Littérature comparée 2 - Université Bordeaux Montaigne

Littérature comparée 2

Crédits ECTS : 4

Volume horaire TD : 24

Code ELP : LDL2M21

Lieu(x) d'enseignement : Bordeaux et agglomération

Composante : UFR Humanités

Langue d'enseignement : Français

Période de l'année : Printemps

Plage horaire : Journée

Description

Description

Responsable de l’UE : Blandine Puel

Intervenants :

Majeures :  Céline Barral, Jean-Paul Engélibert, D. Gachet, V. Partensky

Mineures : Edgar Henssien, Mounira Chatti…

Babel : Vérane Partensky

Présentation de l’UE :

Les cours à destination des étudiants de Lettres modernes sont consacrés à l’étude d’œuvres théâtrales. Le cours Babel s’inscrit dans une réflexion sur le roman. Les cours proposés en mineures sont conçus comme une initiation à la littérature comparée indépendamment d’un angle générique particulier.

 

Récapitulatif

 

Groupe 1

Céline Barral -  Théâtre politique au XXe siècle 

Groupe2

Jean-Paul Engélibert - Le théâtre de l’entreprise : Michel Vinaver

Groupe3

Delphine Gachet – Le mythe de Dom Juan

Groupe4

Jean-Paul Engélibert - Le théâtre de l’entreprise : Michel Vinaver

Groupe5

Vérane Partensky – Théâtre du complot

Groupe 6 Babel

Vérane Partensky - Le roman en procès  (Vérane Partensky)

Mineures

 

Groupe 7

À déterminer

Groupe 8

À déterminer

Groupe 11

Edgar Henssien

Groupe 12

Edgar Henssien

Groupe 13

Mounira Chatti

Groupe 14

Mounira Chatti

Groupe 15

À déterminer

Groupe 16

À déterminer

Groupe 17

À déterminer

Groupe 18

À déterminer

FAD Pour les dispensés, le programme proposé à la FAD est celui du groupe 5 (théâtre du complot) aussi bien pour les majeures que pour les mineures.

 

Programmes 

Important : les étudiants doivent se procurer les textes au programme dans les éditions indiquées à l’exclusion d’aucune autre. Pour l’examen, ils doivent impérativement se munir des œuvres et, le cas échéant, des fascicules de textes fournis par l’enseignant. On rappelle que, pour les commentaires, les textes ne sont pas généralement pas reproduits ; les étudiants qui n’auraient pas apporté les œuvres seront dans l’impossibilité de composer. L’utilisation d’une œuvre dans une autre édition que l’édition autorisée est assimilée à une fraude.

 

Lettres modernes

 

Groupe 1 - Théâtre politique au XXe siècle (Céline Barral)

 

Bertolt Brecht révolutionne à partir des années 1930, en Allemagne puis en exil, l’écriture théâtrale, le jeu et la mise en scène. En puisant dans des récits picaresques, dans des chroniques historiques ou dans des fables orientales, il propose un « théâtre épique », qui rompt avec les règles de l’action dramatique. Il critique radicalement l’illusionnisme et l’identification sur lesquels reposait l’expérience ordinaire du spectateur de théâtre : il propose de créer sur la scène des « effets de distanciation » pour que le théâtre agisse sur les croyances des spectateurs. L’œuvre de Brecht a profondément transformé le théâtre à travers le monde, en proposant un art engagé qui ne se contente pas d’énoncer des thèses. Sa réception en France est contrastée, enthousiaste puis nuancée chez le théoricien Roland Barthes, méfiante voire hostile chez un écrivain comme Albert Camus, dont le théâtre, très politique lui aussi, prend une tout autre direction. Camus conçoit le théâtre en termes non de dialectique mais de communion : le dramaturge doit réussir à « traduire les souffrances et le bonheur de tous dans le langage de tous », et être ainsi « compris universellement ».

Ces choix divergents dans la représentation et la pratique du politique nous invitent à relire de près les œuvres, qui se nourrissent de réécritures, de mythes, d’inventivité formelle, et non pas seulement de thèmes politiques. Nous serons amenés à mobiliser des notions clés du théâtre moderne – celles de parabole, d’allégorie, de situation –, à réfléchir à ce qui distingue un théâtre dramatique, un théâtre tragique et un théâtre épique, à comprendre ce que peut être un théâtre pour les « enfants de l’ère scientifique », qui sont aussi les enfants des totalitarismes et de la crise des idéologies.

 

Lectures obligatoires

Bertolt BRECHT, Mère Courage et ses enfants, dans Théâtre complet (1937-1940), volume 4, Paris, L’Arche, 1975.

Albert CAMUS, Les Justes, éd. Pierre-Louis Rey, Paris, Gallimard, coll. « Folio Théâtre », 2008.

 

Lectures complémentaires :

BRECHT, La Vie de Galilée, Homme pour homme, Celui qui dit oui, celui qui dit non (dans Brecht, Théâtre complet, L’Arche, vol. I, II, IV). Et Petit Organon pour le théâtre, L’Arche, 1990. Ou Écrits sur le théâtre, Paris, L’Arche, 1972.

