Epistémologie des sciences humaines 2 - Université Bordeaux Montaigne

Epistémologie des sciences humaines 2

Crédits ECTS : 4

Volume horaire CM : 18

Volume horaire TD : 18

Code ELP : LBG6U7

Composante : UFR Humanités

Période de l'année : Semestre 6

Description

L'engagement, vérité des sciences sociales et de la littérature.

En science, y compris sociale, les considérations politiques semblent inopportunes. Lorsque malgré tout, au détour d’un livre ou d’un cours, tel ou telle débusque une trace d’idéologie, il ou elle se drape aussitôt dans les atours du juste milieu et se réclame tout aussi rapidement de la neutralité qualifiée d’axiologique en référence à Max Weber, argument d’autorité s’il en est. À chacun donc son territoire, aux militant.e.s la politique, aux neutres de tout bord la science, rien que la science !

N’est-ce pourtant pas évacuer purement et simplement l’engagement ? En effet, n’est-ce pas à la fin du XIXe siècle en France, au moment même où les sociétés humaines se voient dotées de sciences qui prétendent en dire la vérité (histoire, sociologie, etc.), que des savants se sont emparés du titre d’intellectuel pour constituer la bannière sous laquelle ils entendaient mener leurs combats politiques ? Ne s’engageaient-ils/elles pas précisément au nom de leur science, voire même au nom de la science ?

À leurs côtés, suivant le même fanal et se revendiquant du même label, des écrivains s’engagent pour les mêmes causes, comme si désormais science et littérature menaient combat commun. Mais au nom de quelle vérité ? Vérité scientifique et vérité littéraire peuvent-elles se rejoindre ? Et si l’engagement, loin d’être contradictoire avec l’exigence que requiert le raisonnement scientifique, constituait la vérité première et dernière des sciences sociales ?

C’est à ces questions que ce cours cherchera à apporter des réponses, en privilégiant le XIXe siècle français, afin de délimiter ce que peut être une science avec conscience.

Bibliographie

Pour commencer à réfléchir, il faut lire : 

Bénichou Paul, Le sacre de l’écrivain, 1750-1830. Essai sur l’avènement d’un pouvoir spirituel laïque dans la France moderne, Paris, Gallimard (Bibliothèque des idées), 1996, 492 p.

Bourdieu Pierre, Les règles de l’art. Genèse et structure du champ littéraire, Paris, Le Seuil (Points-Essais), 1998 (1e éd. : 1992), 567 p.

Bourdieu Pierre, « Pour un savoir engagé » (Chicago, décembre 1999), in : Bourdieu Pierre, Contre-feux, t. 2, Pour un mouvement social européen, Paris, Raisons d’agir éditions, 2001, p. 33-41.

Bouveresse Jacques, La connaissance de l’écrivain. Sur la littérature, la vérité & la vie, Marseille, Agone (Banc d’essais), 2008, 237 p.

Debaene Vincent, L’adieu au voyage. L’ethnologie française entre science et littérature, Paris, Gallimard (Bibliothèque des sciences humaines), 2010, 521 p.

Noiriel Gérard, Dire la vérité au pouvoir : les intellectuels en question, Marseille, Agone (Éléments), 2010 (nlleéd. de Les fils maudits de la République), 310 p.

Weber Max, La science, profession et vocation (trad. Isabelle Kalinowski), Marseille, Agone (Bancs d’essais), 2005, 299 p.

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