Epistémologie des sciences humaines 2 - Université Bordeaux Montaigne

Epistémologie des sciences humaines 2

Crédits ECTS : 4

Volume horaire CM : 18

Volume horaire TD : 18

Code ELP : LBG6U7

Composante : UFR Humanités

Période de l'année : Semestre 6

Description

De la vérité en sciences sociales.

Les sciences sociales rechignent à se reconnaître pleinement sciences. Rien ne le dit mieux que leur résignation devant le label « sciences exactes », une appellation qui les laisse entrevoir comme des sciences qui ne le seraient pas, des sciences inexactes. Si les sciences ont à faire avec la vérité, que celle-ci soit considérée comme accessible ou non, quelle vérité alors attendre de la supposée inexactitude des sciences sociales ? Souvent, le relativisme est convoqué comme réponse : à chacun-e sa vérité, tout n’est qu’opinions, etc. Les sciences sociales – l’histoire aussi donc – sont renvoyées à des recherches produisant au mieux du vraisemblable, de beaux livres, au pire de l’idéologie. Outre qu’une telle conception met en cause la nécessité d’un enseignement des sciences sociales, elle autorise également des idées pour le moins dangereuses, voire des opinions délictueuses comme le négationnisme, qui ont toutes en partage le mot d’ordre : la vérité est ailleurs.

En posant le problème de la vérité dans les sciences sociales, ce cours a l’ambition de démontrer que celles-ci sont des sciences de plein exercice et qu’elles produisent des savoirs vrais ; qu’en raison de leur objet, les mondes sociaux qu’ils soient présents ou anciens, elles proposent un apprentissage de la réflexion critique, préalable à toute émancipation de la personne humaine.

 

Le cours discutera successivement les problèmes suivants : 

1e : « Des chercheurs qui cherchent, on en trouve ; des chercheurs qui trouvent, on en cherche » (citation à l’origine incertaine). Vérité en sciences sociales, vérité scientifique.

2e : « Vous n’y étiez pas » ; « décrire ce qu’on voit, passe encore ; voir ce qu’il faut décrire, voilà le difficile » (L. Febvre). Connaissances spontanées des mondes sociaux anciens et présents.

3e : « Le temps ne fait rien à l’affaire » ; « Toute histoire qui n’est pas contemporaine est suspecte » (Pascal, Pensées) ; « Est historique tout fait qu’on ne peut plus observer directement parce qu’il a cessé d’exister » (Ch. Seignobos). Passé, présent, contemporain.

4e : « Scripta manent ». Quel(s) document pour quel(s) savoir(s) en sciences sociales ?

5e : « There is no alternative !  » Possibles, probable et autres uchronies.

6e : « À tout péché, miséricorde! » ; « l’anachronisme, péché des péchés, entre tous irrémissible » (L. Febvre). La vérité du monde social au péril de l’histoire.

7e : « C’est de famille ». Sur l’importation des concepts en sciences sociales.

8e : « Moi, je ne fais pas de politique » ; « Robespierristes, anti-robespierristes, nous vous crions grâce : par pitié, dites-nous seulement quel fut Robespierre » (M. Bloch) Idéologies et sciences sociales.

9e : « Tout est politique ». En sciences sociales, il n’y a de vérité que politique.

Bibliographie

Pour commencer à réfléchir, il faut lire : 

Ginzburg Carlo, Le juge et l’historien. Considérations en marge du procès Sofri, Lagrasse, Verdier (Verdier Poche), 2007 (1e éd. : 1997), 186 p.

< Liste des matières

footer-script