Littérature et culture 4 - Université Bordeaux Montaigne

Littérature et culture 4

Crédits ECTS : 2

Volume horaire TD : 24

Code ELP : LDL4M72

Composante : UFR Humanités

Langue d'enseignement : Français

Période de l'année : Semestre 4

Plage horaire : Journée

Description

Description

Enseignement à choix : une matière à choisir parmi les 9 proposées.

 

  1. Littérature francophone
  2. Renouveau du Moyen Âge
  3. Récits mythiques, contes et nouvelles
  4. Bible et littérature
  5. Écritures poétiques
  6. Littérature et cinéma
  7. Littérature et image
  8. Écritures politiques
  9. Transferts culturels
  10. […] (Agen )

 

 

Certaines matières (aussi appelées « options ») se retrouvent d’un semestre à l’autre ; mais il n’est aucunement obligatoire de suivre la même sur toute l’année.

Pour les étudiants du régime général (étudiants assidus) : l’affectation dans les différents groupes se fera en fonction des souhaits des étudiants ET en fonction des places libres. Il faut donc se préparer à formuler trois vœux par ordre de préférence lors des inscriptions pédagogiques, et attendre le résultat des affectations pour se procurer les œuvres, à la rentrée. Dans le cas des étudiants ayant cet enseignement en Mineure, les conditions d’affectation dans les groupes ne sont pas encore connues.

Antenne Universitaire d’Agen : la matière 10 est réservée aux étudiants inscrits à Agen.

FAD : ce semestre, seule la matière 9 (Transferts culturels) est proposée en formation à distance (FAD). Nous conseillons donc aux étudiants dispensés d’assiduité de la choisir de préférence.

Responsable de l’UE : Florence Plet-Nicolas

Intervenants : Katy Bernard, Céline Barral, Florence Boulerie, Mounira Chatti, Véronique Ferrer, Nicolas Le Flahec, Valéry Hugotte, Élise Pavy, Florence Plet-Nicolas, Alice Vintenon.

 

Présentation de l’UE :  

PROGRAMMES 2016-2017,  au choix :

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MATIÈRE 1 : Littérature francophone (Groupe 1)

Intervenant : Mounira Chatti

 

Féminin/masculin :

Écriture et transgression

(programme de l’année universitaire 2016-2017)

La problématique du masculin/féminin (et de la différence des sexes) occupe une place importante dans la littérature francophone du Maghreb et du Machreq. Écrire, pour les femmes, ne va pas de soi ; c’est un acte de transgression, de dénonciation, d’affirmation. Quand on pense à Schéhérazade, on peut ajouter que les femmes écrivent pour ne pas mourir. L’écriture répond à des urgences encore plus cruciales : écrire est une action de dévoilement. Assia Djebar orchestre un chœur de voix au féminin et représente les personnages en tant que voix et corps. De son côté, Tahar Ben Jelloun met en scène la solitude d’un personnage féminin contraint de se faire passer pour un homme et de vivre dans le mensonge et la dissimulation. Vénus Khoury-Ghata met en scène un destin féminin tragique. Rompant le silence et l’enfermement séculaires, ces textes suggèrent la contestation, la résistance et la renaissance des femmes.

Textes de référence : lectures obligatoires

Tahar Ben Jelloun (Maroc), L’Enfant de sable, Points, 2014.

Assia Djebar (Algérie), Ombre sultane, Le Livre de Poche, 2006.

Vénus Khoury-Ghata (Liban), Sept pierres pour la femme adultère, Folio, 2009.

Bibliographie

M. Calle-Gruber, A. Djebar ou la résistance de l’écriture, Maisonneuve&Larose, 2001.

Denise Brahimi, Tahar Ben Jelloun, L’Enfant de sable. Lecture critique, Champion, 2015.

Laurence Kohn-Pireaux, Étude sur Tahar Ben Jelloun : L'enfant de sable, La nuit sacrée, Ellipses, 2000.

