Littérature et culture 4 - Université Bordeaux Montaigne

Littérature et culture 4

Crédits ECTS : 2

Volume horaire TD : 24

Code ELP : LDL4M72

Composante : UFR Humanités

Langue d'enseignement : Français

Période de l'année : Semestre 4

Plage horaire : Journée

Description

L’UE « Littérature et culture » fait partie du cursus de Lettres sur les six semestres de la Licence. En deuxième année, elle est également ouverte comme mineure aux autres formations, ce qui permet de brasser des étudiants aux approches variées et complémentaires, tout en restant fondamentalement littéraire. Elle propose chaque semestre une matière (aussi appelée « option »), à choisir parmi la liste ci-dessous :

 

LDL4M721- Littérature francophone

LDL4M722- Renouveau du Moyen Âge

LDL4M723- (Récits mythiques, contes et nouvelles : option non offerte en 2017-18)

LDL4M724- Bible et littérature

LDL4M725- Écritures poétiques

LDL4M726- Littérature et cinéma

LDL4M727- Littérature et image

LDL4M728- Écritures politiques

LDL4M729- Littérature mondiale 

LDL4M730- Transferts culturels (option offerte à la FAD uniquement)

LDL3T7-      Écriture et édition (option offerte à l’antenne d’Agen uniquement)

Certaines matières se retrouvent d’un semestre à l’autre ; mais il n’est aucunement obligatoire de suivre la même sur toute l’année.

Pour les étudiants du régime général (étudiants assidus) : l’affectation dans les différents groupes se fera en fonction des souhaits des étudiants ET en fonction des places libres. Il faut donc se préparer à formuler trois vœux par ordre de préférence lors des inscriptions pédagogiques, et attendre le résultat des affectations pour se procurer les œuvres, à la rentrée.

Antenne Universitaire d’Agen : seule l’option LDL3T7(Écriture et édition) est ouverte aux étudiants inscrits à Agen.

FAD : ce semestre, l’option LDL4M730 (Transferts culturels) est proposée en formation à distance (FAD) exclusivement. Nous conseillons donc aux étudiants dispensés d’assiduité de la choisir de préférence. Contrairement au semestre 1, aucun groupe en présentiel n’est ouvert sur le programme FAD.

 

Responsable de l’UE : Florence Plet-Nicolas

Intervenants : Katy Bernard, Céline Barral, Florence Boulerie, Mounira Chatti, Julien Cussaguet, Nicolas Le Flahec, Valéry Hugotte, Élise Pavy, Florence Plet-Nicolas.

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PROGRAMMES 2017-18, au choix :

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LDL4M721- Littérature francophone (Groupe 1)

Intervenant : Mounira Chatti

(programme de l’année universitaire 2017-18)

Féminin/masculin : une écriture de la transgression

La problématique du masculin/féminin (et de la différence des sexes) occupe une place importante dans la littérature francophone. Écrire, pour les femmes, ne va pas de soi ; c’est un acte de transgression, de résistance, d’affirmation. Quand on pense à Schéhérazade, on peut ajouter que les femmes racontent des histoires pour ne pas mourir. L’écriture répond à des urgences encore plus cruciales : écrire est une action de dévoilement. Mariama Bâ fonde le roman féminin en Afrique noire tout en insistant sur la relation entre politique et littérature. Dans Les Marches de sable, Andrée Chedid orchestre un chœur de voix à travers une poétique du désert et de l’errance féminine. De son côté, Tahar Ben Jelloun met en scène la solitude d’un personnage féminin contraint de se faire passer pour un homme et de vivre dans le mensonge et la dissimulation.

Textes de référence : lectures obligatoires

Mariama Bâ, Une si longue lettre (1979), Le Serpent à Plumes, 2001. 

Andrée Chedid, Les Marches de sable (1981), Poche.

Tahar Ben Jelloun (Maroc), L’Enfant de sable, Points, 2014.

Bibliographie

Elodie Gaden, Andrée Chedid : Les Marches de sable, Paris, Champion, 2016.

Bouba Tabti-Mohammedi, Mariama Bâ, Une si longue lettre, Champion, 2016.

