivent impérativement se munir des œuvres et, le cas échéant, des fascicules de textes fournis par l’enseignant. On rappelle que, pour les commentaires, les textes ne sont pas généralement pas reproduits ; les étudiants qui n’auraient pas apporté les œuvres seront dans l’impossibilité de composer. L’utilisation d’une œuvre dans une autre édition que l’édition autorisée est assimilée à une fraude.

Lettres modernes (Théâtre)

 

Groupe 1 - Théâtre politique au XXe siècle (Céline Barral)

 

À partir des années 1930, Bertolt Brecht, en Allemagne puis en exil, révolutionne l’écriture théâtrale, le jeu et la mise en scène. En puisant dans des récits picaresques, historiques ou dans des fables orientales, il propose un « théâtre épique », qui rompt avec les règles de l’action dramatique. Il critique radicalement l’illusionnisme et l’identification sur lesquels repose l’expérience du spectateur de théâtre : il propose de créer sur la scène des « effets de distanciation » pour que le théâtre agisse sur les croyances des spectateurs. L’œuvre de Brecht a profondément transformé le théâtre à travers le monde, en proposant une conception du théâtre engagé qui ne se contente pas d’énoncer des thèses. Sa réception en France a été contrastée, enthousiaste puis nuancée chez le théoricien Roland Barthes, méfiante voire hostile chez un écrivain comme Albert Camus, dont le théâtre, très politique aussi, prend une autre direction. Camus conçoit le théâtre non en termes de dialectique mais de communion : le dramaturge doit réussir à « traduire les souffrances et le bonheur de tous dans le langage de tous », et être ainsi « compris universellement ».

Ces choix divergents dans la représentation et la pratique du politique nous invitent à relire de près les œuvres de ces deux grands hommes de théâtre, qui se nourrissent de réécritures, de mythes, d’inventivité formelle, et non pas seulement de thèmes politiques. Nous serons amenés à mobiliser des notions clés du théâtre moderne – celles de parabole, d’allégorie, de situation –, à réfléchir à ce qui distingue un théâtre dramatique, un théâtre tragique et un théâtre épique, à comprendre ce que peut être un théâtre pour les « enfants de l’ère scientifique », qui sont aussi les enfants des totalitarismes et de la crise des idéologies.

 

Œuvres au programme :

ATTENTION : se procurer les livres dans la bonne édition. Seules les éditions au programme seront acceptées le jour des examens. Lire avant le début du semestre Mère Courage et ses enfants

et Les Justes.

 

Bertolt Brecht, Mère Courage et ses enfants : chronique de la guerre de Trente ans, trad. de l’allemand par Guillevic, L’Arche, 2010 (1955).

—, La Vie de Galilée, tr. Eloi Recoing, L’Arche, 1990.

Albert Camus, Les Justes, éd. Pierre-Louis Rey, Gallimard, coll. « Folio Théâtre », 2008.

—, Les Possédés, éd. Pierre-Louis Rey, Gallimard, coll. « Folio Théâtre », 2010.

Bien lire l’appareil critique des éditions au programme.

 

Une brochure de textes sera distribuée en début de cours, contenant :

Un lexique sur le théâtre.

Grimmelshausen, L’Aventurière Courage, tr. de l’allemand par Jean Amsler, éd. La Nuée bleue / J.-C. Lattès, 1990, extraits (p. 13-21 ; p. 29-34 ; p. 107-114).

Brecht, « Effets d’éloignement dans l’art du comédien chinois », « Théâtre récréatif ou théâtre didactique », in Écrits sur le théâtre, Paris, L’Arche, 1972. 

Camus, « Discours de Suède », conférences de 1957 à l’occasion de la réception du prix Nobel : en ligne : http://classiques.uqac.ca/classiques/camus_albert/camus_albert.html

—, « Copeau, seul maître », in Œuvres complètes, t. IV, Gallimard, « Pléiade », 2008 ; « Sur l’avenir de la tragédie » (OC, t. III, p. 1111-1121), « Sur le théâtre » (OC, t. III, p. 1124-1128).

Article « Jacques Copeau », Encyclopédie Universalis, accessible via « Babord+ » (site de la BU).

Th. W. Adorno, « Engagement », in Notes sur la littérature, Paris, Flammarion, 2009.

Walter Benjamin, « Qu’est-ce que le théâtre épique ? (2e version) », in Essais sur Brecht, Paris, La Fabrique, 2003.