Mounira Chatti, Femmes création, L’Amandier, 2012.

 

Évaluation :

1ère session :

Régime général : contrôle continu

Dispensés : examen oral (préparation : 30 mn ; passage : 20 mn maximum) sur des questions supposant à la fois la connaissance du cours et celle des textes au programme.

2e session : régime général et dispensés : examen oral (préparation : 30 mn ; passage : 20 mn maximum) sur des questions supposant à la fois la connaissance du cours et celle des textes au programme.

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MATIÈRE 2 : Renouveau du Moyen Âge (Groupe 2)

Intervenant : Katy Bernard

Regards (du XIXe au XXIe siècle) sur le Moyen Âge occitan :

La légende de Jaufre Rudel et le catharisme

(programme de l’année universitaire 2016-2017)

Ce cours abordera deux grands axes du Moyen Âge occitan à travers des représentations modernes et contemporaines :

1) La fin'amor : il s’agira, dans un premier temps, de traiter de la vision moderne et contemporaine de la fin’amor des troubadours à travers la légende de Jaufre Rudel, inventeur de la représentation poétique de l’amor de lonh, « amour de loin ». Au sein des troubadours, Jaufre Rudel se distingue, du point de vue de sa légende, par sa quête d’un amour absolu qui le mènera à rencontrer sa dame aux portes de la mort. Sorte d’Orphée inversé, il symbolise aujourd’hui la manifestation la plus extrême de cet amour troubadouresque qui, au XIIe siècle, repensa les rapports amoureux et renouvela l’image de la dame. L’histoire de cette mort par amour ne cesse de fasciner. Elle sera étudiée avec, essentiellement, les œuvres suivantes pour support :

 

- Opéra (livret) :

Amin Maalouf, L’Amour de Loin, Paris, Le Livre de Poche, 2001.

- Théâtre :

Edmond Rostand, La Princesse lointaine, Paris, Pierre Lafitte, 1911, extraits : Acte I, scène 2, p. 9 ; Acte I, scène 3, p. 14-19 ; Acte I, scène 4, p. 22-24 et Acte IV, scène 2, p. 110-124.

- Œuvre médiévale :

Jaufre Rudel, sa vida et les chansons Lanquan li jorn son lonc en may, No sap chantar qui so non di et Quan lo rossinhols el folhos.

 

2) Les cathares : il s’agira, dans un second temps, de traiter de la vision moderne et contemporaine de la Croisade contre les Albigeois (1209-1255) et du catharisme. Pour ce faire, seront étudiées dans un premier temps les représentations du personnage de Simon de Montfort, chef des croisés, qui, venu combattre l’hérésie cathare, mourut aux portes de Toulouse après avoir mis le pays des seigneurs toulousains à feu et à sang. Dans un second temps, il s’agira d’analyser les écrits relatant l’épisode de Montségur où fut allumé l’un des plus grands bûchers d’hérétiques cathares. Le souvenir de ces épisodes déterminants pour l’histoire de France reste très vivace dans les esprits. Les supports qui nous permettront d’aborder cette thématique sont les suivants :

 

- Roman :

Zoé Oldenbourg, Les Brûlés, Paris, Gallimard, 1960.

- Théâtre :

Pierre Naudin, Simon de Montfort, Bordeaux, Aubéron, 2002.

- Bandes dessinées :

Dominique Baudis, François Corteggiani, Michel Suro, Raímond le Cathare, Toulouse, Milan/Loubatières, 2004.

Michel Roquebert, Gérald Forton, Aymeric à Montségur, Portet sur Garonne, Loubatières Éditeur, 1981.

- Œuvre médiévale :

Édition de référence : Eugène Martin-Chabot, La Chanson de la Croisade albigeoise, Paris, Les Belles Lettres, 3 tomes, 1957-1961.

Texte intégral disponible sous l’édition : La Chanson de la Croisade albigeoise, Paris, Le Livre de Poche, coll. « Lettres Gothiques », 1989.

