Littérature et culture 3 - Université Bordeaux Montaigne

Littérature et culture 3

Crédits ECTS : 2

Volume horaire TD : 24

Code ELP : LDL3M62

Composante : UFR Humanités

Période de l'année : Semestre 3

Description

Lieu(x) d'enseignement : Bordeaux et agglomération /Agen

Composante : UFR Humanités

Langue : Français

Période : Automne

Plage horaire : Journée

Formes d'enseignement : En présence ou à distance

 

Description

Enseignement à choix : une matière à choisir parmi les 9 proposées.

 

  1. Textes et représentation théâtrale
  2. Littérature de jeunesse
  3. Mythes et littérature
  4. Bible et littérature
  5. Écritures poétiques
  6. Littérature et cinéma
  7. Littérature et image
  8. Prix littéraires
  9. Intertextualité
  10. […] (Agen )

 

Certaines matières (aussi appelées « options ») se retrouvent d’un semestre à l’autre ; mais il n’est aucunement obligatoire de suivre la même sur toute l’année.

Pour les étudiants du régime général (étudiants assidus) : l’affectation dans les différents groupes se fera en fonction des souhaits des étudiants ET en fonction des places libres. Il faut donc se préparer à formuler trois vœux par ordre de préférence lors des inscriptions pédagogiques, et attendre le résultat des affectations pour se procurer les œuvres, à la rentrée. Dans le cas des étudiants ayant cet enseignement en Mineure, les conditions d’affectation dans les groupes ne sont pas encore connues.

Antenne Universitaire d’Agen : la matière 10 est réservée aux étudiants inscrits à Agen.

FAD : ce semestre, seule la matière 6 (Littérature et cinéma) est proposée en formation à distance (FAD). Nous conseillons donc aux étudiants dispensés d’assiduité de la choisir de préférence.  

Responsable de l’UE : Florence Plet-Nicolas

Intervenants : Éric Benoît, Florence Boulerie, Jean-Michel Devésa, Valéry Hugotte, Nicolas Le Flahec, Danièle James-Raoul, Vérane Partensky, Florence Plet, Françoise Poulet, Géraldine Puccini, Myriam Tsimbidy.

 

PROGRAMME 2016-2017, au choix :

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MATIÈRE 1 : Textes et représentation théâtrale (Groupe 1)

Intervenant : Françoise Poulet

Fureurs jalouses :

Anatomie d’une passion dans la tragédie des XVIIe et XVIIIe siècles.

(programme de l’année universitaire 2016-2017)

La jalousie fait partie des passions tragiques par excellence : il s’agit d’un motif qui constitue très souvent ce que l’on appelle en dramaturgie classique le « nœud » de l’action tragique et qui précipite la catastrophe. Lorsqu’elle envahit un personnage, la fureur jalouse pose la question de la culpabilité et de la responsabilité de celui-ci dans son destin tragique. Tout au long de la Renaissance et de l’âge classique, dans toute l’Europe, cette passion fascine les auteurs dans la mesure où elle déchaîne la faculté imaginative de celui qu’elle domine et l’entraîne sur les terres de la folie (on pense au « Curieux impertinent », nouvelle enchâssée dans la première partie de Don Quichotte, mais aussi à Othello de Shakespeare). C’est par le prisme de cette passion que nous nous proposons d’étudier le genre tragique dans ses évolutions au XVIIe et au XVIIIe siècle. Les deux premières pièces de notre programme, Médée de Corneille et La Mariane de Tristan L’Hermite, nous permettront d’aborder la « naissance » de la tragédie régulière dans les années 1630 : comment la fureur jalouse est-elle représentée alors que s’impose la règle des bienséances ? La dernière œuvre de notre corpus, Zaïre de Voltaire, sera l’occasion d’observer les mutations du genre dans les premières décennies du XVIIIe siècle, après le triomphe de la tragédie galante et sentimentale à la fin du siècle précédent.

 

Textes de référence : lectures obligatoires

 

- Pierre Corneille, Médée (1635), dans Théâtre II, éd. Jacques Maurens, GF Flammarion, 2006.

 

- Tristan L’Hermite, La Mariane (1636), éd. Guillaume Peureux, GF Flammarion, 2003.

