Portrait de doctorant : Pierre Fauret, la cartographie au service de la santé - Université Bordeaux Montaigne

École doctorale

Portrait de doctorant : Pierre Fauret, la cartographie au service de la santé

Pierre Fauret

Pierre Fauret est doctorant en 3e année de thèse au sein du laboratoire les Afriques dans le monde sous la direction du géographe Bernard Calas. Au cours de sa thèse, son travail en cartographie sur le terrain se met au service des questions de santé, et notamment de l'élimination de la Trypanosomiase Humaine Africaine aussi appelée "Maladie du sommeil".

Il a participé à "Ma thèse en 180 secondes" en Aquitaine et revient sur cette expérience et sur le déroulement de sa thèse.

Rencontre avec un doctorant en géographie, entre Bordeaux et la Côte d'Ivoire

Pierre, quel est le sujet de votre thèse ? 

Ma thèse en préparation s’intitule : « Anthropisation en direction des Parcs Nationaux de Taï et de la Comoé (Côte d’Ivoire) : évaluer le risque trypanosomien ».


Sur le terrain, en Côte d'Ivoire
Je cherche dans un premier temps à caractériser les dynamiques de peuplements (création, extension et multiplication des peuplements, augmentation des densités de populations humaines) et l’évolution de l’emprise rurale (superficies cultivées et types de cultures) en périphérie de ces 2 espaces protégés. Plus loin, je cherche à comprendre en quoi les changements survenus dans la géographie de ces 2 territoires peuvent être à l’origine ou non d’une situation à risque de contracter des trypanosomoses, parasites transmis par les glossines (mouches tsé-tsé) et responsables de la Trypanosomiase Humaine Africaine (THA) aussi appelée "Maladie du sommeil" et de la Trypanosomose Animale Africaine (TAA).

Quel est votre parcours ? 

Mon parcours est un peu atypique : je me suis inscrit en licence de Géographie à l’Université Bordeaux Montaigne en 2009 soit 2 ans après l’obtention de mon Bac (Bac STG option Communication).
Après 2 années de licence à Bordeaux, je suis parti à l’Université de Rennes 2 pour réaliser une 3ème année plus axée sur la cartographie, la télédétection et les Systèmes d’Information Géographiques. En 2012, je suis revenu à Bordeaux et ma candidature a été retenue par le Professeur Bernard Calas pour intégrer le Master Interdisciplinaire des Dynamiques Africaines (MIDAF) à l’Université Bordeaux Montaigne.

J’ai sanctionné ce diplôme par un stage d’une durée de 3 mois à l’antenne de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) à Bobo-Dioulasso au Burkina-Faso en 2014 sous la direction de Fabrice Courtin (UMR 177 IRD-CIRAD). L’objet de mon mémoire de recherche à l’époque portait déjà sur les dynamiques de peuplements et de paysages et au risque encouru par les populations de contracter la maladie du sommeil sur les berges du fleuve Comoé. En 2015, après plus d’une année à la recherche active d’un emploi en tant que cartographe-géomaticien dans la région bordelaise, j’ai été de nouveau contacté par l’UMR Intertyp 177 et j’ai été recruté en tant que Volontaire International en Administration (VIA) de l’IRD pour une durée de 2 ans (1 an renouvelable) sous l’encadrement de Fabrice Courtin. J’ai été affecté à l’Institut Pierre Richet de Bouaké en Côte d’Ivoire. J’ai profité de cette opportunité et du financement de projets divers pour entamer un Doctorat en Géographie Tropicale à l’Université Bordeaux Montaigne.

Qu'est-ce qui vous a amené à débuter une thèse ? 

L’inscription en thèse s’est faite naturellement. Toutes les conditions étaient réunies : celles du contrat, de l’encadrement et de l’environnement de travail en Côte d’Ivoire. Quand on a la possibilité de débuter une thèse de doctorat dans ces conditions (même financée que 2 années) et que les personnes qui vous encadrent souhaitent vous faire confiance pour me mener à bien une recherche, on ne peut pas refuser.

Comment travaillez-vous ?

Durant ces deux années de Volontaire International en Administration (VIA) où j’ai rempli les fonctions de Chargé de Mission, j’ai eu l’opportunité de réaliser de nombreux terrains dans le cadre de divers projets. 
J’ai notamment pu profiter de deux terrains dont un en marge du Parc National de Taï (zone de forêt) et l’autre en marge du Parc National de la Comoé (zone de savane) pour en faire mes deux terrains de recherche dans le cadre de ma thèse.). Le projet a débuté en 2015. Après avoir récolté les données sur le terrain, elles ont été organisées dans des Systèmes d’Informations Géographiques (SIG). Les résultats préliminaires ont permis d’orienter la surveillance épidémiologique mis en place dans le cadre du projet d’élimination de la THA en Côte d’Ivoire (projet « Trypano! » financé par la Fondation Bill et Melinda Gates).

Après deux années financées par un VIA de l’IRD, je suis de retour à Bordeaux et  toujours à la recherche d’une 3ème année de financement. Le montant sollicité pour aboutir à la finalisation de la thèse s’élève entre 15 000 et 20 000 euros (bourse de 12 mois pour un doctorant). Je suis actuellement posté à la salle des doctorants de la Maison des Suds et je travaille sur la  rédaction et la mise en forme des résultats. Il s’agira ensuite de discuter ces résultats et de mettre mon document en forme.

Comprendre le sujet de la thèse de Pierre Fauret en 180 secondes :

Vous avez participé au concours Ma thèse en 180 secondes, quelles étaient vos motivations ? 


Sur la scène à l'UPPA, le 15 mars 2018
J’ai poursuivi deux objectifs principaux en participant à ce concours.
Tout d’abord, je souhaitais bénéficier des séances de formation dispensées par un journaliste et une comédienne. Il s’agissait pour moi d’un excellent exercice d’écriture, de vulgarisation et un exercice oral nécessaire en vue de préparer ma soutenance de thèse. Ensuite, j’avais à cœur de partager mon objet de recherche avec d’autres doctorants. C’est aussi une manière de m’intégrer et de me faire connaitre auprès des équipes de recherches et administratives de l’Université  Bordeaux Montaigne après deux années en expatriation.

Que vous a apporté ce concours ?

C’était une très bonne expérience malgré le résultat au pied du podium. J’ai beaucoup appris notamment en termes de gestion de stress et surtout en termes de diction et d’élocution à l’oral. Je me suis également enrichi auprès des autres candidats. Les objets de recherches sont tellement variés et tous très intéressants.

Que peut-on vous souhaiter pour l'avenir ?

L’obtention d’un financement pour cette troisième année ! Une soutenance réussie et un contrat en post-doctorat pour 2019 seraient l’idéal. À moi de mettre toutes les chances de mon côté.

Retrouvez les candidats finalistes de l'édition 2018 de Ma thèse en 180 secondes sur la chaîne Youtube de l'Université de Pau et des pays de l'Adour

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