Bibliographie :

Amin Maalouf, L'Amour de loin, Paris, Le livre de Poche, 2001.

Seule cette œuvre fera l’objet d’un achat, concernant les autres textes de référence mentionnés dans le descriptif du cours, un recueil des pièces et passages étudiés sera fourni en cours, de même qu’une bibliographie complémentaire.

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MATIÈRE 3 :  Récits mythiques, contes et nouvelles (Groupe 3)

Intervenant : Alice Vintenon

Le vraisemblable dans la nouvelle,

de la Renaissance à l’âge classique

(programme de l’année universitaire 2016-2017)

Ce cours propose de présenter les évolutions du récit bref de la Renaissance au XVIIe siècle, en abordant plusieurs grands auteurs français (Marguerite de Navarre, Bonaventure des Periers, Jacques Yver, Boaistuau, Philippe d’Alcripe, Madame de Lafayette…) et européens (Boccace, Straparola…). Nous analyserons les choix esthétiques des auteurs qui, tout en s’inscrivant souvent dans la continuité du modèle boccacien, choisissent de le tirer tantôt vers la fable et le conte merveilleux, tantôt vers la vérité historique. Nous mettrons ces choix en perspective avec les débats sur la vraisemblance et la mimèsis menés par les théoriciens de la Renaissance. Il s’agira aussi, plus globalement, de réfléchir à l’esthétique de la nouvelle, en analysant les effets comiques et pathétiques que permet le récit bref, de même que ses qualités pédagogiques ou édifiantes.

Textes de référence : lectures obligatoires

La plupart des textes au programme seront distribués à la rentrée. Mais vous devrez vous procurer les œuvres suivantes :

-          Boccace, Le Décaméron, trad. Christian Bec, Paris, LGF, Le Livre de poche, Bibliothèque classique, 1994.

-          Madame de Lafayette, Histoire de la princesse de Montpensier et autres nouvelles, éd. Martine Reid, Paris, Gallimard, Folio, « Femmes de Lettres », 2009.

Bibliographie

Bayle, Ariane, Romans à l’encan : de l'art du boniment dans la littérature du XVIe siècle, Genève, Droz, 2009.

Duprat, Anne, Vraisemblances. Poétique et théorie de la fiction en France et en Italie (XVIe-XVIIe siècles), Paris, Champion, Bibliothèque de littérature générale et comparée, 2009.

Ventura, Daniela, Fiction et vérité chez les conteurs de la Renaissance en France, Italie, Espagne, Presses universitaires de Lyon, 2002.

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MATIÈRE 4 : Bible et littérature (Groupe 4)

Intervenant : Véronique Ferrer

Les Psaumes et le Cantique des cantiques

à l’époque pré-moderne

(programme de l’année universitaire 2016-2017)

S’interrogeant sur les deux livres poétiques majeurs de l’Ancien Testament, ce cours se propose d’examiner le rôle fondamental qu’ils jouèrent dans l’émergence d’une poésie lyrique à la Renaissance et à l’âge baroque. En traduisant partiellement le Psautier au XVIe siècle, Marot crée un précédent poétique dont vont s’autoriser les poètes de la génération suivante pour imposer l’inspiration davidique comme modèle d’écriture absolu, apte à traduire les tremblements du cœur et les émotions de l’âme. Attribué au roi-poète Salomon, le Cantique des Cantiques, haut chant d’amour, unique en son genre parmi les livres inspirés, a constitué une puissante source d’inspiration littéraire. L’ambiguïté fondamentale du Cantique a donné lieu à des lectures contradictoires : certaines y voient un poème profane louant l’érotisme amoureux, d’autres y décèlent la célébration des noces du Christ et de l’Église, et par extension, l’expression de l’union de l’âme et de Dieu, par un effacement du sens littéral au profit du sens mystique. En croisant les lectures et en s’intéressant à quelques réécritures privilégiées, il s’agira d’évaluer le rôle qu’a joué cet épithalame biblique dans l’élaboration des langages occidentaux de l’amour, entre sens littéral et interprétation spirituelle, entre écriture mystique et discours poétique.

