Quoi de neuf en Aquitaine romaine ? - Université Bordeaux Montaigne

Recherche - Diffusion des savoirs

Quoi de neuf en Aquitaine romaine ?

Colayrac. Cliché Alexandra Hanry, INRAP


Affiche de la journée d’étude
Le vendredi 2 février 2018, l'institut Ausonius (UMR 5607 CNRS/Université Bordeaux Montaigne) a accueilli la première édition de la journée d’étude "Actualités de la recherche archéologique en Aquitaine romaine". Sous l'égide de la fédération Aquitania, la manifestation a été organisée par Laëtitia Borau (chargée de recherche CNRS) et Brice Ephrem (chercheur associé Ausonius).

Les objectifs de cette journée étaient de réunir différents acteurs de l'archéologie nationale et régionale tout en donnant l'opportunité aux scientifiques de présenter leurs recherches inédites à travers des communications orales et la présentation de posters. Cette rencontre scientifique a permis de fédérer l'ensemble des secteurs d'activités privés et publics en décloisonnant les cadres administratifs et professionnels. De jeunes chercheurs et étudiants (master, doctorant) y ont également trouvé l'occasion d'exposer leurs travaux.

L'Aquitaine romaine : un tiers de la France métropolitaine actuelle


Carte de l'Aquitaine sous le Haut-empire romain. © Jean-Pierre Bost
Historiquement, la province d’aquitaine a été créée selon la volonté de l'empereur Auguste à la fin du Ier siècle avant J.-C. Cette zone géographique s'étendait des Pyrénées jusqu'à la Loire et de l'Atlantique jusqu'à Clermont-Ferrand, ce qui équivaut à un tiers de la France métropolitaine actuelle. La présentation de nombreux sites aux quatre coins de l'Aquitaine témoigne de l'étendue de ce vaste territoire.

  • Les travaux de Florian Baret (ATER université de Tours) nous emmènent sur les traces des anciennes agglomérations antiques lémovices (ancien peuple gaulois vivant dans l’actuel Limousin).
  • Marie-Luce Merleau (Inrap) nous décrit ses résultats de recherche sur le lieu dit "la Mariniesse", un petit établissement agricole antique sur la rive droite du Lot où vivaient les Nitiobroges.
  • Fanny Larre et Mathieu Roudier (Hadès) nous transportent à l'extrémité sud de l'ancien territoire gallo-romain avec leurs travaux sur les thermes de Beneharnum (Lescar, Pyrénées-Atlantiques, près de Pau). Le cheminement se poursuit autour d’un atelier de tannerie à Cahors, d’une plate-forme monumentale à Colayrac-Saint-Cirq (Lot-et-Garonne) et d’espaces funéraires à Limoges.  

Une archéologie à l'ère du temps


Brice Ephrem, Laetitia Borau et Farid Sellami durant la présentation des posters. Cliché Sonia Syllac
L'archéologie d'Indiana Jones n'est plus qu'un vaste souvenir des années 70. Depuis la fin des années 90 avec le développement de l’informatique et les années 2000 avec celui des technologies de pointes aériennes et satellitaires, l'archéologue s'appuie sur de nouveaux outils. Florian Baret ainsi que Vanessa Elizagoyen (Inrap) ont utilisé sur leurs sites respectifs des technologies non destructrices telles que le LiDAR pour Light Detection And Ranging et la prospection géophysique.

  • Le LiDAR est une technologie permettant d'obtenir une modélisation de la surface d'un sol à partir d'un dispositif diffusant une multitude de faisceaux laser.
  • La géophysique quant à elle permet l’exploration du sous-sol à l’aide d’ondes électriques, magnétiques ou d’un radar.

Cette démarche pluridisciplinaire apporte de nouveaux éléments de compréhension. Ces technologies révèlent ainsi des éléments constitutifs de paysages anciens, voire des structures enfouies. De son côté, Frédéric Gerber (Inrap) a montré tout l'intérêt de la photogrammétrie numérique dans ses recherches sur les aqueducs antiques de Poitiers (Vienne). Ce procédé a été utilisé pour proposer des restitutions 3D de monuments disparus.

L'évolution sur le temps long

La souplesse chronologique proposée par l'organisation a permis d'intégrer des communications sur  des périodes de transition allant du Second âge du Fer appelé "La Tène" (du IVe au Ier s. av J.-C.) à l'Antiquité tardive (VIe s. ap J.-C.) et au Haut Moyen Âge. Les deux présentations du site de Barzan (Charente-Maritime) fouillé par le Service Départemental d’Archéologie de Charente-Maritime (Karine Robin, Céline Trézéguet et Bastien Gissinger) ont permis d’illustrer les différentes périodes d'occupations humaines.

Un site exceptionnel fouillé au cœur de Bordeaux a révélé une nécropole datée de l’Antiquité tardive.

Zoom sur les fouilles de l'ilot Castéja, à Bordeaux

Coralie Demangeot et Xavier Perrot (Hadès) ont présenté les résultats préliminaires de la fouille de l'ilot Castéja (proche de la nécropole St-Seurin, Bordeaux, Gironde), site daté entre le IVe et le VIe s. ap J.-C. Durant 6 mois, les archéologues ont travaillé sur une vaste nécropole de 1600m². Ils y ont découvert pas moins de 591 individus répartis dans 271 sépultures (individuelles, multiples et collectives). La position des corps et des objets personnels alimente l'hypothèse d'un ensevelissement précipité dû à une crise sanitaire. Dans le même quartier bordelais une autre opération de fouilles sous la direction de David Hourcade (Bordeaux Métropole) a permis de conforter les hypothèses déjà émises sur le début de l'urbanisation de Burdigala à l'époque romaine (début du Ier s. ap J.-C.).

Les échanges constructifs de la journée seront prochainement publiés dans la revue Aquitania. Cette première édition mériterait d'être reconduite dans les années à venir afin de fédérer davantage les acteurs de l'archéologie autour de nouveaux programmes de recherche et de transmettre annuellement à la communauté scientifique les résultats de l’activité archéologique régionale.

Contact : Sonia Syllac - Chargée de valorisation, communication et médiation scientifique Institut Ausonius (UMR 5607 - CNRS/Université Bordeaux Montaigne)

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