Peter Szondi, Théorie du drame moderne (1965), Belfort, Circé, 2006, chap. 1 : « Le drame ».

Jacques Rancière, Politique de la littérature, Galilée, 2007 : chap. « Le Gai savoir de Bertolt Brecht » (1979).

Jean-Pierre Sarrazac, La Parabole ou l’enfance du théâtre, Belfort, Circé, 2002, chap. 4 : « Brecht, la Parabelstück ».

Lectures complémentaires :

Brecht, Un homme est un homme, tr. Bernard Chartreux, Eberhard Spreng et Jean-Pierre Vincent, L’Arche, 1999.

—, Celui qui dit oui, celui qui dit non, in Théâtre complet, t. II, L’Arche, 1960.

—, Petit Organon pour le théâtre, L’Arche, 1990.

Camus, L’Homme révolté (1951), Gallimard, « Folio essais », 2013.

Roland Barthes, Essais critiques, Paris, Le Seuil, 1964.

Georges Bataille, « Le temps de la révolte », Critique, n° 56, janvier 1952. Disponible en ligne : www.larevuedesressources.org (onglet Idées, Controverses).

Jean-Paul Sartre, Un théâtre de situations (1973), Paris, Gallimard, 1992. Surtout « Théâtre épique et théâtre dramatique » (1960).

 

Précision sur le contrôle continu : test de lecture (10%), exercices écrits et oraux (40%), devoir sur table en 4h (dissertation ou commentaire composé au choix de l’enseignant) (50%).

 

Les étudiants dispensés doivent se préparer en lisant les quatre pièces au programme ET les extraits qui constituent la brochure. Ils peuvent demander celle-ci par mail à l’enseignante ou travailler seuls à partir de la bibliographie.

 

 

Groupes 2 et 5 - Espace et temps du tragique. Figures de roi : Œdipe, Lear, Bérenger Ier (Anne-Laure Metzger)

Ce cours est ouvert aux étudiants de Lettres classiques ayant choisi la mineure moderne.

 

Corpus

Sophocle, Œdipe Roi, éd. Sophie-Aude Picon, Folio Plus Gallimard

Shakespeare, La Tragédie du Roi Lear, Traduction J.-M. Desprats Folio Théâtre Gallimard 

Ionesco, Le Roi se meurt, Folio, Gallimard

Attention : il est indispensable de se procurer le texte dans la version retenue pour le cours. Aucune autre édition ne sera acceptée.

 

Ce cours entend examiner la notion de tragique à partir de trois pièces relevant de lieux et d’époques différentes (Athènes, Ve siècle A.J.C., Angleterre, XVIIe s., France, XXe s.) Une approche théorique s’appuyant sur la lecture d’extraits de La Poétique d’Aristote et de ses relectures permettra de réfléchir à la notion d’hamartia, au processus de catharsis, ainsi qu’à la crainte et la pitié qui lui sont associées. On cherchera aussi à examiner la manière dont la tragédie a pu dériver vers une intrerprétation morale de la catharsis.

Parallèlement des notions d’histoire littéraire permettront de replacer chaque pièce dans le contexte qui l’a vu éclore : épanouissement du théâtre antique, théâtre élisabéthain, théâtre de l’absurde.

Enfin, la représentation de la royauté et du pouvoir dans les différentes pièces feront l’objet d’une réflexion comparée autonome.

Des approches variées seront retenues : commentaires de texte, notes de synthèse, exposés et comparaisons de traduction.

 

Groupe 3 -  Le mythe de Don Juan (Delphine Gachet)

 

Il s’agit dans ce TD d’étudier, en s’attachant à quelques œuvres emblématiques, le devenir du mythe de Don Juan. Quand Molière écrit son Dom Juan, pour la théâtre en 1665, quand Mozart et Da Ponte présentent Don Giovanni à l’opéra en 1787, ces auteurs reprennent mais aussi revisitent l’œuvre initiale de l’espagnol Tirso de Molina (El Burlador de Sevilla, 1630). A des époques différentes, dans des milieux culturels et linguistiques différents, comment cette figure littéraire majeure qu’est Don Juan évolue-t-elle ? Et dans quelle mesure fait-elle varier l’interprétation du mythe? Qu’est-ce qui, dans celui-ci, plait, intrigue, dérange ou fascine selon les temps et les lieux ?

