Un puits de connaissance celtique - Université Bordeaux Montaigne

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Un puits de connaissance celtique

Puits 512. Cliché Guillaume Gouzon - Cave à amphores 437. Cliché Sophie Krausz

L’oppidum de Châteaumeillant (département du Cher, en région Centre-Val de Loire) ne cesse de livrer ses secrets. Après la découverte en 2012 de quatre bronzes exceptionnels du IIIe siècle après J.-C., Sophie Krausz, maître de conférences HDR en protohistoire européenne (Ausonius UMR 5607 – Université Bordeaux Montaigne/CNRS) et son équipe ont mis au jour un ensemble remarquable daté du Ier siècle avant J.-C.

Un puits caché dans une « cave à amphores »

Dans les années 1960, l’oppidum gaulois a été rendu célèbre par la découverte de nombreuses « caves à amphores ». Ces structures caractéristiques de Châteaumeillant sont uniques en Gaule et même en Europe. En 2016, la série continue avec la mise au jour d’une nouvelle grande cave quadrangulaire contenant une soixantaine d’amphores italiques. Outre l’attrait de fouiller cette cave avec les méthodes actuelles, la particularité de cette découverte réside dans la présence d’un puits au sein même de ladite cave.

Dépôt particulier ?

Daté aux alentours de 50 avant J.-C., le puits gaulois a pu être fouillé grâce à la mise en place d’une structure spécifique du bureau privé d’études archéologiques, Éveha.

Un chenet en terre cuite, une statue de pierre anthropomorphe ainsi qu’un crâne humain avec des traces de décarnisation ont été trouvés à l’intérieur du puits. La base du corps de la statue, brisée intentionnellement, a été retrouvée dans une fosse, 8m plus loin.


De gauche à droite : Chenet à protomé de cheval en terre cuite - Cliché Sophie Krausz / Sortie du puits de la statue par Guillaume Gouzon, EVEHA - Cliché Marion Bouchet / Statue anthropomorphe - Cliché Sophie Krausz

Dépôt rituel ?

Les études archéologiques s’interrogent actuellement sur le lien entre le crâne et la statue mais aussi sur le bris de cette dernière.

  • Le crâne, celui d’un jeune homme d’environ 17/20 ans, est contemporain de la statue. La mandibule a été retirée de manière délibérée et la décarnisation pratiquée post-mortem.
  • La statue représente un homme moustachu qui porte un large torque (bijou masculin de l’aristocratie de l’époque) autour du cou et en tient un autre dans la main droite.

Avatar héroïque ou illustre ancêtre, la statue présente une analogie intéressante avec le crâne humain : la forme allongée de la boîte crânienne.

Il ne fait aucun doute pour les archéologues que nous sommes en présence d’un dépôt particulier qui paraît être de nature rituelle.

Dans le contexte de l’habitat de la fin du second âge du Fer (-100 à -25), l’étude de cet ensemble archéologique exceptionnel et inédit apportera des éléments essentiels à la compréhension de la société celtique.

Visionner le reportage de France 3 Centre - Val de Loire

Contact : Sonia Syllac - Chargée de valorisation, communication et médiation scientifique Institut Ausonius (UMR 5607 - CNRS/Université Bordeaux Montaigne).

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