Passages, nouveau laboratoire de recherche aquitain - Université Bordeaux Montaigne

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Passages, nouveau laboratoire de recherche aquitain

Photo : Julie Mitchell

Le 1er janvier 2016, la recherche et le monde académique ont vu naitre une nouvelle Unité Mixte de Recherche sur les campus bordelais et palois dénommée Passages (UMR 5319).

Béatrice Collignon, géographe, professeure de l’Université Bordeaux Montaigne, directrice de Passages en parle…

Pouvez-vous présenter Passages, le nouveau laboratoire que vous dirigez ?


Béatrice Collignon, directrice de l'UMR Passages

Béatrice Collignon - Née de la fusion des UMR ADESS (Pessac) et SET (Pau), la nouvelle UMR comprend également les membres de trois équipes de l’École Nationale Supérieure d’Architecture et du Paysage de Bordeaux (ENSAPBx) : CEPAGE et GVER , déjà rattachées à ADESS, et ARPEGE.
Pluri-tutélaire (CNRS, Université Bordeaux Montaigne, université de Bordeaux, Université de Pau et des Pays de l’Adour, Ministère de la Culture et de la Communication), l’UMR est organisée en trois sites : Maison des Suds à Pessac, ENSAPBx à Talence et Institut Claude Laugénie à Pau (UPPA).

Quels sont les champs d'expertise de ce nouveau laboratoire ?

Béatrice Collignon - L'UMR est pleinement inscrite dans le programme scientifique de la section 39 du CoNRS - « Espaces, Territoires et Sociétés » - dont elle relève. Elle est marquée par une forte pluridisciplinarité : géographes, urbanistes, anthropologues, sociologues, paysagistes, architectes et économistes y travaillent ensemble.

Elle s'appuie sur les quatre champs d’expertise de ses chercheurs : le territoire et les territorialités ; l’environnement, dans sa composante naturelle, mais aussi comme construction sociale et politique ; les dispositifs de normalisation de la réalité ; le corps, les corps et le sujet.

Passages a centré son projet sur «les reconfigurations des spatialités et les changements globaux», pris dans leur rapport dialectique et étudiés au prisme de trois focales : la transition, la médiation, et le couple traduction/représentations.

Appréhender l’espace par les spatialités, c’est se placer du côté des acteurs et des constructions intentionnelles, symboliques, identitaires et/ou politiques par lesquelles ces derniers mettent en forme le monde dans lequel nous vivons. Construites par les acteurs, dans le contexte contemporain de crises et d’incertitudes, les spatialités se dessinent et se redessinent en permanence. Opter pour le pluriel dans «changements globaux», c’est insister sur la multiplicité des changements en faisant non seulement référence aux différents processus qui ont trait à l’empreinte de l’humanité sur la planète (changement climatique, crise de la biodiversité et augmentation de la population) que l’on peut qualifier de transformations environnementales, mais aussi, plus largement, à la nouvelle vague de mondialisation et aux recompositions de la répartition des populations à la surface de la terre, et de leur participation à la vie économique et politique, qui en découlent.

Pourquoi ce nom ?

Béatrice Collignon - L'unité de recherche est fortement ancrée en Aquitaine. Elle est aussi ouverte sur le monde, multi-sites, multi-tutelles et pluridisciplinaire, à la croisée des regards, des expériences, des savoirs et des interprétations. Le choix de la transversalité caractérise les modalités premières de sa structuration, tant du point de vue de l’organisation de la recherche que de la gouvernance. C’est dans cette transversalité qu’elle prend tout son sens et qu’elle trouve son nom : Passages.

Directrice depuis le 1er janvier 2016, quels seront vos premiers chantiers ?

Béatrice Collignon - Le premier chantier, pour l’UMR, c'est le démarrage de son projet scientifique, qui est le cœur de l’UMR. C’est à travers lui que se construit l’interconnaissance et que tout s’organise : la constitution d’équipes qui répondent à des appels à projet, l’intégration des doctorants dans les groupes de travail, l’équilibre entre projets collectifs et recherches individuelles, les modes opératoires pour la mise en œuvre de la transversalité disciplinaire, thématique et géographique de l’unité.

Réussir une fusion, c’est parvenir à produire des résultats scientifiques de haute qualité et à construire une nouvelle identité, assez forte pour que tous les membres de l’unité y adhèrent. C’est le second chantier de cette année pour Passages. Les séminaires internes, le Conseil de laboratoire, la mise en œuvre d'une  gouvernance de l’UMR à son image, c’est-à-dire transversale, sont autant d'organes et de lieux d'échanges et de débats nécessaires pour animer la vie collective de l'unité. C’est un chantier en soi, et la façon dont on le conduit marquera durablement Passages.

L’identité se construit aussi dans la communication, entre soi et vers l’extérieur. De nombreux outils sont essentiels pour faire vivre un laboratoire aussi grand que le nôtre : plateformes de partage des données, site web (internet et intranet) de l’UMR.
Il nous faut enfin assez vite, mais pas dans l’urgence, donner une identité visuelle à Passages. Un signe graphique qui donne à comprendre, instantanément, qui nous sommes et ce que nous souhaitons être, collectivement.

 

L'UMR Passages en bref

1 directrice : Béatrice Collignon, professeure des universités (Université Bordeaux Montaigne)
3 directeurs adjoints :
Pascal Tozzi, maître de conférences (IUT Bordeaux Montaigne)
Bernard Davasse, professeur des écoles d'architecture (ENSAPBx)
Xavier Arnauld de Sartre, chargé de recherche CNRS (Université de Pau et des Pays de l'Adour)

88 enseignants-chercheurs
8 chercheurs
17 ingénieurs et techniciens (CNRS) et BIATSS (université)
Environ 90 doctorants
(60 à Bordeaux, universités et ENSAPBx, 30 à Pau, UPPA)

3 implantations
Pessac (33) : Maison des Suds (domaine universitaire bordelais)
Talence (33) :  ENSAPBx
Pau (64) : Institut Claude Laugénie - Université de Pau et des Pays de l'Adour

2 antennes 
Bordeaux (33) :  site Victoire (université de Bordeaux) et IUT Bordeaux Montaigne

En savoir plus sur le site web de Passages

Béatrice Collignon, géographe, professeure des universités, membre honoraire de l’IUF (promotion 2000)

Ses travaux se situent à la croisée de la géographie sociale et de la géographie culturelle et portent sur le sens que diverses sociétés donnent, collectivement, à l’expérience géographique « d’êtres humains sur la terre », ainsi que sur les modalités de construction de savoirs géographiques, vernaculaires et scientitifiques. Elle est une spécialiste reconnue de l’Arctique inuit.

Mots clés : savoirs vernaculaires ; Géographicité ; Éthique ; Post-colonial studies ; Épistémologies féministes ; Cultural studies ; Géographies critiques ; Ethnographie ; Images et géographie ; Arctique inuit.

Propos recueillis par le service communication

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