Denise Brahimi, Tahar Ben Jelloun, L’Enfant de sable. Lecture critique, Champion, 2015.

Laurence Kohn-Pireaux, Étude sur Tahar Ben Jelloun : L'enfant de sable, La nuit sacrée, Ellipses, 2000.

Mounira Chatti, Femmes et création, L’Amandier, 2012.

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LDL4M722- Renouveau du Moyen Âge (Groupe 2)

Intervenant : Katy Bernard

(programme de l’année universitaire 2017-18)

Regards (du XIXe au XXIe siècle) sur le Moyen Âge occitan : La légende de Jaufre Rudel et le catharisme

Ce cours abordera deux grands axes du Moyen Âge occitan à travers des représentations modernes et contemporaines :

1) La fin'amor : il s’agira, dans un premier temps, de traiter de la vision moderne et contemporaine de la fin’amor des troubadours à travers la légende de Jaufre Rudel, inventeur de la représentation poétique de l’amor de lonh, « amour de loin ». Au sein des troubadours, Jaufre Rudel se distingue, du point de vue de sa légende, par sa quête d’un amour absolu qui le mènera à rencontrer sa dame aux portes de la mort. Sorte d’Orphée inversé, il symbolise aujourd’hui la manifestation la plus extrême de cet amour troubadouresque qui, au XIIe siècle, repensa les rapports amoureux et renouvela l’image de la dame. L’histoire de cette mort par amour ne cesse de fasciner. Elle sera étudiée avec, essentiellement, les œuvres suivantes pour support :

- Opéra (livret) :

Amin Maalouf, L’Amour de Loin, Paris, Le Livre de Poche, 2001.

- Théâtre :

Edmond Rostand, La Princesse lointaine, Paris, Pierre Lafitte, 1911, extraits : Acte I, scène 2, p. 9 ; Acte I, scène 3, p. 14-19 ; Acte I, scène 4, p. 22-24 et Acte IV, scène 2, p. 110-124.

- Œuvre médiévale :

Jaufre Rudel, sa vida et les chansons Lanquan li jorn son lonc en may, No sap chantar qui so non di et Quan lo rossinhols el folhos.

2) Les cathares : il s’agira, dans un second temps, de traiter de la vision moderne et contemporaine de la Croisade contre les Albigeois (1209-1255) et du catharisme. Pour ce faire, seront étudiées dans un premier temps les représentations du personnage de Simon de Montfort, chef des croisés, qui, venu combattre l’hérésie cathare, mourut aux portes de Toulouse après avoir mis le pays des seigneurs toulousains à feu et à 

sang. Dans un second temps, il s’agira d’analyser les écrits relatant l’épisode de Montségur où fut allumé l’un des plus grands bûchers d’hérétiques cathares. Le souvenir de ces épisodes déterminants pour l’histoire de France reste très vivace dans les esprits. Les supports qui nous permettront d’aborder cette thématique sont les suivants :

- Roman :

Zoé Oldenbourg, Les Brûlés, Paris, Gallimard, 1960.

- Théâtre :

Pierre Naudin, Simon de Montfort, Bordeaux, Aubéron, 2002.

- Bandes dessinées :

Dominique Baudis, François Corteggiani, Michel Suro, Raímond le Cathare, Toulouse, Milan/Loubatières, 2004.

Michel Roquebert, Gérald Forton, Aymeric à Montségur, Portet sur Garonne, Loubatières Éditeur, 1981.

- Œuvre médiévale :

Édition de référence : Eugène Martin-Chabot, La Chanson de la Croisade albigeoise, Paris, Les Belles Lettres, 3 tomes, 1957-1961.

Texte intégral disponible sous l’édition : La Chanson de la Croisade albigeoise, Paris, Le Livre de Poche, coll. « Lettres Gothiques », 1989.

Bibliographie :

Amin Maalouf, L'Amour de loin, Paris, Le livre de Poche, 2001.

Seule cette œuvre fera l’objet d’un achat, concernant les autres textes de référence mentionnés dans le descriptif du cours, un recueil des pièces et passages étudiés sera fourni en cours, de même qu’une bibliographie complémentaire.