 

- Voltaire, Zaïre (1732), éd. Pierre Frantz, Gallimard, Folio Classique, 2016.

 

Bibliographie

 

BIET Christian (dir.), Le Théâtre français du XVIIe siècle : histoire, textes choisis, mises en scène, Paris, Éditions L’Avant-Scène Théâtre, 2009.

DELMAS Christian, La Tragédie de l’âge classique (1553-1770), Paris, Seuil, « Écrivains de toujours », 1994.

FORESTIER Georges, La Tragédie française. Passions tragiques et règles classiques [2003], Armand Colin, « Coll. U », 2010.

LOUVAT-MOLOZAY Bénédicte, La Poétique de la tragédie classique, Paris, SEDES, 1997.

TRUCHET Jacques, La Tragédie classique en France, Paris, PUF, 1975.

SCHERER Jacques, La Dramaturgie classique en France, Paris, Nizet, 1950 ; rééd. Paris, Armand Colin, 2014.

VIALA Alain (dir.), Le Théâtre en France des origines jusqu’à nos jours, Paris, PUF, 1997.

 

Des éléments de bibliographie portant sur les auteurs au programme seront donnés au cours du semestre.

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MATIÈRE 2 : Littérature de jeunesse (Groupe 2)

Intervenant : Myriam Tsimbidy

Le roman policier

dans la littérature de jeunesse

(programme de l’année universitaire 2016-2017)

Comment la littérature de jeunesse adapte-t-elle et recrée-t-elle le genre ? Nous montrerons notamment en quoi le pastiche, et la parodie renouvellent la lecture des grands classiques du roman policier.

 

Bibliographie

 

Les étudiants choisiront en début d’année l’ouvrage qu’ils souhaitent présenter à l’oral, et qu’il leur faudra se procurer.  La liste suivante est indicative et ouverte. Des extraits seront étudiés durant les séances. 

 

Œuvres

 

Lenain Thierry, Pas de pitié pour les poupées B, Syros, « Mini souris noire », 1997.

Razzi Jim, Sherlock Heml’Os mène l’enquête, livre de poche jeunesse, Ed. Hachette, 2003 (1998).

Bernard Frédéric et Roca François, La reine des fourmis a disparu, Albin Michel Jeunesse.

Shipton Paul, Tirez pas sur le scarabée, Le livre de poche, Ed. Hachette Jeunesse.

Horowitz Anthony, Le Faucon malté, Livre de poche, 2002 (1987).

Pommaux Yvan, Chatterton le détective, L’Ecole des Loisirs, 1993.

Pommaux Yvan, Lilas, L’Ecole des Loisirs,1995.

Pommaux Yvan, Le Grand sommeil, L’Ecole des Loisirs, 1996.

Ferdjoukh Malika, L’Assassin de papa, Syros jeunesse, souris noire, 1997 (1989). 

Drozd Irina, Un tueur à ma porte, Bayard jeunesse, 2000.

Oppel Jean-Hugues, Fernandez, Ippon, Syros Jeunesse, 2003 (1993). 

Irish William, Une incroyable histoire, Syros, souris noire, 2004 (1998).

Thiès Paul, Un printemps vert panique, Rageot éditeur, 2006 (1998).

Fine Anne, Journal d’un chat assassin, L’Ecole des Loisirs, 2003.

 

Ouvrages théoriques

Baroni Raphaël, La tension narrative, Suspense, curiosité, Surprise, Paris, Seuil, 2007.

Todorov Tzvetan, « Typologie du roman policier » dans Poétique de la prose suivi de nouvelles recherches sur le récit, Paris, Seuil, 1971, p. 10-19.

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MATIÈRE 3 : Mythes et littérature (Groupe 3)

Intervenant : Valéry Hugotte / Géraldine Puccini

Le mythe des sirènes

de l'Antiquité à nos jours

(programme de l’année universitaire 2016-2017)

 

Les sirènes, depuis l’avertissement de Circé dans L’Odyssée, représentent une séduction des plus menaçantes : « il est perdu celui qui, par imprudence, écoute leur chant ». L’art antique nous a transmis plusieurs représentations de ces êtres chimériques, associant tête de femme et corps d’oiseau. Et, si Ovide leur donne ensuite une place dans ses Métamorphoses, c’est à l’influence de la mythologie nordique que les sirènes doivent leur métamorphose la plus importante : désormais, comme dans les bestiaires médiévaux, c’est avec un buste de femme et un corps de poisson qu’elles seront le plus souvent représentées. Philippe de Thaon peut ainsi écrire au douzième siècle :

 

De femme elle a la forme jusqu’à la ceinture

Et les pieds du faucon et la queue du poisson.