Il s’agira d’interroger les œuvres au programme dans leur triple dimension : littéraire, scénique et dramaturgique.

Cette étude comparée pour s’enrichir d’excursions vers le cinéma (Don Juan ou le Festin de pierre de Bluwal (1965) / Don Giovanni, de Losey (1979)

 

Textes de référence  

(il est obligatoire que les étudiants acquièrent les éditions référencées ci-dessous)

MOLIERE , Jean-Baptiste Poquelin, dit. Dom Juan (1665), Paris, Flammarion, Coll. « GF Flammarion », 2013.

Lorenzo DA PONTE, Don Giovanni - Don Juan (1787), Michel Orcel (Traduction), Paris, Flammarion , Coll. « Garnier Flammarion / Théâtre bilingue », 1994.

Lectures complémentaires :

- Il est indispensable de lire le texte de Tirso de Molina (L’Abuseur de Séville)

Une bibliographie critique sera proposée aux étudiants à la première séance.

 

 

Groupe 4 – Théâtre du complot (V. Partensky)

Ce programme est proposé à la FAD

 

Ce programme propose de mettre en relation théâtre romantique et théâtre élisabéthain dans une réflexion qui permettra de réfléchir à la question des genres dramatiques, du traitement du politique au théâtre, et des relations entre représentation dramatique et secret, entre théâtre de la cité et conscience individuelle. Il sera l’occasion d’une exploration des fonctions et des modalités de l’écriture dramatique, mais aussi d’une réflexion sur les conditions du passage à la scène.

 

Textes de référence :

William Shakespeare, Macbeth, traduction Yves Bonnefoy, Gallimard, Folio classique, 2016

Friedrich Schiller, Les Brigands, Paris, L’Arche, 1998

Il est vivement conseillé de se référer au texte original au moins pour le texte anglais, que vous trouverez facilement sur internet.

 

Groupe 5 – voir ci-dessus (même programme que le groupe 2)

 

 

 

Programme Babel (Groupe 7)
Le roman en procès  (Vérane Partensky)

 

« La littérature n’est pas innocente, et coupable, elle devait à la fin s’avouer telle » : ce cours, qui explore deux romans consacrés à la mise en scène du mal, est conçu comme une réflexion sur ce jugement de George Bataille. Œuvre majeure du romantisme noir, Le Moine de Lewis raconte l’histoire d’une tentation et d’un pacte diaboliques. Texte initiatique, relatant la confrontation de l’innocence au monde et le nécessaire apprentissage du mal, ce roman, reçu comme une œuvre scandaleuse à la fin du XVIIIe siècle, a été rapidement diffusé dans toute l’Europe et a nourri l’imaginaire littéraire. Quelques lustres plus tard, Hoffmann s’empare de cette œuvre et en propose, avec Les Elixirs du diable, une magistrale réécriture. Conçu comme une initiation à la littérature comparée, ce cours permettra d’envisager une question de réception et de mettre en évidence la manière dont les œuvres dialoguent entre elles. On s’intéressera à la manière dont le texte de Lewis s’inscrit dans le champ littéraire du roman gothique qui s’épanouit à la fin du XVIIIet on étudiera la question de l’appropriation littéraire, par Hoffmann tout d’abord, qui met en scène dans son roman la lecture du roman de Lewis, puis par Antonin Artaud, auteur surréaliste qui traduit le Moine ou plutôt, pour reprendre ses propres termes, donne « une sorte de ‘copie’ en français du texte anglais original ». On s’intéressera ainsi au jeu de la référence littéraire et aux questions d’intertextualité ainsi qu’à la question de la traduction et de la réécriture et on verra, plus largement, comment ces romans mettent en scène les pouvoirs, les séductions et les dangers du langage. 

Corpus :

Attention : les étudiants doivent nécessairement se procurer les œuvres du corpus dans les éditions indiquées ci-dessous à l’exclusion d’aucune autre (il est important que nous ayons tous la même traduction et la même pagination).