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LDL4M721- Récits mythiques, contes et nouvelles (Groupe 3)

Groupe fermé en 2017-18

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LDL4M724- Bible et littérature (Groupe 4)

Intervenant : Julien Cussaguet 

(programme de l’année universitaire 2017-18)

La poésie des Psaumes à la Renaissance

Parmi les livres bibliques que l’on traduit et commente à la Renaissance, le Psautier retient tout particulièrement l’attention des poètes : il donne lieu à de nombreuses paraphrases et sert à l’élaboration de nouveaux principes poétiques. En balayant le large spectre des virtualités émotionnelles de l’être, il ouvre le champ poétique à l’expression de la subjectivité. Parce 

que la prière psalmique privilégie l’éloquence du cœur et parce qu’elle est fondée sur une dramatique des passions, elle offre aux poètes le modèle d’une parole ressourcée aux forces vives de l’ardeur et de l’émotion, de la spontanéité et de la sincérité : « David n’emprunte point une rhétorique fardee comme celle des orateurs profanes », dit Calvin, les « gemissements continuels et affectueux », les « interruptions », qui accompagnent son discours, sont les indices d’une expression immédiate des affects. Il s’agira donc d’apprécier ce renouvellement en profondeur de la poésie française en étudiant des extraits de poèmes qui seront fournis.

Le courant des réécritures psalmiques a ses grandes figures, qu’elles soient protestantes avec Marot, La Cépède, Théodore de Bèze, et par la suite Malherbe, ou bien catholiques, avec Desportes ou Garnier. Cependant, le cours prendra particulièrement appui sur Les Paraphrases sur les cent cinquante pseaumes de Jean-Baptiste Chassignet, œuvre publiée en 1613 au confluent de plusieurs mouvements poétiques. Si le rôle initial de la paraphrase est de traduire fidèlement un texte original, ou bien d’accomplir une transposition poétique aussi exacte que possible, cette conception ne va cesser d’évoluer dans cette période charnière de la fin du XVIème siècle au début du XVIIème siècle. Qu’elle soit une traduction fidèle ou un appareil didactique au service de la transmission d’une doctrine, la paraphrase possède néanmoins un invariant : il s’agit d’un instrument pour louer Dieu tout en éprouvant la capacité poétique de son auteur.

Textes de référence : lectures obligatoires

Avant le début des cours, il convient d’avoir pris connaissance du livre des Psaumes dans une version moderne (par exemple dans la Bible de Jérusalem).

Bibliographie indicative :

1. Bible moderne de référence

Bible de Jérusalem, Paris, Les Editions du Cerf, 1986.

2. Ouvrages critiques

JEANNERET (Michel), Poésie et tradition biblique au 16e siècle, Paris, José Corti, 1969.

LaCocque (André) et Ricoeur (Paul), Penser la Bible, Paris, Seuil, coll. « Points », 1998.

Les Paraphrases bibliques aux XVIe et XVIIe siècles, dir. Véronique Ferrer et Anne Mantero, Genève, Droz, 2004.

Poésie et Bible de la Renaissance à l’âge classique : 1550-1680 : actes du colloque de Besançon des 25 et 26 mars 1997, Paris, Champion, 1999.

Poétiques de la Renaissance, dir. P. Galand-Hallyn et F. Hallyn, Genève, Droz, 2001, chapitre IV : « Poésie et religion au XVIe siècle » par Jean Vignes.  

Le Temps des Réformes et la Bible, dir. Guy Bedouelle et Bernard Roussel, Paris, Beauchesne, 1989.

3. Quelques œuvres des XVIe et XVIIe siècles

CHASSIGNET (Jean-Baptiste), Les Paraphrases sur les cent cinquante Pseaumes de David, Lyon, Cl. Morillon, 1613.

Desportes (Philippe), Les C.L. Pseaumes de David, mis en vers françois, Rouen, R. Du Petit Val, 1603.

La Ceppède (Jean de), Imitation des pseaumes de la penitence de David, Toulouse, Colomiez, 1612.

Marot (Clément) et Bèze (Théodore de), Les Psaumes en vers français, fac-similé de l’édition genevoise de Michel Blanchier, 1562, éd. P. Pidoux, Genève, Droz, 1986.

