Lettres 4 - Université Bordeaux Montaigne

Lettres 4

Crédits ECTS : 5

Code ELP : LDH4U2

Composante : UFR Humanités

Période de l'année : Semestre 4

Description

Description

Responsable de l’UE : Gilles Magniont

Intervenants : Véronique Béghain et Gilles Magniont

Présentation de l’UE :  

1. Programme de « culture littéraire/littératures comparées 4 » (V. Béghain)

L’histoire des Etats-Unis d’Amérique est marquée dès l’origine par le franchissement de frontières et limites aussi concrètes qu’abstraites, géographiques comme symboliques : l’expérience de la traversée transatlantique par les premiers colons et par les vagues successives d’émigrants européens, l’Atlantique perçu comme limite entre tyrannie et liberté par les communautés religieuses, notamment puritaines, fuyant les persécutions, etc. Plus tard, l’avancée des pionniers vers l’Ouest, le recul de ce que l’on a appelé la Frontier et le conflit sans cesse rejoué entre civilisation et wilderness perpétuent l’inscription matricielle dans l’imaginaire américain d’une aspiration à repousser les frontières et d’un expansionnisme qui trouvent à s’exprimer bien au-delà d’enjeux strictement territoriaux. Ainsi, dans le champ de la construction identitaire et sociale, comme dans un espace plus proprement littéraire, frontières et limites se trouvent incessamment célébrées et contestées, glosées, pointées du doigt et niées, tandis que les marges érigées par les individus comme par les communautés tantôt en idéal, tantôt en repoussoir, se voient fréquemment guettées par l’érosion, absorbées par le mainstream, récupérées pour le meilleur et pour le pire.     

Ce cours propose un cheminement à travers les représentations de la marge, de la frontière et de la limite auxquelles ont donné forme les écrivains américains entre la fin du 19ème siècle et l’aube de notre siècle, à partir d’un panorama d’écrits courts et longs, poèmes, nouvelles et romans, témoignant de la prégnance et de la fécondité de ces topoï ou motifs dans la littérature qui s’écrit outre-Atlantique. La mise à l’épreuve des limites est au cœur de la poésie whitmanienne, notamment quand elle s’éprouve comme contestation de l’autorité et des hiérarchies de tous ordres, tout autant que de la cavale et des errements moraux de l’Huckleberry Finn de Mark Twain ou des mises en scène par Philip Roth ou Willa Cather du brouillage des frontières raciales ou de genre. La marge se décline en réclusion volontaire chez la poétesse Emily Dickinson, mais aussi en exclusion des plus démunis chez le Jack London du Peuple de l’Abîme comme, à l’autre extrémité de l’échelle sociale, en banlieues désenchantées chez le nouvelliste John Cheever, voire en expansion à vocation ludique et métafictionnelle des marges textuelles que sont digressions et éléments péritextuels (prologues, notes) chez des écrivains ponctuellement assimilables au courant dit « postmoderne » comme Nicholson Baker ou Rick Moody. 

Une liste de lectures obligatoires et complémentaires sera fournie aux étudiants en début de semestre. Elle comprendra un ou deux courts romans, complétés par des extraits d’autres œuvres romanesques, ainsi que des nouvelles et des poèmes.

 

 

Textes de référence : lectures obligatoires

Programme de « culture littéraire/littératures comparées 4 »

Sélection de poèmes de Walt Whitman et Emily Dickinson

Sélection de nouvelles de John Cheever

Francis Scott Fitzgerald, Gatsby le magnifique

Philip Roth, La tache

 

2. Programme d’Approches critiques du langage (G. Magniont)

 

Quand les mots passent la frontière, on parle d’emprunt : on étudiera ce semestre ce processus qui consiste à introduire dans une langue un terme venu d’une autre langue. D’abord en décrivant les formes et motivations de l’emprunt, puis en envisageant le jugement des linguistes, hommes de lettres, écrivains quant à l’ « importation » de vocables : depuis la Renaissance, la question de l’emprunt constitue en effet un grand thème de discussion sur la langue, thème aux contours souvent politiques. Qu’est ce qu’une langue « pure » ?  Faut-il « naturaliser » les mots de l’étranger ? Existe-t-il un « génie » du français ? : autant de question qu’on prolongera au fil de synthèses de texte.

Des éléments de bibliographie seront proposés en cours.

 

 Évaluation :

 1ère session :

V. Béghain : écrit en 4h (CT)

G. Magniont : contrôle continu

2e session : régime général et dispensés :

V. Béghain : oral de 30 mn

G. Magniont : oral de 30 mn

Matières dispensées

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