— Antonin Artaud, Le Moine (de Lewis) Paris, Gallimard, Folio n° 690, 1966

— E. T. A. Hoffmann, Les Elixirs du diable, traduction Alzir Hella et Olivier Bournac, Paris, Stock, 2002

Des textes critiques seront distribués aux étudiants au cours du semestre. Ils devront faire l’objet d’une lecture particulièrement attentive. On pourra également consulter utilement le texte de Lewis en langue originale et, pour les étudiants ayant fait de l’allemand, celui d’Hoffmann, dans les éditions souhaitées. A titre indicatif :

— Lewis, The Monk, Penguin Classics, 1998

— E. T. A Hoffmann, Die Elixiere des Teufels, Reclam, 1975

 

Programmes Mineures Lettres (Initiation à la littérature comparée)

 

Groupe 8 - Écritures du sentiment : le récit bref et le réveil des sens chez Sterne, Flaubert et Tchékhov (Stanislas Gauthier)

 

Programme (les œuvres seront étudiées dans cet ordre et sont à lire le plus tôt possible. Les éditions demandées sont obligatoires.)

 

— Lawrence STERNE, Le Voyage sentimental, préface de Serge Soupel, trad. Aurélien Digeon, Éditions Flammarion, coll. GF., n° 372.

— Gustave FLAUBERT, Un Cœur simple, éd. Librio.

— Anton TCHÉKHOV, La Dame au petit chien et autres nouvelles, préface de Roger Grenier, trad. Madeleine Durand et Édouard Parayre revues par Lily Denis, Éditions Gallimard, coll. folio, n°3266.

 

Rappel : aucune connaissance en langue étrangère n’est exigée pour suivre ce programme, le travail sur les œuvres de Sterne et de Tchékhov s’effectuant à l’aide de traductions (qui pourront être comparées).

 

« N’as-tu pas vu que tout l’ironie dont j’assaille le sentiment dans mes œuvres n’était qu’un cri de vaincu, à moins que ce ne soit un chant de victoire ? »

Lettre de Flaubert du 25 février 1854 adressée à Louise Collet

 

Flaubert, qui déclarait en 1853 que « l’impersonnalité est le signe de la Force », était un artiste du sentiment. Se plaisant à construire patiemment la sentimentalité et à dénuder son artificialité, il souligne l’inadaptation essentielle de l’émotion, suggérant que le vrai sentiment est ailleurs, dans la précision d’une écriture, notamment. C’est une ambition similaire qu’ont nourrie l’Irlandais Lawrence Sterne dans Le Voyage sentimental et le Russe Anton Tchékhov dans La Dame au petit chien, récits brefs dans lesquels les horizons d’attente sont détournés. Courts-circuits émotionnels, les textes de Sterne, de Flaubert et de Tchékhov mettent au jour les fils dont ils sont faits, dégageant la trame dans laquelle les lecteurs sont retenus par des personnages communs, volontairement laissés dans l’ombre. C’est à l’analyse de cette texture serrée aux effets paradoxaux, qui enferme des personnages faibles d’une manière poignante, que ce cours vous convie. Écrire le sentiment s’effectue à l’aide d’un geste en spirale, éminemment dialectique, revenant d’une manière mélancolique vers le passé, déjouant les espoirs comme pour aiguiser l’esprit critique du lecteur et lui donner la capacité de mieux devancer les événements. Cherchant une possibilité de s’inscrire dans le présent, l’écriture fait écho en cela à l’activité du lecteur, scrutateur amoureux du récit qu’il parcourt tout autant que critique de sa propre situation. L’ambition de ce programme sera de montrer ce qui fait la force artistique et politique de ces textes férocement littéraires, de comparer les lectures très diverses qu’ils ont suscitées, de comprendre ce que la traduction restitue du sens du rythme, très particulier, qui les caractérise.

Groupe 9 : Récits et Histoire du 20e siècle : Mémoires conflictuelles au Proche Orient (Enseignante : Eva Monclus-Baros)Perspectives 

 

Ce cours propose la lecture de deux auteurs arabes : Une Mémoire pour l’oubli, de Mahmoud Darwich (Palestine), et La Porte du Soleil, de Elias Khoury (Liban). Ces deux récits se déroulent à Beyrouth, mais embrassent  des temporalités historiques distinctes. La narration de Mahmoud Darwich  opte pour une unité temporelle réduite (« un jour d’août 1982 », durant le siège de Beyrouth par l’armée israélienne) ; l’oeuvre de Elias Khoury déploie un plus vaste récit : de 1948 (proclamation de l’Etat d’Israël)  à 1995.

            Il s’agira d’interroger les formes du récit, leur fragmentation, leur hétérogénéité. Dans quelle mesure celles-ci témoignent-elles d’un rapport douloureux à l’événement historique? Comment, in fine, proposent-elles un discours singulier qui serait capable de refonder une communauté? Quelle place les mémoires, individuelle et collective, tiennent-elle dans le processus du récit?