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LDL4M725- Écritures poétiques  (Groupe 5)

 Intervenant : Valéry Hugotte

(programme de l’année universitaire 2017-18)

Ombres et fantômes : Quelques modulations de la figure féminine dans la poésie moderne

On se proposera d'étudier quelques modulations de la figure féminine dans la poésie moderne. Ainsi, avec Robert Desnos, la femme est célébrée comme un fantôme insaisissable, inspirant ces « douleurs de l'amour » qui seules semblent justifier l’écriture poétique. Avec Henri Michaux, c’est le deuil impossible qui cherche à s’écrire, le poème hésitant entre l’affirmation d’un « Nous deux encore » et l’acceptation d’une séparation définitive avec celle qui n’est plus qu’une ombre lointaine. Non sans nous renvoyer à sa propre énigme, la poésie s’attache ainsi à une figure d’autant plus obsédante qu’elle nous confronte à son absence.

Une anthologie de textes sera distribuée aux étudiants.

Lectures conseillées :

André Breton : Nadja (Gallimard, « Folio »).

Robert Desnos : Corps et biens (Poésie/Gallimard).

Henri Michaux : La Vie dans les plis (Poésie/Gallimard).

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LDL4M726- Littérature et cinéma (Groupe 6)

Intervenant : Florence Plet-Nicolas

(programme de l’année universitaire 2017-18)

L’irréductible division : Tristan et Yseut au cinéma

Le Moyen Âge est un formidable réservoir de mythes offert aux recréations contemporaines, et en particulier au cinéma. Ce 

semestre est consacré à la légende médiévale de Tristan et Yseut : longtemps oubliée, elle fut transformée en un mythe moderne par l’opéra de Wagner (1865) puis par la version renouvelée de Joseph Bédier au seuil du XXe s. À partir de ces deux œuvres marquantes (et non à partir des textes originaux), le cinéma s’est très tôt (1909) approprié l’éternel retour des amants projetés l’un vers l’autre, qui est aussi l’histoire d’une division irréductible. Les trois films au programme renoncent aux décors médiévaux pour replacer cette puissante histoire d’amour et de mort dans un univers contemporain, sans pour autant que l’« étrangeté » de ce mythe subversif s’en trouve neutralisée.

Il ne s’agira pas d’étudier les films en tant qu’adaptation d’une œuvre littéraire au cinéma : d’abord parce qu’on ne trouve pas à la source une œuvre précise, mais un mythe littéraire ; ensuite, parce que les trois films ne fonctionnent pas forcément sur le mode de l’adaptation, mais de l’intertextualité ; enfin, parce qu'il s’agit d’aborder ces films en soi, en tant qu'œuvre, en utilisant nos outils d’analyse littéraire, d’autant qu'ils sont tous trois marqués par la démarche très personnelle de chaque auteur et contribuent à leur tour au mythe par les moyens propres au cinéma.

Œuvres de référence : lecture/visionnage obligatoires

1/Texte au programme (à lire aussitôt que possible)

Joseph BÉDIER, Le roman de Tristan et Iseut [1900].

Attention : seules 4 éditions actuelles donnent le texte de Joseph Bédier : édition 10/18, Folioplus, Droz (et Nathan « carré classique » : une édition scolaire très mal faite, à éviter) ; une édition ancienne (années 1950, 1940,…) est tout à fait possible.

On trouve sous le même titre le texte médiéval ou des adaptations par d’autres auteurs, qui ne sont pas au programme. Seule la version de Joseph Bédier sera étudiée.

2/Films au programme (à visionner aussitôt que possible ; les DVD sont disponibles à la Bibliothèque Universitaire).

- L’Éternel Retour, réalisé par Jean Delannoy ; scénario, dialogues de Jean Cocteau, France, Discina et Celia Films, 1943.

- Tristana, réalisé par Luis Buñuel ; scénario de L. Buñuel et Julio Alejandro, France, Espagne, Italie, Valoria Film, 1970.

- La Femme d’à côté, réalisé par François Truffaut ; scénario de F.  Truffaut, S. Schiffman et J. Aurel, France, Les Films du Carrosse, 1981.

