Ils sont encore étudiants et déjà professeurs en lycée ou collège - Université Bordeaux Montaigne

Orientation - insertion

Encore étudiants et déjà professeurs en lycée ou collège

Ils sont étudiants en 2e année de master MEEF Anglais et ont la vocation d’être enseignant d’anglais. Ils ont obtenu leur CAPES en 2016 au cours de leur 1re année de master. En 2017, ils ont un double statut :  étudiants et déjà professeurs-stagiaires à mi-temps dans un établissement d’enseignement secondaire.

Entretien avec Marine Ferré et Maxence Lestanguet

Comment conciliez-vous ce statut de professeur-stagiaire, assurant un demi-service d’enseignement et le suivi du master 2 ?

Marine "Concilier ces deux statuts n'est pas évident"

"En début de semaine, il faut être prêt.e à gérer ses classes : cours maîtrisés, copies corrigées… Il faut consacrer le temps nécessaire à échanger et débriefer avec notre tuteur... Tout cela est très prenant.
À partir du jeudi matin, nous endossons un autre statut, celui d'étudiant qui doit à nouveau assumer le rôle d'élève, se concentrer, prendre des notes, faire le travail nécessaire à l'obtention du master 2.  La difficulté est justement de rester concentré.e en fin de semaine, sans trop se laisser déborder à l’idée de ce que l'on va faire avec ses élèves la semaine d'après.
Clairement, nous sommes nombreux à donner la priorité à notre statut de professeur-stagiaire, à vouloir faire des cours intéressants, dynamiques... et dans ces conditions il n’est pas toujours facile de gérer en parallèle les exigences qu’impose un master 2."

Maxence - " Il faut avoir une très bonne organisation de son travail et de son temps."

"La préparation du CAPES requiert déjà cette exigence. Mais il est vrai que cette année demande encore davantage de rigueur. Nous avons en effet un double statut, celui de professeur stagiaire tout en conservant celui d’étudiant. Cela demande beaucoup de préparation en amont, il faut être capable de créer ses séquences tout en assurant le ‘service’ au collège. Le tout en préparant les dossiers/devoirs demandés par la formation, sans perdre non plus de vue la rédaction du mémoire."


Quelles ont été vos plus grandes surprises lors de vos premiers pas dans le métier d'enseignant ?

Marine - "Ma première surprise est l'énergie que nécessite ce métier"

"Une fois face aux élèves, c'est 55 minutes où l'on ne doit rien lâcher, être attentif, veiller à intéresser les élèves, tout en leur apprenant quelque chose, et en faisant la police pour éviter les débordements (surtout en début d'année, il faut établir un cadre favorable à leur apprentissage). C'est très prenant physiquement (se déplacer dans la salle, regarder les élèves..) et mentalement (certaines décisions sont à prendre en quelques secondes).
La deuxième surprise c'est que parfois, des cours que l'on conçoit chez nous, dont on est persuadé qu’ils plairont aux élèves car ils nous semblent correspondre à leurs centres d'intérêts... ne fonctionnent pas du tout. Quand on y a consacré plusieurs heures de préparation, c'est assez frustrant !"

Maxence - "J’ai été très surpris d’être vraiment considéré comme un collègue à part entière, sans distinction de statut."

"Les collègues sont bienveillants et les relations sont d’égal à égal, il s’opère un véritable échange entre pairs, ce qui est très enrichissant. Nous leur fournissons les dernières techniques tandis qu’eux nous apportent leur expérience."

 

Quels bons conseils de réussite donneriez-vous aux étudiants qui envisagent de s'engager dans un master MEEF ?

Maxence - "Avant toute chose : être certain de son choix."

"Ce master comporte deux années très chargées et aussi très enrichissantes d’un point de vue personnel et professionnel. Je ne peux que leur conseiller de s’accrocher et de ne pas baisser les bras. Nous avons tous traversé des périodes difficiles, et c’est normal, le tout comme disait Rocky est de se relever à chaque fois. Ne pas avoir peur de demander de l’aide, ne pas rester seul surtout si cela se passe mal, ne pas hésiter à en parler entre collègues."

Marine - "Je donnerais plusieurs conseils."

