Un rempart peut en cacher un autre - Université Bordeaux Montaigne

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Un rempart peut en cacher un autre

Équipe de fouilles 2018 ; en bas de gauche à droite : Guillaume Teillet, Guilhem Kergus et Corentin Freyssinier. Cliché Sophie Krausz

Quel formidable chantier-école que celui de Châteaumeillant (Cher) ! La campagne 2018 de fouilles menée par Sophie Krausz, maître de conférences HDR en protohistoire européenne – UMR 5607 Ausonius (Université Bordeaux Montaigne/CNRS), a mis au jour une fortification gauloise composée de deux remparts successifs. Il s’agit du plus grand rempart massif de la région Centre, l’un des mieux conservés en France.

Sophie Krausz
Sophie Krausz devant le rempart massif. Cliché Pierrick Delobelle

Douze étudiants bordelais s’affairent actuellement sur cet imposant système défensif érigé au moment de la guerre des Gaules (environ 50 avant J.-C.) au sein duquel se trouve un mur gaulois de type murus gallicus, fortification antérieure datée de 100 avant J.-C.  

La formation sur le terrain est primordiale pour ces jeunes étudiants. Outre la complémentarité de l’enseignement théorique dispensé à l’université, l’application pratique leur permet d’acquérir de nouvelles compétences.

Trois étudiants nous livrent leurs expériences sur le chantier de Châteaumeillant :

Un apport bénéfique du chantier-école

Malgré leur parcours universitaire différent, ils sont tous unanimes sur l’apport bénéfique du chantier-école.

L’aspect formateur du terrain est mis en avant par Corentin et Guilhem qui n’avaient jamais eu de cours d’archéologie avant leurs premières fouilles à Châteaumeillant, respectivement en 2016 et 2018.

Vue 3D du rempart
Vue 3D du rempart massif renfermant le murus gallicus. © Florent Comte - Ausonius

Le choix du site n’est pas du au hasard mais bien en lien avec leur mémoire de master dirigé par Sophie Krausz. Corentin étudie la relation homme/animal et notamment homme/cerf avec l’analyse des bois de cervidés retrouvés sur le site et utilisés principalement pour la conception de manche d’outils. Le sujet de Guilhem, César et la guerre de siège, traité jusqu’alors sous l’angle historique, se prête particulièrement bien à l’étude archéologique du site de Châteaumeillant. Outre son rôle d’historien, Guilhem veut comprendre les données archéologiques en se confrontant aux vestiges des fortifications.

Guillaume, lui, est un homme de terrain. Son objectif en tête depuis le début, il a choisi la voie professionnelle. Fort de ses neuf mois de chantiers et de sa cinquième campagne à Châteaumeillant, il intégrera le master 2 « Ingénierie de l’archéologie préventive » en septembre 2018.

Ces trois exemples démontrent l’importance des fouilles archéologiques menées dans le cadre de la formation des étudiants. Que ce soit pour un parcours recherche ou professionnel, les chantiers-écoles favorisent l’interdisciplinarité et l’acquisition de compétences en phase avec la réalité de l’emploi.

Contact : Sonia Syllac  Chargée de valorisation, communication et médiation scientifique Institut Ausonius (UMR 5607 - CNRS/Université Bordeaux Montaigne)

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