Textes de référence : lectures obligatoires

Les textes seront distribués sous forme de photocopies au début du semestre.

Bibliographie

Des indications bibliographiques seront données au début du semestre.

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MATIÈRE 5 : Écritures poétiques  (Groupe 5)

 Intervenant : Valéry Hugotte

Ombres et fantômes :

Quelques modulations de la figure féminine dans la poésie moderne

(programme de l’année universitaire 2016-2017)

On se proposera d'étudier quelques modulations de la figure féminine dans la poésie moderne. Ainsi, avec Robert Desnos, la femme est célébrée comme un fantôme insaisissable, inspirant ces « douleurs de l'amour » qui seules semblent justifier l’écriture poétique. Avec Henri Michaux, c’est le deuil impossible qui cherche à s’écrire, le poème hésitant entre l’affirmation d’un « Nous deux encore » et l’acceptation d’une séparation définitive avec celle qui n’est plus qu’une ombre lointaine. Non sans nous renvoyer à sa propre énigme, la poésie s’attache ainsi à une figure d’autant plus obsédante qu’elle nous confronte à son absence.

        

Une anthologie de textes sera distribuée aux étudiants.

 

Lectures conseillées :

André Breton : Nadja (Gallimard, « Folio »).

Robert Desnos : Corps et biens (Poésie/Gallimard).

Henri Michaux : La Vie dans les plis (Poésie/Gallimard).

 

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MATIÈRE 6 : Littérature et cinéma (Groupe 6)

Intervenant : Florence Plet-Nicolas

« Le roi qui ne peut pas mourir » :

Arthurau cinéma

(programme de l’année universitaire 2016-2017)

Le Moyen Âge est un formidable réservoir de mythes offert aux recréations contemporaines, et en particulier au cinéma. Ce semestre est consacré à la légende arthurienne. De la superproduction hollywoodienne au dessin animé, de la fresque mythique à la parodie « culte », ce « roi qui ne peut pas mourir » (I. Cani) a beaucoup inspiré aux cinéastes anglo-saxons des films d’aventure et d’amour, mâtinés de mythe politique et de quête spirituelle.

Les trois films au programme proposent chacun à leur manière un Moyen Âge réinventé par les moyens propres au cinéma : passé fascinant parce que révolu et étrange(r) ; ou tout au contraire, passé qui ne fait que dire le présent sous un masque ancien.

Il ne s’agira pas d’étudier les films en tant qu’adaptation d’une œuvre littéraire au cinéma : d’abord parce qu’on ne trouve pas à la source une œuvre précise (contrairement à ce qu’affirme parfois le générique), mais un mythe littéraire ; ensuite, parce qu'il s’agit d’aborder ces films en soi, en tant tant qu'œuvre, en utilisant nos outils d’analyse littéraire, d’autant qu'ils sont tous trois marqués par la démarche très personnelle de chaque auteur ou studio, et contribuent à leur tour au mythe par les moyens propres au cinéma.

Œuvres de référence : lecture/visionnage obligatoires

Films au programme (disponibles à la Bibliothèque Universitaire, à visionner aussitôt que possible).

 

- The Knights of the Round Table (Les Chevaliers de la Table ronde), réalisé par Richard Thorpe, USA, Metro-Golwin-Mayer, 1953.

- Monthy Python, The Holy Grail (Sacré graal), réalisé par Terry Gilliam et Terry Jones, GB, FNTC Monthy Python Pictures, 1974.

- Excalibur, réalisé par John Boorman, USA, Warner Bros., 1981.

 

D’autres films seront évoqués en cours.