Bibliographie

F. Amy de la Brétèque, L'imaginaire médiéval dans le cinéma occidental, Paris, NBMA, Champion, 2004. Livre imposant, mais la table des matières et l’index vous permettront d’y circuler utilement.

F. Amy de la Brétèque, Le Moyen Âge au cinéma : panorama historique et artistique, Paris, Armand Colin, 2015. Plus synthétique, mais pas directement utile pour notre cours.

Delphine Chédaleux, Jeunes premiers et jeunes premières sur les écrans de l'Occupation (France, 1940-1944), Pessac, Presses universitaires de Bordeaux, coll. « Cinéma(s) ».

Jean Cocteau, Journal (1942-1945), Gallimard 1989.

Tiphaine Samoyault, L'Intertextualité, mémoire de la littérature, Paris, Armand Colin, coll. « 128 » 2005.

Une bibliographie critique complémentaire sera fournie au cours du TD.

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LDL4M727- Littérature et image (Groupe 7)

Intervenant : Élise Pavy-Guilbert

(programme de l’année universitaire 2017-2018)

L’art et les haines : Genèse de la critique et querelles artistiques

Aux origines de la critique d’art réside un coup de force, l’appropriation du discours sur l’art, aussitôt interprétée comme une haine de l’art et des artistes. Le XVIIIe siècle voit se développer en France les expositions royales au Louvre et les critiques qui les accompagnent. Après la fondation de l’Académie royale de peinture et de sculpture, une exposition est créée, qui a d’abord lieu en plein air dans la Cour du Palais-Royal puis dans la Grande Galerie du Louvre. Elle trouve au milieu du siècle son lieu définitif, le Salon Carré du Louvre, et progressivement son rythme, non plus annuel mais bisannuel. Gratuite et accessible à tous, l’exposition royale s’ouvre le 25 août, jour de la Saint Louis, et donne naissance aux Salons, textes qui la commentent. Les tableaux, sculptures, dessins, gravures et tapisseries exposés par les artistes parmi les plus doués de leur génération déchaînent rapidement les passions. Rédigées par des salonniers, « journalistes » avant l’heure, amateurs ou littérateurs, les critiques contribuent à une conquête du discours sur l’art, souvent au nom d’un « public » naissant, entité encore indéterminée. Elles esquissent aussi les contours d’une pensée nouvelle sur l’art. La Font de Saint-Yenne est un précurseur et l’un des premiers critiques d’art, au sens moderne du terme. Ses textesattisent les haines et déclenchent le scandale. Certaines œuvres exposées au Louvre cristallisent les tensions, marquées du sceau de l’hostilité et de l’animosité, de la répugnance et de l’acharnement. Les comptes rendus reflètent cette actualité brûlante. En analysant les œuvres exposées, les salonniers jugent l’art mais aussi la culture et la société de leur temps. Ils réfléchissent à l’avènement d’une esthétique du spectateur, l’un des enjeux essentiels de la critique. Si la théorie de l’art relève d’une systématique, sa gageure consistant à édicter des principes, la critique d’art observe le fondement matriciel de chaque œuvre et de chaque artiste. Son défi n’est autre que la formulation critique. Ce cours se propose d’interroger la critique d’art au moment même de 

son émergence, à travers la figure de La Font de Saint-Yenne et les premiers salonniers. Critiquer revient à séparer et à diviser, à penser et à classer. Qu’est-ce que la critique d’art et les querelles artistiques nous apprennent sur l’art lui-même, ses codes, ses hiérarchies et ses objectifs ? Que signifie la manière dont nous jugeons l’art ? Telles seront les questions posées pour apporter des réponses qui éclairent à la fois notre rapport à l’art et à la littérature.

Texte de référence : lecture obligatoire

La Font de Saint-Yenne, Œuvre critique, Étienne Jollet (éd.), Paris, Édition de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts, 2001.

Une anthologie de textes sera donnée en cours (anthologie établie à partir de la Collection de pièces sur les Beaux-Arts imprimées et manuscrites, recueillie par Pierre-Jean Mariette, Charles-Nicolas Cochin et M. Deloynes, dite « Collection Deloynes », 63 tomes en 65 volumes, 2069 pièces, Paris, BnF site Richelieu, Cabinet des Estampes).