 

Sous l’influence du christianisme, la sirène apparaît alors comme une figure négative, liée aux démons et au Diable, symbolisant la luxure. Comme l’écrit Guillaume le Clerc dans son Bestiaire divin du treizième siècle : « La sirène, qui chante d’une voix si belle qu’elle ensorcelle les hommes par son chant, enseigne à ceux qui doivent naviguer à travers ce monde qu’il leur est nécessaire de s’amender. »

Le dix-neuvième siècle reprend le mythe en hésitant entre deux significations : femme fatale et femme fragile, comme dans le poème de Clemens Brentano sur Lorelei, réécrit par Guillaume Apollinaire dans Alcools au début du vingtième siècle. Il revient au surréalisme de proposer une nouvelle renaissance du mythe : avec son grand poème Siramour, Robert Desnos célèbre l’amour fou inspiré par une femme d’abord perçue comme invitation au rêve. Quant à Maurice Blanchot, au début du Livre à venir, il reconnaît dans le chant des sirènes le mystère même de la poésie. Enfin, le chant des sirènes continue de hanter l’imaginaire contemporain, comme en témoignent le roman d’Eric-Emmanuel Schmitt, Ulysse from Bagdad (2008) ou la célèbre chanson des Fréro Delavega, Le chant des sirènes.

Ce cours se propose, à travers l’étude d’un ensemble de textes et de représentations iconographiques, de suivre l’évolution de ce mythe à la fois changeant et insistant de l’Antiquité à nos jours.

 

Textes de référence : lectures obligatoires

Une anthologie de textes constituée pour le cours sera distribuée à la rentrée.

Bibliographie
Des indications seront données au fur et à mesure du cours.

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MATIÈRE 4 : Bible et littérature (Groupe 4)

Intervenant : Éric Benoît

La Bible et les poèmes bibliques

de La Légende des Siècles de Victor Hugo.

(programme de l’année universitaire 2016-2017)

Cet enseignement vise d’abord à combler les lacunes des étudiants dans le domaine de la culture religieuse et spécifiquement biblique, l’intertextualité biblique occupant une place importante dans la littérature et par conséquent dans les études littéraires. La Bible est en effet un arrière-fond dont la connaissance permet de mieux comprendre nombre de faits historiques, de pensées philosophiques, d’œuvres littéraires ou artistiques en général. C’est pourquoi le semestre commencera par plusieurs séances d’introduction à la Bible : tout d’abord un parcours historique de l’Antiquité biblique, puis une présentation de la Bible livre par livre, Ancien Testament et Nouveau Testament, depuis la Genèse jusqu’à l’Apocalypse. Le semestre se poursuivra avec l’étude de textes littéraires inspirés par la Bible : il s’agira, cette année, des poèmes bibliques de La Légende des Siècles (1859) de Victor Hugo.

Pour la Bible, il n’est pas nécessaire d’avoir une édition avec soi, mais c’est quand même préférable (par exemple : la traduction de l’École Biblique de Jérusalem, dite « Bible de Jérusalem », qui existe en petit format, ou la « Traduction Œcuménique de la Bible », dite « T.O.B. », qui existe en Livre de poche) : la Bible fait partie des instruments de travail usuels de tout étudiant de Lettres.

Textes de référence : lectures obligatoires

Pour La Légende des Siècles de Victor Hugo, notre édition de travail est celle de l’édition « Classiques de poche » établie et présentée par Claude Millet. Les poèmes bibliques au programme sont : « Le Sacre de la Femme » (p. 55-64), « La Conscience » (p. 65-68), « Les Lions » (p. 73-79), « Le Temple » (p. 80), « Booz endormi » (p. 81-85), « Première rencontre du Christ avec le tombeau » (p. 88-91), et, à la fin du volume, « La Trompette du Jugement » (p. 513-521). Lire aussi l’excellente « Présentation » de Claude Millet (p. 5-37) et bien sûr la « Préface » de Victor Hugo (p. 43-51).