 

Texte au programme (deux courts textes critiques, éclairants, à lire aussitôt que possible)

 

- Isabelle Cani, « Le roi qui ne peut pas mourir. Représenter au XXe siècle la fin des temps arthuriens », in Figures mythiques du Moyen Âge aux XIXe-XXe siècles, sous la direction d’Alain Montandon, Cahiers de Recherches Médiévales, 11, 2004, p.95-108. Article en ligne sur le site des CRMH : http://crm.revues.org/index1763.html

 

- Isabelle Cani, « Des temps mythiques à l'ère Kennedy : le cinéma arthurien, si loin ou si proche de nous ? », chapitre consacré au cinéma dans Le Roi Arthur, au miroir du temps, ouvrage collectif sous la direction d'Anne Besson, Dinan, Terre de Brume, 2007, p. 159-184.

Bibliographie

F. Amy de la Brétèque, L'imaginaire médiéval dans le cinéma occidental, Paris, NBMA, Champion, 2004.

F. Amy de la Brétèque, Le Moyen Âge au cinéma : panorama historique et artistique, Paris, Armand Colin, 2015.

Sandra Gorgievski, Le mythe d'Arthur : De l'imaginaire médiéval à la culture de masse (paralittérature, bande dessinée, cinéma, beaux-arts), Liège, éd. du Céfal, « Travaux et thèses Paralittérature », 2002.

Tiphaine Samoyault, L'intertextualité, mémoire de la littérature, Paris, Armand Colin, coll. « 128 » 2005.

La Légende du roi Arthur,exposition virtuelle de la BnF : http://expositions.bnf.fr/arthur

(Évitez l’article de wikipédia, à la fois trop sommaire et trop savant !)

 

Une bibliographie critique complémentaire sera fournie au cours du TD.

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MATIÈRE 7 : Littérature et image (Groupe 7)

Intervenant : Élise Pavy-Guilbert

L’art et les haines :

Genèse de la critique et querelles artistiques

(programme de l’année universitaire 2016-2017)

Aux origines de la critique d’art réside un coup de force, l’appropriation du discours sur l’art, aussitôt interprétée comme une haine de l’art et des artistes. Le XVIIIe siècle voit se développer en France les expositions royales au Louvre et les critiques qui les accompagnent. Après la fondation de l’Académie royale de peinture et de sculpture, une exposition est créée, qui a d’abord lieu en plein air dans la Cour du Palais-Royal puis dans la Grande Galerie du Louvre. Elle trouve au milieu du siècle son lieu définitif, le Salon Carré du Louvre, et progressivement son rythme, non plus annuel mais bisannuel. Gratuite et accessible à tous, l’exposition royale s’ouvre le 25 août, jour de la Saint Louis, et donne naissance aux Salons, textes qui la commentent. Les tableaux, sculptures, dessins, gravures et tapisseries exposés par les artistes parmi les plus doués de leur génération déchaînent rapidement les passions. Rédigées par des salonniers, « journalistes » avant l’heure, amateurs ou littérateurs, les critiques contribuent à une conquête du discours sur l’art, souvent au nom d’un « public » naissant, entité encore indéterminée. Elles esquissent aussi les contours d’une pensée nouvelle sur l’art. La Font de Saint-Yenne est un précurseur et l’un des premiers critiques d’art, au sens moderne du terme. Ses textesattisent les haines et déclenchent le scandale. Certaines œuvres exposées au Louvre cristallisent les tensions, marquées du sceau de l’hostilité et de l’animosité, de la répugnance et de l’acharnement. Les comptes rendus reflètent cette actualité brûlante. En analysant les œuvres exposées, les salonniers jugent l’art mais aussi la culture et la société de leur temps. Ils réfléchissent à l’avènement d’une esthétique du spectateur, l’un des enjeux essentiels de la critique. Si la théorie de l’art relève d’une systématique, sa gageure consistant à édicter des principes, la critique d’art observe le fondement matriciel de chaque œuvre et de chaque artiste. Son défi n’est autre que la formulation critique. Ce cours se propose d’interroger la critique d’art au moment même de son émergence, à travers la figure de La Font de Saint-Yenne et les premiers salonniers. Critiquer revient à séparer et à diviser, à penser et à classer. Qu’est-ce que la critique d’art et les querelles artistiques nous apprennent sur l’art lui-même, ses codes, ses hiérarchies et ses objectifs ? Que signifie la manière dont nous jugeons l’art ? Telles seront les questions posées pour apporter des réponses qui éclairent à la fois notre rapport à l’art et à la littérature.