Bibliographie (indicative)

Une bibliographie critique complémentaire sera fournie en cours.

La Peinture en procès, l’invention de la critique d’art au siècle des Lumières, René Démoris et Florence Ferran (éds), Paris, Presses de la Sorbonne nouvelle, 2001.

Bryson, Norman, Word and Image. French painting of the Ancien Régime, Cambridge University Press, 1981.

Crow, Thomas, La Peinture et son public à Paris au XVIIIe siècle [Painters and Public Life in Eighteenth-Century Paris, Yale University, 1985], André Jacquesson (trad. fr.), Paris, Macula, 2000.

Dresdner Albert, La Genèse de la critique d’art – dans le contexte historique de la vie culturelle européenne [Entstehung der Kunstkritik im Zusammenhang der Geschichte des europäischen Kunstlebens, 1915], Thomas de Kayser (trad.), préface de Thomas W. Gaehtgens, Paris, Éditions de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts, 2005.

Gaehtgens Thomas W., L’art, l’histoire, l’histoire de l’art, avant-propos d’Andreas Beyer, préface de Pierre Nora, Françoise Joly, Jeanne Bouniort et Anne Charrière (trad.), Paris, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2011.

Wrigley, Richard, The Origins of French Art Criticism from the Ancient Regime to the Restoration 1699-1827, Oxford, Clarendon Press, 1993.

Zmijewska, Hélène, « La critique des Salons en France avant Diderot », Gazette des Beaux-Arts, Paris, PUF, VIe période, t. 76, juillet-août 1970, p. 1-144.

LDL4M728- Écritures politiques (Groupe 8)

Intervenant : Florence Boulerie

(programme de l’année universitaire 2017-18)

Le discours politique, une littérature à réinventer

A l’heure où le discours politique est trop souvent frappé de discrédit, où il est généralement accusé d’utiliser une « langue de bois » stéréotypée et sans affect, à moins qu’au contraire on ne le lui reproche de faire appel à des émotions faciles et racoleuses, il convient de s’interroger sur les contraintes inhérentes au genre, sur ses marges de manœuvre et sa capacité à changer l’ordre du monde.

En revenant sur des discours qui ont marqué l’histoire, le programme entend promouvoir la qualité littéraire de textes devenus bien souvent emblématiques d’une aspiration à l’idéal ou d’un bouleversement de la société : la politique a ses envolées lyriques et ses moments d’éclat du verbe tout puissant.

Au cours du semestre, la lecture de discours célèbres donnera lieu à une analyse de l’éloquence politique, mais aussi à des pratiques d’écriture (imitation et invention) destinées à redonner sens et vigueur au genre. L’évaluation portera sur ces deux formes d’exercice.

Lecture obligatoire :

Boutin (Christophe), Les grands discours du XXe siècle, Flammarion, 2009 (8€).

Lectures complémentaires :

Robespierre, Discours sur la religion, la République, l’esclavage, éditions de l’Aube, 2016 (11€).

Hugo/Lamartine, Discours et lettres, éditions de l’Epervier, coll. « Grands combats », 2010 (9,50€).

Bibliographie indicative :

Bouyer (Christian) et Ponthus (René), Les grands discours républicains, Le Cherche-midi, 1998.

Delporte (Christian), Une Histoire de la langue de bois, Flammarion, 2009.

Dupart (Dominique), Le lyrisme démocratique ou la naissance de l’éloquence romantique chez Lamartine, 1834-1849, Champion, 2012.

Fresse (Alexandra), Écrire un discours : manuel pratique à l’usage de l’élu ou de sa plume, Territorial éditions, 2015.

Garrigues (Jean), (dir.), Les grands discours parlementaires de la Révolution : de Mirabeau à Robespierre, 1789-1795, Armand Colin, 2005.

Garrigues (Jean), (dir.), Les grands discours parlementaires du XIXe siècle : de Benjamin Constant à Adolphe Thiers, 1800-1870, Armand Colin, 2004.

Garrigues (Jean), (dir.), Les grands discours parlementaires de la IIIe République. De Victor Hugo à Clémenceau : 1870-1914, Armand Colin, 2004.

Garrigues (Jean), (dir.), Les grands discours parlementaires de la IIIe République. De Clémenceau à Léon Blum : 1914-1940, Armand Colin, 2004.