Bibliographie

- La Bible (par exemple la traduction de l’École Biblique de Jérusalem, dite « Bible de Jérusalem », en petit format, ou la « Traduction Œcuménique de la Bible », dite « T.O.B. », qui existe en Livre de poche).

- Victor HUGO, La Légende des Siècles [1859], édition « Classiques de poche » établie et présentée par Claude Millet.

- Éric BENOIT, La Bible en clair, Éditions Ellipses, 2009.

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MATIÈRE 5 : Écritures poétiques  (Groupe 5)

 Intervenant : Danièle James-Raoul

L’écriture poétique médiévale 

(programme de l’année universitaire 2016-2017)

La littérature du Moyen Âge peut s’appréhender et s’étudier comme la littérature de tous les siècles ultérieurs, en particulier par le biais de la rhétorique et du style, données définitoires, essentielles, de l’œuvre médiévale. Selon Paul Zumthor, en effet «  l’œuvre médiévale est donc avant tout style » (« Rhétorique et poétique latines et romanes », dans Grundriss der romanischen Literaturen des Mittelalters, Heidelberg,Winter-Universitätsverlag, 1972, vol. i, p. 91.) Le cours abordera la question des écritures poétiques au double plan théorique (en s’intéressant aux arts poétiques médiolatins des XIIe et XIIIe siècles, notamment) et pratique (à partir d’une anthologie maison). Il s’agira d’aborder des questions qui, en particulier, permettent de mieux faire le départ entre ce qui est stéréotype et originalité dans l’écriture poétique médiévale, de mieux évaluer, goûter les grands textes médiévaux.

Bibliographie

Bruyne (de) Edgar, Études d’esthétique médiévale, Paris, Albin Michel, coll. « Bibliothèque de L’Évolution de l’Humanité », 1998, 2 t.

Curtius Ernst Robert, La littérature européenne et le Moyen Âge latin, trad. de l’all. J. Bréjoux, Paris, PUF, coll. « Agora », 1956, 2 t.

Faral Edmond, Les Arts poétiques du XIIe et du XIIIe siècle [1924], Genève-Paris, Slatkine-Champion, 1982.

James-Raoul Danièle, Chrétien de Troyes. La griffe d’un style, Paris, Honoré Champion, 2007.

Tilliette Jean-Yves, Des mots à la parole. Une lecture de la Poetria nova de Geoffroy de Vinsauf, Genève, Droz, coll. « Recherches et rencontres », 2000.

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MATIÈRE 6 : Littérature et cinéma (Groupe 6)

Ce programme est proposé à la FAD

Intervenant : Florence Plet-Nicolas

L’irréductible division :

Tristan et Yseut au cinéma

(programme de l’année universitaire 2016-2017)

Le Moyen Âge est un formidable réservoir de mythes offert aux recréations contemporaines, et en particulier au cinéma. Ce semestre est consacré à la légende médiévale de Tristan et Yseut : longtemps oubliée, elle fut transformée en un mythe moderne par l’opéra de Wagner (1865) puis par la version renouvelée de Joseph Bédier au seuil du XXe s. À partir de ces deux œuvres marquantes (et non à partir des textes originaux), le cinéma s’est très tôt (1909) approprié l’éternel retour des amants projetés l’un vers l’autre, qui est aussi l’histoire d’une division irréductible. Les trois films au programme renoncent aux décors médiévaux pour replacer cette puissante histoire d’amour et de mort dans un univers contemporain, sans pour autant que l’« étrangeté » de ce mythe subversif s’en trouve neutralisée.

Il ne s’agira pas d’étudier les films en tant qu’adaptation d’une œuvre littéraire au cinéma : d’abord parce qu’on ne trouve pas à la source une œuvre précise, mais un mythe littéraire ; ensuite, parce que les 3 films ne fonctionnent pas forcément sur le mode de l’adaptation ; enfin, parce qu'il s’agit d’aborder ces films en soi, en tant tant qu'œuvre, en utilisant nos outils d’analyse littéraire, d’autant qu'ils sont tous trois marqués par la démarche très personnelle de chaque auteur et contribuent à leur tour au mythe par les moyens propres au cinéma.