 

CAMUS, Les Possédés et L’Homme révolté (dans Œuvres complètes, vol. III et IV, Gallimard, « Pléiade », 2008) et ses conférences de 1957 à l’occasion de la réception du prix Nobel (en ligne : http://classiques.uqac.ca/classiques).

 

Quelques pistes critiques :

Th. W. ADORNO, « Engagement », in Notes sur la littérature, Paris, Flammarion, 2009.

Hannah ARENDT, Vies politiques, Paris, Gallimard, 1974.

Roland BARTHES, Essais critiques, Paris, Le Seuil, 1964. Ses articles dans la revue Théâtre populaire  en 1954-1955 ont été fondateurs dans la réception de Brecht en France.

Walter BENJAMIN, Essais sur Brecht, Paris, La Fabrique, 2003. Surtout « Qu’est-ce que le théâtre épique ? (2e version) »

Georges BATAILLE, « Le temps de la révolte », Critique, n° 56, janvier 1952. Disponible en ligne : www.larevuedesressources.org (onglet Idées, Controverses).

 

Peter SZONDI, Théorie du drame moderne (1959), Belfort, Circé, 2006.

Jean-Paul SARTRE, Un théâtre de situations (1973), Paris, Gallimard, 1992. Surtout « Théâtre épique et théâtre dramatique » (1960).

Jean-Pierre SARRAZAC, La Parabole ou l’enfance du théâtre, Belfort, Circé, 2002.

 

Groupes 2 et 4 -Le théâtre de l’entreprise : Michel Vinaver (Jean-Paul Engélibert)

 

Faire de l’entreprise le lieu d’une intrigue théâtrale était pour Michel Vinaver en 1967, quand il a entrepris la rédaction de Par-dessus bord, une manière de renouveler l’écriture dramaturgique en faisant de situations ordinaires et de passions communes les ressorts de l’action. La pièce fait de l’entreprise un monde ; au cœur de l’intrigue, la succession d’un industriel figure la transition d’une époque à l’autre, du capitalisme familial de l’après-guerre au système mondialisé d’aujourd’hui. En 2009, le dramaturge japonais Oriza Hirata adapte la pièce de Vinaver en la transposant dans le Japon du XXIe siècle. On étudiera dans les deux pièces le passage d’un monde à l’autre et sa représentation dans une esthétique post-brechtienneengagée dans le déchiffrement des réalités économiques et politiques contemporaines.

 

Bibliographie

Œuvres étudiées. A se procurer dans l’édition indiquéeà l’exclusion d’aucune autre (NB. Par-dessus bord a fait l’objet de plusieurs éditions dans des états différents, parfois considérablement raccourcis, d’une version « hyper-brève » à la version intégrale de 2010 : il est indispensable de la lire dans cette dernière pour que nous travaillions tous sur le même texte).

Vinaver, M. Par-dessus bord (1972), version intégrale suivie de son adaptation japonaise, Oriza Hirata, La hauteur à laquelle volent les oiseaux, Paris, L’Arche, 2010.

 

Critique, théorie, textes périphériques

Bradby, D. The Theater of Michel Vinaver, The University of Michigan Press, 1993.

Eigenmann, E. La Parole empruntée. Sarraute, Pinget, Vinaver. Paris, L’Arche, 1997.

Engélibert, J.-P. « Scènes de famille à l’âge de la consommation : l’héritage impossible », in C. Andriot-Saillant (dir.) , Paroles, langues et silences en héritage, Clermont-Ferrand, P.U. Blaise Pascal, 2009, p. 353-372.

Lallias, J.-C. (dir), Théâtre aujourd’hui, n° 8, juillet 2000, « Michel Vinaver ».

Noujaim, M. Le Théâtre de Michel Vinaver. Du dialogisme à la polyphonie. Paris, L’Harmattan, 2012.

Revue d’études théâtrales, hors-série 1, « Michel Vinaver, côté texte/côté scène », 2008.

Thomasseau, J.-M. et Corvin, M. (dir.), Europe, n° 924, avril 2006, « Michel Vinaver ».

Ubersfeld, Anne, Vinaver dramaturge, Paris, Librairie théâtrale, 1990.

Vinaver, M. Ecrits sur le théâtre, 1 et 2, Paris, L’Arche, 1998.

 

Groupe 3 -  Le mythe de Don Juan (Delphine Gachet)

 

Il s’agit dans ce TD d’étudier, en s’attachant à quelques œuvres emblématiques, le devenir du mythe de Don Juan. Quand Molière écrit son Dom Juan, pour la théâtre en 1665, quand Mozart et Da Ponte présentent Don Giovanni à l’opéra en 1787, ces auteurs reprennent mais aussi revisitent l’œuvre initiale de l’espagnol Tirso de Molina (El Burlador de Sevilla, 1630). A des époques différentes, dans des milieux culturels et linguistiques différents, comment cette figure littéraire majeure qu’est Don Juan évolue-t-elle ? Et dans quelle mesure fait-elle varier l’interprétation du mythe? Qu’est-ce qui, dans celui-ci, plait, intrigue, dérange ou fascine selon les temps et les lieux ?