            Ces interrogations permettront également d’aborder la question de l’engagement, et plus largement de la place de la littérature dans la cité.

 

Corpus (lectures obligatoires) :

DARWICH, Mahmoud, Une Mémoire pour l’oubli, traduction de l’arabe (Palestine) par Yves Gonzalez-Quijano, Farouk Mardam-Bey, Actes Sud, Babel, 2007.

KHOURY, Elias, La Porte du Soleil, traduction de l’arabe (Liban) par Rania Samara, Actes Sud, Babel, 2003.

 

Proposition de lectures complémentaires (facultatives)

DARWICH, Mahmoud, Pourquoi as-tu laissé le cheval à sa solitude?, traduction de l’arabe (Palestine) par Elias Sanbar, Actes Sud, 1999.

DARWICH, Mahmoud, La Terre nous est étroite, traduction de l’arabe (Palestine) par Elias Sanbar, Poésie/Gallimard NRF, 2000.

DARWICH, Mahmoud, La Palestine comme métaphore, traduction de l’arabe (Palestine) par Elias Sanbar, Actes Sud, Babel, 2002.

DEFAY, Alexandre, Géopolitique du Proche Orient, Que sais-je?, 2016.

KHOURY, Elias, La Petite montagne, traduction de l’arabe (Liban) par Saadia Zaïm, Christian De Montella, Actes Sud, Babel, 2009.

 

 

 

— Groupes 10 et 12 : La Radicalité Littéraire (Thomas Bernhard, Guy Debord, Pier Paolo Pasolini) (Enseignant Edgar Henssien)

 

 

            L’actualité politique nationale et internationale a remis sur le devant de la scène la notion de radicalité. Terrorismes, mouvements contestataires, affrontement idéologiques posent à nouveau la question du lien entre action et pensée au sein d’un espace social traversé par une violence qui se donne pour but avoué d’interroger ses fondements.

            Les contours de cette notion ne sont cependant pas toujours clairement dessinés, ce qui en autorise de multiples usages, parfois contradictoires sur un plan axiologique, allant de la condamnation pure et simple à l’éloge partisan. Ce cours se donne ainsi pour objectif d’approfondir la réflexion sur la notion de radicalité à partir de la littérature et des arts. Tout au long du semestre, nous tenterons de déterminer quelles sont les caractéristiques d’une littérature radicale, à travers l’étude détaillée des œuvres de Thomas Bernhard (Autriche), Guy Debord (France) et Pier Paolo Pasolini (Italie), connues pour leur dimension polémique, leur intégrité formelle et leur cohérence idéologique ou philosophique.  

            Ce cours se veut une initiation en acte aux méthodes de la littérature comparée pour les étudiants. En ce sens, une attention toute particulière sera portée à la comparaison contextuelle (les champs culturels et sociaux dans lesquels s’insèrent les œuvres), à la comparaison formelle (les différentes 

poétiques des auteurs et leurs enjeux) ainsi qu’à la comparaison biographique (le lien entre vie, création artistique et pensée). La diversité des œuvres envisagées sera également l’occasion de confronter différents genres littéraires (poésie, roman, essai) et différents arts (littérature, cinéma). 

Les étudiants auront à choisir, en accord avec l’enseignant, des œuvres des auteurs du corpus qui feront l’objet d’un travail en groupes.

 

(La bibliographie détaillée pour le travail de groupe sera donnée en classe au premier cours).

 

 

 

— Groupe 11 : Poésie et ville moderne : les années 1860 en France et en Russie (Enseignante : Margot Buvat)

 

            Perspectives :            

            « Le vieux Paris n'est plus (la forme d'une ville / Change plus vite, hélas ! que le cœur d'un mortel) » écrit Baudelaire dans ses « Tableaux parisiens » des Fleurs du Mal, évoquant les grands travaux entrepris sous le Second Empire par le préfet Haussmann. C'est que Paris devient alors la ville moderne que l'on connaît : on y perce de grands boulevards qui succèdent aux petites rues médiévales, le mobilier urbain s'uniformise, …

            À l'autre extrémité de l'Europe, en 1861, la Russie voit s'abolir le servage : un fort exode rural augmente alors la population de Saint-Pétersbourg - une « ville préméditée », fondée par Pierre le Grand 150 ans plus tôt, qu'un narrateur dostoïevskien oppose à ce qu'il appelle les « villes spontanées ». La population s'y entasse dans des appartements communautaires qui préfigurent les kommounalki de l'époque soviétique.