Œuvres de référence : lecture/visionnage obligatoires

Texte au programme (à lire aussitôt que possible)

Joseph BÉDIER, Le roman de Tristan et Iseut [1900].

Attention : seules 4 éditions actuelles donnent le texte de Joseph Bédier : édition 10/18, Folioplus, Droz (et Nathan « carré classique » : une édition scolaire très mal faite, à éviter) ; une édition ancienne (années 1950, 1940,…) est tout à fait possible.

On trouve sous le même titre le texte médiéval ou des adaptations par d’autres auteurs, qui ne sont pas au programme. Seule la version de Joseph Bédier sera étudiée.

 

Films au programme (disponibles à la Bibliothèque Universitaire, à visionner aussitôt que possible).

- L’Éternel Retour, réalisé par Jean Delannoy ; scénario, dialogues de Jean Cocteau, France, Discina et Celia Films, 1943.

- Tristana, réalisé par Luis Buñuel ; scénario de L. Buñuel et Julio Alejandro, France, Espagne, Italie, Valoria Film, 1970.

- La femme d’à côté, réalisé par François Truffaut ; scénario de F.  Truffaut, S. Schiffman et J. Aurel, France, Les Films du Carrosse, 1981.

Bibliographie

F. Amy de la Brétèque, L'imaginaire médiéval dans le cinéma occidental, Paris, NBMA, Champion, 2004.

F. Amy de la Brétèque, Le Moyen Âge au cinéma : panorama historique et artistique, Paris, Armand Colin, 2015.

Tiphaine Samoyault, L'intertextualité, mémoire de la littérature, Paris, Armand Colin, coll. « 128 » 2005.

Une bibliographie critique complémentaire sera fournie au cours du TD.

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MATIÈRE 7 : Littérature et image (Groupe 7)

Intervenant : Jean-Michel Devésa

Littérature et peinture :

Yeux ouverts, levés ou fermés ?

 (programme de l’année universitaire 2016-2017)

Le cours se fonde sur l’appréhension critique des textes formulées par Roland Barthes tout au long de son œuvre et Gilles Deleuze, ainsi que sur les travaux que Georges Didi-Huberman a consacrés à l’image et à la peinture. Il vise à souligner les spécificités inhérentes aux « lectures » des textes et des tableaux. En l’espèce, il ne s’agit pas de se cantonner à un rappel des modalités d’élaboration et de déchiffrement de l’image langagière et de l’icône, ni de distinguer les rapports du texte et de l’image (légende, illustration, « embrayage »). L’ambition du propos est d’esquisser une typologie de l’iconique à partir des catégories d’imitation, d’incarnation et de figuration. L’approche des deux textes au programme est conduite selon une grille d’investigation articulant trois notions, celles de ligne, de cadre et d’écran. Elle s’enrichit d’une série de rapprochements à l’histoire des arts, des avant-gardes et de la pensée au XXe siècle : limites non-frontières des arts, surréalisme (Magritte, La Trahison des images), psychanalyse (Jacques Lacan, Psyché découvrant Amour ou le signifiant de l’absence de signifiant), Tel quel, la position « singulière » de Philippe Sollers dans le paysage littéraire et intellectuel français (L’Éclaircie). Les présupposés qui orientent cette investigation s’organisent autour de quatre thèses : la (grande) littérature pousse l’écriture à ses limites, à un en-dehors, dont l’un des versants est la peinture (la musique constitue l’autre) ; alors que la photographie touche à la mort, la peinture est une exaltation du vivant ; il ne suffit pas de contempler la (grande) peinture, il convient de la vivre ; un certain usage de l’écriture et de la peinture permettent de sonder le vif et le réel.

 

Textes de référence : lectures obligatoires

Assia Djebar, Femmes d’Alger dans leur appartement, (1980, 2002), Paris, Albin Michel, 2002.

Jean-Philippe Toussaint, La Télévision, (1997), Paris, Éditions de minuit, 2010.

 

Bibliographie

Le parti pris du cours est de concentrer la réflexion sur les deux œuvres du programme et les peintures (les deux versions de Femmes d’Alger dans leur appartement d’Eugène Delacroix, la série des Femmes d’Alger de Pablo Picasso (quinze peintures), les Charles Quint du Titien), en usant d’un petit nombre d’outils critiques et théoriques, ceux que le professeur juge essentiels et qu’il suggère à ses étudiant(e)s de s’approprier non seulement pour la validation de cet enseignement mais pour l’ensemble de leur cursus.

