Des robots et des hommes - Université Bordeaux Montaigne

École doctorale - Manifestations scientifiques

Des robots et des hommes

Un robot s'entretient avec une femme

Séminaire interdisciplinaire organisé par l’École doctorale Montaigne-Humanités.

Le mercredi 13 avril 2016, de 11h30 à 17h salle Jean Borde de la MSHA

Programme

11h30 Partage, relation, cohabitation avec les robots : une amicalité à construire
Stéphanie Cardoso - Université Bordeaux Montaigne

12h Des dieux aux robots: pour une approche anthropologique des formes de communication non verbale
Denis Vidal - Université Paris Diderot

14h30 Robots sociaux et négociations des univers sensibles. Frictions des fictions sensorielles : verfremdung, estrangement, uncanny valley...
Anne‐Cécile Lenoël - Université Bordeaux Montaigne 

15h Les robots dans les jeux vidéos : de l’instrumentalisation fictionnel au fantasme fusionnel
Antonin Congy - Université Bordeaux Montaigne

15h30 Conception et modalités de coopération humains / robots
Florian Harmand - Université Bordeaux Montaigne 

16h Débats et échanges

Explorer les enjeux et univers mis en perspective par les robots

Comment intégrer les robots sociaux dans notre quotidien ? C’est-à-dire comment construire un univers articulé et cohérent avec les robots sociaux ? Comment envisager les formes de présence et les relations homme/robot ? Il convient d’entendre que les robots sociaux sont capables d’avoir des interactions sociales avec des humains, des animaux ou d’autres robots.

Dans l’approche constructiviste et relationnelle des travaux de James et Turing proposée par Dominique Lestel (2016), le statut des robots dépend des choix existentiels que nous faisons vis à vis des machines et du type de dispositif que cela concerne. Comment nous positionnons-nous, repositionnons nos existences lorsque nous sommes en présence des robots ? Quels sont les degrés de compatibilité et les points de jonction entre les fictions engagées par la représentation et la réalité de notre compatibilité ?

« L’enjeu des robots sociaux, en d’autres termes, est de créer des communautés hybrides de partage de sens, d’intérêts et d’affects avec des agents dont le statut même de vivant fait partie de ce qui doit être négocié au sein de la communauté, sachant que ce n’est jamais la seule chose qui y est négociée. Avec les robots, c’est la question de l’existence plus que celle de la vie sensu stricto qui est en jeu. Une façon de se rendre compatible est de s’en machiner. Une façon plus féconde et plus riche de le faire est de mobiliser des fictions engageantes qui nous conduisent à reconceptualiser la porosité de l’espace du vivant et à comprendre le défi posé par les robots comme l’opportunité de repenser la place de l’animisme dans des cultures techno-saturées. Il y en a sans doute d’autres. Dans une approche constructiviste du monde, être vivant n’est pas une propriété mais un dispositif relationnel et performatif qui met en jeu des compétences ou des capacités, sans s’y réduire pour autant ni en avoir la moindre exclusivité. » (Lestel, 2016)

En explorant les objets transitionnels de Freud et Winnicott, Stéphanie Cardoso interroge une relation de type amicale où les robots nous permettraient d’explorer le concept d’amicalité : une relation entre le moi et les fictions socioculturelles potentielles. Le concept d’objet transitionnel ne correspond pas à l’objet A lacanien, ni à l’objet fétiche. Les robots en démontrent les limites dans une situation empirique. Il s’agit alors de substituer un nouveau concept, nous utilisons le terme d’amicalité. « L’amicalité se réfère à une relation génératrice de sens pour l’humain et s’inscrit dans une dimension anthropologique. Elle définit alors un nouveau rapport entre l’artefact et l’humain, elle comprend et alterne les dimensions de réalité et de fiction dans lesquelles elle s’exerce. Le robot de compagnie et l’objet connecté ne sont donc pas des amis virtuels mais des objets de bienveillance et d’assistance, voire même avec lesquels l'usager développe une complicité. Un objet capable de plonger l'utilisateur dans une expérience plaisante et enrichissante : évasion, fiction, amusement, conversation. » (Cardoso, 2013).

Emmanuel Grimaud et Denis Vidal mettent en lumière les relations fonctionnelles ou instrumentales et les degrés d’attribution causale soulevés par Heider et Simmel (1944) dans l’animation d’un objet. L’expérimentation démontre que le public attribue aisément une intentionnalité et un comportement qualifiée par des attributs humains dans l’animation d’un objet : par exemple lorsque le triangle poursuit le cercle.

Durant ce séminaire doctoral, nous proposons d’explorer les enjeux et univers mis en perspective par les robots.

Contact : Stéphanie Cardoso
(stephanie.cardoso @ u-bordeaux-montaigne.fr)
Télécharger le programme (pdf) 

 

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