Sandrine Dubouilh, une autre vision du Trocadéro - Université Bordeaux Montaigne

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Sandrine Dubouilh, une autre vision du Trocadéro

Portrait Sandrine Dubouilh enseignante chercheure à l'Université Bordeaux Montaigne

Les salles du Trocadéro

Le projet de recherche de Sandrine Dubouilh porte sur les salles de spectacles du Trocadéro et plus particulièrement la salle de 1937. La commande de ces salles du Trocadéro émanait des pouvoirs publics. Les trois salles ont été construites successivement au même endroit. La chercheuse travaille donc sur des fonds conservés aux archives nationales. Les sources sont souvent lacunaires mais elles existent en quantité suffisante concernant la salle de 1937.


La salle de spectacle du Trocadéro de 1878, photo prise le 7 juillet 1900 et initialement publiée dans le magazine Idun
Les trois salles sont considérées comme des échecs. Sandrine Dubouilh préfère parler de prototypes.

« Les salles du Trocadéro sont des lieux de forte expérimentation. La salle de 1878 comporte 5 000 places. Celle de 1937 en compte 2 800 et propose des innovations scénographiques et acoustiques importantes. C’est aussi une salle frontale : tout le monde est assis face à la scène. La dernière en 1975 a fait le pari d’être une salle transformable : la première sur le sol français. Ces salles sont considérées comme des échecs pour deux raisons majeures. Leur usage effectif était en inadéquation avec la commande initiale. Par ailleurs, les projets étaient trop ambitieux pour les techniques de l’époque. »

 

La salle de théâtre idéale culmine à 500 places


Le plan de la salle de spectacle du Trocadéro de 1937, plan réalisé par Edouard et Jean Niermans (Théâtre, public, perception © CNRS Editions
Aujourd’hui, une salle de 3 000 places comme la salle du Trocadéro de 1937 ne fait plus rêver personne. « Une salle pareille est juste monstrueuse, et je crois que j’aime travailler sur les monstres. » Pourquoi l'État a-t-il passé commande d’un équipement de cette envergure ? Parce que ces salles sont construites dans l’idée du « théâtre pour tous » : de grandes salles pour accueillir tout le monde.

Sandrine Dubouilh affectionne l’étude des grandes salles, car elles donnent une vision de l’histoire des idées et des techniques. Par exemple les salles de 1878 et de 1937 ont toutes les deux été construites à l’occasion d’une exposition universelle. Poussées par un contexte international, elles vont être pensées et conçues sans compromis ce qui va les rendre peu fonctionnelles à la longue.

 

Une chercheuse atypique


Le plan de la salle de spectacle du Trocadéro de 1975, plan réalisé par Fabre et Perrottet (Techniques et Architecture, n° 307)
Sandrine Dubouilh est une chercheuse au parcours atypique. En parallèle de ses études d'architecture elle est scénographe. Elle concevait et réalisait des décors de théâtre. Entrée à l’université en DEA d’études théâtrales, elle se forme à l’historiographie et apprend à travailler sur les archives.         

Son domaine de recherche concerne l’architecture théâtrale, dans une approche à la fois historique et critique. L’histoire de l’architecture est habituellement étudiée par les historien·ne·s de l’art, mais Sandrine Dubouilh revendique une approche différente de la leur : elle parle du sujet avec ses outils d’architecte. Elle s’intéresse à la commande du bâtiment : quels sont les besoins exprimés, quels usages sont envisagés, quelle est la réponse architecturale à ces besoins ?
Au Trocadéro par exemple, Sandrine Dubouilh se focalise sur des questions proches de sa formation d’architecte : pourquoi une salle comme celle-ci, pourquoi dans ces années-là et quelle était la commande au départ ?

 

Enseignante en arts de la scène

Sandrine Dubouilh enseigne des disciplines recouvrant ses trois facettes :

  • L’histoire, avec sa collègue Pauline Beaucé, en initiant les étudiant·e·s à l’étude des archives. Elles ciblent la question des lieux sur le terrain bordelais. « Voir sa spécialité entre les mains des étudiant·e·s est très appréciable », confie-t-elle.
  • L’architecture autour de la question des lieux et leur histoire dans un cours magistral.
  •  Enfin la scénographie et son histoire « le métier que j’ai pratiqué pendant une dizaine d’année. » Il est question pour ses étudiant·e·s de concevoir un projet de décor et d’en réaliser une maquette à l’échelle.

Sandrine Dubouilh est membre de l’unité de recherche CLARE et a obtenu un Congé pour Recherches ou Conversions Thématiques (CRCT) du 1er mars au 31 août 2018, période au cours de laquelle la chercheuse s’est consacrée à son projet de recherche.

Article rédigé par Bérangère Subervie, étudiante Master 1 Médiation des sciences et stagiaire à la direction de la communication de l’Université Bordeaux Montaigne.

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