 

Roland Barthes, Essais critiques IV, « Le Bruissement de la langue », (1984), Coll. « Points », n° 258, Paris, Gallimard, 1993.

 

Gilles Deleuze, Critique et clinique, Paris, Éd. de Minuit, 1993 [notamment l’Avant-propos et l’étude intitulée « la Littérature et la vie »].

 

Georges Didi-Huberman, L’Image ouverte, Motifs de l’incarnation dans les arts visuels, Paris, Gallimard, 2007 [en particulier son introduction « Ouverture »].

 

Philippe Sollers, L’Eclaircie, Paris, Gallimard, 2012

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MATIÈRE 8 : Prix littéraires (Groupe 8)

Intervenant : Florence Boulerie

Prix littéraires :

La littérature en effervescence

(programme de l’année universitaire 2016-2017)

À quoi servent les prix littéraires ? Quel est leur impact sur la vie littéraire française ? Comment interviennent-ils dans l’appréciation de la valeur de la littérature ?

Après avoir brossé une histoire des concours littéraires, le cours mènera l’enquête sur le plus célèbre des prix français : le Prix Goncourt. Une place sera accordée à l’actualité immédiate du concours pendant l’automne, mais une question dirigera le semestre : le Goncourt, dix ans après ?

Cette question permettra d’envisager à la fois le devenir de l’écrivain, la manière dont l’obtention du prix a pu modifier sa carrière littéraire, et l’évolution de la réception de l’œuvre entre l’automne de la consécration et aujourd’hui.

Or, il y a dix ans était primé un livre qui suscita une violente polémique : Les Bienveillantes de Jonathan Littell. Qu’en reste-t-il aujourd’hui ? Quel jugement le lecteur critique peut-il maintenant formuler sur l’œuvre et sur l’effervescence qui l’a entourée ?

En plus de la lecture personnelle de l’œuvre au programme, indispensable, les étudiants seront invités à mener l’enquête dans les médias d’hier et d’aujourd’hui et à rendre compte de leurs recherches par des exposés. Des travaux écrits d’analyse de la critique seront également proposés. Enfin, l’on se demandera quelle place l’université de Lettres pourrait prendre dans l’actualité des prix littéraires.

Textes de référence :

Littell (Jonathan), Les Bienveillantes, Folio (13,90€).

Bibliographie indicative :

Sur J. Littell :

Bessière (Jean), Qu’est-il arrivé aux écrivains français ? d’Alain Robbe-Grillet à Jonathan Littell, éditions Labor, 2006.

Clément (Murielle), (dir.), « Les Bienveillantes » de Jonathan Littell, Cambridge, 2010.

Husson (Edouard), « La vraie histoire des Bienveillantes », L’Histoire, n°320, mai 2007.

Sur les prix littéraires :

Bernhard (Thomas), Mes prix littéraires, Gallimard, 2010.

Boura (Olivier), Un siècle de Goncourt, Arléa, 2003.

Caffier (Michel), L’Académie Goncourt, PUF, coll. « Que sais-je ? », 1994.

Espmark (Kjell), Le prix Nobel : histoire intérieure d’une consécration littéraire, Balland, 1986.

Heinnich (Nathalie), L’épreuve de la grandeur : prix littéraires et reconnaissance, La découverte, 1999.

Konopnicki (Guy), Prix littéraires : la grande magouille, coll. « Coup de gueule », 2004.

Kopp (Robert), « Goncourt : la contre-Académie », L’Histoire, n°381, nov. 2012.

Lainé (Pascal), Sacré Goncourt !, Fayard, 2000.

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MATIÈRE 9 : Intertextualité (Groupe 9)

Intervenant : Vérane Partensky

Intertexte et décadence

(programme de l’année universitaire 2016-2017)

 

Les textes littéraires sont traversés de références, ils dialoguent entre eux, se pillent mutuellement, se réécrivent les uns les autres, au point que Pascal disait des écrivains : « Ils feraient mieux de dire : notre livre, notre commentaire, notre histoire, etc., vu que d’ordinaire il y a plus en cela du bien d’autrui que du leur ».