            De ces contextes urbains comparables émergent deux œuvres remarquables, dans les années 1860 en Russie et en France : Les Carnets du sous-sol de Dostoïevski en 1864 et Le Spleen de Paris 

de Baudelaire, publié de façon posthume en 1869. L'une est un monologue, une confession paradoxale et bavarde vilipendant son siècle de manière radicale ; l'autre une somme de textes de ce que l'auteur appelle « prose poétique », hétérogène, toujours entre cynisme et charité.

            Le cours propose, avec un œil comparatiste, de lire ces textes côte à côte, dans une perspective européenne de l'histoire littéraire et avec à l'esprit la question de la modernité. Cette attention à l'espace urbain nous conduira vers les questions sociologique, anthropologique et politique qui en découlent. Surtout, nous serons attentifs aux endroits où se rencontrent géographie et poésie. Pas seulement à la façon dont la dernière émane de la première ; mais aussi et surtout à la question tout à fait poétique de ce que la littérature peut, doit, et veut construire face aux nouveaux contours imposés par la ville moderne.

 

            Corpus (lecture obligatoire, se procurer impérativement l’édition indiquée) :

— Fiodor Dostoïevski, Les carnets du sous-sol, trad. André Markowicz, Arles, Actes-Sud, Babel, 1992, 192p. (1864)

— Charles Baudelaire, Le Spleen de Paris, édition de Jean-Luc Steinmetz, Paris, Le Livre de Poche, 2003, 253p. (1869)

 

 

— Groupe 13 : Expériences de l’Inde (Anna Bouquet)

À travers l’étude croisée d’œuvres littéraires et cinématographiques du XXe siècle, ce cours se donne pour objectif de découvrir diverses représentations de l’Inde.

C’est en prenant comme point de départ deux récits de voyage, Un Barbare en Asie d’Henri Michaux et Une certaine idée de l’Inde d’Alberto Moravia, que ce cours se proposera d’examiner le regard que ces écrivains portent sur l’Inde, ses territoires et ses traditions, et sur l’Autre, souvent miroir d’une 

société singulière. Nous verrons que cette découverte de l’inconnu permet au voyageur d’interroger ses propres représentations et peut parfois même bouleverser ses aspirations.

Tout en prolongeant ces réflexions, le road movie À bord du Darjeeling Limited de Wes Anderson et le documentaire de Louis Malle L’Inde fantôme divisé en sept épisodes, nous permettront d’envisager la mise en image de l’espace indien à travers les partis pris de différents cinéastes et les caractéristiques propres à deux genres cinématographiques distincts. Leur étude sera également l’occasion de s’approprier la méthode de l’analyse filmique.

 

Œuvres au programme (lectures et visionnages obligatoires) :

— MICHAUX, Henri, « Un barbare en Inde », in Un barbare en Asie, (1933), Paris, Gallimard, coll. L’Imaginaire, 1967.

— MORAVIA, Alberto, Une certaine idée de l’Inde, (2007), traduction de l’italien par Ida Marsiglio, Paris, Arléa, 2008.

— ANDERSON, Wes, À bord du Darjeeling Limited, 2007.

— MALLE, Louis, L’Inde fantôme : la caméra impossible, 1969 (les différents épisodes sont disponibles sur Youtube).

 

Corpus complémentaire (la liste n’est pas exhaustive) :

KOLATKAR, Arun, Kala Ghoda, Poèmes de Bombay, traduit de l’anglais (Inde) par Laetitia Zecchini et Pascal Aquien, Gallimard/Poésie (édition bilingue), n° 493, 2013.

PASOLINI, Pier Paolo, L’odeur de l’Inde, (1984), traduit de l’italien par René de Ceccatty, Paris, Gallimard, Folio, 2001. 