Garrigues (Jean), (dir.), Les grands discours parlementaires de la IVe République : de Pierre Mendès France à Charles de gaulle, 1945-1958, Armand Colin, 2006.

Garrigues (Jean), (dir.), Les grands discours parlementaires de la Ve République, Armand Colin, 2006.

Ghiglione (Rodolphe), Je vous ai compris : ou l’analyse des discours politiques, Armand Colin, 1989.

Le Drezen (Bernard), Victor Hugo ou l’éloquence souveraine : pratiques et théorie de la parole publique chez Victor Hugo, L’Harmattan, 2005.

Mayaffre (Damon), Le discours présidentiel sous la Ve République : Chirac, Mitterrand, Giscard, Pompidou, de Gaulle, Les presses de Science Po, 2012.

Robespierre (Maximilien), Pour le bonheur et pour la liberté : discours, La Fabrique, 2000.

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LDL4M729- Littérature mondiale  (Groupe 9)

Intervenant : Céline Barral

(programme de l’année universitaire 2017-18)

Littératures, langues, peuples : les récits modernistes face à la question des nations

Nous étudierons la représentation des peuples et des langues dans les courts récits modernistes de deux auteurs du début du XXe siècle : le Pragois Franz Kafka, écrivain de langue allemande et de culture juive ; et le Chinois Lu Xun, écrivain de la Chine républicaine et de la révolution littéraire des années 1910-1920. Dans leurs récits brefs se tissent, de manière souvent détournée et allégorique, les questions d’identité et de langue, les rapports de pouvoir et de domination, les modèles littéraires traditionnels, érudits ou populaires, et leur critique. Le cours s’appuiera sur certaines notions clés : la langue vernaculaire, la fable allégorique, le conte ethnographique, la littérature des « petites nations », le mythe. Il sera donc aussi une introduction aux théories de la littérature mondiale.

Programme de lecture : attention à vous procurer la bonne édition !

Franz Kafka, La Muraille de Chine et autres récits, tr. de l’allemand par Alexandre Vialatte et Jean Carrive, Paris, Gallimard, 1999.

Lu Xun, Nouvelles et poèmes en prose : cris, errances, mauvaises herbes (premières parutions dans les années 1920), tr. du chinois par Sebastian Veg, Paris, Éd. rue d’Ulm, 2015. Le cours portera essentiellement sur le recueil de nouvelles : Cris (p. 9-256).

Lectures complémentaires :

Kafka, Un jeûneur et autres nouvelles, tr. Bernard Lortholary, Flammarion, 1993.

Kafka, Dans la colonie pénitentiaire et autres nouvelles, tr. Bernard Lortholary, Flammarion, 1991.

Piste de lecture théoriques :

Pascale Casanova, Kafka en colère, Le Seuil, 2011.

—, Des littératures combatives : l’internationale des nationalismes littéraires, Raisons d’agir, 2011. Notamment la traduction de l’essai de Fredric Jameson sur les allégories nationales.

Gilles Deleuze et Félix Guattari, Kafka. Pour une littérature mineure, Éd. de Minuit, 1975.

Benedict Anderson, L’Imaginaire national : réflexions sur l’origine et l’essor du nationalisme, tr. de l’anglais par Pierre-Emmanuel Dauzat, La Découverte, 2002.

Christophe Pradeau et Tiphaine Samoyault (dir.), Où est la littérature mondiale ?, Presses universitaires de Vincennes, 2005.

Anne-Marie Thiesse, La Création des identités nationales, Europe, XVIIIe-XXe siècles, Le Seuil, 1999.

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LDL4M730- Transferts culturels

Programme réservé à la FAD. Attention, pas de groupe en présentiel pour cette option.