 

Texte de référence : lecture obligatoire

La Font de Saint-Yenne, Œuvre critique, Étienne Jollet (éd.), Paris, Édition de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts, 2001.

Une anthologie de textes sera donnée en cours (anthologie établie à partir de la Collection de pièces sur les Beaux-Arts imprimées et manuscrites, recueillie par Pierre-Jean Mariette, Charles-Nicolas Cochin et M. Deloynes, dite « Collection Deloynes », 63 tomes en 65 volumes, 2069 pièces, Paris, BnF site Richelieu, Cabinet des Estampes).

 

Bibliographie (indicative)

Une bibliographie critique complémentaire sera fournie en cours.

La Peinture en procès, l’invention de la critique d’art au siècle des Lumières, René Démoris et Florence Ferran (éds), Paris, Presses de la Sorbonne nouvelle, 2001.

Bryson, Norman, Word and Image. French painting of the Ancien Régime, Cambridge University Press, 1981.

Crow, Thomas, La Peinture et son public à Paris au XVIIIe siècle [Painters and Public Life in Eighteenth-Century Paris, Yale University, 1985], André Jacquesson (trad. fr.), Paris, Macula, 2000.

Dresdner Albert, La Genèse de la critique d’art – dans le contexte historique de la vie culturelle européenne [Entstehung der Kunstkritik im Zusammenhang der Geschichte des europäischen Kunstlebens, 1915], Thomas de Kayser (trad.), préface de Thomas W. Gaehtgens,Paris, Éditions de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts, 2005.

Gaehtgens Thomas W., L’art, l’histoire, l’histoire de l’art, avant-propos d’Andreas Beyer, préface de Pierre Nora, Françoise Joly, Jeanne Bouniort et Anne Charrière (trad.), Paris, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2011.

Wrigley, Richard, The Origins of French Art Criticism from the Ancient Regime to the Restoration 1699-1827, Oxford, Clarendon Press, 1993.

Zmijewska, Hélène, « La critique des Salons en France avant Diderot », Gazette des Beaux-Arts, Paris, PUF, VIe période, t. 76, juillet-août 1970, p. 1-144.

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MATIÈRE 8 : Écritures politiques (Groupe 8)

Intervenant : Florence Boulerie

Le discours politique, une littérature à réinventer

(programme de l’année universitaire 2016-2017)

A l’heure où le discours politique est trop souvent frappé de discrédit, où il est généralement accusé d’utiliser une « langue de bois » stéréotypée et sans affect, à moins qu’au contraire on ne le lui reproche de faire appel à des émotions faciles et racoleuses, il convient de s’interroger sur les contraintes inhérentes au genre, sur ses marges de manœuvre et sa capacité à changer l’ordre du monde.

En revenant sur des discours qui ont marqué l’histoire, le programme entend promouvoir la qualité littéraire de textes devenus bien souvent emblématiques d’une aspiration à l’idéal ou d’un bouleversement de la société : la politique a ses envolées lyriques et ses moments d’éclat du verbe tout puissant.

Au cours du semestre, la lecture de discours célèbres donnera lieu à une analyse de l’éloquence politique, mais aussi à des pratiques d’écriture (imitation et invention) destinées à redonner sens et vigueur au genre. L’évaluation portera sur ces deux formes d’exercice.

Textes de référence : lecture obligatoire

Robespierre, Discours sur la religion, la République, l’esclavage, éditions de l’Aube, 2016 (11€).