Il s’agira d’interroger les œuvres au programme dans leur triple dimension : littéraire, scénique et dramaturgique.

Cette étude comparée pour s’enrichir d’excursions vers le cinéma (Don Juanou le Festin de pierre de Bluwal (1965) / Don Giovanni, de Losey (1979)

 

Textes de référence  

(il est obligatoire que les étudiants acquièrent les éditions référencées ci-dessous)

MOLIERE , Jean-Baptiste Poquelin, dit. Dom Juan (1665), Paris, Flammarion, Coll. « GF Flammarion », 2013.

Lorenzo DA PONTE, Don Giovanni - Don Juan (1787), Michel Orcel (Traduction), Paris, Flammarion , Coll. « Garnier Flammarion / Théâtre bilingue », 1994.

Lectures complémentaires :

- Il est indispensable de lire le texte de Tirso de Molina (L’Abuseur de Séville)

Une bibliographie critique sera proposée aux étudiants à la première séance.

 

Groupe 4 – voir ci-dessus (même programme que le groupe 2)

 

Groupe 5 – Théâtre du complot (V. Partensky)

 

Ce programme propose de mettre en relation théâtre romantique et théâtre élisabéthain dans une réflexion qui permettra de réfléchir à la question des genres dramatiques, du traitement du politique au théâtre, et des relations entre représentation dramatique et secret, entre théâtre de la cité et conscience individuelle. Il sera l’occasion d’une exploration des fonctions et des modalités de l’écriture dramatique, mais aussi d’une réflexion sur les conditions du passage à la scène.

 

Textes de référence :

William Shakespeare, Macbeth, traduction Yves Bonnefoy, Gallimard, Folio classique, 2016

Friedrich Schiller, Les Brigands, Paris, L’Arche, 1998

 

Il est vivement conseillé de se référer au texte original au moins pour le texte anglais, que vous trouverez facilement sur internet.

 

 

Groupe 6:
Programme Babel
Le roman en procès  (Vérane Partensky)

 

« La littérature n’est pas innocente, et coupable, elle devait à la fin s’avouer telle » : ce cours, qui explore deux romans consacrés à la mise en scène du mal, est conçu comme une réflexion sur ce jugement de George Bataille. Œuvre majeure du romantisme noir, Le Moine de Lewis raconte l’histoire d’une tentation et d’un pacte diaboliques. Texte initiatique, relatant la confrontation de l’innocence au monde et le nécessaire apprentissage du mal, ce roman, reçu comme une œuvre scandaleuse à la fin du XVIIIe siècle, a été rapidement diffusé dans toute l’Europe et a nourri l’imaginaire littéraire. Quelques lustres plus tard, Hoffmann s’empare de cette œuvre et en propose, avec Les Elixirs du diable, une magistrale réécriture. Conçu comme une initiation à la littérature comparée, ce cours permettra d’envisager une question de réception et de mettre en évidence la manière dont les œuvres dialoguent entre elles. On s’intéressera à la manière dont le texte de Lewis s’inscrit dans le champ littéraire du roman gothique qui s’épanouit à la fin du XVIIIet on étudiera la question de l’appropriation littéraire, par Hoffmann tout d’abord, qui met en scène dans son roman la lecture du roman de Lewis, puis par Antonin Artaud, auteur surréaliste qui traduit le Moine ou plutôt, pour reprendre ses propres termes, donne « une sorte de ‘copie’ en français du texte anglais original ». On s’intéressera ainsi au jeu de la référence littéraire et aux questions d’intertextualité ainsi qu’à la question de la traduction et de la réécriture et on verra, plus largement, comment ces romans mettent en scène les pouvoirs, les séductions et les dangers du langage.

 

Corpus :

Attention : les étudiants doivent nécessairement se procurer les œuvres du corpus dans les éditions indiquées ci-dessous à l’exclusion d’aucune autre (il est important que nous ayons tous la même traduction et la même pagination).

— Antonin Artaud, Le Moine (de Lewis) Paris, Gallimard, Folio n° 690, 1966

— E. T. A. Hoffmann, Les Elixirs du diable, traduction Alzir Hella et Olivier Bournac, Paris, Stock, 2002

Des textes critiques seront distribués aux étudiants au cours du semestre. Ils devront faire l’objet d’une lecture particulièrement attentive. On pourra également consulter utilement le texte de Lewis en langue originale et, pour les étudiants ayant fait de l’allemand, celui d’Hoffmann, dans les éditions souhaitées. A titre indicatif :

— Lewis, The Monk, Penguin Classics, 1998

— E. T. A Hoffmann, Die Elixiere des Teufels, Reclam, 1975

 Programmes Mineures Lettres

Programmes à préciser

Contrôle des connaissances

 1ère session :

Régime général : contrôle continu

Dispensés : contrôle terminal – écrit 4h

2e session : régime général et dispensés : contrôle terminal – écrit 4h

Nature de l’épreuve : Commentaire, dissertation ou essai au choix de l’enseignant

Informations complémentaires

Seul le programme de Mme Partensky est proposé à la FAD. Ce programme est proposé aussi bien en majeure qu’en mineure.

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