"Préparer un master MEEF de langues nécessite d’avoir passé un bon moment dans le pays de la langue choisie, pour apprendre la langue bien évidemment, mais aussi pour acquérir un bagage culturel et une ouverture d'esprit qui est importante.

Il ne faut pas avoir peur de prendre une ou deux années pour tester autre chose, être assistant ou lecteur à l'étranger, le temps nécessaire pour s’assurer que l'enseignement est vraiment ce que l'on veut faire. C'est un métier qui peut être très idéalisé, et qui n'est pas toujours à la hauteur de l'idée que l'on s'en fait. Prendre quelques années avant de s'engager dans le master c'est aussi attendre d'avoir une certaine maturité pour se retrouver face aux élèves.

Le master MEEF est mon deuxième master, et je pense que si à 22 ans j'avais été devant des élèves, je ne l'aurais pas vécu de la même manière (j'ai déjà eu une expérience de contractuelle dans le privé, j'ai fait des stages en entreprise dans le cadre de mon premier master, j'ai voyagé seule dans plusieurs pays...)
Donc, si vous ne vous imaginez pas face à des élèves dans 1 an, prenez le temps de faire autre chose...
Concernant le master 1, il faut vraiment tout donner, aller aux cours de préparation au CAPES, être prêt à travailler énormément, car une fois que cette 1re année est achevée et que l'on est face à une classe, on se dit que ça valait vraiment la peine !"

 

Antoine Ertlé, directeur du département d’études anglophones de l’Université Bordeaux Montaigne explique les appuis et accompagnements délivrés à ces professeurs-stagiaires débutants.

Antoine Ertlé, directeur du département d'études anglophones - Université Bordeaux Montaigne
Antoine Ertlé

"Après leur réussite au CAPES ou à l’Agrégation, les étudiants lauréats, inscrits en 2e année de Master MEEF, deviennent professeur-stagiaire et reçoivent une formation en alternance qui combine terrain et université.
Sur le terrain, ils ont la responsabilité de classes de collège ou de lycée, et reçoivent l’appui et les conseils d’un professeur-tuteur expérimenté.
Leur formation se compose d’un bloc d’enseignements disciplinaires et de didactique dispensé à l’Université Bordeaux Montaigne, auquel s’ajoute un bloc d’environ 200 heures dispensé à l’ESPE, partagé entre un tronc commun pluridisciplinaire qui aborde des thématiques et problématiques communes à tout enseignant et à tout niveau, et un bloc disciplinaire où la pratique réflexive, la mise en commun de l’expérience immédiate, occupe une place importante. À noter que depuis cette année, tout master MEEF doit comporter une UE Projet pédagogique numérique. L’aboutissement de cette 2e année de formation est la soutenance d’un mémoire professionnel et l’obtention du master MEEF.

Durant leur année de stage, les professeurs-stagiaires bénéficient de deux visites évaluatives (une pour chaque semestre) effectuées par des enseignants de l’équipe pédagogique du master MEEF. Ces visites ont pour but de repérer le plus tôt possible les problèmes rencontrés éventuellement par les nouveaux enseignants et de les aider à améliorer leur pratique pour aborder le plus sereinement possible l’inspection qui viendra clore cette phase de formation pratique."

La formation des enseignants

L’Ecole Supérieure du Professorat et de l’Education (ESPE) d’Aquitaine a ouvert à la rentrée 2013. Elle fonctionne en partenariat avec les universités de l’académie de Bordeaux : Université Bordeaux Montaigne, Université de Pau et des Pays de l’Adour et Université de Bordeaux.
Cette école et les universités partenaires forment des étudiants se destinant aux métiers de l’enseignement dans le cadre du master, mention Métiers de l’Enseignement, de l’Education et de la formation (MEEF).

Consulter les masters MEEF  2nd degré dispensés par l’ESPE et l’Université Bordeaux Montaigne

Consulter l’offre de formation de l’ESPE

Propos recueillis par le service communication. 

Pour en savoir plus lire aussi

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Concours de l'enseignement 2016 : de très bons résultats

Dans la majorité des disciplines enseignées à l’Université Bordeaux Montaigne, le ratio effectifs inscrits/nombre d’admis aux concours (CAPES-CAFEP, Agrégation) est nettement supérieur aux résultats nationaux. Infographie interactive.

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