Intervenant : Céline Barral

(programme de l’année universitaire 2017-18)

Poésie et témoignage

Les études de transferts culturels mettent l’accent sur les passages, les traductions et translations d’une culture à une autre et entre les langues. En circulant, les œuvres se déforment, rencontrent des obstacles (d’où malentendus, contresens, pertes...) mais peuvent aussi être enrichies et pour ainsi dire complétées, donnant lieu à de multiples traductions et à de nouvelles œuvres. Nous travaillerons sur la circulation des formes du témoignage sur la violence de l’Histoire au XXe siècle, de la Guerre d’Espagne (1936) à la fin du maoïsme (1978). Malgré la singularité irréductible des expériences et la différence des contextes historiques et politiques, il apparaît que les auteurs se sont inspirés de témoignages lus, traduits et médités. L’Italien Primo Levi a lu le poète germanophone Paul Celan qui témoigne dans sa poésie de la disparition des Juifs d’Europe. 

Celan, lui, a traduit depuis plusieurs langues européennes (espagnol, anglais, russe, français, roumain...) et a installé dans sa poésie un dialogue avec le poète russe Ossip Mandelstam, mort dans un camp de transfert vers le Goulag en 1938. Bei Dao, poète et écrivain chinois, réfléchit à son tour aux conditions du témoignage dans la Chine d’après Mao : il admire la recherche d’une langue nouvelle qu’a entreprise Paul Celan, mais il se réfère aussi à l’assassinat du poète andalou Federico García Lorca en 1936 à Grenade.

Comment, dans chaque langue, s’invente ce que Celan a appelé une “langue grise”, qui à la fois témoigne et refuse de témoigner ? Quel rôle joue la traduction, capable de recréer une solidarité et une “étrange proximité”, ou une “proximité étrangère”, avec ceux qu’on ne rencontrera jamais ?

Le cours s’appuiera sur l’anthologie de poèmes de Paul Celan traduite par Jean-Pierre Lefebvre et sur des textes d’autres auteurs (une brochure sera mise en ligne).

Lecture obligatoire :

Les étudiants doivent se procurer l’anthologie de Celan :

Paul Celan, Choix de poèmes (réunis par l’auteur), tr. de l’allemand Jean-Pierre Lefebvre, éd. bilingue, Paris, Poésie/ Gallimard, 1998.

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MATIÈRE 11 : Écriture et édition (Groupe d’Agen)

Ce programme est réservé aux étudiants de l’Antenne Universitaire d’Agen 

Intervenant : Nicolas Le Flahec

Devenir écrivain : mythes et réalité

(programme de l’année universitaire 2017-18)

Si la figure de l’écrivain continue à fasciner, la littérature peut parfois réserver des désillusions. « Analphabète esseulé au pied d’un Olympe », le narrateur de Vies minuscules de Pierre Michon réalise par exemple qu’en élevant trop haut la littérature, il a rendu toute forme d’écriture impossible. Pour autant, ces écueils peuvent aussi nourrir la création et il faut parfois raconter ce qui a longtemps différé l’écriture pour pouvoir devenir écrivain. Les étudiants participant à ce cours sont invités à suivre ce parcours souvent sinueux.  La première partie du semestre sera consacrée à l’étude de Vies Minuscules. D’autres extraits de l’œuvre de Pierre Michon viendront compléter cette analyse. Nous nous intéresserons ensuite à des personnages qui, dans d’autres récits, souhaitent eux aussi devenir écrivains et connaissent des fortunes diverses en empruntant le chemin qui mène à l’édition.

Texte de référence : lecture obligatoire

MICHON (Pierre), Vies minuscules, Paris, Gallimard, « Folio », 1996 (1984).

Contrôle des connaissances

1ère session :

Régime général : Contrôle continu.

 Dispensés : Oral (préparation de 30 mn, oral de 15-20 mn). Les œuvres étudiées doivent être apportées.

2e session : régime général et dispensés 

Oral (préparation de 30 mn, oral de 15-20 mn). Les œuvres étudiées doivent être apportées.

Informations complémentaires

Bibliographie

FANTE (John), Demande à la poussière, Paris, 10/18, 1986 (1939).

LONDON (Jack), Martin Eden, Paris, Phébus, « Libretto », 2001 (1909).

MICHON (Pierre), Rimbaud le fils, Paris, Gallimard, « Folio », 1993 (1991).

MICHON (Pierre), Corps du roi, Lagrasse, Verdier, 2002.

MICHON (Pierre), Le Roi vient quand il veut, Paris, Le Livre de poche, 2010.

Matières dispensées

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