Les fouilles du sanctuaire d’Eysses en Lot-et-Garonne - Université Bordeaux Montaigne

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Fin des fouilles du sanctuaire d’Eysses en Lot-et-Garonne

Fouilles archéologiques de juillet 2016. Cliché S. Syllac

Les fouilles du sanctuaire d'Eysses à Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne), un des plus grands sanctuaires romains connus en France, se sont achevées cet été. Sous la direction d’Alain Bouet, professeur d’histoire et d’archéologie romaine à l’Université Bordeaux Montaigne (UMR 5607 Ausonius, CNRS/Université Bordeaux Montaigne), cinq années de fouilles programmées (de 2012 à 2016) ont été nécessaires au renouvellement des connaissances sur l’important sanctuaire romain.

Excisum, une agglomération prospère au Ier siècle après J.-C.


Vue de la Tour d’Eysses, seul vestige encore en élévation. Cliché S. Syllac
Sur l'emplacement de l'actuel quartier d'Eysses, s'élevait au Ier siècle de notre ère, l’agglomération d’Excisum. Située sur une importante étape routière, l’agglomération de près de 40 hectares se développa jusqu'au début du IIIe siècle avec l’édification d’un sanctuaire, de temples ornés de marbre, de quartiers artisanaux et d’un camp militaire.
De ce riche passé, il ne subsiste actuellement que la Tour d'Eysses, vestige imposant de l'ancien sanctuaire, et de nombreux murs.

Cet important site archéologique a été découvert dans les années 1970-1980, lors de plusieurs projets de construction (hôpital, caserne de pompiers...). Les projets sont alors déplacés et les premières fouilles démarrent dès 1985.
Il faudra attendre presque 30 ans pour que de nouvelles campagnes de fouilles soient menées sur le sanctuaire.

Un sanctuaire profondément remanié au fil des siècles


Bloc sculpté en marbre. Cliché S. Syllac
Le complexe monumental, mesurant dans sa plus grande extension 180m de long sur 80m de large, a connu de multiples remaniements et occupations successives au cours du temps. Durant l’Antiquité, trois phases de construction sont attestées entre le Ier et le IIIe siècle.

  • La première correspond à l’édification du sanctuaire primitif avec un temple situé au centre de la cour ceinturée de portiques en U.
  • Le sanctuaire connaît ensuite sa première phase d’extension avec une monumentalisation des structures occidentales.
  • Les derniers changements interviennent au IIe siècle avec la construction d’une basilique très luxueuse plaquée de marbres importés.


Tuiles en bronze doré conservées au musée archéologique d’Eysses. Cliché S. Syllac
Le mobilier archéologique retrouvé sur le site témoigne du faste déployé lors de la construction du sanctuaire. En attestent les quatre tuiles en bronze doré qui recouvraient probablement la toiture d’un édifice situé dans la cour ainsi que les nombreux blocs sculptés retrouvés dans la couche de destruction de la basilique. Une dédicace au dieu de la guerre Mars a également été retrouvée, peut-être s’agissait-il de la divinité tutélaire du sanctuaire ?

Le sanctuaire est abandonné au cours du IVe siècle et réoccupé par des artisans durant la période du Haut Moyen Âge (Ve au Xe siècle).

 


Dédicace au dieu Mars conservée au musée archéologique d’Eysses. Cliché S. Syllac

Les fouilles archéologiques étant terminées, le site va à présent pouvoir faire l’objet d’une valorisation afin d’être rendu accessible au public.

 

 

 

Sonia Syllac, chargée de valorisation à Ausonius

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