Groupe 14 : « Nommer et construire la mémoire qui nous manque »  (Enseignante : Christine Dethan)
 

Perspectives:

L’intitulé de ce cours est emprunté à Patrick Chamoiseau : « Nommer et construire la mémoire qui nous manque ». Comment par la fiction peut-on éclairer les périodes obscures du passé ? Comment la résurgence du passé influe-t-elle  sur le présent ? Comment écrire ce qui est tu ? Interrogeant les rapports entre l'Histoire et la fiction, les deux romans contemporains au programme cherchent à travers des voix narratives discontinues des moyens d'accéder à l'Histoire, mais du point de vue des vaincus. Joseph Boyden, auteur anglophone cananadien retrace ainsi la conversion des Indiens au christianisme au travers de trois voix : celle d'un chef de guerre, de sa jeune prisonnière et d'un père jésuite, dans le Canada du XVIIème siècle. Quand Patrick Chamoiseau, dans un récit mosaïque évoque l'enfermement volontaire au vingtième siècle d'une petite fille dans un ancien cachot destiné aux esclaves, dont l'histoire va resurgir. L'enjeu sera de nous questionner sur la façon dont ces auteurs par le biais de la fiction tentent de reconquérir un passé, fût-il douloureux, pour mieux reconstruire une identité qui leur a trop longtemps échappé.

 

Corpus : lectures obligatoires

Patrick CHAMOISEAU Un dimanche au cachot, édition folio n° 4899

Joseph BOYDEN Dans le grand cercle du monde, édition livre de poche n°33923 

Programmes de mineures de l’antenne d’Agen

 

— Le héros picaresque - origine et héritage (Enseignant : Etienne Germe)

 

Ce cours prendra appui sur deux ouvrages :

— La vie de Lazarillo de Tormès GF n° 646 – traduction de Bernard SESÉ 

— Rue des voleurs Mathias ÉNARD Babel n°1259

 

Il s’agira dans ce parcours d’évaluer dans un premier temps l’originalité de l’ouvrage fondateur du picaresque La vie de Lazarillo de Tormèset d’esquisser les caractéristiques du genre à travers des extraits du Paysan parvenu de Marivaux et de Moll Flanders de Daniel Defoë.

Dans un second temps, la lecture du roman de Mathias Énard Rue des voleurs nous permettra d’interroger l’influence de ce genre sur l’écriture romanesque contemporaine.

 

Vérité et sens dans le récit dramatique : Sophocle, Shakespeare, Beckett (Enseignant : Frédéric Roussille)

 

Le théâtre est plus qu’une technique parmi d’autres pour raconter des histoires. Notamment, parce qu’il en passe par une représentation, il arrive qu’une seconde histoire y soit mise en jeu, tantôt occultée, tantôt révélée par le récit qui se développe sur la scène. Partant de la lecture d’Œdipe roi de Sophocle, nous examinerons comment erreur et vérité, ignorance et savoir, folie et sagesse, s’affrontant, orientent le spectacle et lui donnent son sens. Pour que tout soit clair, nous nous demanderons également si le rapport à la vérité qu’implique le théâtre peut se retrouver dans le cinéma.

 

Corpus (œuvres étudiées) :

Sophocle, Œdipe roi, traduction Paul Mazon, édition bilingue, Classiques en Poche, Les Belles Lettres, 1998.

William Shakespeare, Hamlet, traduction François Maguin, édition bilingue, GF, 2015.

Samuel Beckett, Premier Amour, Les Éditions de Minuit, 1970 et La Dernière bande, Les Éditions de Minuit, 1970.

 

Lectures complémentaires :

 

Eschyle, Les Perses, in Eschyle, Théâtre complet, traduction Émile Chambry, GF, 2014 ?

William Shakespeare, Macbeth, traduction Pierre Jean Jouve, éd. bilingue, GF, 2014.

Samuel Beckett, En attendant Godot, Les Éditions de Minuit.

Botho Strauss, Ithaque, traduction Pascal Paul-Harang L’Arche, 2011.

 

Films : Jeff Nichols, Take Shelter, 2011

Lars von Trier, Melancholia, 2011.

 

Important : les étudiants doivent impérativement se procurer les œuvres dans les éditions et les traductions indiquées ci-dessus. Attention, il existe parfois plusieurs traductions d’un même texte chez un même éditeur (notamment chez GF).

Contrôle des connaissances

1ère session :

Régime général : contrôle continu

Dispensés : contrôle terminal – écrit 4h

2e session : régime général et dispensés : contrôle terminal – écrit 4h

Nature de l’épreuve : Commentaire, dissertation ou essai au choix de l’enseignant

Informations complémentaires

Seul le programme de Mme Partensky est proposé à la FAD. Ce programme est proposé aussi bien en majeure qu’en mineure.

Le programme de Madame Metzger est offert en Lettres classiques au titre de la mineure.

Matières dispensées

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