Hugo/Lamartine, Discours et lettres, éditions de l’Epervier, coll. « Grands combats », 2010 (9,50€).

Boutin (Christophe), Les grands discours du XXe siècle, Flammarion, 2009 (8€).

Bibliographie indicative :

Bouyer (Christian) et Ponthus (René), Les grands discours républicains, Le Cherche-midi, 1998.

Delporte (Christian), Une Histoire de la langue de bois, Flammarion, 2009.

Dupart (Dominique), Le lyrisme démocratique ou la naissance de l’éloquence romantique chez Lamartine, 1834-1849, Champion, 2012.

Fresse (Alexandra), Ecrire un discours : manuel pratique à l’usage de l’élu ou de sa plume, Territorial éditions, 2015.

Garrigues (Jean), (dir.), Les grands discours parlementaires de la Révolution : de Mirabeau à Robespierre, 1789-1795, Armand Colin, 2005.

Garrigues (Jean), (dir.), Les grands discours parlementaires du XIXe siècle : de Benjamin Constant à Adolphe Thiers, 1800-1870, Armand Colin, 2004.

Garrigues (Jean), (dir.), Les grands discours parlementaires de la IIIe République. De Victor Hugo à Clémenceau : 1870-1914, Armand Colin, 2004.

Garrigues (Jean), (dir.), Les grands discours parlementaires de la IIIe République. De Clémenceau à Léon Blum : 1914-1940, Armand Colin, 2004.

Garrigues (Jean), (dir.), Les grands discours parlementaires de la IVe République : de Pierre Mendès France à Charles de gaulle, 1945-1958, Armand Colin, 2006.

Garrigues (Jean), (dir.), Les grands discours parlementaires de la Ve République, Armand Colin, 2006.

Ghiglione (Rodolphe), Je vous ai compris : ou l’analyse des discours politiques, Armand Colin, 1989.

Le Drezen (Bernard), Victor Hugo ou l’éloquence souveraine : pratiques et théorie de la parole publique chez Victor Hugo, L’Harmattan, 2005.

Mayaffre (Damon), Le discours présidentiel sous la Ve République : Chirac, Mitterrand, Giscard, Pompidou, de Gaulle, Les presses de Science Po, 2012.

Robespierre (Maximilien), Pour le bonheur et pour la liberté : discours, La Fabrique, 2000.

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MATIÈRE 9 : Transferts culturels (Groupe 9)

Intervenant : Céline Barral

Ce programme est proposé à la FAD

Poésie et témoignage : l’obscur et le mondial

(programme de l’année universitaire 2016-2017)

Le cours interrogera les formes du témoignage poétique et la question de l’obscurité en poésie dans deux contextes culturels, l’après-1945 en Allemagne et l’après-maoïsme en Chine. Nous étudierons les choix poétiques de Paul Celan et de plusieurs poètes chinois (Bei Dao, Mang Ke, Gu Cheng, Wang Jiaxin). Un même reproche d’obscurité a été adressé aussi bien à ces poètes chinois qui écrivent dans les années 1980 qu’à Paul Celan, par Primo Levi. Ce reproche touche à la mission qu’on attribue à la poésie de témoigner sur son temps et sur l’Histoire. Le poète n’assume pas ici avec facilité ce statut de témoin. L’œuvre de Paul Celan a influencé certains poètes de la génération chinoise considérée, comme Wang Jiaxin, qui a, plus récemment (2002), publié une traduction de poèmes de Celan en chinois. La revue Jintian (Today), fondée par Bei Dao et Mang Ke en 1978 en Chine puis interdite et refondée en 1990 à l’étranger, a joué un grand rôle dans la réception des écrivains européens d’après-1945, puis dans la circulation diasporique des textes des auteurs chinois. En Occident à l’inverse, la réception des poètes chinois dits « obscurs » se heurte à une accusation de trop grande « mondialité ». Lors de la traduction d’un recueil de Bei Dao en anglais par Bonnie McDougall, le sinologue Stephen Owen a pu voir dans la poésie de Bei Dao une « poésie mondiale », écrite pour être traduisible et peu ancrée dans les formes de codification traditionnelle qui donnent sens et profondeur à la poésie chinoise. Une polémique, qui engage des chercheurs et des traducteurs de différents horizons, nationalités et langues, s’est déployée dans les années 1990 autour de cette lecture problématique de la poésie contemporaine chinoise et de l’idée très controversée de « poésie mondiale ». En revenant sur ces débats, nous interrogerons aussi les thèses de Pascale Casanova sur le « méridien » du modernisme littéraire dans la littérature mondiale.