Le roman d’Oscar Wilde, Le Portrait de Dorian Gray, très représentatif de la littérature décadente qui s’épanouit à la fin du XIXe siècle, joue avec une virtuosité particulière sur l’allusion, la citation, la réécriture et interroge l’usage que peut faire un écrivain moderne de la tradition littéraire. Ce cours se propose d’explorer la question de l’intertextualité, d’étudier le dispositif des références dans le roman de Wilde et, au-delà d’un simple repérage, d’apprendre à les interpréter. Conçu pour engager une participation active des étudiants, ce cours s’appuiera sur un corpus d’œuvres complètes complété par des extraits photocopiés.

Corpus

Attention : les étudiants sont invités à se procurer les œuvres dans les éditions indiquées à l’exclusion d’aucune autre.

Oscar Wilde, Le Portrait de Dorian Gray, traduction Jean Gattégno, Paris, Gallimard, coll. Folio classique, 1992. ISBN : 9782070384853 – Attention, il existe une autre édition de ce texte chez Gallimard, édition destinée au collège, dans la collection Folioplus classiques (accompagné d’un dossier de Stéphane Chomienne) ; ce n’est pas cette édition que nous utiliserons.

Shakespeare, Roméo et Juliette, traduction Jean-Michel Desprats, Paris, coll. Folioplus classique, 2016 (ISBN : 978-2070468553)

Joris-Karl Huysmans, A rebours, édition de Marc Fumaroli, Paris, Gallimard, coll. Folio classique, 1977.

A ces textes s’ajouteront des extraits photocopiés fournis par l’enseignant.

 

Lecture complémentaire conseillée :

Oscar Wilde, Intentions, trad. de Philippe Neel ; revue par Carle Bonafous-Murat, Paris, Livre de Poche, 2000.

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MATIERE 10 : Histoire littéraire (Groupe d’Agen)

Ce programme est réservé aux étudiants de l’Antenne Universitaire d’Agen 

Intervenant : Nicolas Le Flahec

Du roman policier au roman noir

(programme de l’année universitaire 2016-2017)

Au XXe siècle, le roman noir a peu à peu pris ses distances avec les formes classiques du roman policier. L’intérêt du roman vient alors moins de la résolution d’une intrigue, qui est souvent remise en question, que de l’analyse d’une société dans laquelle le mal paraît triompher. Dès les années 30, le détective de Dashiell Hammett nous plonge ainsi dans un monde gangrené par le pouvoir et l’argent. Dans la seconde moitié du XXe siècle, des romanciers français ont cherché à s’emparer de cette forme littéraire pour la faire évoluer. Après une rapide présentation du roman noir, nous nous attarderons plus longuement sur l’œuvre de Jean-Patrick Manchette, qui a considérablement modernisé le roman noir français. Nous nous intéresserons également à des publications contemporaines pour observer les évolutions du genre. 

Textes de référence : lectures obligatoires

MANCHETTE (Jean-Patrick),Le Petit Bleu de la côte ouest, Paris, Gallimard, « Folio policier », 1998 (1976).

MANCHETTE (Jean-Patrick),La Position du tireur couché, Paris, Gallimard, « Folio policier », 1998 (1981).

Bibliographie

GUÉRIF (François), Du polar, Entretiens avec Philippe Blanchet, Paris, Payot et Rivages, « Manuels Payot », 2013.

HAMMETT (Dashiell), Romans, Paris, Gallimard, « Quarto », 2009.

MANCHETTE (Jean-Patrick), Chroniques, Paris,  Payot et Rivages, « Rivages/Noir », 1996.

MANCHETTE (Jean-Patrick), Romans noirs, Paris, Gallimard, « Quarto », 2005.

POUY (Jean-Bernard), Une Brève Histoire du roman noir, Paris, L’œil Neuf, 2008.

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Évaluation :

 1ère session :

Régime général : Contrôle continu.

 Dispensés : Oral (préparation de 30 mn, oral de 15-20 mn). Les œuvres étudiées doivent être apportées.

2e session : régime général et dispensés 

Oral (préparation de 30 mn, oral de 15-20 mn). Les œuvres étudiées doivent être apportées.

Informations

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