 

Corpus:

Paul Celan, Choix de poèmes (réunis par l’auteur), tr. de l’allemand Jean-Pierre Lefebvre, éd. bilingue, Paris, Poésie/ Gallimard, 1998. Lire en particulier la section « Pavot et mémoire ».

Bei Dao, Paysage au-dessus de zéro, tr. du chinois par Chantal Chen-Andro, Belval, Circé, 2004.

Inspirations chinoises, poèmes de Yu Jian, Gu Cheng, Wang Jiaxin, Zang Di, Xi Du, tr. du chinois par Isild Darras, éd. bilingue, Paris, L’Harmattan, 2004.

 

On s’appuiera aussi ponctuellement sur l’anthologie :

Le Ciel en fuite. Anthologie de la nouvelle poésie chinoise, éd. et tr. Chantal Chen-Andro et Martine Vallette-Hémery, Circé, 2004.

 

Une bibliographie critique sera proposée aux étudiants en début de semestre

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MATIÈRE 10 : Écriture et édition (Groupe d’Agen)

Ce programme est réservé aux étudiants de l’Antenne Universitaire d’Agen 

Intervenant : Nicolas Le Flahec

Devenir écrivain : mythes et réalité

(programme de l’année universitaire 2016-2017)

Si la figure de l’écrivain continue à fasciner, la littérature peut parfois réserver des désillusions. « Analphabète esseulé au pied d’un Olympe », le narrateur de Vies minuscules de Pierre Michon réalise par exemple qu’en élevant trop haut la littérature, il a rendu toute forme d’écriture impossible. Pour autant, ces écueils peuvent aussi nourrir la création et il faut parfois raconter ce qui a longtemps différé l’écriture pour pouvoir devenir écrivain. Les étudiants participant à ce cours sont invités à suivre ce parcours souvent sinueux.  La première partie du semestre sera consacrée à l’étude de Vies Minuscules. D’autres extraits de l’œuvre de Pierre Michon viendront compléter cette analyse. Nous nous intéresserons ensuite à des personnages qui, dans d’autres récits, souhaitent eux aussi devenir écrivains et connaissent des fortunes diverses en empruntant le chemin qui mène à l’édition.

Texte de référence : lecture obligatoire

MICHON (Pierre), Vies minuscules, Paris, Gallimard, « Folio », 1996 (1984).

Bibliographie

FANTE (John), Demande à la poussière, Paris, 10/18, 1986 (1939).

LONDON (Jack), Martin Eden, Paris, Phébus, « Libretto », 2001 (1909).

MICHON (Pierre), Rimbaud le fils, Paris, Gallimard, « Folio », 1993 (1991).

MICHON (Pierre), Corps du roi, Lagrasse, Verdier, 2002.

MICHON (Pierre), Le Roi vient quand il veut, Paris, Le Livre de poche, 2010.

 

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Évaluation :

 1ère session :

Régime général : Contrôle continu.

 Dispensés : Oral (préparation de 30 mn, oral de 15-20 mn). Les œuvres étudiées doivent être apportées.

2e session : régime général et dispensés 

Oral (préparation de 30 mn, oral de 15-20 mn). Les œuvres étudiées doivent être apportées.

Informations complémentaires

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